Véranne

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Véranne
Image illustrative de l'article Véranne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Loire
Arrondissement Saint-Étienne
Canton Pélussin
Intercommunalité Communauté de communes du Pilat rhodanien
Maire
Mandat
Gabriel Roudon
2014-2020
Code postal 42520
Code commune 42326
Démographie
Gentilé Vérannaires
Population
municipale
826 hab. (2011)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 22′ 09″ N 4° 39′ 48″ E / 45.3691666667, 4.66333333333 ()45° 22′ 09″ Nord 4° 39′ 48″ Est / 45.3691666667, 4.66333333333 ()  
Altitude Min. 417 m – Max. 1 390 m
Superficie 15,96 km2
Localisation

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Véranne
Liens
Site web http://www.pilatrhodanien.fr/-Veranne-.html

Véranne est une commune française située dans le département de la Loire en région Rhône-Alpes. La commune recouvre un certain nombre de hameaux, parmi lesquels le Buisson, le Camier et le Drevet.

Mentionné pour la première fois dans les écrits en 970, le village de Véranne comprend plusieurs sites historiques. Les plus importants sont le château du Buisson, propriété de la famille de Villars puis du baron de Labeau de Bérard, et la chapelle de Saint-Sabin, édifiée au XVIIe siècle. Ses habitants sont appelés les Vérannaires.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Véranne est situé dans le département de la Loire, au sein du Parc naturel régional du Pilat. La commune est distante d'environ 9 km de Pélussin, le chef-lieu de canton, et à environ 80 km de Montbrison, la sous-préfecture. Elle couvre une superficie de 1 626 hectares.

Rose des vents Doizieux Roisey Bessey Rose des vents
Le Bessat N Maclas
O    Véranne    E
S
Colombier Saint-Appolinard Saint-Jacques-d'Atticieux

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Un verger, avec des habitations au second plan.
Le hameau du Buisson.

Le village est entouré de nombreux hameaux rattachés à la commune, parmi lesquels le Buisson, le Drevet, le Camier, la Camière, Cubusson, Nurieux, Loye, le Viallon, Paradis, le Prat, le Charamel, la Terrasse, Varizières, la Tronchiat, Plode, la Nordée, chez Rambert, chez Paret, Chaumienne et Saint-Sabin[A 1].

Topographie, géologie et relief[modifier | modifier le code]

La commune est situé au pied du mont Pilat, qui culmine à 1 432 m d'altitude. Le bourg du village est quant à lui positionné à 580 m d'altitude[1]. Le crêt de l'Œillon (1 363 m, doté d'une table d'orientation avec une vue sur toute la vallée du Rhône de Lyon à Valence), le site des « Trois Dents » ainsi que le crêt et site de Saint-Sabin sont par ailleurs des lieux touristiques.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée d'ouest en est par deux ruisseaux, le Fayon et le Plode. Le premier prend sa source en contrebas du col du Gratteau, et fait sa jonction avec le Plode entre les hameaux de Loye et du Viallon. Le second cours d'eau jaillit quant à lui non loin du crêt de la Camière[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Un cartulaire mentionne en l'an 970 le hameau de Varriona[2],[A 2]. Le nom évolue ensuite selon les périodes, de Vaironna en 1055[3] à Vayranna en 1384[A 2],[3]. L'orthographe Véranne n'apparaît qu'en 1760[A 3].

Le mot Vayranna ou Vayrona signifie « endroit où l'on trouve de l'eau »[4]. Pierre Dumas indique dans son ouvrage Maclas - Véranne qu'il pourrait également se traduire par « source », « fontaine » ou « eau claire »[A 2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un édifice religieux vu de dos, avec des montagnes et le ciel en arrière-plan.
La chapelle Saint-Sabin.
Des ruines.
Vestige d'un mur d'enceinte du château du Buisson.

