Vauxhall

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51° 29.2′ N 0° 07.31′ O / 51.4867, -0.12183 ()

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Un Vauxhall était, au XVIIIe siècle, un établissement de plaisirs organisé autour d'un dancing. La vogue des Vauxhalls, lancée en Angleterre, se répandit ensuite sur le continent, à la faveur de l'évolution des mœurs vers davantage de sociabilité et de plaisir, en même temps que la bourgeoisie naissante refusait de se mêler aux divertissements du peuple qui, de tout temps, avait dansé en plein air ou sous des tonnelles dressées sur des places publiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Vauxhall vient d'un lieu de divertissement établi à Londres dans les jardins de Kennington en 1661 au temps de Charles II et réaménagé en 1732. Les Vauxhall Gardens étaient une sorte de parc d'attractions où le visiteur parcourait un univers de fausses ruines, d'arcs de triomphe ou de pavillons chinois, entendait de la musique et assistait à des spectacles pyrotechniques. Ils avaient été créés sur le domaine d'un certain Falkes de Bréauté. Le lieu fut désigné sous le nom de Falkes' Hall et l'expression dériva progressivement en Fox Hall, puis Vaux Hall. Le quartier de Vauxhall en conserve le souvenir.

Un Vauxhall comprenait pour l'essentiel une piste de danse et une tribune permettant d'abriter un orchestre, entourées de promenoirs et de colonnades. Pour répondre à la demande du public, on y trouvait aussi des salons particuliers, des magasins de frivolités, des cabinets de lecture où l'on pouvait lire la presse internationale, parfois même une loge maçonnique. Le décor perpétuait des traditions baroques, avec guirlandes, rocailles, bosquets, jets d'eau, multipliés par des jeux de miroirs.

Le succès de cette attraction suscita des répliques en France. Ce fut d'abord, à partir d'août 1764, le « jardin d'amusements » créé à Paris par l'artificier italien Giovani Battista Torre, que le public appela d'emblée le Vauxhall de Torré.

Les frères Ruggieri créèrent ensuite un Vauxhall d'hiver qui s'installa en 1769 à la foire Saint-Germain. Samson-Nicolas Lenoir prit l'établissement à son compte et le transféra, sous le nom de Panthéon d'Hiver au Palais-Royal, foyer de la prostitution et du jeu, sur un terrain biscornu dont il tira habilement parti, rue Saint-Thomas-du-Louvre. On y trouvait un salon chinois, un café turc, et l'architecte y eut un appartement personnel. Les guides du temps décrivent des lieux « magiques, enchanteurs, galants et voluptueux »[1] L'entrée coûtait une livre seize sols mais on pouvait également s'abonner pour une somme mensuelle de cinq à neuf livres.

Entre 1771 et 1780, un luxueux Vauxhall appelée le Colisée fut établi aux Champs-Élysées.

La mode se répandit également en province : dès 1774, l'architecte Samson-Nicolas Lenoir construisit un Vauxhall à Bordeaux. Le Wauxhall de Marseille, dit aussi le Pavillon chinois, fut construit en 1795.

Bruxelles n'eut connaissance du haut lieu londonien qu'en 1761, lorsqu'on donna au Théâtre de la Monnaie un ballet intitulé Le Phaxal. Le Vauxhall de Bruxelles, à la fois débit de boissons, lieu de concert et salle de jeux, fut ouvert en 1781 par les frères Bultos, qui dirigeaient les Théâtres de la Monnaie et du Parc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cité par Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 335

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]