Vague de chaleur de 1995 à Chicago

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La canicule de 1995 à Chicago est un événement climatique extrême qui a touché Chicago et plusieurs régions des États-Unis à l'été 1995 et dont l'intensité a été la plus forte en juillet. Le mercure a oscillé entre 40 °C et 45 °C, accompagné d'une humidité incroyablement élevée entraînant des indice de chaleur (indice combinant les effets de la température ambiante et de l’humidité relative de l'air, semblable à l'humidex, qui donne une température équivalente ressentie), atteignant parfois les 64 °C comme à Appleton dans le Mid-Ouest, 54 °C à Philadelphie ou encore 50 °C à New York, causant la mort de centaines de personnes dans certains endroits[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

La grande vague de chaleur de 1995 affecta les États-Unis, en particulier Chicago, au mois de juillet 1995. La vague de chaleur a été engendrée par une importante masse d'air chaud et humide originaire du golfe du Mexique, poussée par une circulation du sud-ouest vers Chicago ou pendant plusieurs jours la température à l'aéroport international Midway (station météorologique de Chicago) dépassèrent les 37 °C pour atteindre 41 °C avec un indice de chaleur de 52°C créé par l'humidité inhabituelle. La nuit les températures ont peu baissé et les indices de chaleur sont demeurés au-dessus de 40°C. Cette vague de chaleur était d'une intensité comparable à celles que connaisse le golfe Persique ou l’Asie du sud est.

Chicago était plongée dans une atmosphère équatoriale, les maisons et immeubles de Chicago étaient surchauffés par la chaleur et l'humidité qui y demeuraient prisonnières malgré la climatisation. La consommation électrique a atteint des records et 49 000 édifices ont été privées de courant[2]. Beaucoup d'habitants de la ville se précipitèrent vers les plages tandis que d'autres ont utilisé les bouches à incendies pour se rafraîchir. Plus de 3 000 de ces bouches ont été ouvertes à Chicago ce qui provoqua une baisse de pression dans l'alimentation en eau potable et lorsque les équipes de secours se déplacèrent pour les fermer, certaines personnes leur ont jeté des briques et des pierres pour les éloigner[2].

Dans certaines parties de la ville, la température était tellement élevée que les rails de trains eurent fini par se déformer causant énormément de retards. Les élèves qui se précipitaient dans les bus scolaires étaient si déshydratés et nauséeux qu'ils devaient être arrosés par les pompiers. Des centaines de jeunes ont dû être hospitalisés à cause de la chaleur et l'humidité.

Après environ 48 heures d'exposition continue à la chaleur, les défenses de l'organisme commencèrent à céder. Le vendredi 14 juillet, des milliers d'habitants (de tous âges) de Chicago ont développé des symptômes sévères liés à la chaleur et à la moiteur. Les ambulanciers et les hôpitaux de la ville furent submergés[2]. Vingt-trois hôpitaux ont fermé les portes de leur salle d'urgence à de nouveaux patients et les ambulanciers ont dû sillonné la ville à la recherche d’hôpitaux ouverts.

Des centaines de victimes ne se sont jamais rendues à l'hôpital. L'endroit le plus surpeuplé de la ville était la morgue du médecin légiste du comté de Cook, où la police a transporté des centaines de corps pour l'autopsie. La morgue reçoit généralement environ 17 corps par jour et dispose d'un total de 222 places. Dès samedi, après trois jours de chaleur extrême, sa capacité fut largement dépassée[2]. Le comté dut apporter plusieurs camions frigorifiques pour stocker les corps. Les policiers durent attendre plus de 3 heures pour que les employés pussent recevoir les corps.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Ce n'est pas la vague de chaleur la plus longue qu'ait connu Chicago. En effet, la ville a vécu des vagues de chaleur beaucoup plus longues avec des températures plus élevées (exemple: la vague de chaleur de 1936) mais c'était la vague de chaleur la plus intense en terme d'indice de chaleur à cette époque[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Christopher C. Burt, « Weather extremes », sur Weather Underground,‎ 11 août 2011 (consulté le 9 septembre 2013)
  2. a, b, c, d et e (en) Eric Klinenberg, Dying alone : An interview with Eric Klinenberg, Presses de l'université de Chicago,‎ 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]