Valtournenche

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Valtournenche
Blason de Valtournenche
Héraldique
Panorama du chef-lieu (Pâquier) et des alentours
Panorama du chef-lieu (Pâquier) et des alentours
Nom francoprovençal Vótornèntse
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Valle d'Aosta-Stemma.svg Vallée d'Aoste 
Province Blason ville It Aoste.svg Aoste 
Syndic Dominique Chatillard
2009
Code postal 11028
Code ISTAT 007071
Préfixe tel. 0166
Démographie
Gentilé valtournain
Population 2 162 hab. (31-12-2010[1])
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 53′ 00″ N 7° 37′ 00″ E / 45.88333, 7.61667 ()45° 53′ 00″ Nord 7° 37′ 00″ Est / 45.88333, 7.61667 ()  
Altitude Min. 1 330 m – Max. 1 330 m
Superficie 11 500 ha = 115 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.comune.valtournenche.ao.it/

Valtournenche (orthographié Valtournanche de 1946 à 1976) est une commune italienne de la Vallée d'Aoste, située dans la vallée du même nom.

Citations[modifier | modifier le code]

« Pour un Valtournain son village à Valtournenche sera toujours le centre du monde[2]. (Abbé Gorret) »

Géographie[modifier | modifier le code]

Valtournenche s'étend sur la haute partie de la vallée du même nom. Le territoire de la commune est caractérisé par un fort dénivelé, des 1 330 mètres du hameau du Moulin aux 1 700 de Loz, aux 1 860 des Perrères et aux 2 100 mètres environ du Breuil. Le dénivelé total est de 870 mètres.

Sur le territoire de Valtournenche se situe la station météorologique la plus élevée d'Italie, au Plateau Rosa (4 478 mètres).

Localisation de la commune de Valtournenche à l'intérieur de la Vallée d'Aoste.


Hameaux[modifier | modifier le code]

La commune comprend de nombreux hameaux :

Barmasse, Bioley, Brengaz, Breuil, Busserailles, Chaloz, Châtelard, Champ l'éve, Cheneil, Cheperon, Tsignanaz, Clou, Cré, Cré-du-Pont, Crépin, Crétaz, Duerche, Euillaz, Fontaine, La Muranche, La Vénaz, Layet, Laviel, Le Lou (Loz), Losanche, Maën, Maisonnasse, Montaz, Moulin, Mont-Mené, Mont-Perron, Pâquier (chef-lieu), Pecou, Les Perrères, Saix, Servaz, Singlin, Tourtourouse, Ussin, Valmartin

Le gouffre des Busserailles[modifier | modifier le code]

Gouffre des Busserailles Valtournenche.JPG

Près du hameau Singlin, au lieu-dit Les Busserailles, à 1742 mètres d'altitude, le Marmore plonge dans le gouffre des Busserailles. Cette grotte fut explorée pour la première fois le 19 novembre 1865 par les guides de montagne Jean-Antoine Carrel, Victor Maquignaz et Alexandre Pellissier. Surpris par la beauté suggestive de cet endroit, ils placèrent des échafaudages en bois afin de l'ouvrir aux visiteurs. Le guide valtournain Jean-Joseph Maquignaz descendit dans le gouffre le 24 novembre. La famille Maquignaz gère encore aujourd'hui le maintien de la structure permettant aux touristes de visiter le gouffre.

Près de l'entrée on peut admirer trois Marmites des géants, des petits trous circulaires creusés par des tourbillons des eaux du Marmore, qui autrefois couvraient ce lieu, et par des cailloux.

La profondeur du gouffre mesure 104 mètres de long, la hauteur est variable. Le long du parcours on voit des incisions avec les signatures des premiers qui s'aventurèrent ici. L'attraction la plus suggestive est sans aucun doute la cascade au bout du gouffre, qui mesure 35 mètres de haut.

Une incision marque le passage des frères Maquignaz, les premiers explorateurs du gouffre des Busserailles

Le hameau Singlin[modifier | modifier le code]

En face du saut qui ouvre le gouffre des Busserailles (voir paragraphe précédent) sont échelonnées les maisons des hameaux de Singlin dessous (1 608 m), de Singlin dessus (1 667 m) et de Singlin du milieu (respectivement Singlin desot, Singlin damon et Singlin di meitèn en patois valtournain). Le mot séngla désigne un pâturage, une ceinture herbeuse, une plaque d'herbe posée sur, ou entre, les grands précipices. D'après Jules Brocherel, il pourrait également s'agir d'un groupe de maisons adossées à un clapèi (« pierraille, clapier ») pour ne pas occuper les terrains cultivables : en effet, telle est la situation de Singlin d'en haut, village construit contre la roche afin de ne pas gaspiller les rares prés qui nourrissent ses habitants. Au hameau d'en bas, la poutre de la première maison que l'on aperçoit en entrant, construite il y a 80 ans, porte une date, 17X7, dont on ne peut lire tous les chiffres. Juste avant d'arriver au hameau d'en haut, on traverse Singlin du milieu où s'élève une grosse bâtisse en pierre dont la poutre porte la date de 1668. Sur le linteau de la porte principale d'un rascard isolé, sont gravées très soigneusement les initiales J.B.E.D. et la date de 1773. Il s'agit d'un fenil typique de haute montagne qui, au beau milieu des prés, sert à stocker temporairement les fourrages. Singlin d'en haut abrite des maisons pittoresques qui sont en bois pour la plupart. Un grenier est daté, pour autant qu'il soit possible de lire la date, 1771, alors qu'un autre, très caractéristique, jaillit du feuillage touffu des potagers dont les légumes servent à compléter les maigres ressources du hameau. En ce point, la route carrossable, qui est interrompue par endroits, doit franchir un saut et un défilé exceptionnels dans la vallée. Ce tronçon de la route nationale, le Valtournenche-­Breuil, d'une longueur de 9 km environ, fut construit entre 1931 et août 1935. Il ouvrit définitivement la cuvette du Breuil au tourisme de masse. Les roches aux alentours contiendraient du cuivre en grande quantité et elles auraient autrefois été exploitées. Ce qui explique probablement l'origine du nom du petit pont Cave.[réf. nécessaire]

