Vellaves

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Les Vellaves (en latin Vellavi) étaient un peuple gaulois. Leur territoire se situait en Gaule Celtique, au sud est du Massif central, et correspond à l'ancienne province du Velay[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les Vellaves ou Vellaviens ou Vélauniens (Vellavi ou Vellavii ou Velauni en latin), dont le nom signifierait « montagnards » ou « ceux qui dominent » selon J. Lacroix (Les Noms d’origine gauloise) et que Jules César qualifie de « batailleurs », font partie de la Confédération des Arvernes (« Velauni qui sub imperio Arvernorum esse consueverant » écrit César).

On trouvait des Vellauni ou Vellaunes (le nom signifierait : « les bons, les meilleurs, les valeureux ») :

– en Bourgogne, autour de la vallée de la Saône, et dans l'Orléanais (oppidum : Vellaunodunum puis Fano Martis : Montargis) ;
– parmi les Celto-Ligures des Alpes : Briançonnet (06), Saint-Vallier (06) et l’Esteron ;
– en Slovaquie.

Étaient-ils apparentés aux Catuvellauni ou aux Vellaves ?

Hypothèses ethnologiques et influences[2][modifier | modifier le code]

Comme tous les peuples européens, les Vellaves se sont formés de l’intégration de gens d’origines variées (peuplades préhistoriques peut-être, peuples indo-européens, celtes puis germains…) mais les apports culturels de chacun, sans doute gardant une certaine proportionnalité avec le nombre d’individus intégrés à la population autochtone, n’eurent pas la même ampleur partout.

Avant et pendant l'Antiquité, le terme vellave ou vellaune recouvre un peuple sur une large zone géographique : « Si nous remontons jusqu’à l’époque ligure, les Vellaunes sont alors une des peuplades primitives de la ‘Gaule’ ; ils occupent encore, à l’époque du géographe grec Ptolémée, le territoire limité au nord par le Forez et le Lyonnais, à l’est par l’Helvie, au sud par le Languedoc et la région d’Auch, englobant ainsi les pagi des Cadurques, des Rutènes et des Gabales. À l’ouest, ils se confondent avec les ArvernesStrabon parle des Vellaunes, qui à l’origine ne formait qu’un seul peuple avec les Arvernes : ‘Velauni, qui olim Arvernis adscibebantur’. Entre le Lyonnais, qui faisait alors partie du peuple ségusiave, et l’Hélvie, qui suivait la fortune des Allobroges, les Vellaunes peuplaient encore la région d’Argental, le Valentinois, le Royans, le Vercors, l’Oisans, la Tarentaise. Une de ces peuplades des Alpes a également gardé le nom de Vellauni[3]. »

L’origine ligure des Vellaunes et leur extension territoriale sont encore attestées par « la persistance des noms ligures dans le pays : ‘la toponymie des noms de lieu, écrit Gimon, tend de plus en plus à prouver que la plupart de nos localités, sources, rivières et montagnes portent des noms à radicaux ligures[4]… .’ » « La région ou les radicaux ligures sont particulièrement abondants s’étend des Alpes-Maritimes et du Var (pays des Vellaunes) jusqu’aux Hautes-Alpes, à la Drôme, au Velay, au Languedoc[5]… » Déchelette et Gimon insiste sur les différences culturelles de ces régions ligures par rapport à celles du reste de la Gaule : « le mode de sépulture n’est pas le même, l’industrie diffère totalement, l’art se rapproche de l’art italien ou sicilien et se différencie nettement de l’art celte. »

Les arverno-vellaunes seraient donc un groupe ligure différencié des sicules (siciliens et apuliens) et des elésyques (Provence et Languedoc), et eux-mêmes « subdivisés en arvernes, vellaves, rutènes, gabales, cadurques, valentinois »[6]. « Si les Arvernes, Ruthènes, Gabales, Cadurques, Vellaves et Séguso-Vellaves, et les Vélaunes alpins firent partie à l’époque ligure du même peuple arverno-vellaunes, il y avait longtemps, lorsque César envahit la Gaule, que chacun de ces peuples formait un pagus bien distinct »[7] quoique liés devant le danger en une « Confédération arverne ».

Après la défaite du roi Bituit, régnant en Arvernie, contre les romains à Tain, la « confédération des Arvernes fut réduite à ses éléments de la rive droite du Rhône et comprit encore les Cadurques, Ruthènes, Gabales, Arvernes et Vellaves »[8] . À l’époque romaine, « la population … était presque entièrement ligure ou gauloise, l’élément romain y étant resté insignifiant »[9].

« Quant à l’apport barbare (des grandes invasions), francs, burgondes, alamans, on peut le considérer comme à peu près nul en Velay (Grégoire de Tours et Fustel, II, 455)[9] », mais pas totalement :

Après celle du IIIe siècle, les Vandales firent une seconde irruption en Velay en 406, commandés par leur roi Crocus, et « renforcés de Suèves, d’Alains et de Burgondes. Une bande de ces derniers resta, semble-t-il, dans le pays. Elle a laissé son nom à Vergongeon, qui est nommé en 1220 ‘villa de Burgondione’ et que nos paysans appellent encore en patois Bourgoundzu ; elle l’a laissé également à Vergonges, Vergongeac » et à quelques familles[10] tel « Raymond Burgondion, sergent d’armes du Puy en 1373 (Monicat, les grandes compagnies en Velay, p132) ou Jean et Jacques Bourgonhon en 1562 (Terrier de Saint Didier)[11] ».

