Vachères

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

(Redirigé depuis Vacheres)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vachères (rivière).
Vachères

Ajouter une image

Vachères#Héraldique
Détail
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Reillanne
Code Insee abr. 04227
Code postal 04110
Maire
Mandat en cours
Alain Clapier
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Banon

Pays de Haute-Provence

Démographie
Population 302 hab. (2006)
Densité 13 hab./km²
Géographie
Coordonnées
géographiques
43° 55′ 56″ Nord
         5° 38′ 21″ Est
/ 43.9322222222, 5.63916666667
Altitudes mini. 499 m m — maxi. 865 m m
Superficie 23,42 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Vachères (Vachièras en vivaro-alpin et en provençal de norme classique et Vachièro selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Vacherois.

Sommaire

[modifier] Géographie

La montagne de Lure, au fond, vue depuis les toits typiquement provençaux de Vachères.

C'est un village perché à 830 m d’altitude[1], dans le Parc naturel régional du Luberon, entre le Luberon et la montagne de Lure. Depuis son point culminant à 865 m la vue s'étend sur sept départements[1], englobant les sites du Pic Saint-Loup à l'ouest et de la Sainte-Baume au sud.

[modifier] Économie

[modifier] Histoire

[modifier] Préhistoire

Le territoire de la commune a été fréquenté pendant différentes périodes de la Préhistoire : deux sites chasséens (Chausson, Grand roi) et dix sites chalcolithiques (plateau des Moulins, Grange des Bois, Richard, la Plaine, Soulouri, le Collet d’Auberasse, les grands Adrets, Pichoyet, Sylvabelle, Mont-Saint-Laurent) ont été répertoriés[2]. Le site du Plateau des Moulins est encore occupé au néolithique, à l’Âge du Bronze, et à l’Âge du Fer. Le site du Plateau de Quinson ou de Saint-Antoine est occupé durant la protohistoire, le Haut-Empire romain et au Moyen Âge[3].

Cette abondance de sites, notamment néolithiques, qui se confirme dans les communes voisines d’Oppedette et Simiane-la-Rotonde, est expliquée par la nature du sol : grès et sables cénomaniens, grès verts du clansayesien-albien, qui sont aisément cultivables avec des outils rustiques ou une araire qui ne travaille le sol qu’en surface. Ces sols acides favorisent en outre la pousse de plantes facilement inflammables (cystes, bruyère), donc favorisant une culture sur brulis[4].

[modifier] Périodes historiques : de l’Antiquité à nos jours

Les Ligures puis par les Celtes s’installent ensuite (voir la découverte d’une statue de guerrier gaulois au jas de Bellevue).

Un dolium et des dalles inscrites sont découverts à la Conseillère.

Le village se fortifie au XIIIe siècle[1]. Durant la Révolution française, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Enchastrayes[5].

[modifier] Toponymie

Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1274 (de Vaqueriis), est le pluriel du nord-occitan vachièro, pour vacherie[6].

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2001 mars 2008 Claude Peloux
mars 2008 Alain Clapier[7] PCF

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[8])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
164 142 142 171 212 257 302[9]
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes

L'été, la commune accueille en moyenne plus de 800 résidents.

[modifier] Lieux et monuments

La commune compte quatre châteaux, deux églises, plusieurs chapelles de campagne, un prieuré, 3 moulins, des calades (rues empierrées), des restes de remparts, un portail du XIIIe siècle, des maisons d'époque Renaissance avec fenêtres à meneaux, des enseignes gravées.

[modifier] Musée

Parmi les collections du musée municipal créé en 1958 et réaménagé en 1997 :

  • un squelette-fossile de bachithérium, vieux de 30 à 35 millions d'années (tertiaire, oligocène, stampien), trouvé en 1981. C'est le seul squelette complet du genre Bachitherium connu jusqu'à nos jours, d'où son importance, ce mammifère est l'ancêtre des gazelles indiennes et africaines actuelles, voir site
  • la statue d'un guerrier celto-ligure de l'armée de l'empereur Auguste. Cette statue, impresssionnante par sa taille et par la finesse des ses ciselures a été découverte en 1865 et il semblerait qu'elle était érigée dans un mausolée qui couronnait la commune. C’est la plus importante statue gallo-romaine du département, qui est exposée au musée Calvet d’Avignon.

[modifier] Architecture militaire

En arrivant au village, on aperçoit les restes de l’ancienne enceinte : coffrage de la courtine, tour ronde engagée, tour carrée ; on peut aussi suivre le tracé, qui rejoignait le château et la façade de l’église, qui étaient intégrés aux fortifications[10].

