Véronique Billat

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Véronique Billat

Naissance 11 septembre 1961
Grenoble (France)
Nationalité Drapeau de France Française
Champs physiologie
Institutions INSERM, Génopole, Université d'Evry
Diplôme université Paris 12, ministère des Sports, université de Grenoble
Renommé pour travaux et recherche sur la physiologie de l'effort

Véronique Billat, née le 11 septembre 1961 à Grenoble, France, est une physiologiste française, professeur des universités, fondatrice et directrice du laboratoire de biologie intégrative des adaptations à l'exercice, labellisé au sein de l'université et du Génopole d'Évry, labellisé en 2007 unité INSERM 902. Également détentrice d'un brevet d'état 3ème degré d'athlétisme, Véronique Billat a consacré son travail à établir le lien entre la science et l’empirisme de l’entraînement sportif en confrontant l’expérience du terrain à la théorie physiologique. De cette dialectique, elle a élaboré une méthode d’entraînement individualisée fondée sur le profil physiologique du sportif prenant en compte l’énergie à VO2max (produit de VO2max par son temps limite) et ses facteurs limitatifs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Véronique Billat est la petite fille de Paul Billat, résistant et député de l'Isère appartenant à une famille d'enseignants. Habitant dans les hauteurs de Grenoble elle développe son goût pour l'exercice grâce au trajet scolaire à bicyclette quotidien. Elle est vite repérée par son professeur d'éducation physique qui l'oriente vers le cross country et le ski de fond. Elle rejoint donc l'équipe du Grenoble Université Club et du club Alpin français pour la pratique intensive de ces deux disciplines. Elle intègre l'UFR STAPS de Grenoble (1979) où elle suit un cursus complet jusqu'au Doctorat et consacre dès lors ses recherches à la science de l'entraînement dans le domaine de la physiologie. Elle se spécialise dans la conception d’un entraînement scientifique fondé sur l’énergie à VO2max (produit de VO2max par son temps limite ou de soutien au plateau de VO2max).

En 2014, elle crée sa propre entreprise Billatraining, en synergie avec le laboratoire UBAIE, afin d'aller au bout de sa démarche : raccourcir le délai de transmission des dernières innovations de la recherche au public. Elle propose ainsi les bénéfices de ses dernières recherches au grand public, aux sportifs de tous niveaux, qui cherchent à optimiser leur potentiel énergétique et découvrir leur marges de progression[1].

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Véronique Billat intègre l'UFR STAPS de Grenoble en 1979 où elle suit un cursus complet jusqu'au doctorat. Elle soutient sa thèse à l'université Joseph-Fourier en 1988 au sein du laboratoire de physiologie de la faculté de médecine de Limoges avec le professeur Albert Paul Chassain. La thèse porte sur la définition d'un état stable de la lactatémie[2] alors que les théories du seuil lactique émergeaient dans les années 1980.

En 1989, elle devient maître de Conférences à l'UFRA STAPS de Grenoble où elle crée un laboratoire de terrain en adaptant la technique des sacs de Douglas à la mesure ambulatoire. Elle travaille notamment avec ses étudiants de maîtrise sur la définition des contraintes énergétiques en montagne (cascade de glace) et escalade et elle publie le premier article ayant mesuré la contrainte énergétique d'une ascension en escalade de type 7a à vue[3].

En 1992 elle part à l’université de Paris 12 pour lancer l'UFR STAPS. Pendant cette période elle travaille au CHU Henri Mondor au sein de l'Unité INSERM 296 dirigée par Henri Atlan où elle soutient son habilitation à diriger des recherches en 1994.

Après un passage à l'université René-Descartes, Paris 5, elle est nommée professeur en 1998 à l'université de Lille 2 où elle est chargée[Par qui ?] de reconquérir le label d'équipe d'accueil du laboratoire de l'UFR STAPS[réf. souhaitée].

Après avoir accompli ce travail, elle décide d'étendre son approche physiologique à la biologie moléculaire et mute alors en 2002 à l'université d'Évry-Val-d’Essonne avec pour objectif de fonder un laboratoire de biologie intégrative des adaptations biologiques à l'exercice grâce à l'environnement de Génopole et de l'université d'Évry qui rassemblent nombre d'enseignants-chercheurs animés par cette volonté d'échanges interdisciplinaires.

