Vaticanus

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Vaticanus, désigné également sous le nom de Vatikanos ou Vagitanus, aurait été, selon Aulu-Gelle, suivi de Augustin d'Hippone, un dieu présidant aux vagissements des jeunes enfants.

Aulu-Gelle mentionne un deus Vaticanus, littéralement un « dieu prophétique » en référence à Aius Locutius, dans un passage étymologique se référant à Varron : « On a coutume de dire que le mot Vatican doit son nom aux oracles (vaticinia) qui s'y rendaient fréquemment, et que l'on croyait devoir à la divinité[1] qui préside à ce quartier de Rome. Cependant M. Varron, dans ses livres des Choses divines, donne à ce nom une autre étymologie. De même, dit-il, que le dieu Aius fut ainsi nommé, et qu'on lui consacra un autel et une statue que l'on voit au bas de la rue Neuve, parce que nos ancêtres entendirent dans ce lieu une voix céleste, de même on appela Vatican le dieu qui présida aux premiers accents de la voix humaine, car dès l'instant que les enfants viennent au monde, ils prononcent la première syllabe de Vatican ; c'est ce que nous appelons vagir, terme qui exprime le premier son qui sort de la bouche des nouveau-nés[2]. » Notons ici que cette étymologie est erronée : vates, « devin, prophète », racine probable de Vaticanus, n’est pas apparenté à vagir.

Augustin d'Hippone s’est sans doute appuyé sur ce texte pour dénigrer les dieux romains : « Mais cherchons, je vous prie, parmi cette multitude de dieux qu’adoraient les Romains, quel est celui ou quels sont ceux à qui ils se croient particulièrement redevables de la grandeur et de la conservation de leur empire ? Je ne pense pas qu’ils osent attribuer quelque part dans un si grand et si glorieux ouvrage à la déesse de Cloacina, ou à Volupia, qui tire son nom de la volupté, ou à Libentina, qui prend le sien du libertinage, ou à Vaticanus, qui préside aux vagissements des enfants[3]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mot à prendre dans un sens animiste, la divinité est plus probablement un genius loci, qu’un dieu à part entière.
  2. Aulu-Gelle, Nuits attiques
  3. Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, Livre IV chapitre 7

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