Varmie (évêché)

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Évêché de Warmie
Fürstbistum Ermland

12431466

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Les frontières de l'évêché au sein de l’État teutonique vers 1410


Informations générales
Capitale Lidzbark Warmiński
Langue bas saxon, polonais
Religion Catholicisme
Monnaie florin







évêques de Varmie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L’évêché ou principauté-épiscopale de Varmie (en allemand : Fürstbistum Ermland ; en polonais : Biskupie Księstwo Warmińskie) est une ancienne principauté ecclésiastique sous la juridiction temporelle de l'évêque de Varmie entre 1356 et 1772.

Le diocèse de Varmie est créé en 1243 par Guillaume de Modène, le légat du pape.

En 1356, l'évêque de Varmie obtient l'immédiateté impériale de l'Empereur Charles IV.

En 1466, à la seconde paix de Thorn, l'Ordre Teutonique renonce à ses droits sur l'évêché , qui devient une partie de la Prusse dite « royale » en union personnelle avec le roi de Pologne.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

L'évêché était divisé en dix bailliages : sept épiscopaux et trois capitulaires.

Les sept bailliages épiscopaux étaient ceux de Braunsberg (Braniewo), Guttstadt (Dobre Miasto), Heilsberg (Lidzbark Warmiński), Rößel (Reszel), Seeburg (Jeziorany), Wartenburg (Barczewo) et Wormditt (Orneta).

Les trois bailliages capitulaires étaient ceux d'Allenstein (Olsztyn), Frauenburg (Frombork) et Mehlsack (Pieniężno).

Histoire de l'évêché de Varmie[modifier | modifier le code]

Le Diocèse de Varmie, fondé le 29 juillet 1243, était l'un des quatre évêchés de l’État teutonique en Prusse. Le premier évêque, Heinrich von Strateich, n'entra jamais en fonction. Son successeur Anselme de Misnie, qui régna entre 1250 et 1274, fut le premier évêque effectif de Varmie. En 1253, Albert Suerbeer étant sorti vainqueur de la longue bataille procédurale pour l'investiture à l'Archevêché de Riga nouvellement institué, la Varmie (comme plusieurs autres diocèses baltes) devint un évêché suffragant de Riga. Les quatre premiers évêques de Varmie, tous nommés par les princes polonais et les chevaliers teutoniques, étaient principalement allemands mais, contrairement aux autres Évêchés prussiens (Culm, Pomésanie et Sambie), le chapitre diocésain de Varmie, formé en 1260, conserva son indépendance. Ses membres n'étaient pas chevaliers de l'Ordre Teutonique, comme ce fut le cas pour les autres chapitres de Prusse à partir des années 1280. Ainsi le chapitre put repousser toute influence des puissances étrangères.

La Bulle d'or promulguée en 1356 par l'Empereur Charles IV reconnaissait l'évêque de Varmie comme prince temporel (prince-évêque), ce qui ne fut jamais le cas des autres évêques prussiens, dont les chapitres étaient nommés par la Pologne et les chevaliers teutoniques. La principauté ecclésiastique de Varmie, recouvrant à peu près le tiers du diocèse de Varmie, bénéficiait ainsi d'une semi-indépendance : d'abord en tant que composante de la Prusse Teutonique, puis à partir de 1466 de la Prusse royale - une union personnelle avec la Couronne de Pologne. La tentative du roi Casimir IV d'assujettir entièrement la principauté de Varmie déclencha la guerre des prêtres.

Le prince-évêque Lucas Watzenrode, qui régna de 1489 à 1512, cherchait à exempter son État des tributs versés à l'archevêché de Riga, pour établir à terme une métropole en Varmie, avec tous les diocèses de Prusse Teutonique comme suffragants. Son projet se solda par un échec, bien qu'il eût réclamé l’exemption (en 1492 ou peu après). Lors du Second Traité de Pietrikau (7 décembre 1512), la principauté de Varmie concéda au roi Alexandre Jagellon le droit de proposer quatre candidats au chapitre pour l'élection, à condition qu'ils soient prussiens de naissance.

