Vendredi ou les Limbes du Pacifique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vendredi (homonymie).
Vendredi ou les Limbes du Pacifique
Auteur Michel Tournier
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Éditions Gallimard
Collection Blanche
Date de parution 15 mars 1967
Nombre de pages 204
ISBN 2070263126
Chronologie
Le Roi des aulnes Suivant

Vendredi ou les Limbes du Pacifique est un roman de Michel Tournier publié le 15 mars 1967 aux éditions Gallimard et ayant reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année.

Historique[modifier | modifier le code]

Vendredi ou les Limbes du Pacifique propose une variante sur le mythe de Robinson Crusoé, initialement écrit par Daniel Defoe. Il base cette version sur la relation entre le naufragé Robinson et le sauvage Vendredi.

Michel Tournier reprit en 1971 le thème de ce roman et en fit une adaptation pour la jeunesse, sous le titre de Vendredi ou la Vie sauvage.

Résumé[modifier | modifier le code]

Robinson Crusoé, rescapé du naufrage de La Virginie (avec Tenn le chien du commandant de bord) échoue sur une île déserte, qu'il baptise Speranza (Espérance). Épuisé par la solitude et le désespoir, Robinson cède à la tentation de "la souille", le bain de boue, où il oublie sa condition d'homme et se laisse aller à la nostalgie. Pour ne plus se rabaisser à ce niveau, Robinson décide de revenir à l'humain, en s'entourant de cérémonials dont la démesure fait le grotesque : il tente d'abord de soumettre à sa volonté d'homme les bêtes et les terres de l'île, avant de s'autoproclamer gouverneur de l'île, et de créer tout un système de codes, de lois et de sanctions pour la régir. Dans sa solitude, il philosophe, se remémore des souvenirs d'enfance, tente de combler le vide qui l'entoure malgré la présence du chien Tenn. Robinson traverse plusieurs périodes de réconciliation avec la nature. Lors de sa "période tellurique", il descend dans une cavité rocheuse, et devient ainsi le noyau de Speranza, son fœtus. Il quitte cette situation lorsqu'il comprend qu'il est un homme mature, et entre alors dans une "période végétale", où il entretient une sexualité avec l'île, enfantant par là des mandragores.

Ces expérimentations ontologiques prennent fin le jour où Robinson sauve fortuitement un Indien, condamné à mort par ses congénères. Il le nomme Vendredi d'après le jour de la semaine où il l'a recueilli, car ce nom n'est ni un nom d'objet, ni un nom d'homme. Il considère donc que Vendredi n'a pas tout à fait le statut d'un homme, étant donné sa condition de métis, il le bat d'ailleurs à de nombreuses reprises, notamment lorsqu'il le surprend "enfantant" des mandragores rayés dans la plaine où lui même satisfaisait ses désirs sexuels. Le jeune arrivant devient l'esclave de Robinson, qui veille toujours à gouverner son île, un reflet inutile de sa civilisation occidentale. Mais Vendredi, en fumant en cachette la pipe de son maître, provoque l'explosion de la grotte où se trouvaient plusieurs tonneaux de poudre à canon, détruisant ainsi toutes les constructions de Robinson. Robinson sera sauvé de l'éboulement, mais l'équilibre fragile qu'il avait instauré vole en éclats. Les limbes peuvent se transformer en vent et en soleil, en cohésion avec la terre mère de l'île de Speranza.

Robinson devient alors l'élève de Vendredi : apprenant la liberté, il le considère à présent comme son frère. C'est le début de la troisième période de Robinson, la période "héliophane", où il s'expose au soleil et le contemple longuement. Dans ce petit îlot perdu du Pacifique, les jeux d'amitié d'égal à égal, et le repos, deviennent le quotidien, jusqu'au jour où un navire arrive, le navire qu'avait tant espéré Robinson auparavant. Pourtant, face à ces hommes qui lui semblent dénués d'humanité, Robinson prend conscience du bonheur qu'il a vécu sur l'île, et décide de demeurer à Speranza. Vendredi s'en va à son insu. Subsiste l'espoir et une nouvelle série de bonheurs pour Robinson avec la venue d'un petit mousse qu'il initiera d'abord à la vue du soleil, puis, on l'imagine, à la vie sauvage.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arlette Bouloumié, Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Gallimard, 1997.