8e arrondissement de Paris

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8e arrondissement de Paris
« arrondissement de l'Élysée »
Administration
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Quartiers
administratifs
Champs-Élysées
Faubourg-du-Roule
Madeleine
Europe
Maire
Mandat
Jeanne d'Hauteserre
2014 - 2020
Code postal 75008
Code Insee 75108
Démographie
Population 40 589 hab. (2011[1])
Densité 10 461 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 52′ 40″ N 2° 19′ 04″ E / 48.877816, 2.317807 ()48° 52′ 40″ Nord 2° 19′ 04″ Est / 48.877816, 2.317807 ()  
Altitude Min. 29 m – Max. 59 m
Superficie 3,88 km2
Localisation

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8e arrondissement de Paris

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8e arrondissement de Paris

Le 8e arrondissement de Paris est l'un des 20 arrondissements de Paris. Situé sur la rive droite de la Seine, il est bordé à l'ouest par le 16e arrondissement, au nord par le 17e arrondissement, à l'est par les 9e et 1er arrondissements, et au sud par la Seine et le 7e arrondissement.

Le 8e arrondissement est à la fois un haut lieu touristique et l'un de ceux où réside la haute bourgeoisie. Il accueille de nombreux commerces et hôtels de luxe, mais aussi de nombreux établissements financiers. C'est également un lieu de pouvoir, puisqu'il comprend le palais de l'Élysée et le ministère de l'Intérieur.

Aux termes de l'article R2512-1 du Code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), il porte également le nom d'« arrondissement de l'Élysée »[2], mais cette appellation est rarement employée dans la vie courante.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Seine était autrefois un vaste fleuve qui recouvrait une large part de l’actuel 8e arrondissement : tout le boulevard Haussmann, la gare Saint-Lazare et ses abords, la place Saint-Augustin, la rue La Boétie, le rond-point des Champs-Élysées et toute la partie sud de l'arrondissement depuis la place de l'Alma jusqu'à la place de la Concorde étaient alors recouverts par les eaux. Seuls les environs du faubourg Saint-Honoré entre la rue Royale et Saint-Philippe-du-Roule et la partie méridionale des boulevards entre la place de l'Étoile et la place de Clichy étaient émergés. La même situation se reproduisit à peu de choses près lors de la crue de la Seine de 1910[3].

Le retrait progressif du fleuve transforma une bonne partie du secteur en un vaste marécage, traversé par un petit ruisseau qui descendait de Ménilmontant pour se jeter dans la Seine à la hauteur de l'actuel pont de l'Alma. Ces marécages constituaient une défense pour la population car ils étaient difficiles à franchir par d'éventuels assaillants. Ainsi, en 52 avant Jésus-Christ, l'armée gauloise de Camulogène dut contourner ces marais par le nord avant de livrer dans la plaine de Grenelle ou sur les contreforts de Passy la désastreuse bataille de Lutèce contre le lieutenant de Jules César, Labienus[4].

Dans les premiers temps de la dynastie capétienne, une grande partie du territoire de l’actuel 8e arrondissement dépendait de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, l'une des plus anciennes et, à l'époque, des plus vastes paroisses de Paris. En 1223, l'acte appelé forma pacis reconnaissait la suzeraineté de ces domaines à l'évêque de Paris, le roi se réservant les droits de justice sur les principales routes qui les traversaient.

Dès la fin du XIe siècle, le nord de l'ancien marécage est alloué aux chanoines de Sainte Opportune qui se chargent de l'assainir et de le mettre en culture. La zone comprise entre la rue de Chaillot et la rue Montmartre est ainsi transformée en terres céréalières, puis bientôt cultivée de fruits et de légumes verts, cultures plus logiques à proximité d'une ville puisqu'elles ne supportent pas les longs transports. Le 8e devient ainsi, dès le Moyen Âge, une zone de maraîchage fournissant Paris en produits frais.

À la fin du Moyen Âge, on trouve dans cette zone, couverte de bois et de garennes le long de la Seine, des champs et des jardins parsemés de quelques habitations au nord, trois hameaux :

  • un faubourg le long de la rue Saint-Honoré, appelé la Ville l'Évêque, en référence à la suzeraineté de l'évêque de Paris, desservi par l'église de la Madeleine de la Ville l'Évêque ;
  • le village du Roule, desservi par l'église Saint-Jacques-Saint-Philippe ;
  • le village de Chaillot.

Leurs habitants, essentiellement des membres des couvents de Sainte-Marie-de-Chaillot et des Oratoriens, étaient connus pour exploiter des cultures maraîchères. Le ruisseau qui descendait de Ménilmontant s'est transformé en un égout à ciel ouvert, le Grand Égout.

En 1616, la régente Marie de Médicis décide de faire aménager une longue allée bordée d'arbres en alignement avec le jardin des Tuileries, sur l'axe qu'empruntaient à cheval les premiers rois Capétiens à partir du Louvre pour aller chasser dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye : le cours la Reine.

