Vague des passions

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Le terme vague des passions apparaît au XIXe siècle, dans le cadre du romantisme. François-René de Chateaubriand utilise ce terme pour décrire le « mal du siècle ».

En clair[modifier | modifier le code]

Le vague des passions est selon lui un état d'âme, qui précède le développement des passions. Plus les peuples avancent en civilisation plus cet état d'âme augmente. Il reste des désirs en soi mais l'on n'a plus d'illusions. On habite un monde vide avec un cœur plein.

« Il reste à parler d'un état de l'âme qui, ce nous semble, n'a pas encore été bien observé ; c'est celui qui précède le développement des passions, lorsque nos facultés, jeunes, actives, entières, mais renfermées, ne se sont exercées que sur elles-mêmes, sans but et sans objet. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente […] On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l'on n'a plus d'illusions […] On habite, avec un cœur plein, un monde vide ; et, sans avoir usé de rien, on est désabusé de tout. » (Chateaubriand, Génie du christianisme).

Constant, Senancour sont de ces auteurs pré-romantiques qui donnèrent naissance à de jeunes héros dévorés par le vague des passions, un ennui et un dégoût maladifs de la vie à un âge où le cœur déborde des plus belles passions. Le jeune-homme civilisé devient "habile sans expérience" puisqu'il peut appréhender les sentiments humains par les livres et non par la vie. Désenchanté, il voit ainsi le feu des passions s'éteindre avant qu'il n'ait pu s'embraser. En outre, la femme, par sa nature excessive, craintive, inconstante et l'incertitude de ses sentiments, entraîne les jeunes hommes dans la mollesse de leurs passions à mesure qu'ils fréquentent leur société. Ainsi, les anciens, séparés des femmes dans les activités du quotidien, avaient l'esprit moins trouble et une énergie disponible à l'exercice de leurs passions.