Ventouse (médecine)

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En médecine traditionnelle, la ventouse est un récipient, habituellement en verre et en forme de cloche destiné à soigner en induisant une « révulsion », par effet de succion sur la peau.

Exemple de mode d'utilisation d'une ventouse
Ventouse iranienne des premiers siècles de l'Iran, musée du Louvre, équipée d'un système d'aspiration, peut-être utilisée pour la saignée "sous vide relatif"

Pour chauffer l'air et induire un vide relatif lors de son refroidissement, l'on y insère une compresse, du coton, de la filasse ou un morceau de papier imbibée d'alcool à brûler et enflammée dans le récipient. La flamme s'éteint spontanément quand l'air est consommé. La ventouse est alors appliquée sur le dos de la personne à traiter, de manière à ce qu'en refroidissant, par sa contraction il produise un puissant effet de succion.

Histoire du nom et du concept[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire de l'Académie française dans sa première édition (1694) décrit (p. 628) la ventouse médicale comme un « vaisseau de verre qu'on applique sur la peau avec des bougies ou de la filasse allumée pour attirer le mauvais sang ». Il précise qu'on appelle « ventouses sèches, les ventouses qu'on applique sans faire de scarification ». L'édition de 1762 définit la ventouse comme un « instrument de chirurgie » et précise qu'elle peut être métallique (de cuivre, d'argent...) et que son objet est d' « attirer avec violence les humeurs du dedans au-dehors ». L'édition de 1798 précise encore qu'elle a pour objet de « soulever la peau et de produire une irritation locale ». Enfin, l'édition de 1832 ajoute qu'on y « fait le vide par le moyen du feu, ou d'une pompe aspirante, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale ».

Principe[modifier | modifier le code]

Le vide relatif créé dans la ventouse dilate les pores et les vaisseaux sanguins superficiels (capillaires). Ceci produit une congestion cutanée localisée sur le site de l'application du vide, traduite par un changement d'aspect de la peau qui rougit et se couvre de points rougeâtres à violacés. Cette congestion provoquée localement, au-dessus de l'organe supposé malade était réputée attirer les humeurs ou le "mauvais sang" ou l'excès de sang qui congestionne un organe sous-jacent.

Une explication plus contemporaine pourrait être que le flux sanguin provoqué et le stress sur la peau pourrait respectivement décongestionner la zone sous-jacente (par effet dit de « révulsion »), et donner un coup de fouet au système immunitaire. La scarification qui était adjointe dans le cas des ventouses dites « humides » pourrait aussi contribuer à un dopage du système immunitaire, mais en ajoutant toutefois un risque d'infection.[réf. nécessaire]

La ventouse appliquée successivement en plusieurs endroits du dos, de la poitrine ou du ventre (selon l'organe supposé malade), ou au moyen de plusieurs ventouses posées simultanément était en tous cas réputée accélérer la guérison du malade. On peut supposer qu'un certain effet psychologique puisse également être produit, notamment chez les enfants.

Ce moyen médical encore utilisé en Europe et aux États-Unis au début du XXe siècle n'est plus enseigné par la médecine contemporaine dite "moderne". On le classe donc dans les médecines dites "traditionnelles".

Dans la médecine chinoise traditionnelle, les ventouses sont appliquées à des endroits précis correspondant à des points d'acupuncture choisis en fonction du trouble à soigner. Dans ce cas, le thérapeute griffe légèrement la peau à l'endroit du point réflexe avant d'y apposer la ventouse. Elles sont utilisées pour soigner, non seulement les affections respiratoires et les maux de dos, mais aussi pour les problèmes de peau, les migraines, les maux de têtes, les tendinites, les entorses, les crampes et la constipation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]