En 1667, le paysagiste André Le Nôtre, à la demande du jeune roi Louis XIV, prolonge cette coulée verte que l'on nommera Champs-Élysées à la fin du règne en 1709.

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, l'« esplanade du Pont-Tournant », en référence à un pont de bois qui enjambait alors le fossé entre la terrasse des Tuileries et l'esplanade, reste encore un bourbier avant son aménagement à partir de 1755 sous le règne de Louis XV.

L'esplanade sera d'ailleurs renommée « place Louis XV » en 1772, puis « place de la Révolution » en 1792, avant que Louis XVI et 1 119 autres personnes y soient guillotinées lors de la Révolution française. Avec la fin de la Terreur, le gouvernement décide de rebaptiser la place de la Révolution en place de la Concorde en 1795. La même année, la ville de Paris est divisée en douze arrondissements, la plupart du 8e actuel se situait alors dans l’Arrondissement I de l’époque.

L’ouest parisien devint au XIXe siècle un lieu d'extension de la ville et de formidable spéculation immobilière, les financiers et la haute bourgeoisie se disputaient les hôtels particuliers du parc Monceau, du Faubourg Saint-Honoré et des Champs-Élysées, rejoints par les membres des milieux politiques, puis l'aristocratie qui désertait le Marais. On peut citer comme exemples le duc et surtout son épouse la duchesse d'Alençon, membres des familles royales de France et de Bavière, sœur de l'impératrice d'Autriche ("Sissi") et proche des dominicains de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, laquelle périt en 1897 lors de l'incendie du Bazar de la Charité qui se tenait rue Jean Goujon. Le couple demeurait alors Avenue de Friedland tandis qu'à la même époque le futur bienheureux Charles-Eugène de Foucauld de Pontbriand, avant de devenir l'ermite du Sahara, était paroissien de l'église Saint-Augustin et demeurait avec sa famille rue de Miromesnil.

Avec l'annexion des faubourgs situés à l'extérieur de la ligne de fortifications en 1860 par la loi du 16 juin 1859, Paris passa de 12 à 20 arrondissements, divisés chacun en quatre quartiers. C’est le début du 8e arrondissement actuel reprenant une large moitié de l'ancien 1er arrondissement, avec les quartiers des Champs-Élysées, du Faubourg-du-Roule, de La Madeleine et de l’Europe.

Économie[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, le 8e arrondissement abrite non seulement des lieux parmi les plus prestigieux voire emblématiques de la capitale française comme l'avenue des Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe, le palais de l’Élysée ou bien l’église de la Madeleine, mais il est également le moteur économique de la capitale en concentrant plus de 180 000 emplois provenant essentiellement des activités financières, de service et de tourisme. C'est aussi un carrefour stratégique pour les transports en commun avec la gare Saint-Lazare, véritable hub pour l'ensemble des communes de l'ouest francilien.

Si l’arrondissement représente plus de 11 % des emplois parisiens, il n’accueille en revanche que 1,8 % de ses habitants. Avec 9 974 hab/km² en 2005, c’est l’arrondissement le moins densément peuplé de la capitale après le 1er arrondissement (9 699 hab/km² en 2005).

Voici quelques faits et chiffres pour illustrer la réputation du 8e arrondissement comme un haut lieu du chic, du luxe et de la bourgeoisie :

  • Il y avait 1,6 % de logements sociaux dans le 8e arrondissement en 2006. Ce chiffre est à comparer avec les 2,5 % de Neuilly-sur-Seine qui ont fait l’objet de polémiques.

Administration[modifier | modifier le code]

Élus municipaux[modifier | modifier le code]

Depuis 1983, le maire du 8e arrondissement est François Lebel (RPR, UMP puis CNI), réélu à chaque scrutin (1983, 1989, 1995, 2001 et 2008).

Le 8e arrondissement dispose de 13 élus municipaux, dont 3 conseillers de Paris[5].

Lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008, François Lebel, candidat de droite dissident et maire du 8e arrondissement, est arrivé en tête au premier tour (avec 35,51 % des suffrages exprimés). Il est réélu au second tour avec 48,55 % des voix face à Pierre Lellouche (31,82 %), candidat officiellement investi par l'UMP, et à la candidate socialiste Heidi Rancon-Cavenel (19,63 %)[6]. À la suite de ces élections, le maire François Lebel a été réélu maire de l'arrondissement.

La droite dans sa globalité a ainsi réalisé 80,37 % des voix soit son score le plus élevé de l'ensemble des arrondissements parisiens.

Conseillers de Paris au titre du 8e arrondissement[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2008, les trois conseillers de Paris pour l'arrondissement sont François Lebel (UMP), Martine Merigot de Treigny (UMP) et Pierre Lellouche (UMP).

Élus nationaux[modifier | modifier le code]

Autrefois terre d'élection de Maurice Couve de Murville, le député de la quatrième circonscription de Paris, dans laquelle est intégrée la totalité du 8e arrondissement, est Pierre Lellouche (UMP) depuis 1997.

