Vedanā

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Vedanā (pali ; sanskrit) est le plus souvent traduit par sensation, mais le concept bouddhique que ce mot recouvre ne correspond pas nécessairement à la compréhension occidentale de ce qu'est une sensation. C'est le second des cinq groupes d'existence (khandha)[1].

Vedana dans l'enseignement bouddhique[modifier | modifier le code]

La pratique de la méditation bouddhique fait souvent référence aux sensations. En particulier, le satipatthana sutta propose une technique de contemplation des sensations : vedananupassana.
"Quand un méditant, pratiquant ardemment, ne néglige pas la faculté de compréhension profonde, ce sage comprend alors pleinement les sensations. Les ayant pleinement comprises, il se libère de toutes les impuretés dans cette vie même" (SXXXVI, II, Pathama-akasa sutta)

Vedana et les autres agrégats[modifier | modifier le code]

Vedana est l'un des cinq "agrégats" ; il s'agit donc de l'un des cinq éléments que le bouddhisme propose - plutôt que de parler d'une personne, puisqu'il n'y a nul Soi ni quelque élément qui soit éternel. Les "agrégats" recouvrent les phénomènes physiques et psychiques, et vedana fait partie des quatre agrégats psychiques, avec la perception, la réaction et la conscience.

Là où "sensation" désigne plutôt une forme de la perception, comme la sensation de froid ou de chaud, Vedana semble plutôt correspondre à une caractéristique des perceptions. C'est en ce sens que Christian Maës propose de traduire vedana par modalité-du-ressenti, ceci correspondant au caractère plaisant, déplaisant ou neutre d'une perception.

Cependant, l'enseignement de S. N. Goenka propose une forme de méditation se basant sur l'activité mentale d'observer des sensations, telle que picotement, chaleur, contraction, etc, donnant à Vedana un sens bien plus proche de l'acception occidentale de sensation.

Vedana dans la coproduction conditionnée[modifier | modifier le code]

Dans l'enseignement sur la roue de la vie qu'est la coproduction conditionnée, la sensation est conditionnée par le contact et conditionne à son tour la soif (pali tanha).

Analyse des sensations[modifier | modifier le code]

Parmi le Canon bouddhique, le livre qu'est le Paṭṭhāna propose une analyse des sensations visant à rendre compte de l'ensemble d'entre elles. Vedana se voit alors partagé en trois types : les sensations agréables, désagréables, ou neutres - et ces sensations sont respectivement associées aux états de conscience (pali Vijñāna) bénéfiques, pernicieux et neutres.

Mais Vedana peut s'appliquer tant au physique qu'au psychique, ce qui aboutit à la distinction de cinq types de sensations : d'une part plaisir et douleur, et d'autre part satisfaction, insatisfaction ou indifférence.

Plaisir et douleur[modifier | modifier le code]

Le plaisir est associé à la conscience corporelle bénéfique ; il se comprend alors comme expérience d'un toucher désirable.
La douleur est associée à la conscience corporelle pernicieuse.

Satisfaction[modifier | modifier le code]

La satisfaction est associée à soixante deux états de conscience, et se manifeste par l'expérience d'un objet désirable et prend appui sur la tranquillité.

L'insatisfaction[modifier | modifier le code]

L'insatisfaction est associée à deux états de conscience pernicieux.

L'indifférence[modifier | modifier le code]

L'indifférence est associée à cinq états de conscience.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nyanatiloka, Vocabulaire pali-français des termes bouddhiques, Adyar, 1995

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]