Le château domine le village. Sa première construction est médiévale, et il en reste les parties inférieures. L’essentiel de la construction actuelle est du XVIe siècle, notamment une fenêtre à meneau. Au XVIIIe siècle, de nombreuses fenêtres arrondies ont été percées[11].

Le campanile, ou tour de l’Horloge, est une ancienne porte, construite autant pour la défense que pour le prestige, au XVIe siècle. Elle est ornée d’une rangée de huit arcs à accolades, supportant des corbeaux[12].

[modifier] Architecture civile

Le château bas est une gentilhommière, à trois tours, datant de la fin du XVIIe siècle ou du XVIIIe siècle[13]. Un pigeonnier a été aménagé dans une tour[14].

La façade du château du Colombier, enserrée entre deux avant-corps, s’élève sur deux étages, percée de fenêtres en plein cintre. La cour, close par un mur en courbes, orné de paniers de fleurs sculptées, s’ouvre par un portail pris entre deux piliers à bossages. Il est construit au milieu du XVIIe (1649-1652) pour l’essentiel. Quelques parties (fenêtres de la façade principale, cour, décoration du rez-de-chaussée, dont les gypseries), sont ajoutées au milieu du XVIIIe siècle[15]. Les dix-huit tentures peintes sont de Duplessis de Carpentras, qui les réalisa entre 1748 et 1752, représentant des scènes pastorales au salon, des scènes de chasse et rustiques, une représentation de la lanterne magique dans la salle à manger, une marchande d’oublies, et des camaïeux gris bleu et doré ornent la chambre aux alcôves[16]. Toutes ces peintures sont classées monuments historiques au titre objet[17].

On compte également de très nombreuses maisons du XVIe siècle dans le village, aux arcs surbaissés, à fenêtres à croisées ou en plein cintre, construite parfois en pierre de taille[18], ainsi que plusieurs hôtels ou maisons particulières du XVIIIe siècle dont la construction, sans être richement ornée, est régulière et soignée[19].

[modifier] Art religieux

L’église paroissiale est construite de 1866 à 1869, le clocher en 1872. La nef compte trois travées ; deux bas-côtés courent au nord et au sud. Le chœur est voûté d’arêtes[20]. Deux vitraux représentent saint Sébastien et saint Pierre (apôtre)[21]. Elle possède trois chandeliers de cuivre doré et repoussé, des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, classés[22].

L’église Saint-Christophe, ancienne église paroissiale, est de style roman. Construite au XIIIe siècle, la voûte en berceau brisé de la nef, qui couvrait les trois travées, s’est effondrée au début des années 1960. L’abside est rectangulaire ; au-dessus de l’arc triomphal[23], le clocher-mur est médiéval de façon certaine[24].

La chapelle Saint-Ambroise de la Conseillère, du XIe siècle, est établie sur un site fréquenté au néolithique. Elle possède une nef unique voûtée en pierres sèches, et une abside en cul-de-four. Elle a été agrandie et transformée en grange[25].

La chapelle Notre-Dame de Bellevue date de la fin du XIe siècle, malgré toutes les parties manquantes ; la façade occidentale possède une fenêtre géminée de cette époque, même si elle a été restaurée depuis[26].

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles de Wikipédia

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

[modifier] Notes

  1. abc Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », Paris, 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 2-7399-5004-7) 
  2. Patrice Druelle, « Oppedette des origines au moyen âge », in Chroniques de Haute-Provence, Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 304, 1987, p 56-57
  3. Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p 484
  4. Patrice Druelle, op. cit., p 57-58
  5. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 113
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume II : Formations non-romanes ; formations dialectales, § 24 846, p 1334
  7. Site de la préfecture des AHP
  8. Vachères sur le site de l'Insee
  9. Population légale au 1er janvier 2006, consulté le 13 janvier 2009
  10. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, 559 p., p 299-300
  11. Raymond Collier, op. cit., p 254
  12. Raymond Collier, op. cit., p 308
  13. Raymond Collier, op. cit., p 254 et 262
  14. Raymond Collier, op. cit., p 445
  15. Raymond Collier, op. cit., p 264-265
  16. Raymond Collier, op. cit., p 489-490
  17. Voir liste descriptive de la Base Palissy, consultée le 3 mars 2009
  18. Raymond Collier, op. cit., p 361
  19. Raymond Collier, op. cit., p 366
  20. Raymond Collier, op. cit., p 387
  21. Raymond Collier, op. cit., p 528
  22. Arrêté du 8 janvier 1975, notice de la Base Palissy, consultée le 3 mars 2009
  23. Raymond Collier, op. cit., p 121
  24. Raymond Collier, op. cit., p 78
  25. Parc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, p 23
  26. Raymond Collier, op. cit., p 57
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Vach%C3%A8res ».
Créer un livre