Liste des maires du 8e arrondissement[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[7]
Élection Identité Parti Notes
1860 Abel Laurent
1867 Charles de Ladoucette
1869 Cambert Général
1870 Lazare Carnot
1871 Charles Dalligny
1879 Alfred Koechlin-Schwartz
1888 Paul Beurdeley
1905 Antoine Allou
1911 Philippe Marechal Docteur
1926 Louis Drucker
1941 Henri Berton
1943 Pierre Dasset
1944 Émile Moine
1946 Jean de Fez
1963 A. Robert Dupont
1968 Roger Monnet
1977 Pierre-Émile Pere
1983 François Lebel
2014 Jeanne d'Hauteserre

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2006, l'arrondissement avait 39 088 habitants pour une superficie de 388 hectares, soit une densité de 10 074 hab/km². Sa population a été divisée par 2 en 50 ans et presque par 3 en un siècle. Il occupe le 16e rang des arrondissements en termes de population alors que 1,8 % des 2 181 371 habitants recensés à Paris en 2006 y résident.

Année
(recensement national)
Population Densité
(habitants/km²)
1861 69 814
1866 70 259
1872 75 796 19 535
1891 (pic de population) 107 485 27 695
1954 80 827 20 827
1962 74 577 19 216
1968 67 897 17 495
1975 52 999 13 656
1982 46 403 11 956
1990 40 814 10 516
1999 39 314 10 130
2006 39 088 10 074


En 1999, les 39 314 habitants recensés étaient répartis selon les quatre quartiers administratifs comme suit :

  • Champs-Élysées : 4 610
  • Madeleine : 6 060
  • Faubourg-du-Roule : 10 004
  • Europe : 18 640

Le quartier des Champs-Élysées est avant tout un quartier commercial prestigieux où s'affichent les grandes marques internationales, mais il abrite également un nombre important d'ambassades et de sièges d'entreprises. Le quartier du Faubourg-du-Roule est un quartier plus résidentiel, de sociologie proche des quartiers Ternes (17e) et Chaillot (16e). Il abrite le parc Monceau et le siège de nombreux établissements financiers (banques, assurances, cabinets d'avocats d'affaire). Le quartier de la Madeleine est un quartier intermédiaire mélangeant quartiers résidentiels et d'affaires autour de l'Opéra Garnier et le boulevard Malesherbes, commerces et hôtels de luxe autour de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, mais également des lieux de haute administration comme le palais de l'Élysée, le Ministère de l'Intérieur, les ambassades des États-Unis, de Grande-Bretagne et du Japon. Enfin, le quartier résidentiel et plus populaire de l'Europe accueille une classe moyenne supérieure comparable au quartier des Batignolles (17e). Il abrite également la très empruntée gare Saint-Lazare et de nombreux commerces proches des grands magasins du 9e.

Sur les 24 401 logements recensés en 1999, le 8e arrondissement compte 3 099 résidences secondaires et logements occasionnels, ce qui représente la plus forte proportion de ce type de logements à Paris. La part des acquéreurs étrangers dans l'immobilier du 8e est d'ailleurs de plus en plus importante et pourrait représenter d'ici quelques années la majorité des transactions. La tendance démographique de l'arrondissement est d'avoir une population moins importante, mais plus fortunée et étrangère.

Population par quartier[modifier | modifier le code]

Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 6 251 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 16 203 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 31 601 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 18 784 création

Principaux sites et édifices[modifier | modifier le code]

La mairie, façade sur le boulevard Malesherbes
Mairie, 3 rue de Lisbonne

Culture[modifier | modifier le code]

Outre les nombreux sites architecturaux prestigieux, il convient de souligner la présence de sites culturels et artistiques réputés comme le Grand Palais et le Petit Palais, construits pour l'exposition universelle de 1900, le théâtre du Rond Point des Champs-Élysées inauguré en 1860, le théâtre Marigny bâti en 1883, ou l'Espace Pierre Cardin, ancien théâtre des ambassadeurs, mais également le théâtre Michel, le théâtre des Mathurins, le théâtre de la Madeleine et de nombreuses salles de spectacles comme le Lido ou le Crazy Horse Saloon. L'arrondissement compte également plusieurs musées de renommée mondiale comme le Petit Palais, le Grand Palais, le musée Cernuschi, le musée Nissim-de-Camondo, le musée Jacquemart-André. Il y a aussi le Palais de la découverte qui s'ouvre aux Sciences.

Principales avenues[modifier | modifier le code]

Plan du 8e arrondissement

Quartiers administratifs[modifier | modifier le code]

  1. Quartier des Champs-Élysées (29e quartier de Paris)
  2. Quartier du Faubourg-du-Roule (30e quartier de Paris)
  3. Quartier de la Madeleine (31e quartier de Paris)
  4. Quartier de l'Europe (32e quartier de Paris)

Transports en communs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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