Vague belge d'ovnis

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La vague belge d'ovnis désigne une série de témoignages d'observations d'ovnis qui ont eu lieu en Belgique de 1989 à 1991. Les témoignages, recueillis par des associations ufologiques amateur (SOBEPS, CNEGU...) n'ont pas fait l'objet d'une enquête approfondie. La Force aérienne esr en possession de 12 témoignages provenant de la gendarmerie et de 2 témoignages directs de militaires[1]. En général, les témoins déclarent avoir observé une forme triangulaire aux angles arrondis, un éclairage identique (trois phares aux extrémités du triangle et un phare rouge au centre) et un déplacement sans ou avec très peu de bruit[1]. Cette vague est considérée par les sceptiques comme une contagion psychosociale (d'après la règle explicative générale des vagues d'ovnis proposée par Philip J. Klass).

Les témoignages[modifier | modifier le code]

Le recueil des témoignages[modifier | modifier le code]

Selon Wim Van Utrecht, la « vague d'ovnis belges » démarre aux alentours des 25-26 novembre 1989 lorsque des lumières du dancing de Halen (Limbourg) alertèrent la population et suscitèrent les premiers témoignages[2].Le portrait-robot des témoignages fait état d'un engin volant ayant trois phares blancs disposés en triangle équilatéral et un phare rouge au centre dudit triangle[3].

La vague d'ovnis belges a montré l'existence de dissemblances entre deux témoins d'un même phénomène[4].

Les observations pour lesquelles des explications ont été proposées[modifier | modifier le code]

  • Le 29 novembre 1990, M.S.M[5]. se trouve à proximité de l'ancien domaine militaire de Robertmont lorsqu'il observe un engin militaire bien terrestre, suivi par trois hélicoptères de type Bell. Le témoin reconnaît le type d'hélicoptère à ses skis d'atterrissage qui sont caractéristiques. La configuration d'un engin technologique terrestre et de sa garde est caractéristique d'engins ultra-perfectionnés.
  • Le 11 décembre 1989, le lieutenant-colonel André Amond de l'armée belge fit une observation près d'Ernage d'un « triangle ». L'analyse menée par le Comité nord-est des groupes ufologiques (CNEGU) a conclu qu'il s'agissait « plus que probablement » d'un hélicoptère, peut-être de type SA330 Puma[6].
  • Le 12 décembre 1989, un habitant de Jupille-sur-Meuse rapporta avoir observé un objet stationnaire de couleur gris mat et en forme d'œuf, faisant de plus un bruit insolite[7],[8]. Il en fit un dessin qui outre la forme ovoïde précisa aussi une fenêtre ou un pare-brise de couleur claire, trois projecteurs sur la face inférieure, ainsi qu'une sorte d'aileron derrière le pare-brise. L'enquête du CNEGU montra que « l’ovni à rames de Jupille-sur-Meuse » était en fait un hélicoptère de type Sea King.
  • Le 1er décembre 1992, un astronome de Liège observe un point brillant proche de l'horizon qui passe lentement à la verticale. Après enquête, il apparaît que ce sont les conditions atmosphériques particulières (vent en altitude et inversion de température) qui furent responsables du fait que le bruit n'atteignit pas l'observateur, et que l'engin était en fait un AWACS[9].
  • En effectuant un travail 3D, le CNEGU montra qu'un hélicoptère vu sous des angles différents donne exactement ce qu'a vu le lieutenant-colonel de l'armée belge ce jour-là à Ernage[6]. Un élément significatif de l'enquête est que le témoin portait des lunettes (verres épais) à l'époque et en porte encore aujourd'hui[10]. La vision insuffisante du témoin, en présence ou non de brouillard à Ernage, explique à elle seule que certains contours du fuselage de l'hélicoptère n'aient pas été perçus par le témoin.

La question d'une contagion psychosociale[modifier | modifier le code]

Des études relatives à la fiabilité du témoignage, utilisées notamment en justice, montrent qu'en présence d'une situation extraordinaire le témoin a tendance à modifier son témoignage pour l'adapter aux stéréotypes en vigueur. Donc, si les media diffusent un portrait-robot de l'ovni-type, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que des témoignages s'y conforment, selon ce principe[11].

