Valerian Albanov

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Valerian Albanov

Valerian Ivanovich Albanov (en russe : Валериа́н Ива́нович Альбанов) (Voronej, 26 mai 1881-Atchinsk, 1er janvier 1919) est un navigateur russe, un des deux survivants de la désastreuse Expédition Brusilov (en) (1912).

Biographie[modifier | modifier le code]

Élevé par son oncle à Oufa, il entre en 1898 au Collège Naval de Saint-Pétersbourg dont il sort diplômé en 1904. Après avoir servi sur divers bâtiments, il s'engage comme second sur le Svyataya Anna (en) de Georgy Brusilov pour une expédition destinée à franchir le Passage du Nord-Est.

Le Svyataya Anna

Mal préparé, en octobre 1912, le navire est rapidement bloqué par les glaces en mer de Kara. Après l'hivernage, contre toute attente, il n'est pas libéré et dérive vers l'archipel François-Joseph qu'il atteint en janvier 1914. Valerian Albanov, estimant que la situation est désespérée, demande alors au capitaine Brusilov la permission d'être démis de ses fonctions. Il quitte alors le navire et tente de revenir à pied vers la civilisation et d'atteindre la Terre Blanche. Il utilise alors une carte inexacte de Fridtjof Nansen.

Albanov et Konrad approchant du Saint Foka dans leur kayak, quelques minutes avant leur sauvetage

Treize autres hommes décident de partir avec lui. Les progrès s’avèrent très difficiles à cause des fissures dans la glace, les nombreuses polynies et l'abondance des crêtes. Les hommes meurent peu à peu et seuls Albanov et un membre d'équipage, Alexander Konrad parviennent à atteindre le cap Flora où ils sont sauvés par l'arrivée opportune du Saint-Foka de Gueorgui Sedov qui se préparait à hiverner.

A son retour, Albanov écrit le récit de ses aventures qui est publié à Saint-Pétersbourg en 1917.

Il reprend ensuite sa carrière et meurt de la fièvre typhoïde en 1919[1].

Postérités[modifier | modifier le code]

Les hommes du Svyataya Anna

L'étude de la dérive du Svyataya Anna par Albanov a été examinée par l'océanographe Vladimir Wiese et lui a permis de découvrir l'île Wiese.

En 1975, l'historien arctique William Barr écrit : « The name of Valerian Ivanovich Albanov must be ranked among those of the immortals of polar exploration. »[2]

En septembre 2010, une expédition russe, en suivant la route suivie par Albanov, a retrouvé des restes dont un squelette humain, une montre, des raquettes, un couteau, une cuillère avec les initiales d'un marin, des lunettes de soleil, des verres ou encore des bouteilles de rhum vides[3].

Hommage[modifier | modifier le code]

Un brise-glace russe, divers navires russes, un cap de l'île Hooker, un îlot près de l'île Dikson en mer de Kara et un glacier de l'île de la Révolution d'Octobre en Terre du Nord ont été nommés en son honneur.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • In the Land of White Death, 2001 ; en français, Au pays de la mort blanche, Guérin, 2006 ; en russe Zajatci bílé smrti, 1917.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William James Mills, Exploring Polar Frontiers, 2003, p.106–110
  • David Roberts, Four Against the Arctic : Shipwrecked for Six Years at the Top of the World, 2005, p.7-9, 22-23, 101-101, 265-269 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • V. D. Golubchikova, Z. Í. Khvtísíashvílí, E. R. Akbalʹi︠a︡n, Severnai︠a︡ ėnt︠s︡iklopedii︠a︡, 2005, p.21
  • Nataly Marchenko, Russian Arctic Seas : Navigational conditions and accidents, 2012, p.64-65 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certaine sources écrivent qu'il aurait été tué dans l'explosion d'un wagon de chemin de fer transportant des munitions. Cf, Newsweek, Vol.136, 2000, p.64
  2. « Le nom de Valerian Ivanovitch Albanov doit être classé parmi les immortels de l'exploration polaire. », in William Barr, The First Tourist Cruise in the Soviet Arctic, 1977
  3. New York Times du 13 septembre 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]