Les successeurs de Watzenrode ne parviendront pas à concrétiser la mutation de leur droit de suffragant de Riga vers Gniezno : le diocèse demeurera de jure suffragant de Riga jusqu'à sa dissolution en 1566. La Varmie sera ensuite un diocèse exempt.

En 1569, la Prusse Royale fut annexée par la République des Deux Nations. Désormais le chapitre élisait majoritairement des évêques de nationalité polonaise. Les fidèles de la moitié Nord du diocèse étaient en grande majorité d’ethnie allemande. En application du décret de co-régence du roi Sigismond III et de Joachim-Frédéric de Brandebourg sur la Prusse (1605), puis du pacte d'inféodalisation à la Prusse (1611) sous le règne de Jean-Sigismond de Brandebourg, les monarques garantirent la liberté de culte dans un Duché de Prusse désormais majoritairement luthérien ; mais en pratique, le gouvernement ducal restreignait le culte catholique de diverses manières.

Pour autant, les prince-évêques continuaient d'étendre leurs prérogatives bien au delà de leur domaine séculier, jusqu'aux deux-tiers du périmètre du diocèse de Varmie, et sur les territoires de diocèses voisins dissous tels la Sambie et la Pomésanie, de sorte que vers 1600 l'évêché de Varmie avait autorité sur tout le Duché de Prusse. Cette centralisation, étendant de jure la juridiction de la Varmie sur l'ancien territoire diocésain de Sambie, fut approuvée par le Saint-Siège en 1617. Au terme du Premier partage de la Pologne en 1772, la Varmie (Ermland) fut rattachée au Royaume de Prusse, pour former une partie de la Prusse orientale.

L’Église Catholique en Prusse fut réorganisée en application de la bulle De salute animum (16 juillet 1820), mais sans modifier les limites du diocèse pour les conformer aux nouvelles frontières de 1815. Comme la plupart des habitants de Prusse orientale étaient désormais luthériens, les territoires des anciens évêchés de Pomésanie (partiellement) et de Sambie et leurs fidèles Catholiques furent rattachés au Diocèse de Varmie, qui recouvrait ainsi toute la province de Prusse orientale excepté le coin sud-ouest (c'est-à-dire la plus grande partie du diocèse de Pomésanie autour de Marienwerder (Kwidzyn), reclassé comme Doyenné de Pomésanie au sein du diocèse de Culm). En 1901, la population totale du diocèse était d'environ 2 000 000 habitants, dont 327 567 Catholiques.

Finalement, le 28 octobre 1925 le Saint-Siège (par la bulle Vixdum Poloniae unitas) retrancha le doyenné de Pomésanie du Diocèse de Culm et le rattacha à la Varmie[1], tant en lui enlevant le Territoire de Memel : ainsi ele diocèse de Varmie coïncidait de nouveau territorialement avec la province de Prusse orientale dans ses frontières réduites de 1922. En 1930 l'exemption diocésaine prit fin et la Varmie, administrée par l'évêque Maximilian Kaller, fut rattachhée à la province ecclésiastique d'Allemagne Orientale, et placée sous l'autorité de l'Archevêché de Wrocław.

Après l'annexion du sud de la Prusse orientale par la République populaire de Pologne, including much du territoire diocésain, l'évêque Kaller renonça à exercer sa juridiction dans les territoires rattachés à la Pologne, n'y conservant que les fonctions d'évêque, et il fut expulsé par les autorités Polonaises à la mi-août 1945. Le pape Pie XII le nomma "évêques des Réfugiés". L’Église Catholique de Pologne réclama alors le rattachement du diocèse, s'appuyant sur l'annexion par les communistes polonais. August Hlond, pour éviter que le chapitre de Varmie élise un nouvel évêque, avait nommé Teodor Bensch comme Administrateur apostolique provisoire. Le Saint-Siège, toutefois, n'entendait pas se soumettre aux nouveaux arbitrages territoriaux de Yalta, qu'il regardait comme provisoires : aussi le trône épiscopal de la cathédrale de Frombork demeura-t-il vacant à la mort de Kaller.

