Vassilis Alexakis

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Vassilis Alexakis en 2013 .

Vassilis Alexakis (en grec : Βασίλης Ἀλεξάκης), né le 25 décembre 1943 à Athènes[1],[2], est un écrivain franco-grec, auteur d'une importante œuvre romanesque. Il écrit à la fois en français et en grec, sa langue maternelle.

Écriture[modifier | modifier le code]

Son œuvre, partagée entre deux cultures, est empreinte d'une tendre ironie et nous fait pénétrer au cœur de l'histoire intime et universelle. Au sujet de l'usage de ses deux langues dans son œuvre, Vassilis Alexakis fait remarquer qu'« il y a d'abord eu la période française. J'ai écrit en français les trois premiers romans, où le contact avec la langue est encore relativement distant. Il m'est plus facile de faire de l'humour en français, du coup ce sont des livres plus légers. Il y a, ensuite, un virage avec Talgo, le premier livre écrit en grec où je fais la preuve que ma manière d'écrire reste la même en passant d'une langue à l'autre, que je ne trahis aucune des deux langues et qu'aucune ne me trahit[3] ».

Dans la logique de sa revendication d'une double culture, il s'est opposé récemment aux restrictions qui touchent l'immigration en France : « L'identité française est le produit d'un dialogue avec le monde qui a commencé il y a bien longtemps, bien avant la naissance de la France et qui est aussi ancien que le mot dialogue lui-même. L'attachement que j'ai pu avoir pour ce pays quand j'étais adolescent était dû en partie à des étrangers, ou tout au moins à des Français d'origine étrangère, à Van Gogh et à Salvador Dali, à Kopa et à Piantoni, à Beckett et à Ionesco. (...) Dans un pays où le tiers de la population est issu de l'immigration, faire obstacle à l'arrivée de nouveaux étrangers est une façon de mettre en péril plutôt que de sauvegarder l'identité française »[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de 17 ans, Vassilis Alexakis reçoit une bourse et débarque en FranceLille), pour étudier le journalisme. La bourse étant trop mince, il doit travailler à la plonge dans un restaurant. Après ses études de trois ans, il rentre en Grèce pour cause de service militaire mais revient s'installer à Paris en 1968 après le coup d'État militaire.

Diplômé de l'École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille, Vassilis Alexakis a collaboré comme journaliste, dessinateur humoristique et chroniqueur à plusieurs journaux et radios, dont Le Monde, La Croix, La Quinzaine Littéraire et France Culture. Il a travaillé au Monde des livres durant quinze ans et a également écrit des pièces radiophoniques[5].

Vassilis Alexakis a obtenu le prix Alexandre Vialatte (1992), le Prix Albert Camus (1993) pour Avant, le Prix Médicis (1995) pour La Langue maternelle, le Prix de la Nouvelle (1997) de l'Académie française pour Papa et autres nouvelles, le Prix Edouard Glissant (2003) et le Grand Prix du Roman (2007) de l'Académie Française pour Ap. J.-C.. En 2012 il reçoit le prix de la langue française pour l'ensemble de son œuvre[6]. Il est Officier des Arts et des Lettres et Commandeur de l'Ordre du Phénix.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Pourquoi tu pleures ? , Éd. Romiosini-Schwarze Kunst (Allemagne), 1991
    • rééd. illustrations de Jean-Marie Antenen, éd. Quiquandquoi (Suisse), 2001
  • Papa : et autres nouvelles, Paris, Fayard, 1997, 186 p. (ISBN 2-213-59866-5). Prix de la Nouvelle de l'Académie française 1997.
  • Le Colin d’Alaska, illustrations de Maxime Préaux, Paris, 1999.
  • « Je t'oublierai tous les jours », Dix ans sous la Bleue, collectif, Stock, 2004.

Aphorismes[modifier | modifier le code]

  • L’Invention du baiser, illustrations de Thierry Bourquin, 1997.
  • Le Fils de King Kong, 1987.

Dessins humoristiques[modifier | modifier le code]

  • Mon amour !, 1978.
  • L’Aveugle et le Philosophe, Éd. Quiquandquoi (Suisse), 2006

Guide de voyage[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1967 : Abraham a engendré Isaac, Isaac a engendré Jacob, Jacob a engendré... (Avraam egennise Isaak, Isaak egennise Iakov, Iakov egennise...) court-métrage, avec Yórgos Panoussópoulos : réalisateur, scénariste
  • 1982 : Je suis fatigué court métrage[8]
  • 1984 : Nestor Carmides passe à l’attaque
  • 1989 : La Table
  • 1991 : Les Athéniens

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La république des lettres
  2. Certaines sources indiquent Santorin comme lieu de naissance [1]. Dans Je t'oublierai tous les jours, l'auteur s'explique à ce sujet : « Quand on me demande où je suis né, comme le fait le journaliste de Libération, je réponds parfois - c'est ce que je lui ai dit - "à Santorin". C'est un petit mensonge que justifie cependant une vérité. Les trois mois d'été que nous passions tous les ans sur cette île jusqu'au séisme de 1956 ont laissé une empreinte bien plus durable dans mon esprit que notre vie à Callithéa. J'avais douze ans cette année-là. Je n'ai gardé que très peu de souvenirs des étés qui ont suivi, des colonies de vacances où tu m'envoyais et où je ne restais d'habitude que trois ou quatre jours. Au fond de ma mémoire domine incontestablement le rocher de Santorin ». Vassilis Alexakis, Je t'oublierai tous les jours, Folio n° 4488, Gallimard, 2007, p. 162.
  3. La Grèce en héritage, entretien avec Thierry Guichard, publié dans Le Matricule des anges, N° 85, juillet-août 2007, pp.18-23
  4. Le Monde, 07.12.2007
  5. Télérama, 27.10.1999
  6. Nicolas Guégan, « Le Prix de la langue française pour Vassilis Alexakis », sur nouvelobs.com,‎ 10 octobre 2012 (consulté le 10 octobre 2012)
  7. "Papa et autres nouvelles" sur le site de l'éditeur.
  8. Le Monde, 8.02.1983

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Guichard, « Vassilis Alexakis, Athènes sur Seine », dans Le Matricule des anges, N° 85, juillet-août 2007, pp. 15 à 17