Selon Gaston Lecocq, journaliste à La Meuse-La Lanterne, les journalistes auraient été « abreuvés d'information ne venant que de la SOBEPS »[12]entre 1989 et 1990 et prétend, comme d'autres journalistes, qu'elle aurait joué un rôle non négligeable[12], de par leur acceptation préexistante à la vague de l'hypothèse extraterrestre[12] sur ce que les médias ont su sur la Vague, et par là sur sa propagation. L'approche sociopsychologique privilégie le fait que la publication d'informations dans les médias a eu une influence sur le public qui a plus facilement déclaré comme « inexpliqué » ce qu'en d'autres circonstances, c'est-à-dire sans tapage médiatique, il n'aurait pas fait.

Un cas de contagion psychosociale s'était déjà produit à Beert (Belgique) en 1975[13] lorsqu'après la publication par un journal local d'une fausse photo d'ovni la rédaction a été assaillie de coups de fil de gens prétendant avoir vu ce même « engin »[14].

Les photographies[modifier | modifier le code]

Il y a très peu de photographies durant la vague d'ovnis belges[Combien ?][réf. nécessaire]. La grande majorité des photos et vidéos montre des points lumineux en triangle, qui s'apparentent à ceux d'un avion[15].

Le canular de la photographie de Petit-Rechain[modifier | modifier le code]

Les partisans de l'authenticité parlèrent de "photo du siècle". Les sceptiques envisagèrent que cette photo était un faux. Quand un photographe professionnel raconte l'histoire d'un témoin qui prend une photo au téléobjectif en pose B (1 à 2 secondes) en s'appuyant sur l'angle d'un mur pour se stabiliser et prétend "n'avoir pas bougé", cela a amené beaucoup d'interrogations. Selon les astrophysiciens Magain et Rémy, « les deux témoignages contiennent des éléments qui contredisent certains aspects de la photographie elle-même »[16]. Selon Amanda Nuwanda, on a l'impression que le photographe se moque des « experts » à qui il remet la photo. « Car tout sent le faux dans ce cliché. Un témoin qui prend deux photos et s'empresse de jeter la deuxième, comme si cette deuxième photo pouvait révéler des traces de trucage »[17].

Le 26 juillet 2011, l'auteur de la photo a annoncé que tout était bien une supercherie et que l'« OVNI » n'était fait que de frigolite et de spots lumineux [18],[19].

Mais, le 27 juillet 2011, Dans une émission télévisée de RTL/TVI, l'auteur de la photo, interrogé par le professeur Meessen, répond "je ne sais pas" quand il est prié d'expliquer par quel procédé il avait, à l'époque, produit les effets lumineux complexes de cette image , effets dans lesquels le professeur avait cru pouvoir détecter la manifestation d'une énergie MHD révélant qu'il se serait agit d'un ovni. Cette dernière hypothèse ne peut être prouvée seulement parce que l'auteur de la photo ne peut pas prouver que ces effets résultent du trucage qu'il a invoqué, ce qui ne veut pas dire, dès lors, que l'image de l'objet photographié serait celle d'un ovni.

L'absence de photographies par satellites[modifier | modifier le code]

Léon Brenig, membre du Cobeps et professeur de physique à l'université de Bruxelles, défend la démarche qui consiste à « combiner la télédetection par satellite, les témoignages humains (...) »[20].

L'intervention des F-16[modifier | modifier le code]

À deux reprises les F-16 belges ont décollé pour intercepter ce que des témoins signalèrent comme phénomènes étranges.

L'intervention du 16 décembre 1989[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 1989, les F-16 belges interceptèrent des « lumières de dancing » :

« (1) De multiples témoignages de personnes résidant dans la province flamande du Limbourg font état de phénomènes étranges. Étant donné le nombre de témoignages concordants, et malgré l'absence d'une corrélation radar, la décision est prise de faire décoller les avions d'alerte (F-16). (2) Les pilotes repèrent la présence au sol de projecteurs tournant à une fréquence fixe et dont la lumière se reflète sur les nuages. (3) Cette observation est ensuite confirmée par la police de Diest qui rapporte la tenue d'un show laser à proximité d'un dancing situé dans les environs. »

Le ministre de la défense, en réponse à une question parlementaire, confirme que les pétendus ovnis belges du 16 décembre 1989 n'étaient rien d'autre que des lumières de dancing[1].

