Variations Kakadu

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Les Variations Kakadu op. 121a de Ludwig van Beethoven sont une série de dix variations sur l'air Ich bin der Schneider Kakadu de l'opéra Die Schwestern von Prag de Wenzel Müller (en) écrites pour trio avec piano, violon et violoncelle en sol majeur.

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Wenzel Müller

Die Schwestern von Prag (Les sœurs de Prague), le Singspiel comique de Wenzel Müller (en), fut créé à Vienne en 1794[1].

Un des airs les plus populaires de l'opéra Ich bin der Schneider Kakadu (Je suis Kakadu le tailleur) fournit à Beethoven le thème de ses variations pour trio avec piano la plus ambitieuse.

Les premières esquisses de ces variations datent probablement de 1801[2],[3].

Le 27 août 1803[4], Kaspar Karl Beethoven, le frère cadet du compositeur[5], proposait à Breitkopf & Härtel plusieurs œuvres dont des variations pour piano, violon et violoncelle.

L'opéra de Wenzel fut repris en 1806, 1813 et 1814[6] ce qui incita probablement Beethoven à ressortir sa partition pour la réviser. Il remania ses variations de jeunesse pour les aligner sur l'ampleur de ses compositions pour piano les plus récentes. Considérant cette œuvre digne d'intérêt, Beethoven écrivit le 19 juillet 1816[7], à l'éditeur Härtel de Leipzig pour lui offrir des Variations avec une introduction et un supplément (la coda) sur un thème illustre de Muller.

Les variations seront finalement publiées chez Steiner à Vienne en 1824[8].


Les Variations se présentent sous la forme: Introduction, Adagio assai - Thema, Allegretto - Variations I-X - Allegretto (coda) et sa durée d'exécution est d'environ 18 minutes[9].

L'imposante introduction exagérément sombre en sol mineur semble annoncer un événement très sérieux et dramatique, mais le thème jovial en majeur qui émerge peu après n'a rien de dramatique ni de sérieux, sinon qu'il est soumis au travail le plus raffiné et spirituel.

La variation suit essentiellement la coupe traditionnelle en parant la mélodie de figurations de plus en plus brillantes, même si la cinquième avec ses textures contrapuntiques épurées et la septième, un duo délicat en imitation pour violon et violoncelle seuls, démontent le thème plutôt qu'elles ne l'ornent. Après une variation Adagio en mineur traditionnel, la n° 9, débordant de pathos chromatique (des échos de l'introduction lente) et une variation animée à 6/8, Beethoven se lance dans une coda longue et capricieuse tournant l'air de Müller en un fugato prétendument érudit[10].

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Honegger, Dictionnaire de la musique, Éditions Bordas, 1979, Vol.2, p. 776
  2. Elisabeth Brisson, Guide de la musique de Beethoven, Éditions Fayard, 2005, p. 260
  3. Lewis Lockwood, Beethoven's Kakadu Variations op.121a, Essays in Honor of Jacob Lateiner, Padragon Press, 2000, P. 99
  4. Ludwig van Beethoven, Briefwechsel. Gesamtausgabe, Sieghard Brandenburg, Éditions G. Henle Verlag 1996-1998, Vol. 1, Lettre n° 153
  5. J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 9
  6. Elisabeth Brisson, Guide de la musique de Beethoven, Éditions Fayard, 2005, p. 262
  7. Ludwig van Beethoven, Briefwechsel. Gesamtausgabe, Sieghard Brandenburg, Éditions G. Henle Verlag 1996-1998, Vol. 3, Lettre n° 950
  8. Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 376
  9. Durée moyenne basée sur les enregistrements discographiques cités
  10. Richard Wigmore, extrait des notes rédigées pour l'intégrale des trios pour piano, Éditions Hypérion Records, 2003
  11. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 503 du mois de mai 2003
  12. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 404 du mois de mai 1994
  13. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 603 du mois de juin 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]