Vardariotai

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Les Vardariotai (en grec : Βαρδαριῶται) ou Vardariotes sont un groupe ethnique (probablement d'origine magyare) de la fin de l'Empire byzantin. Ils fournissent une unité de régiment de la garde du palais au cours des XIIe et XIIIe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine et la nature exacte des Varadariotai est incertaine. Le terme apparaît pour la première fois au Xe siècle quand un évêché des « Vardariotai ou Tourkoi » est mentionné comme appartenant au diocèse de Thessalonique[1]. L'auteur du XIVe siècle Pseudo-Kodinos les appelle « Perses » (un anachronisme classique par lequel les Byzantins appellent les Turcs). Il indique qu'ils ont été installés dans la vallée du Vardar par un empereur byzantin inconnu. Toutefois, dans les deux cas, le terme « Turc » sous-entend une origine magyare. En effet, les Magyars sont appelés Tourkoi par les Byzantins aux Xe et XIe siècles. De ce fait, il semble que les Vardariotai sont des Magyars réinstallés en Macédoine au Xe siècle avant d'être converti au christianisme à la fin du siècle[2].

Au XIIe siècle, les Vardariotai qui ont perdu leur identité magyare sont recrutés dans l'armée byzantine. Lors des dernières années du règne de Manuel Ier Comnène au plus tard, ils forment un régiment distinct de la garde palatine[3],[4]. Toutefois, leurs fonctions, au moins sous les Paléologues, semble plus proche de celles d'une force de police que d'une unité militaire. Pseudo-Kodinos ne les classe pas parmi les gardes mais avec le personnel non-armé du palais et déclare que leur mission est de « maintenir l'ordre parmi les personnes » lors des cérémonies. À la différence des membres armés de la garde varangienne et du régiment des Paramonai, ils sont seulement équipés d'un fouet (le manglabion) et d'un bâton (le dekanikion). Kodinos rapporte aussi qu'ils portent une tenue rouge distinctive et un chapeau « perse » appelé angouroton. En outre, le fouet porté à la ceinture est leur symbole. Cette dernière référence conduit à émettre l'hypothèse que les Vardariotai ont remplacé les anciens Manglabites comme corps de la garde. Ils sont commandés par un primicier (primikerios) mentionné pour la première fois en 1166[2],[3],[5]. L'historien du XIIIe siècle Georges Acropolite rapporte en plus que les Vardariotai accompagne l'empereur byzantin dans son camp militaire lorsqu'il est en campagne[1],[6].

Aux Xe et XIe siècles, des sceaux démontrent l'existence de vardarioi (des dignitaires administratifs) à Thessalonique. Toutefois, on ignore si et comment ils sont liés aux Vardariotai[1].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Kazhdan 1991, p. 2153
  2. a et b Bartusis 1997, p. 280
  3. a et b Magdalino 2002, p. 231
  4. Bartusis 1997, p. 271, 280
  5. Macrides 2007, p. 311
  6. Macrides 2007, p. 310

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark C. Bartusis, The Last Byzantine Army: Arms and Society, Philadelphie, University of Pennsylvania Press,‎ 1997 (ISBN 0-8122-1620-2)
  • (en) Alexander P. Kazhdan, The Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press,‎ 1991 (ISBN 978-0-19-504652-6)
  • (en) Ruth Alexander, George Akropolites: The History – Introduction, Translation and Commentary, Oxford University Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-19-921067-1)
  • (en) Paul Magdalino, The Empire of Manuel I Komnenos, 1143-1180, Cambridge University Press,‎ 2002 (1re éd. 1993) (ISBN 0-521-52653-1)
  • (en) Ruth Macrides, George Akropolites: The History – Introduction, translation and commentary, Oxford University Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-19-921067-1)