Varus

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Varus vaincu (2003), sculpture de Wilfried Koch située à Haltern am See, Allemagne

Publius Quinctilius Varus[1] (né v. 46 av. J.-C., mort en 9 ap. J.-C.) est un général et homme politique romain sous le principat d'Auguste.

Né dans une famille équestre, il est le fils de Sextus Quinctilius Varus, lié au parti républicain.

Varus est le général romain vaincu de la bataille de Teutoburg en l'an 9 ap. J.-C., qui vit la destruction de trois légions romaines par les Germains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts de la carrière de Varus sont marqués par sa proximité avec Auguste. Après sa préture il est légat de la XIXe légion et stationne avec elle dans le camp de Dangstetten[2]. Vers 14 av. J.-C. il se marie avec Vipsania Marcella la fille de Marcus Vipsanius Agrippa, il entre ainsi dans le cercle des intimes d'Agrippa et d'Auguste. Par la suite, il se remaria avec Claudia Pulchra, petite nièce d'Auguste. À la mort d'Agrippa, il fait son oraison funèbre. En 13 av. J.-C. il est élu consul avec Tibère le futur empereur.

Il occupe ensuite les postes de gouverneur d'Afrique et de Syrie. L'historien juif Flavius Josèphe mentionne l'action de Varus contre plusieurs révoltes à caractère messianique en Judée après la mort d'Hérode le Grand en 4 av. J.-C.. Après avoir occupé Jérusalem, il crucifie 2000 rebelles juifs.

À la fin du Ier siècle av. J.-C. et dans les premières années du Ier siècle, Tibère, Drusus et Germanicus mènent une longue campagne en Germanie. En l'an 7, Auguste le charge d'organiser la Germanie déjà conquise sur la rive droite du Rhin. Sa tentative de substituer le droit romain au droit germanique exaspère les populations.

Arminius, chef des Chérusques, se fit accepter peu à peu par Varus. Les Germains semblaient vouloir accepter la domination romaine, en demandant de plus en plus souvent, par exemple, à Varus de juger leurs différends.

À l'automne de l'an 9 ap. J.-C., le germain Arminius informa Varus qu'un soulèvement avait eu lieu dans les terres à l'intérieur de la Germanie. Aussitôt, le général romain se mit en marche à la tête de trois légions (les XVII, XVIII et XIX) et des troupes d'Arminius. Ce dernier connaissait bien l'armée romaine et les rouages tactiques d'une armée dans laquelle il avait jadis servi. Une fois arrivés dans une région de marais et de bois, les troupes auxiliaires germaines quittèrent les romains pour se joindre à d'autres tribus : la bataille de Teutoburg (ou le massacre) dura plusieurs jours.

Les troupes romaines furent massacrées, Varus se suicida en se jetant sur son épée. Sa tête fut coupée, son corps mutilé. Sa tête parvint ensuite à l'empereur Auguste qui eut cette phrase: « Vare, legiones redde » « Varus, rends-moi mes légions ».

Épilogue[modifier | modifier le code]

Le lieu de la bataille de Teutoburg, lieu recherché par de nombreux historiens allemands pendant des années, a été découvert en 1989, à Kalkriese, 15 km au nord d'Osnabrück, cependant quelques historiens et archéologues mettent en doute cette hypothèse (considérant que c'est la bataille dite de Pontes Longi entre les Germains et le général Caecina en 15 ap. J.-C., qui s'y déroula).

C'est à la suite de ce désastre, un des plus graves depuis la bataille de Cannes et celle d'Arausio, que les Romains réorganisèrent leur frontière en Germanie, sur les bords du Rhin, en se protégeant derrière le limes, la frontière fortifiée.

Famille[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Velleius Paterculus et Dion Cassius nomment sa gens Quintilius, les autres auteurs écrivent Quinctilius.
  2. H.U. Nuber, « P. Quinctilius Varus, legatus legionis XIX : zur interpretation der bleischeibe aus Dangstetten, lkr. Waldshut », Archäologisches Korrespondenzblatt, 38-2, 2008, p. 223-231.

Bibliographie[modifier | modifier le code]