Elle obtient le label Génopole, puis celui d'Équipe d'accueil et enfin celui de l'INSERM en 2007 et d’Unité de recherche en 2015. Elle est nommée professeur de classe exceptionnelle en 2012[4].

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Après son travail de thèse soutenue en 1988 à l’université Joseph-Fourier à Grenoble, Véronique Billat démontre que l’état stable de la lactatémie (ou seuil anaérobie) n’est pas déterminé par une valeur de 4 mMoles/l souvent pris en référence pour déterminer le seuil anaérobie, mais est compris entre 2 et 8 mMoles/l selon les individus et leur type d’entraînement[5],[6] ;

Elle élabore le concept de temps limite à vitesse maximale aérobie (vitesse minimale qui sollicite VO2max ou la puissance maximale aérobie, PMA dénommées vVO2max ou pVO2max) et publie à ce sujet un article dans le top 8 des articles internationaux les plus cités dans le domaine de la physiologie et médecine du sport en 1994[7]. Ce temps limite à VO2max est indépendant de VO2max mais est corrélé à la capacité anaérobie[8]. Un entraînement fractionné alternant 30 secondes de course à 100 % et 50 % de PMA appelé encore appelé « interval training » court ou 30-30[9] ou 15 secondes — 15 secondes alternant des périodes de course de 15 secondes à 100 et 70 % ou 90 et 80 % de VMA[10] permet d’allonger ce temps limite et d’améliorer VO2max.

Au-delà du temps limite à PMA ou VMA, elle se centre sur le temps limite effectif à VO2max en isolant au sein de l’exercice à PMA ou VMA seulement le temps de plateau à VO2max en soustrayant au temps limite à VMA à la fois le délai d’atteinte de la cinétique de VO2 mais également le temps de chute de VO2 en fin d’effort[11],[12],[13].

Elle élabore le concept de vitesse critique à VO2max qui est la puissance à laquelle le temps limite à VO2max d’un individu atteint sa valeur maximale[14],[15].

Elle devient alors membre, puis fellowship en 2004 de la société savante l'American College of Sports Medicine (ACSM). À Baltimore en 2010 au Congrès, elle donne la lecture du Président lors du 40e anniversaire de la société[réf. souhaitée].

Au-delà de ce travail en laboratoire, elle mesure le temps limite à VO2max en compétition du 100 m au marathon et démontre que la variation de vitesse est décrite par une équation différentielle linéaire du 1er ordre sur 1 500 m dont la variable est la variation de la capacité anaérobie lactique[16].  Ce travail de terrain lui permet d’observer que le plateau de VO2max est soutenu avec de grande variation de vitesse. Cela lui inspire un nouveau protocole de laboratoire dans lequel VO2max devient la variable de contrôle (variable indépendante) et non plus la variable dépendante utilisée depuis l’invention du concept de VO2max par le prix Nobel Archibald Vivian Hill en 1927.

Ce protocole de puissance est contrôlé par VO2 pour que le sujet reste à son plateau de VO2max, en variant la puissance de pédalage entre le seuil anaérobie et PMA, il est alors possible de maintenir VO2max huit fois plus longtemps qu’à PMA (24 minutes versus 3 minutes)[17] .

Le temps limite à VO2max est un compromis entre le temps limite au débit cardiaque maximal et la différence artério-veineuse en oxygène selon l’équation de Fick.

De plus à la fréquence cardiaque maximale le temps de soutien au volume d’éjection systolique maximal est souvent entravé par le manque de temps du remplissage systolique [18]. Ce travail met notamment en évidence que le point d’inflexion de la fréquence cardiaque identifié comme étant la puissance au seuil anaérobie lactique selon le test de Conconi est en fait la puissance à laquelle le volume d’éjection systolique atteint sa valeur maximale[19].

