Valeur relative (échecs)

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La valeur relative est un concept du jeu d'échecs aidant à l'évaluation d'une position. Elle n'a qu'une valeur indicative et est surtout utilisée dans les ouvrages didactiques.

Barème général[modifier | modifier le code]

L'unité généralement utilisée est le pion. On compare les forces des blancs et des noirs en additionnant pour chacun des camps la valeur des pièces disponibles selon un barème prédéfini.

Les valeurs les plus couramment retenues sont les suivantes :

Des valeurs légèrement différentes ont aussi été proposées, notamment pour prendre en compte la supériorité du fou sur le cavalier. Ainsi, Hans Berliner, ancien champion du monde d'échecs par correspondance qui a participé à la programmation de l'ordinateur HiTech, a avancé les valeurs suivantes:

Hans Berliner indique que ces valeurs approchées ont le mérite de clarifier quels échanges de pièces sont favorables ou défavorables. Ainsi :

  • une dame vaut bien moins que trois pièces mineures (fou ou cavalier), ce que n'indique pas la valorisation standard (dame = 9; fou = cavalier = 3);
  • une dame et un pion valent moins que deux tours;
  • le possesseur d'une tour et d'un fou souffre seulement d'un léger désavantage par rapport à un adversaire qui posséderait une dame en échange.

Valeurs variables[modifier | modifier le code]

Certains auteurs ont également proposé des valeurs variables pour chaque pièce selon que la position à évaluer était une ouverture, un milieu de jeu ou une finale. Par exemple, il est généralement considéré qu'un cavalier perd un peu de sa valeur à chaque fois que l'échiquier se vide de combattants (il est jugé plus fort en début de partie), alors qu'un fou gagne au contraire de la valeur chaque fois que s'ouvrent des diagonales (par les échanges) qui lui permettent d'aller et de venir.

Chess zhor 26.png
Chess zver 26.png
Case blanche a8 vide Case noire b8 vide Case blanche c8 vide Case noire d8 vide Case blanche e8 vide Case noire f8 vide Case blanche g8 vide Case noire h8 vide
Case noire a7 vide Case blanche b7 vide Case noire c7 vide Case blanche d7 vide Case noire e7 vide Case blanche f7 vide Case noire g7 vide Case blanche h7 vide
Case blanche a6 vide Case noire b6 vide Case blanche c6 vide Case noire d6 vide Case blanche e6 vide Case noire f6 vide Pion noir sur case blanche g6 Case noire h6 vide
Case noire a5 vide Case blanche b5 vide Case noire c5 vide Case blanche d5 vide Case noire e5 vide Pion noir sur case blanche f5 Case noire g5 vide Case blanche h5 vide
Case blanche a4 vide Case noire b4 vide Case blanche c4 vide Case noire d4 vide Pion noir sur case blanche e4 Pion blanc sur case noire f4 Case blanche g4 vide Case noire h4 vide
Case noire a3 vide Case blanche b3 vide Case noire c3 vide Pion noir sur case blanche d3 Pion blanc sur case noire e3 Case blanche f3 vide Case noire g3 vide Case blanche h3 vide
Case blanche a2 vide Case noire b2 vide Case blanche c2 vide Pion blanc sur case noire d2 Case blanche e2 vide Case noire f2 vide Fou blanc sur case blanche g2 Case noire h2 vide
Case noire a1 vide Case blanche b1 vide Case noire c1 vide Case blanche d1 vide Case noire e1 vide Case blanche f1 vide Case noire g1 vide Case blanche h1 vide
Chess zver 26.png
Chess zhor 26.png
Un exemple de très mauvais Fou

Dans un livre où il a tenté de préciser quels sont les facteurs qui donnent leur valeur à chaque pièce[2], Dan Heisman a écrit qu'une pièce n'a pas de valeur matérielle intrinsèque intangible. Au contraire, la valeur relative des pièces n'arrête pas de changer au cours de la partie, et selon lui, la mobilité des pièces est le principal facteur déterminant ces changements de valeurs. Il donne comme exemple le mauvais fou blanc du diagramme ci-contre qui, immobilisé par les pions adverses, a une valeur relative proche de zéro.

Tentative de synthèse[modifier | modifier le code]

La valeur relative des pièces dépend selon Dan Heisman de tous les éléments « réels » d'évaluation positionnelle qu'il a isolés dans son livre (mobilité, flexibilité, vulnérabilité, contrôle du centre, coordination, gain ou perte de temps, vitesse de déplacement) mais il ajoute que certains de ces éléments comptent peu en regard de la mobilité. Il distingue dans son livre ces éléments « réels » d'évaluation positionnelle de ce qu'il appelle « pseudo-éléments » (d'évaluation positionnelle), parmi lesquels il cite le matériel (comme on l'a vu, un concept qui, d'après lui, a une forte corrélation avec la mobilité), l'espace, la sécurité du roi et le développement. Selon lui, ces « pseudo-éléments » sont trop vagues pour porter un jugement éclairé sur une position.

La coordination des pièces semble un élément déterminant. Dans son manuel du jeu d'échecs[3], Emanuel Lasker aurait déclaré : « À côté de la valeur séparée des pièces, il existe une valeur d'action conjuguée qui est très remarquable aux échecs. Ainsi, dans l'action conjuguée des pièces prévaut la force d'une mutuelle complémentarité, et non le doublement de deux actions distinctes ». Emanuel Lasker cite comme exemple la la « paire de fous ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. dans son livre The System: A World Champion's Approach to Chess, Gambit Publications Ltd, 1999, ISBN 1-901983-10-2
  2. Ce livre s'intitule Elements of positional evaluation: How chess pieces get their power, ed. Chess Enterprises, 1999 (3e édition révisée), ISBN 0-945470-77-0.
  3. Source : le livre d'Alexandre Koblentz L'école des échecs T. 1, éd. Payot, ISBN 9782228888721, p. 25-26.