Intervention des 30 et 31 mars 1990[modifier | modifier le code]

L'intervention des F-16 commence le soir du 30 mars 1990 après l'observation par un gendarme d'une boule de lumière immobile dans le ciel. Selon les astronomes, le phénomène de turbulences atmosphériques explique que la lumière des étoiles donne l'impression de bouger[21]. Ils commentent le cas ainsi :

« Ainsi qu'il a été suggéré à plusieurs reprises, les gendarmes se sont probablement laissé abuser par les étoiles. »

Dans la nuit du 30 au 31 mars 1990, deux F-16 décollèrent pour intercepter un éventuel objet, mais seuls les enregistrements d'un seul des deux F-16 ont été conservés[22]. Vingt-cinq ans plus tard, tout un chacun peut encore se rendre compte personnellement de ce qu'il en est en consultant Dailymotion qui montre l'enregistrement en question sous l'intitulé « Dailymotion, film du radar de poursuite F-16 Belge 2 ovni. » Selon les astrophysiciens Pierre Magain et Marc Rémy, « trois échos sont, à notre sens, particulièrement révélateurs puisqu'ils restent pratiquement immobiles par rapport au F-16, et cela malgré le fait que l'avion effectue plusieurs virages.(...) Cette immobilité par rapport à l'avion suggère clairement un problème de fonctionnement ou de calibration de l'appareil qui, il faut le préciser, n'était pas utilisé de manière habituelle. »[23]. Ils contestent l'hypothèse d'« engin aux performances remarquables » puisque les échos radar correspondraient à treize "objets" à la durée de vie variant entre 2 et 46 secondes et que les trajectoires assez erratiques impliqueraient des vitesses atteignant plusieurs milliers de km/h[24],[25]. Pierre Magain et Marc Rémy ajoutent encore qu'aucune corrélation n'a pu être établie entre les observations par des témoins au sol et les échos non identifiés [26]. Or, la Force aérienne parle de plusieurs points lumineux aperçus depuis des endroits différents au sol et capables de déplacements de plus de 15 milles nautiques [27]. Et une corrélation est bien apparue entre plusieurs senseurs au sol de la force aérienne (CRC-Glon, TCC-Semmerzaeke, CAPCON, EBBE) qui ont reçu le même écho aux performances inhabituelles [28] sans qu'aucune source ait établi la preuve formelle d'un déréglages simultanés de toutes ces installations de radars, comme l'ont suggéré les astrophysiciens.

  • Ces faits ont déterminé le colonel aviateur De Brouwer, depuis lors général détaché à l'état-major du Shape (Otan), à prendre la décision de lancer deux f-16 à la recherche d'ovnis éventuels. De Brouwer a déclaré (et maintenu depuis), dans deux conférences de presse, le 18 décembre 1989 et le 11 juillet 1990, que les systèmes de repérage radar au sol ont corroboré celui d'un des f-16, révélant que les performances de la cible pouvaient atteindre 40 G réels et qu'il ne pouvait s'agir ni d'un déréglage, ni d'un phénomène atmosphérique, opinion fondée sur son expérience de pilote et développée dans la conclusion de sa conférence de presse et le rapport de la Force Aérienne. En fin de rapport, il est donné une corrélation supplémentaire entre les observations au sol et celles par radar, argument de plus en faveur de la matérialité du phénomène: il s'agit des points lumineux qui ont été observés depuis des endroits distants au sol, se déplaçant sur plus de 15 milles nautiques. La Force Aérienne belge est cependant restée prudente en refusant, ainsi qu'elle l'écrit, à évoquer des manifestations extra terrestres [29].
  • Le pilote Yves Meelsberg a déclaré avoir enregistré sur son écran radar une cible passant de 280 à plus de 1,800 km/heure [30]

D'autre part, bien avant la vague belge, l'astronome américain Donald Menzel avait expliqué le phénomène des faux échos radar par des bulles de convection[31]. C'est l'opinion de Philip Klass, dans la revue américaine "Aviation Week and Space". Cet ennemi radical de l'existence des ovnis a demandé communication du contenu de la totalité des rapports techniques de la Force Aérienne Belge, mais n'a rien reçu. La Force Aérienne n'est, en effet, pas dotée d'un service permanent de presse équipé pour dialoguer en permanence avec toutes les interpellations venues du secteur civil. Répondre dans un cas c'est se condamner à devoir répondre à tout le monde par souci d'équité, à faute d'être accusé de partialité ou de cachotterie. Mais Philip Klass a reçu une réponse détaillée qui fait la part belle à l'explication par des phénomènes météorologiques. Il s'agit d'un travail détaillé du professeur Auguste Meessen bien connu pour avoir cru pouvoir identifier les émissions lumineuses de certaines apparition d'ovni comme démontrant la réalité d'engin mus par une énergie magnéto-hydrodynamique supposée. Dans son étude [32] , le professeur passe en revue et accorde foi aux diverses thèses expliquant plusieurs phénomènes de la vague belge par des causes naturelles, cela malgré la réputation de "soucoupistes" qu'on lui a collée sur le dos. Mais il laisse inexpliqués certains faits ou il leur donne une explication qui ne satisfait pas les auteurs comme Philip Klass qui mettent en valeur le fait qu'un seul des deux f-16 a détecté un objet non identifié, ce qui, pour eux, représente une insuffisance de preuve [33]. Meessen relève aussi les détections d'objets volants non identifiés par des radars civils, ce qui paraît invraisemblable à beaucoup, alors que, pour satisfaire à une obligation internationale, tous les aéronefs des compagnies aériennes internationales doivent se signaler tout au long de leur vol par l'émission d'un système appelé "transpondeur"[34]. Ces intrusions non identifiées ont recoupé celles du réseau de repérage radar de la Force aérienne. Après de nombreuses autres considérations permettant de discriminer les phénomènes naturels par rapport aux manifestation d'ovnis éventuels, Meessen cite les observations visuelles relevées par la Force aérienne [35] . Tout cela a été envoyé à Philip Klass. Mais plus aucune réponse ou interrogation n'est venue de sa part.