Mais en 1972 (en réaction au revirement de la RFA lors du Traité de Varsovie) le Saint-Siège rétablit enfin un nouveau diocèse polonais à la tête duquel elle nomma Józef Drzazga, désormais suffragant de l'Archidiocèse de Varsovie. Drzazga déménagea l'évêché à Olsztyn.

Le 25 mars 1992 la Varmie fut élevée au rang d'archidiocèse métropolitain avec deux évêques suffragants supplémentaires, ceux du Diocèse d'Ełk et du diocèse d'Elbląg[2]. Le diocèse d'Ełk reprenait des territoires pris aux diocèses de Varmie et de Łomża ; quant au diocèse d’Elbląg, il reprenait le reste des territoires du diocèse de Varmie, de l'ancien diocèse prussien de Culm (auj. Diocèse de Pelplin) et du diocèse de Dantzig (élevé depuis au rang d'Archidiocèse de Gdańsk). Ainsi le diocèse recouvre aujourd'hui une superficie de 12 000 km2 et compte 703 000 fidèles catholiques, 33 doyens, 253 districts ecclésiaux, 446 prêtres du diocèse , 117 prêtres ordonnés, et 231 moniales.

Princes-évêques[modifier | modifier le code]

  • 1355-1373 : Jan Stryprock
  • 1373-1401 : Henryk Sorbom
  • 1401-1415 : Henryk Vogelsang z Lidzbarka
  • 1415-1424 : Jan Abezier
  • 1424-1457 : Franciszek Kuhschmalz
  • 1457-1458 : ?
  • 1458-1467 : Paweł Legendorf
  • 1468-1489 : Mikołaj Tungen
  • 1489-1512 : Lucas Watzenrode
  • 1512-1523 : Fabian Tetinger von Lossainen
  • 1523-1537 : Moritz Ferber
  • 1538-1548 : Jan Flachsbinder dit « Dantyszek »
  • 1549-1550 : Tiedemann Giese
  • 1551-1579 : Stanisław Hozjusz
  • 1579-1589 : Marcin Kromer
  • 1589-1599 : Andrzej Batory
  • 1600-1604 : Piotr Tylicki
  • 1604-1621 : Szymon Rudnicki
  • 1621-1633 : Jan Olbracht Waza
  • 1633-1643 : Mikołaj Szyszkowski
  • 1643 : Jan Karol Konopacki
  • 1644-1658 : Wacław Leszczyński
  • 1659-1677 : Jan Stefan Wydżga
  • 1679-1687 : Michał Stefan Radziejowski
  • 1688-1697 : Jan Stanisław Zbąski
  • 6 juin 1698 - 1er mai 1711 : Andrzej Chryzostom Załuski (pl)
  • 1er mai 1711 - 16 novembre 1711 : Stefan Wierzbowski (1666-1713) (évêque auxiliaire)
  • 16 novembre 1711 - 9 janvier 1723 : Teodor Andrzej Potocki (pl)
  • 9 janvier 1723 - 14 février 1724 : Jan Franciszek Kurdwanowski (évêque auxiliaire)
  • 14 février 1724 - 16 mars 1740 : Krzysztof Andrzej Jan Szembeklang (pl)
  • 16 Mar 1740 - 14 avril 1741 : Michał Remigiusz Laszewski (évêque auxiliaire)
  • 14 avril 1741 - 15 décembre 1766 : Adam Stanisław Grabowski (pl)
  • 15 décembre 1766 - 13 septembre 1772 : Ignacy Błażej Franciszek Krasicki (pl)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Barbara Wolf-Dahm, « Rosentreter, Augustinus », dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL) , Band 8, Herzberg 1994 (ISBN 3-8830-9053-0), Sp.695–698..
  2. Edmund Jan Osmańczyk, Encyclopedia of the United Nations and International Agreements, Taylor & Francis,‎ 2003 (ISBN 978-0-415-93921-8)