De la Préhistoire au Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

On peut noter des vestiges préhistoriques et antiques mégalithes à cupules, des enceintes défensives de l'âge du Fer[5]. Sur le site de la chapelle Saint-Sabin ont été menées des fouilles archéologiques qui ont mis en évidence la présence de peuples celtes dans la région. Une première chapelle aurait été édifié au même endroit vers le IVe siècle, avant d'être probablement détruite par des soldats sarrasins[A 4]. L'église de Véranne est construite vers l'an 870[A 5]. Le village de Véranne est mentionné dans les documents dès le Xe siècle. À cette époque, il est protégé des attaques des Sarrasins par des fortifications érigées aux hameaux du Buisson et du Camier[A 6]. À Saint-Sabin, après la destruction de la première chapelle, un nouvel édifice est érigé entre le XIIIe siècle et le XIVe siècle[A 4].

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Lors des guerres de religion, Véranne est occupé par les protestants de 1565 à 1567[A 7]. En 1587, ces derniers reviennent au village et tuent le curé[6]. La commune fait partie de la seigneurie de Maclas (village voisin) sous l'Ancien Régime[7]. Au niveau religieux, elle dépend de l'archiprêtré de Bourg-Argental, à la différence de la plupart des autres villages qui appartiennent à l'archiprêtré de Condrieu[8]. L'actuelle chapelle rustique Saint-Sabin est édifiée au XVIIe siècle et les statues de saint Sabin et de sainte Sabine datent de la même époque[A 8],[Note 1]. En 1632, Claude de Villars, grand-père du maréchal de Villars, débute la construction du château du Buisson[A 9]. Le domaine est ensuite acheté en 1665 pour 69 000 livres par François de Labeau de Bérard, qui le revend en 1670 pour le racheter à nouveau quelques années plus tard[A 10],[9]. La construction du domaine est achevée vers 1730[A 11] ou 1770[10].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la région bénéficie d'un essor économique grâce à l'industrie du tissage[11]. Vers 1820, la famille de Labeau de Bérard quitte le château du Buisson[A 10]. Racheté par le négociant lyonnais Ajac qui le reconvertit en fabrique de tissage, le bâtiment brûle en 1831[A 12]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la commune reste très isolée, les hameaux, très étendus, ne sont pas tous connectés à l'électricité. Les habitants vivent essentiellement de leur propre production en autarcie. Le patois du pilat recule avec l'école obligatoire et la Première Guerre mondiale, qui marque sa disparition : le nombre de patoisants nés après le conflit diminue brusquement, celui-ci ayant favorisé les contacts avec l'extérieur. Entre 1914 et 1918, 34 hommes de la commune sont tués au combat[12]. La Seconde Guerre mondiale coûte quant à elle la vie à un habitant, mort en 1940[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 avril 2014 Hubert Dumas    
avril 2014 en cours Gabriel Roudon   électricien
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 826 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
600 703 958 930 865 915 894 944 916
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
930 905 908 860 854 876 895 871 798
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
762 765 783 637 590 563 558 504 501
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
507 478 429 452 506 582 669 667 808
2011 - - - - - - - -
826 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Une école, avec la cour de récréation.
L'école primaire de Véranne, avec au premier plan la bibliothèque.

Véranne relève de l'académie de Lyon. La commune dispose d'une école primaire, bâtie en 2005 et accueillant 78 élèves en 2012, de la petite section au CE1[15]. La bibliothèque municipale est accolée au bâtiment.

Le projet d'une école est envisagé dès 1841[A 13], mais à cause de tergiversations entre les administrations successives et les différents architectes, ce n'est qu'une quarantaine d'années plus tard, en 1887, qu'un établissement scolaire voit le jour[A 14].

Économie[modifier | modifier le code]