Dans une autre étude, toujours à partir du 30e km du marathon, grâce à une analyse par ondelettes réalisée en collaboration avec Yves Meyer,Véronique Billat démontre une baisse de la variabilité de la fréquence cardiaque* (VFC) par la baisse de l’exposant de Holder[20]

La VFC* serait un bon prédicteur de risques cardio-vasculaire et de mortalité et se développe également de plus en plus dans l'entraînement sportif, notamment pour évaluer les états de fatigue et éviter le surentraînement. Toujours en collaboration avec Yves Meyer, Véronique Billat met en évidence qu’un 10 000 m couru dans le même temps à vitesse libre et l’autre à vitesse constante égale à la vitesse moyenne de la course à vitesse libre (qui avait montré une variation de 10% autour de la vitesse moyenne), permettait de maintenir la variabilité de la fréquence cardiaque en dessous de la fréquence cardiaque maximale[20].

Puis, grâce au premières mesures du débit cardiaque sur 12 marathoniens lors du marathon de Paris* 2011, elle démontre[21] que le volume d’éjection systolique est maintenu à sa valeur maximale mesurée sur un test d’effort maximal réalisé 10 jours précédant la course. Au-delà du 30e km, le débit cardiaque maximal  augmente par unité de mètre parcouru (L.m-1) de même que la fréquence cardiaque par minute (bt.min-1), alors qu’il y a  maintien du volume d’éjection systolique par battement (ml.bt-1) et baisse de la vitesse de course (m.min-1).

Parcours sportif[modifier | modifier le code]

Équipe de France universitaire de cross et ski de fond de 1980 à 1983

Véronique Billat remporte la course mythique de Sierre Zinal en 1982[22]

Elle est titulaire du Brevet d'État 3e degré d'Athlétisme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Course de fond et performance, Paris, éditions Chiron, octobre 1991, 280 p. (OCLC 803961931)
  • L'entraînement en pleine nature : conseils de préparation aux sports outdoor, Bruxelles, éditions De Boeck Université, juin 2005, 233 p. (OCLC 64117734)
  • Régal et performance pour tous, coauteur : Claude Colliot, éditions De Boeck Université, décembre 2008, 232 p. (OCLC 470876585)
  • Physiologie et méthodologie de l'entraînement : de la théorie à la pratique, Bruxelles, Éditions De Boeck, 3e édition, septembre 2012, 258 p. (OCLC 819188680)
  • VO2max à l'épreuve du temps, Bruxelles, éditions De Boeck, octobre 2013, 180 p. (OCLC 863125306)

Publications scientifiques[modifier | modifier le code]

  • 119 articles référencés dans PubMed dont 51 comme premier auteur et 43 comme dernier auteur.
  • 92 publications en actes de congrès comme premier auteur et régulièrement invitée depuis 2000 dans les congrès.

Activité de conseil et suivi de sportifs[modifier | modifier le code]

Afin de s’adresser directement aux sportifs et entraîneurs ou futurs entraîneurs, aux étudiants en STAPS, Véronique Billat crée et dirige une collection de livres scientifiques et de vulgarisation sur le sport : la collection « Science et Pratique du Sport » aux éditions De Boeck Université. Elle y écrit quatre titres de 1998 à 2013 parmi les 40 que compte à présent la collection en 2015.

Afin d'aller au bout de sa démarche : raccourcir le délai de transmission des dernières innovations de la recherche au public, elle crée sa propre entreprise 'Billatraining' en 2014 où elle élabore des entraînements individualisés selon le profil énergétique des personnes comme leur temps limite à VO2max, la puissance et les facteurs limitants de VO2max.