La réponse du ministre Poncelet à une question parlementaire[modifier | modifier le code]

L'affaire de la vague belge de fin 1989 ayant (tardivement) atteint le milieu politique, le ministre a fourni un document repris en de larges extraits dans la revue "Inforespace"[36],[37]. Répondant à la question du député Van Eetvelt en date du 23 décembre 1996, le ministre souligne que les deux radars de bord des F-16 présentent des versions différentes : l'un ne détecte rien et l'autre présente des performances qui "suggèrent" selon les astrophysiciens Pierre Magain et Marc Remy- un problème de calibration des radars (les variations de vitesses passant de l'immobilité à plusieurs milliers de km/h sans bang supersonique). Quant aux éléments météorologiques constituant « des perturbations erratiques des ondes radars connues sous le nom de "bulles convection" », ils constituent « de tels phénomènes aléatoires qui, relevés sans autre corrélation, » ne peuvent, en aucun cas, être pris en considération comme « signes suffisants » dans un sens ou dans l'autre dans le débat pour ou contre les ovnis. D'où cette conclusion:« On ne voit rien, dans ces observations radar, qui indiquerait la présence dans notre ciel d'un engin aux performances remarquables »[38].

Le ministre lit un communiqué d'experts, qui ont décidé pour lui (ce qui est leur rôle), et ignore que les radars au sol ont détecté le même phénomène que le radar de f-16, une corrélation affirmée avec une totale certitude par la Force Aérienne. Le ministre ignore ainsi l'opinion de gradés et de pilotes quant à la matérialité de l'objectif comme cela est longuement développé dans les conclusions de la Force Aérienne signées par le colonel De Brouwer. Le ministre considère donc ipso facto comme fondée la possibilité d'un déréglage avancée par Magain et Remy, alors que ces deux chercheurs se limitent à "suggèrer" leur hypothèse, selon leur propre expression, sans apporter la preuve de celle-ci. Le ministre répond également à la rumeur qui voudrait que des officiers de la Force aérienne belge "auraient traqué l'ovni" à l'aéroport de Zaventem le 5 décembre 1989. Il affirme qu'il n'est pas exclu que des officiers belges se trouvaient dans la salle de contrôle de Zaventem ce jour-là. Mais il ajoute que « cette présence de personnel militaire et l'observation d'échos radar non-identifiés n'ont pas fait l'objet d'un rapport car ils représentent des activités et des phénomènes courants »[1] Ce qui signifie, en clair, que l'on ne peut ni affirmer ni infirmer l'hypothèse ovni (ce que la Force aérienne n'a pas fait, se bornant à confirmer la matérialité du phénomène, contrairement à ceux qui veulent le ramener à une illusion ou à des déréglages de radars non prouvés).

Commentaires sur le rapport[modifier | modifier le code]

Le physicien Léon Brenig commente le rapport[39] en disant qu'« il n'est pas exclu de penser qu'en réalité l'armée a procédé à sa propre enquête en déployant ses moyens mais que les résultats n'ont pas été rendus publics. » Il conteste l'impuissance des forces armées en affirmant que « quand on se rappelle avec quelle efficacité un seul avion militaire soviétique égaré avait été détecté au-dessus de la Belgique, il y a quelques années, on ne peut croire à l'impuissance des forces armées. »

On peut d'ailleurs consulter avec fruit le texte du rapport publié par la Force Aérienne dans le site « Ovnis observés au radar avec corrélation au sol », qui met en évidence[non neutre] les corrélations niées, d'autre part, dans la communication du ministre Wathelet dans sa réponse à une question parlementaire.