Les productions sont pour près de 34 % liées à l'agriculture (nombreux vergers de pommiers, bovins…)[16]. Le secteur commercial, ainsi que les entreprises de transports et d'automobiles assurent également 46 % des activités du village[16]. Les autres secteurs d'emploi sont l'industrie (4,8 %), l'immobilier (environ 10 %), ainsi que l'enseignement, la santé et l'administration locale[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre de Villars (père du maréchal) logea au château du Buisson de 1662 à 1665, en tant que propriétaire de la baronnie de Maclas[A 10]. Son fils Claude avait alors 12 ans lorsqu'il quitta la région[A 10].
  • Tony Garnier, dont les parents habitaient une maison acquise au Buisson, non loin de Véranne[17]. Sa mère, Claudine Barou, était née dans ce hameau[18]. L'architecte rendit par la suite régulièrement visite à son père, qui passait tous les étés dans cette résidence afin de s'y adonner à ses loisirs[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aujourd'hui, la chapelle est un lieu de pèlerinage à l'occasion des lundis de Pentecôte, où les personnes invoquent la protection de leur bétail[A 4].
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Pierre Dumas, Maclas - Véranne : histoire de deux villages entre Pilat et Rhône, Visages de notre Pilat,‎ 1996, 219 p. (ISSN 0246-8174).
  1. Dumas 1996, p. 181 et 182
  2. a, b et c Dumas 1996, p. 179
  3. Dumas 1996, p. 181
  4. a, b et c Dumas 1996, p. 196
  5. Dumas 1996, p. 193
  6. Dumas 1996, p. 181
  7. Dumas 1996, p. 180
  8. Dumas 1996, p. 196 et 197
  9. Dumas 1996, p. 65
  10. a, b, c et d Dumas 1996, p. 66 et 67
  11. Dumas 1996, p. 44
  12. Dumas 1996, p. 68 et 69
  13. Dumas 1996, p. 184
  14. Dumas 1996, p. 190
  • Autres références
  1. a et b « Véranne », sur http://www.geoportail.gouv.fr/accueil (consulté le 6 mai 2014)
  2. Dufour 1946, p. 1032
  3. a et b Dufour 1946, p. 1033
  4. Mansannet 2012, p. 36
  5. Lhortolat et al. 2004, p. 118 et 119
  6. Panel 2012, p. 17
  7. Lhortolat et al. 2004, p. 115
  8. Perreton 2000, p. 29
  9. Robert et Colomb 1986, p. 335
  10. Lhortolat et al. 2004, p. 120
  11. Panel 2012, p. 42
  12. a et b « Monument aux morts : Véranne », sur « MémorialGenWeb » d'Éric Blanchais,‎ 6 octobre 2002 (consulté le 17 mai 2014)
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  15. Blachon 2013, p. 20
  16. a, b et c « Insee - Chiffres clés : Commune de Véranne (42326) », sur http://www.insee.fr/fr/ (consulté le 16 août 2013).
  17. a et b Dumas 1998, p. 34
  18. Dumas 1998, p. 33


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages et revues historiques
  • Pierre Dumas, Maclas - Véranne : histoire de deux villages entre Pilat et Rhône, Visages de notre Pilat,‎ 1996, 219 p. (ISSN 0246-8174).
  • Michel Lhortolat, Pierre Dumas, Suzanne Corompt et Jean Perreton, Le patrimoine du canton de Pélussin, Visages de notre Pilat,‎ 2004, 130 p. (ISSN 0246-8174).
  • Pierre Dumas, « Tony Garnier », Dan l'tan, Visages de notre Pilat, no 19,‎ 1998 (ISSN 0246-8174).
  • Jean Perreton, « Quelques particularités historiques sur les communes du canton de Pélussin », Dan l'tan, Visages de notre Pilat, no 21,‎ 2000 (ISSN 0246-8174).
  • Bernard Panel, « Véranne - Éléments historiques », Dan l'tan, Visages de notre Pilat, no 33,‎ 2012 (ISSN 0246-8174).
  • Jean-Édouard Dufour, Dictionnaire topographique du département de la Loire, Université de Saint-Étienne,‎ 1946, 1184 p. (ISBN 9782862724126).
  • Danièle Robert et Joseph Colomb, La Vallée du Gier, le Pilat, Horvath,‎ 1986, 434 p. (ISBN 9782717103335).
  • Bulletins municipaux
  • Janick Mansannet, « La vie de la fontaine n'est pas un long fleuve tranquille », Bulletin municipal de Véranne, Communauté de commune du Pilat Rhodanien, no 24 « Véranne 2012 »,‎ 2012.
  • Visages de notre Pilat, « Véranne : histoire du travail de la soie », Bulletin municipal de Véranne, Communauté de commune du Pilat Rhodanien, no 24 « Véranne 2012 »,‎ 2012.
  • Florence Blachon, « À l'école », Bulletin municipal de Véranne, Communauté de commune du Pilat Rhodanien, no 25 « Véranne 2013 »,‎ 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]