Vassieux-en-Vercors

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Vassieux-en-Vercors
Vassieux vu des pentes du col de la Chau, près du Mémorial de la Résistance.
Vassieux vu des pentes du col de la Chau,
près du Mémorial de la Résistance.
Blason de Vassieux-en-Vercors
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton La Chapelle-en-Vercors
Intercommunalité Communauté de communes du Vercors (CCV)
Maire
Mandat
Pascal Hoeffler
2014-2020
Code postal 26420
Code commune 26364
Démographie
Gentilé Vassivains, Vassivaines
Population
municipale
351 hab. (2011)
Densité 7,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 53′ 46″ N 5° 22′ 15″ E / 44.8961111111, 5.3708333333344° 53′ 46″ Nord 5° 22′ 15″ Est / 44.8961111111, 5.37083333333  
Altitude Min. 1 028 m – Max. 1 654 m
Superficie 48,25 km2
Localisation

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Vassieux-en-Vercors est une commune française située dans le département de la Drôme en région Rhône-Alpes. Ses habitants se nomment des Vassivains et Vassivaines.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vassieux-en-Vercors est situé à dix kilomètres au sud de La Chapelle-en-Vercors (chef-lieu du canton).

Le village est bâti sur un petit éperon calcaire, dominant de quelques mètres une vaste dépression karstique allongée, de type poljé. Ce poljé occupe lui-même une partie du synclinal généralement nommé « plateau de Vassieux » ou « plateau vassivain ».

Le plateau de Vassieux est le siège de nombreux autres phénomènes karstiques (scialets, lapiaz, pertes, grottes…), explorés et étudiés notamment par les clubs spéléologiques locaux. Il fait partie du massif du Vercors.

Économie[modifier | modifier le code]

Les principales activités humaines et économiques reposent sur l'agriculture (élevage, bois…) et le tourisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Au sud du village, on retrouve plusieurs sites d'extraction et de taille de silex, mis en valeur par le musée de la Préhistoire.

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

D'après la carte de Cassini, planche 120 (Valence) levée de 1768 à 1776 et éditée vers 1779, le nom de la commune s'orthographiait alors Vascieux. En latin ordinaire, on trouve les libellés Vacivo, Vascivum, Vassivum, qui pourraient signifier Château, mais rappellent davantage le latin vacivus "non occupé", et qui sont à l'origine du gentilé actuel Vassivain.

Avant 1790, le village était rattaché au diocèse de Die, archiprêtré du Royans-Vercors puis du Vercors. Pour l'administration fiscale et royale, c'était également une communauté de l'élection de Montélimar, subdélégation de Crest, et bailliage de Die.

Un peu plus tard, sous le cadastre napoléonien, le village porte le nom de Vassieu. Il est rattaché au district de Die.

Le village était, en 1793, dans le canton de Saint-Julien-en-Quint. Il fut rattaché au canton de La Chapelle-en-Vercors lors de la réorganisation administrative de l'an VIII (1799-1800).

En 1911, Vassieux apparaît sous le nom de Vassieux-en-Vercors dans le Bulletin des lois.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En juillet 1944, les maquisards attendent l'atterrissage des premiers avions alliés sur la piste construite à proximité du village. Les Allemands pensent sans doute que la piste, aussi sommaire soit-elle, va permettre de débarquer des troupes en nombre important. Ils prennent donc les devants et, le 21 juillet, une opération aéroportée est lancée contre le village.

Ce 21 juillet 1944 au matin, vers 7 h 30, vingt deux planeurs DFS 230 remorqués par des Dornier Do 17 décollent du terrain de Lyon/Bron avec chacun dix hommes à bord, dont le pilote. Le vol, qui dure une heure trente, est effectué sans problème particulier et les planeurs commencent à se poser très près du village, certains pratiquement à côté des maisons. L'arrivée de ces soldats est une surprise totale pour les résistants mais ils se ressaisissent rapidement et mettent en place des mitrailleuses. Plusieurs planeurs sont détruits durant l'atterrissage et certains équipages sont tués. Les Allemands se réfugient dans le village où ils résistent pendant toute la journée ainsi que le lendemain, les maquisards ayant monté une contre-attaque ; isolées, sans ravitaillement, les troupes allemandes vont se trouver à plusieurs reprises sur le point d'être anéanties. À cause des très mauvaises conditions météorologiques, elles ne peuvent recevoir de soutien aérien le 22 juillet ; il n'y a donc ni arrivée de renforts ni intervention de l'escadrille spécialisée dans la lutte contre les « terroristes ».