Puis en 532, les fils de Clovis envahirent l’Auvergne et le Velay. Bien que « l’invasion franque, qui dans le Nord eut une influence plus profonde, n’en eut aucune dans nos régions, ainsi que le constate Jullian, citant Grégoire de Tours et ses contemporains »[9], cependant « ils séjournèrent quelque temps en Velay et en Brivadois » et y laissèrent quelques prénoms francs qui « sont devenus, plus tard, noms de famille (Adalbert, Adalard et surtout Baldo). L’étude de l’origine des noms de lieu vellaves permet même de se demander si les francs saliens, en se fixant sur notre sol, n’amenèrent pas avec eux d’autres barbares. Nous trouvons en effet, près d’Yssingeaux, un bourg d’Amavis, dont le nom nous vient des Chamaves, peuple franc différent des saliens[12]. »

Albert Boudon signale encore une influence vasconne : En 613, Clotaire II reconstitue le royaume franc de Clovis que se partageaient son père et ses oncles. Puis il cède à l’un de ses fils cadets, Caribert II, l’Aquitaine, vite étendue pour recouvrir le Toulousain, l’Angoumois, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Gévaudan, l'Auvergne et le Velay. Eudes, petit-fils de Caribert II d’après la charte d'Alaon (un faux du XVIIe siècle) et duc d'Aquitaine selon la branche aînée des mérovingiens mais roi d'Aquitaine pour son peuple, Hunold fils d'Eude, Waïfre fils d’Hunold, ne cessèrent, grâce à la fidélité des populations de leur province, de défendre l’Aquitaine contre la double poussée des Wisigoths puis des Sarrasins au Sud, et au Nord des mérovingiens, bientôt remplacée dans leur désir d’expansion par la nouvelle dynastie régnante, les carolingiens.
Est-ce suite à l’alliance des Vascons (Basques) et des Aquitains dans leur combat contre les Wisigoths et les carolingiens ? ou par les conquêtes de leur roi Yon ? ou par simple commerce que des Vascons s’établirent en Velay ? Toujours est-il qu’ils « laissèrent quelques nom de familles (Bayon à Saint Didier-la-Séauve et Monistrol, Charre à Saint-Clément et Borrée, Charret à Saint Pal en Chalencon) et de plus rares noms de terroir (Garay) (Longnon, II, 331)[13] ».

Chef-lieu[modifier | modifier le code]

La capitale administrative fut pendant un temps RO-ESSION (Ruessium) « bien-située » devenue aujourd'hui Saint-Paulien ; mais c'est Le Puy-en-Velay qui constitue de tous temps la ville autour de laquelle s'articule le pays vellave.

Avant qu’elle fût transférée au Puy-en-Velay, la capitale des Vellaves était Ruessio ou Revessio (signifiant « bien située » ou « très froide » selon les sources) mentionnée dans la Géographie de Ptolémée et sur la Table de Peutinger (Revessione), appelée par les Romains Ruessium, Civitas Vellavorum puis Civitas Vetula (Vieille Cité), et enfin Saint-Paulien au début du VIe siècle en l'honneur de Paulianus (fêté le 14 février), dernier évêque de la cité (IVe siècle) avant le transfert de l'évêché au Puy-en-Velay (Anicium ou Podium Aniciense, qui prit à son tour le nom de Civitas Vellavorum) où le 1er évêque, envoyé par l'évêque de Clermont, fut saint Evodius ou Evode ou Vosy ou Vouzy (d'une famille consulaire d'Auvergne) qui assista au concile de Valence en 374 (en 1711, on découvrit un reliquaire d'époque carolingienne sur lequel était écrit : « Hic requiescit corpus sancti Euodii primi ecclesiae Aniciensis praesulis »).

La veuve de l’empereur romain Dèce (+ 251), Étruscille, se serait établie à Ruessium.

La commune fut nommée Vélaune de pluviôse an II à germinal an III, c’est-à-dire de janvier 1794 à mars 1795 (Roger Maurin).

Divers[modifier | modifier le code]

Un pays de Bretagne : le Goëlo (et plus particulièrement la commune de Lanvollon) était le territoire (« Vellavensis pagus ») de la tribu des Vellavii qui faisait partie de la confédération des Osismiens.

Un Mercure gallo-romain, vénéré dans l’Isère, a nom : Vellaunus.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Vellaves », sur www.arbre-celtique.com (consulté le 24 novembre 2010)
  2. Histoire du Velay de Albert Boudon-Leshermes, tome sur « les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy » (les pages se réfèrent à l’édition de 1930 chez Thouars (Deux-Sèvres), imprimerie Nouvelle
  3. ibid, p53
  4. ibid, p54
  5. ibid, p55
  6. ibid, p56
  7. ibid, p76
  8. ibid, p67
  9. a, b et c ibid, p80
  10. ibid, p97
  11. ibid, p97 note 6
  12. ibid, p109 et 110
  13. ibid, p114