La chasse à l'ovni des 14, 15 et 16 avril 1990[modifier | modifier le code]

« Pour la première fois dans l'histoire de l'ufologie »[40], l'armée belge fournit le soutien logistique de l'armée de l'air pour détecter des ovnis. Les moyens mis à la disposition des ufologues étaient un HS 748 de la Force aérienne et un Islander de la Force terrestre. Les résultats furent :

  • 14 avril 1990 : décollage à 23h30, atterrissage à 01h12, résultat : néant
  • 15 avril 1990 : décollage à 21h33, atterrissage à 01h40, résultat : néant
  • 16 avril 1990 : décollage à 19h30, atterrissage à 23h44, résultat : néant[1]

La chasse à l'ovni belge fut également l'occasion d'expliquer certains faux mystères, comme l'histoire de ce témoin décrivant longuement au téléphone son observation, ce qui permit l'envoi d'une équipe d'enquêteurs stupéfaits de « comprendre qu'il ne s'agissait que d'éclairage public d'autoroute »[40]

Interprétations[modifier | modifier le code]

Les arguments à l'encontre de l'apparition d'un phénomène de type « vaisseau spatial » sont de deux types[41]. Le premier consiste à tenter d'expliquer la vague belge d'ovnis dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, phénomènes déjà observés lors d'autres « observations » comparables (section 1). Le deuxième consiste à montrer que le SOBEPS n'a pas aussi bien travaillé qu'il le prétend dans ses publications (Section 2).

En première approche de l'identification, nous reviendrons brièvement sur l'hypothèse des avions furtifs F-117A, considérée aujourd'hui par la majorité des auteurs comme hautement improbable. Enfin, les derniers travaux du CNEGU montrent que l'hypothèse d'hélicoptères de type Black-Hawk est l'explication de la grande majorité des observations au sol.

L'explication sociopsychologique[modifier | modifier le code]

Le modèle sociopsychologique explique le phénomène par des méprises d'origines diverses. Philip J. Klass a proposé dès 1986 une règle explicative générale des vagues d'ovnis :

« Lorsque la couverture médiatique conduit le public à croire qu'il y a des ovnis dans les environs, il y a de nombreux objets naturels ou artificiels qui, particulièrement lorsqu'ils sont vus la nuit, peuvent prendre des caractéristiques inhabituelles dans l'esprit d'un observateur plein d'espoir. Leurs observations d'ovnis s'ajoutent en retour à l'excitation de masse, ce qui encourage encore plus de témoins à chercher à voir des ovnis. Cette situation se nourrit d'elle-même jusqu'à ce que les médias perdent leur intérêt pour le sujet, et alors le phénomène retombe[42]. »

Le magazine Science et Vie Junior[43] souligna l'incohérence du témoignage des premiers gendarmes de l'apparition ovni : ceux-ci déclarèrent que l'intensité du phénomène était comparable à celle d'un stade de football alors qu'ils étaient sur le bas-côté d'une route à grande circulation et qu'aucun automobiliste ne s'est arrêté et qu'aucun autre témoin ne s'est manifesté par la suite[43].

Critique de la méthode de travail de la SOBEPS[modifier | modifier le code]

Un communiqué de presse de scientifiques des universités de Bruxelles et de Liège, repris par l'ensemble de la presse belge, mit en question la méthode de travail du groupement ufologique Sobeps :

« En conséquence, il nous semble qu'une fois de plus, l'ensemble de la problématique des ovni repose uniquement sur des témoignages. La bonne foi de la majorité des témoins n'est pas ici mise en cause et nous espérons qu'une interprétation correcte de leurs observations sera découverte. Il nous paraît que l'important travail de compilation et de tri fait par la SOBEPS devrait être utilisé pour des études psychologiques et sociologiques, portant notamment sur l'examen des perceptions visuelles et sur leurs possibles interprétations. La longue histoire de la littérature ufologique nous enseigne que d'innombrables phénomènes, perçus d'abord comme absolument étranges, ont pu être interprétés ensuite par des moyens classiques. (...) Nous espérons (...) qu'ainsi seront mieux rencontrées les exigences à la fois de la rigueur scientifique et de l'information objective[44]. »

La SOBEPS a pour l'essentiel recueilli des témoignages mais n'a pu identifier ce qui était à l'origine de la vague. Cela a été fait ultérieurement par le CNEGU par une observation incomplète des témoins d'hélicoptères de type Black-Hawk[6].