Le 23 juillet, le beau temps étant revenu, vingt planeurs DFS 230 et un planeur lourd Gotha Go 242, remorqués par les mêmes avions que le 21 juillet, décollent de l'aérodrome de Chabeuil avec deux cents hommes et du matériel, notamment une pièce de 20 mm. Trois planeurs n'atteignent pas le plateau lors de ce vol du 23 juillet. L'un cassera son câble de remorquage, à la verticale de Marignac-en-Diois et deux avions remorqueurs se laisseront déporter à plus de 25 kilomètres au sud de la route prévue. Lorsqu'ils reprendront le cap nord en direction de Vassieux, ils seront pris dans les rabattants créés par le très fort mistral et les montagnes environnantes. Les câbles seront rompus. L'un d'eux aura son aile arrachée, et il s'écrasera près de Montjoux, tuant tous ses occupants[1]. Ce renfort va permettre de briser la résistance des maquisards, d’autant que les troupes terrestres commencent elles aussi à déboucher sur le plateau ce même jour. Le 26, les parachutistes brûlent leurs planeurs avant de descendre dans la vallée. Ce n'est que le 15 août que les Allemands auront évacué totalement le plateau.

Pendant leur présence à Vassieux, les troupes allemandes se sont livrées à de très nombreuses exactions sur les habitants du village et des hameaux environnants, n’hésitant pas à mutiler et à torturer. L’équipe de la Croix-Rouge, montée par le col de Rousset, qui arrive à Vassieux le 9 août, découvre 73 habitants (sur une population de 430 habitants) et 91 résistants massacrés, les maisons détruites. Les assaillants ayant fait preuve d'une barbarie inhabituelle jusqu’alors, on a pensé et écrit (on continue à le faire encore parfois), que les assaillants étaient des Waffens SS. On sait aujourd’hui qu’il n’y pas eu de Waffen SS à Vassieux, ni ailleurs dans le Vercors[2]. Les assaillants étaient en fait des parachutistes de la Luftwaffe et des Osttruppen[3] composées de légionnaires des pays de l’est (Russes, Ukrainiens, Caucasiens). Il y avait également des Français à côté des Allemands. En effet, dans un planeur abattu le 21 juillet au hameau de La Mure, on a recensé huit morts, trois soldats d’origine française, quatre Ukrainiens et un officier[4]. Les rares auteurs ayant écrit sur ce sujet ne s’accordent cependant pas sur l’unité d’appartenance de ces Français. Selon Alain Chazette[5], ils appartenaient à la 8e compagnie du 3e régiment de la division « Brandenburg » mais, pour Olivier Pigoreau[6], cette unité n’a pas combattu dans le Vercors mais seulement dans le sud de la France. Pour Philippe Hanus et Gilles Vergnon enfin, il s’agissait de supplétifs de la Gestapo de Lyon venus avec le Dr Knab, le chef du SIPO/SD[7] mais, dans ce cas, la présence de Français dans un planeur ne s'explique pas.