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune de Valtournenche se fonde sur le tourisme d'hiver, grâce au domaine skiable Matterhorn ski paradise (relié au Plateau Rosa et à la haute vallée de Zermatt, en Suisse), accessible depuis la station de ski du Breuil, l'une des plus connues de l'arc alpin. Toutefois, à partir des premières années 1970, Valtournenche a su réduire progressivement sa dépendance du Breuil dans le processus de développement de son économie du tourisme, notamment avec l'ouverture de nouvelles implantations de remontée mécanique, gérées par la société « Cimes blanches ». Elles desservent la piste principale, appelée La reine blanche, jusqu'au col méridional des Cimes blanches (2896 mètres). En 1982, avec la construction du ski-lift « Grand Sommetta », le domaine de Valtournenche fut relié au col septentrional des Cimes blanches, et donc à ceux du Breuil et de Zermatt.

La télécabine Valtournenche-Salette (12 places) fut complétée en 1997, et de nouveaux télésièges (Motta, Du col, et Bec carré) furent inaugurés en 2006, et remplacèrent les anciens ski-lift. En 2008, les implantations d'enneigement artificiel furent installées dans tout le domaine skiable.

La commune de Valtournenche fait partie de la communauté de montagne Mont-Cervin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Pâquier et du territoire communal.

Les premières traces significatives de cette commune dans l'histoire remontent au Moyen Âge, lorsqu'elle devint une étape sur le chemin du col du Théodule.
Au XIXe siècle, avec l'intérêt toujours plus fort en Europe pour l'alpinisme, Valtournenche devint un endroit symbolique et très connu, étant donné que dans son territoire se trouve la partie italienne du Cervin, sommet célèbre et légendaire.

Personnalités liées à Valtournenche[modifier | modifier le code]

Jean-Antoine Carrel

Valtournenche est la patrie des deux guides de haute montagne valdôtains les plus célèbres, Jean-Joseph Maquignaz et Jean-Antoine Carrel, dont la tradition est perpétuée par la Société des guides du Cervin.

Il est le lieu de naissance de l'abbé Aimé Gorret (1836-1907), curé et alpiniste, une personnalité très importante pour l'histoire valdôtaine.
L'abbé Georges Carrel (1800-1870), chanoine et expert de sciences naturelles, était originaire de Valtournenche, même s'il naquit à Châtillon.

Le guide de montagne et alpiniste Hervé Barmasse est originaire du hameau Crétaz.

Joseph Perron - bersaillier, religieux et poète francophone (Valtournenche 1874 - Chambave 1940).

Monuments et lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Antoine, à Pâquier

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Antoine, sur la place du chef-lieu, où sont reportés aussi les noms des plus importants fils du pays ;
  • Église paroissiale Regina Vallis Augustanæ (Reine de la Vallée d'Aoste), au Breuil ;
  • Chapelle Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien ;
  • Chapelle Notre-Dame-des-Ermites (au Breuil);
  • Les ruines du château de Planet, au Breuil, où environ il y a un siècle une villa a été édifiée ;
  • Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde.

Musées[modifier | modifier le code]

Fêtes, foires[modifier | modifier le code]

Toutes les années Valtournenche organise sa désalpe, (en patois valtournain, Désarpa), le jour de la Saint-Michel (29 septembre). Plusieurs troupeaux de vaches, de chèvres, de moutons et des majorettes défilent ainsi dans les rues du villages. Un dicton populaire en patois valtournain indique le jour de la Saint-Michel pour la désalpe : Lè vatse, Sén Bernar lè prèn é Sén Metsé lè rèn[3] = le vaches, Saint Bernard (15 juin, jour de l'Énarpa, la montée aux alpages) les prend et Saint Michel les rend.

Sport[modifier | modifier le code]

Dans cette commune se pratiquent le tsan (la section de Valtournenche a gagné le championnat régional en 1979) et le palet, deux des sports traditionnels valdôtains.

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 2009 24 mai 2010 Dominique Chatillard Liste Civique Syndic
24 mai 2010 en cours Dominique Chatillard Liste Civique Syndic
Les données manquantes sont à compléter.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Antey-Saint-André, Ayas, Bionaz, Chamois, Torgnon, Zermatt (CH-VS)

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
  2. Citation reportée sur la page d'accueil du site de la commune.
  3. BREL (Bureau régional pour l'ethnologie et la linguistique), Patois à petits pas, Imprimerie valdôtaine, Aoste, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]