Identifications des ovnis belges[modifier | modifier le code]

Une première approche de l'identification[modifier | modifier le code]

Un F-117, avion furtif de combat.
  • Le F-117 a été proposé à l'époque par Bernard Thouanel dans le magazine Science & Vie pour expliquer la vague belge d'ovnis. Néanmoins, le gouvernement américain a démenti avoir testé le F-117A à l'époque en Belgique. La thèse pouvait paraître plausible, particulièrement pour le début de la vague (on pouvait en effet envisager un survol depuis l'Allemagne vers l'Angleterre en préparation de la guerre du golfe de 1990-1991), mais non prouvée tant qu'il n'y aura pas de confirmation officielle d'utilisation du F-117A en Belgique par le gouvernement américain. Les sceptiques privilégient en 2009 l'hypothèse d'une contagion psychosociale basée sur des observations d'hélicoptères et d'avions et celle du F-117A. Les adversaires de la théorie d'un F-117A font remarquer que les échos radars permettent de prêter aux ovnis supposés ou à tout autre engin, même terrestre, des performances qui dépassent celles du F-117A si l'on s'en remet à la déclaration d'un des pilotes de F-16 engagés dans l'opération du 30 mars 1990[45]. Ainsi, si le F-117A peut évoluer à basse vitesse en utilisant des tuyères orientables, il ne peut descendre sous la vitesse de 280 km/h, limite sous laquelle il décroche. Il ne peut donc faire du sur-place. De plus, il ne peut dépasser 993 km/h[46],[47].
Article détaillé : Arme volante non-identifiée.

Les ovnis identifiés peuvent correspondre à plusieurs origines[modifier | modifier le code]

« La configuration des phares de l'AWACS, lorsqu'il vole de nuit, correspond point pour point à celle de l'ovni : trois phares blancs disposés en triangle, un phare central rouge clignotant à une fréquence de 1 à 2 Hz. Nous pouvons l'affirmer pour l'avoir observé au crépuscule, alors que ses phares étaient allumés et que sa silhouette était toujours visible. »[48]. Un des gendarmes de la brigade d'Amay qui a observé l'ovni l'a formellement identifié comme étant l'AWACS[49]. Certaines conditions atmosphériques particulières (vent en altitude et inversion de température notamment) expliquent que le bruit n'atteint pas toujours l'observateur.

  • Les avions de ligne :

Dans le cas Morales-Robert, un des deux témoins affirme reconnaître un avion de ligne alors que l'autre décrit un engin « science-fictionnesque ».

  • Les lumières de dancing :

Lors de la 1re interception par des F-16, l'enquête conclut qu'il s'agissait de lumières de dancing.

  • Les turbulences atmosphériques :

Les gendarmes auraient été affectés par un phénomène de ce genre, d'après l'absence de cohérence entre les observations visuelles lors de l'observation visuelle des gendarmes qui entraîna la 2e interception par des F-16[50], les échos radar au sol et les échos radar de bord du F-16 « suggère[nt] plutôt une combinaison d'effets atmosphériques et de problèmes de fonctionnement de certains instruments[51]. »

  • Les hélicoptères

L'hélicoptère Sea King : le cas de Jupille-sur-Meuse est révélateur qu'un hélicoptère peut être pris pour un « ovni à rames » (voir supra) : Renaud Leclet[6], membre-fondateur du CNEGU, avance que la grande majorité des cas pourraient s'expliquer par des hélicoptères de type Black-Hawk, hypothèse négligée par les enquêteurs de la SOBEPS.

Réactions politiques[modifier | modifier le code]

À la suite d'une recrudescence de témoignages en France le 5 novembre 1990, le député socialiste belge Elio Di Rupo propose, le 7 novembre, au Parlement européen, la création d'un « Centre européen d'observation des ovnis »[52],[53]'[54].

Rapports d'astronomes et avis de militaires[modifier | modifier le code]

Des astronomes pensent que ces témoignages d'ovnis sont liés à l'entrée dans l'atmosphère d'un débris spatial (2925.1990094C) provenant d'un satellite Gorizont (en)[55].