Pour ses hauts faits de résistance durant l'Occupation, le village a reçu la croix de la Libération par décret du général de Gaulle, en date du 4 août 1945. Le village est ainsi devenu la quatrième des cinq collectivités civiles françaises élevées au rang de Compagnon de la Libération avec la mention suivante :

« Village du Vercors qui, grâce au patriotisme de ses habitants, s'est totalement sacrifié pour la cause de la résistance française en 1944. Principal centre de parachutage pour l'aviation alliée sur le plateau, a toujours aidé de tous ses moyens les militaires du Maquis dans les opérations de ramassage d'armes. Très violemment bombardé le 14 juillet, attaqué par 24 planeurs allemands les 21 et 22 juillet, a eu 72 de ses habitants massacrés et la totalité de ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié. Martyr de sa foi en la résurrection de la Patrie[8]. »

Le Mémorial de la Résistance, bâti au col de la Chau, et le musée départemental de la Résistance, implanté au village, conservent la mémoire de ces événements de la Seconde Guerre mondiale. Un cimetière situé au départ de la route qui mène au mémorial, créé dès 1945 à l'initiative du colonel Pierre Tanant, chef d'état-major du maquis, afin de réunir les corps des maquisards miliaires et civils tombés au combat, contribue également à perpétuer le souvenir et à honorer les victimes des évènements de juillet 1944. D'autres monuments disséminés dans le village et la campagne environnante rappellent des événements ponctuels.

Article détaillé : Maquis du Vercors.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944   Jules Martin SE  
    Paul Bec SE  
1952   Monsieur Grimaud SE  
1981 1995 Jacques Roux SE  
1995 2001 Pascal Hoeffler SE  
2001 2014 Michel Repellin PS  
2014 en cours
(au 6 novembre 2014)
Pascal Hoeffler[9]    

Vassieux-en-Vercors est l'une des cinq communes de la communauté de communes du Vercors, dont le territoire se confond avec celui du canton de La Chapelle-en-Vercors.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1644, il y avait 56 familles dans le village de Vassieux.

En 2011, la commune comptait 351 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
866 921 1 302 930 1 003 1 022 978 899 981
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
941 930 850 800 773 758 741 701 660
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
641 622 540 486 474 448 430 309 373
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
320 257 257 310 283 290 344 354 344
2011 - - - - - - - -
351 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Principales cavités naturelles

  • Scialet de la Seppe
  • Scialet Michellier
  • Scialet-grotte des Baumettes
  • Perte des Sagnes

Monuments

Événements[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lt Cl (er) JC Mathevet, Planeurs à croix noires sur le Vercors Juillet 1944, 2007
  2. La seule opération aéroportée des parachutistes SS est celle menée le 25 mai 1944 à Drvar (Yougoslavie) contre un des refuges de Tito.
  3. Antonio Munoz, Forgotten Legions : Obscure Combat Formations of the Waffen-SS, Axis Europa Inc, 1991
  4. Alain Chazette, Fallschirmjäger : Les parachutistes allemands en France, 1943-1944
  5. Alain Chazette
  6. Olivier Pigoreau, Sanglante randonnée - Les Français de la division « Brandebourg » et des formations de chasse SS, Histoire et Collections, 357 pages, mars 2013 (ISBN 978-2-35250-266-1)
  7. Philippe Hanus et Gilles Vergnon, Vercors, Résistance et résonances, L’Harmatan, 2008
  8. Vassieux-en-Vercors, sur le site ordredelaliberation.fr, consulté le 17 décembre 2012
  9. Vassieux-en-Vercors sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 6 novembre 2014).
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lt-Cl (er) Jean-Claude Mathevet, Planeurs à croix noires sur le Vercors Juillet 1944, 2007
  • Georg Schlaug, Die Deutschen Lastensegler-verbande 1937-1945, Stuttgart, Motorbuch, 1985
  • Philippe Hanus et Gilles Vergnon, Vercors, Résistance et résonances, Paris, L’Harmatan, 2008 (ISBN 9782296064256)
  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, tome 5, Paris, Robert Laffont, 1981
  • Gilles Vergnon, Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, Paris, Éditions de l’Atelier, 2002 (ISBN 2708236318)
  • Philippe Aziz, La Gestapo en Dauphiné et en Savoie, Genève, Famot, 1977
  • Pierre Faillant de Villemarest, « La guerre secrète dans le Vercors en 1943-1944 », 39-45 Magazine, n°198, février 2003
  • Alain Chazette, Fallschirmjäger : Les parachutistes allemands en France, 1943-1944, Paris, Histoire et fortifications, 2001 (ISBN 2951610270)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]