Basée sur son expérience de conseils auprès de champions comme Isabella Ochichi, Patrice Quarteron, Raphaël Poirée, Eddy Merckx ou Mark Allen, elle suit également des marathoniens, coureurs de trail et ultratrail et des triathlètes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Billat-training », sur www.billat-training.com
  2. Véronique Billat et Albert Paul Chassain (direction), Puissances critiques de la lactatémie et effet d'échauffement en régime continu d'exercice musculaire : validation d'une méthode d'évaluation de l'endurance, Grenoble 1, coll. « thèse de doctorat, sciences biologiques fondamentales et appliquées, psychologie »,‎ 1988 (OCLC 490345925)
  3. (en) Billat V, Palleja P, Charlaix T, Rizzardo P, Janel N. « Energy specificity of rock climbing and aerobic capacity in competitive sport rock climbers » J Sports Med Phys Fitness 1995;35:20-4.
  4. Arrêté du Président de l’université d’Évry-Val-d’Essonne en date du 10 juillet 2012
  5. (en) Antonini MT, Billat V, Blanc P, Chassain AP, Dalmay F, Menier R, Virot P, « Comparaison de la lactatémie en régime transitoire et en régime stationnaire d'exercice musculaire » Science & Sports 1987;2:41-44.
  6. (en) Billat V, Antonini MT, Dalmay F, Chassain AP. « A method for determining lactate steady-state with two stages at submaximal workloads » European Journal of Applied Physiology 1994;69:196-202.
  7. (en) Billat V, Pinoteau J, Petit B, Renoux JC, Koralsztein JP, « Reproducibility of running time to exhaustion at VO2max in sub-elite runners » Medicine and Science in Sports and Exercise 1994;26:254-257.
  8. (en) Billat V, Pinoteau J, Petit B, Renoux JC, Koralsztein JP. « Times to exhaustion at  100% of velocity at VO2max and modelling of the time-limit/ velocity relationship in elite long-distance runners » European  Journal of Applied Physiology 1994;69, 271-273, 1994
  9. (en) Billat V, Slawinski J, Bocquet V, Demarle A, Lafitte L, Chassaing P, Koralsztein JP, « Intermittent runs at the velocity associated with maximal oxygen uptake enables subjects to remain at maximal oxygen uptake for a longer time than intense but submaximal runs » European Journal of Applied Physiology 2000;81:188-196.
  10. (en) Billat V, Slawinski J, Bocquet V, Demarle A, Chassaing P, Hamard L, Koralsztein JP, « Very short (15s-15s) interval training around the critical velocity allow middle-age runners to maintain VO2max for 14 min » International Journal of Sports Medicine 2001;22:201-208.
  11. (en) Heubert R, BOCQUET V., Koralsztein JP, Billat VL. « Effect of  4 weeks of training on the limit time at VO2max » Canadian Journal Applied Physiology 2003;28:717-736.
  12. (en) Billat V, Morton RH, Blondel N, Berthoin S, Bocquet V, Koralsztein JP, Barstow T. « Oxygen kinetics and modelling of time to exhaustion whilst running at various velocities at maximal oxygen uptake » European Journal of Applied Physiology 2000;82:178-187.
  13. (en) Morton H et Billat V. « Maximal Endurance Time at VO2max » Medicine Science in Sport and Exercise 2000;32(8):1496-1504.
  14. Billat V., BLONDEL N., BERTHOIN S. Determination of the velocity associated with the longest time to exhaustion at maximal oxygen uptake.  European Journal of Applied Physiology  80, 159-161, 1999.
  15. di Prampero PE. The concept of critical velocity: a brief analysis.  Eur J Appl Physiol  Occup  Physiol 80: 162-4, 1999.
  16. (en) Billat VL, Hamard L, Koralsztein JP, Morton RH. « Differential modeling of anaerobic and aerobic metabolism in the 800 m and 1 500 m-run » J  Appl Physiol. 107: 478-487, 2009
  17. (en) Petot H, Meilland R, Le Moyec L, Mille-Hamard L, Billat VL, « A new incremental test for VO2max accurate measurement by increasing VO2max plateau duration, allowing the investigation of its limiting factors » Eur J Appl Physiol. 2012;112:2267-2276.
  18. Lepretre PM, Foster C, Koralsztein JP, Billat VL. Heart rate deflection point as a strategy to defend stroke volume during incremental exercise. Journal of  Applied Physiology 98 :1660-1665 ; 2005.
  19. WESFREID E, BILLAT VL, MEYER Y.  Multifractal analysis of heartbeat time series in human races. Applied Computer Harmonic Analysis 18:329-335, 2005.
  20. a et b Billat VL1, Wesfreid E, Kapfer C, Koralsztein JP, Meyer Y. Nonlinear dynamics of heart rate and oxygen uptake in exhaustive 10,000 m runs: influence of constant vs. freely paced. J Physiol Sci 56,103-11, 2006.
  21. (en) Billat VL, Petot H, Landrain M, Meilland R, Koramsztein JP, Mille-Hamard L. « Cardiac output and performance during a marathon  in middle-aged recreational   runners » Scientific World Journal 2012  810859. DOI:10.1100/2012/810859.
  22. « Vainqueurs Sierre Zinal », sur http://www.sierre-zinal.com/ (consulté le 29/12/2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]