Velléda (prophétesse)

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Sculpture d’Hippolyte Maindron au jardin du Luxembourg de Paris

Velléda ou Véléda fut une vierge prophétesse celte ou germanique (völva) du temps de Vespasien. Son nom signifie « celle qui voit ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Segenax, elle était de la nation des Bructères[1] et habitait une tour sur la Lippe. Elle exerçait une influence immense sur toutes les populations germaniques : ainsi Tacite rapporte que les habitants de Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) lui confièrent l'arbitrage de leur conflit avec les Tenctères, une tribu germanique habitant hors du limes. Considérée comme une déesse vivante, en communication constante avec les dieux Sucellus et Nantosuelte, les envoyés des deux parties ne furent pas admis en sa présence, et la prophétesse rendit son jugement via un intermédiaire[2].

Tacite[3] lui fait jouer dans le soulèvement des Bataves contre Vespasien en 70 un rôle aussi important que celui de Civilis, mais on ne sait si elle prophétisa simplement la rébellion ou eut un rôle plus actif.

Une démonstration de force opérée par neuf légions sous le commandement de Gaius Licinius Mucianus mit fin à la rébellion. Le général Petilius Cerialis captura Civilis, mais il traita les rebelles avec clémence, et Velléda ne fut pas inquiétée.

Un bref extrait de Stace[4] permet d'établir que Velléda, prisonnière en 77 ou 78 du général romain Caius Rutilius Gallicus, fut amenée à Rome, où elle vécut, semble-t-il, quelques années. Un épigramme grec retrouvé à Ardea, au sud de Rome, se moque de ses pouvoirs magiques.

Postérité[modifier | modifier le code]

La destinée de Velléda a inspiré de nombreux auteurs romantiques :

Littérature[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Cabanel, Velléda 1852, Musée Fabre (Montpellier)
  • Jean-Baptiste Camille Corot, Velléda (Vers 1868 - 1870, Musée du Louvre) : ce n'est que plus tard que cette figure mélancolique se détachant sur un fond de paysage brumeux fut baptisée Velléda.
  • Charles Voillemot : Velléda, visible au musée des beaux-arts de Rennes.

Astronomie[modifier | modifier le code]

Le 5 novembre 1872, l'astronome Paul Henry découvrit un astéroïde qu'il baptisa (126) Velléda en son honneur.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Tacite, La Germanie, VIII, 2.
  2. Tacite, Histoires, IV, 65.
  3. Tacite, Histoires, IV, 61.
  4. Stace, Les Silves, I 4, 90