Le général Fleury, ancien chef d'état-major de l'Armée de l'air française et corédacteur du Rapport COMETA, a déclaré, après avoir examiné l'enregistrement en cause d'un radar de F-16, « l'affaire est des plus sérieuses et demeure inexpliquée »[56].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Michel Bougard, La réponse du ministre Poncelet à une question parlementaire relative aux ovni, Inforespace, no 95, 1997.
  2. (en) Wim Van Utrecht, Triangles over Belgium, ligne 13.
  3. Pierre Magain et Marc Remy, Les OVNI : un sujet de recherche ?, Physicalia Magazine, vol. 15, no 4, p. 311-318.
  4. J.-L. V., Triangle et Pentagone, Inforespace, no 79, novembre 1990.
  5. Michel Bougard, Escorté par les hélicoptères, Inforespace, no 78, juin 1990.
  6. a, b, c et d Renaud Leclet, « Vague belge : une hypothèse oubliée », Comité Nord Est des Groupes Ufologiques (CNEGU) et SCEAU, 2008, [lire en ligne] [PDF].
  7. Inforespace, no 80, avril 1991, p. 35-42, éd. Sobeps.
  8. Vague d'ovnis sur la Belgique, tome 1, p. 101-111, éd. Sobeps.
  9. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovnis: un sujet de recherche ?, Physicalia Magazine, 1993, vol. 15, no 4, page 315, ligne 28.
  10. Sur une des photos du colloque du Cobeps, on peut voir le colonel Amond portant des lunettes Cobeps - Colloque.
  11. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovni : Un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, vol. 15, n °4, p. 314, ligne 31.
  12. a, b et c Gaston Lecocq, La Sobeps sur la défensive, encaisse mal les critiques des scientifiques, La Meuse-La Lanterne, 30 octobre 1991.
  13. Inforespace no 13, p. 28-29.
  14. Marc Hallet, Les sciences parallèles ou la sagesse des fous, Espace de Libertés, 1992.
  15. Pierre Magain et Marc Remy, Les OVNI : un sujet de recherche ?, Physicalia Magazine, vol. 15, no 4, p. 311-318.
  16. Pierre Magain et Marc Remy, « Les OVNI : un sujet de recherche ? », Physicalia Magazine, vol. 15, no 4, p. 311-318.
  17. La photo truquée de Petit-Rechain par Ananda Nuwanda.
  18. Cf. l'article sur RTLinfo.be.
  19. Le reportage.
  20. Léon Brenig, L'irrésistible ascension de Mystero Ufo, Physicalia Magazine, vol. 15, no 1, 1993, page 74, ligne 24.
  21. Pierre Magain et Marc Rémy, Les ovni : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15 no 4, page 312, ligne 40.
  22. Le premier enregistrement ne montrant rien a été détruit
  23. Pierre Magain et Marc Rémy, Les ovnis : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15, no 4, page 312, ligne 32.
  24. Et cela sans bang supersonique
  25. Ibidem
  26. Pierre Magain et Marc Rémy, Les ovni : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15, no 4,page 313, ligne 4.
  27. Lire en fin du rapport
  28. Les mystères des ovnis, la vague d'observations belges.
  29. De mémoire de contrôleur aérien, on n'avait jamais observé de tels phénomènes d'une telle ampleur et d'une durée aussi longue... L'air Force belge est incapable d'identifier ni la nature, ni l'origine des phénomènes en cause. Cependant, il y a des éléments suffisants pour exclure certaines explications possibles:
    • a- Ballons: impossible du fait des vitesses extrêmement variables confirmées visuellement et par radar.
    • b- ULM: mêmes impossibilités que pour les ballons.
    • c- RPV, Remotely Piloted Vehicle (véhicule sans pilote): impossible du fait des observations de vols stationnaires.
    • d- Avions -incluant avions invisibles- Impossible comme pour RPV, aucun son audible.
    • e- Projections laser, mirages: impossible du fait du manque de surface de projection (aucun nuage).
    • f- Masses d'air humide poussées par le vent: leur vitesse est très inférieures à celles de la cible des f-16.
    Enfin, depuis le sol, des points lumineux ont été observés depuis plusieurs endroits distants les uns des autres; ils ont parcouru des distances supérieures à 15 milles nautiques. Ces points lumineux ont été observés avec des lunettes spéciales. De plus, les projections laser et les mirages ne peuvent être observés au radar, or ces points lumineux ont bien été enregistrés par radar. Ce qui implique que les observations ont concerné un ou plusieurs objets matériels, d'où la conclusion:
    • Nous sommes très prudents et nous ne voulons pas lancer d'hypothèses comme celle d'apparitions extra terrestres... la conclusion des études effectuées n'a pas permis de déterminer la nature de l'objet observé.
    • Signature
    • W. DE BROUWER
    • KolV1SBH
    • VS3
  30. Interview d'Yves Meelsberg dans Inter-UFO Magazine (excluant d'avoir été abusé par des phénomnes météorologiques pouvant générer de faux échos radars).
  31. Vague d'ovnis sur la Belgique, tome 2, éditions Sobeps.
  32. VAGUE BELGE-F-16-2
  33. Le f-16 du leader de la patrouille a détecté un objet non identifié, ce qui n'est pas le cas de son ailier, preuve qu'il n'y aurait rien eu. Mais c'est parce que l'ailier avait verrouillé son radar sur l'avion de son chef de patrouille pour pouvoir en repérer les évolutions de façon à éviter une collision avec lui, le squadron leader volant de façon incessamment changeante dans une nuit profonde où le repérage visuel risque de faire défaut.
  34. Tout avion civil possède un transpondeur qui permet aux radars civils de le suivre. Un manquement délibéré au branchement du transpôndeur constituerait une faute grave dont on n'a pas eu la preuve. Il y avait donc autre chose. Ainsi, une cible volante inconnue -repérée par les radars civils- qui suivait une trajectoire linéaire venant du sud-ouest a adopté soudain un comportement zig-zaguant avant de suivre un avion civil venant du sud-est.
  35. Vision directe de points lumineux vus d'endroits différents et se déplaçant à la vitesse de 15 milles nautiques
  36. Réponse parlementaire reprises dans la revue "Inforespace"
  37. (ref 969700625, département D20) reprenant la question no 222 du député Van Eetvelt datée du 23 décembre 1996.
  38. Les Ovni : Un sujet de recherche? , Pierre Magain et Marc Rémy, Physicalia Magazine, Vol.15 no 4, p. 313
  39. Léon Brenig, L'irrésistible ascension de Mystero Ufo, Physicalia magazine, vol. 15, no 1, 1993, page 71, lignes 33 et 37.
  40. a et b Bierset : quatre jours et quatre nuits d'attente, Michel Rozencwajg, Inforespace no 78, juin 1990, p. 5-6
  41. Pour une présentation sceptique générale de la Vague belge, voir (en) W. Van Utrecht, « The Belgian 1989-1990 UFO wave », in UFO 1947-1997, edited by Hilary Evans and Dennis Stacy, John Brown Publ.: London, 1997 ; ainsi que (en) W. Van Utrecht, Triangles over Belgium – A case of Uforia?, privately printed, Antwerpen, 1992.
  42. (en) P. Klass, UFOs : The public deceived, Prometheus Books, New York, 1986, p. 304.
  43. a et b Science et Vie Junior, janvier 1993, Paris.
  44. Communiqué de presse repris par de nombreux medias et signé par Jacques Demaret, maître de conférence à l'Institut d'astrophysique de l'Ulg, Nicolas Grevesse, chef de travaux à l'Institut d'astrophysique de l'Ulg, José Gridelet, docteur en médecine, neuro-physiologue, André Koeckelenbergh, astronome, chargé de cours à l'ULB, André Lausberg, chef de travaux à l'Institut d'astrophysique de l'Ulg, Jean Manfroid, directeur de recherches au FNRS, Arlette Noels, chargée de cours à l'institut d'astrophysique de Liège, Alfred Quinet, chef de département à l'IRM, Jean Surdej, maître de recherches au FNRS, Jean-Pierre Swings, agrégé de faculté à l'Institut
  45. Interview du pilote de chasse Yves Van Meelsbergs dans Inter UFO Magazine; la cible passait de 418 km/h à 4 800 km/h.
  46. Le F-117A, fiche technique.
  47. André Demoulin, L'hypothèse de l'avion furtif, Ovni-Présence, no 45, janvier 1991, page 12, 1re colonne, ligne 23.
  48. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovnis : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15, no 4, page 315, ligne 14.
  49. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovnis : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, page 315, ligne 7.
  50. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovnis : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15, no 4, page 312, ligne 33.
  51. Pierre Magain et Marc Rémy, Les Ovnis : un sujet de recherche ?, Physicalia magazine, 1993, vol. 15, n° 4, page 313, ligne 3.
  52. « OVNIS : Un centre européen d'observation ? », sur LeSoir.be
  53. « Quand le SEPRA faillit devenir européen » (SEPRA).
  54. Document européen (B3-1990/90).
  55. Dépêche AFP du 9 novembre.
  56. R. Roussel, Ovnis, la vérité cachée, Albin Michel, 1994.