Vélodrome d'Hiver

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48° 51′ 14″ N 2° 17′ 20″ E / 48.8538, 2.2889 ()

Le point orange marque l'emplacement du vélodrome d'Hiver.

Le vélodrome d’Hiver de Paris a été érigé en 1909 et détruit en 1959. On l'appelait familièrement le Vél’ d'Hiv’. Il était situé rue Nélaton, dans le 15e arrondissement. Il est connu pour avoir été en 1942 le théâtre de la rafle du Vél' d'Hiv'.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Patin d'Or, course de patinage à roulettes courue au Vélodrome d'hiver, en 1911.
Le Vélodrome d'hiver en mars 1913.

Du début du siècle à la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, la compétition cycliste devient un spectacle de masse prisé par la population ouvrière des villes. La construction des vélodromes participe à cette vogue. Dès 1902, Henri Desgrange demande à l'architecte Gaston Lambert d'aménager la Galerie des Machines, vestige de l'Exposition universelle de 1889 situé dans le quartier de Grenelle, pour y créer une piste de compétition cycliste. Inauguré le 20 décembre 1903, le vélodrome connaît rapidement un grand succès populaire. Mais en 1909, la ville annonce la destruction de la Galerie des Machines afin de libérer la perspective vers le Champ de Mars. Desgrange décide alors d'édifier tout à côté, à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, un nouveau temple du vélo. Dans le nouveau Vel' d'Hiv' construit en charpente métallique qui voit alors le jour, 17 000 spectateurs assis sur des gradins de briques et de béton, peuvent observer les coureurs qui parcourent une piste en bois de sapin ovale, avec virages relevés de 250 mètres de développement autour d'une vaste pelouse centrale. La salle est éclairée par une immense verrière zénithale et plus de mille ampoules.

De nombreuses manifestations animèrent cet équipement. La fameuse course cycliste dite des « Six jours de Paris », créée en 1913, par Bob Desmarets[note 1], à l'exemple d'une course américaine équivalente, connut son heure de gloire dans l'entre-deux-guerres, et devint vite le sommet de la saison cycliste. En 1926 commença l'élection de la « Reine des Six jours », chargée de donner le départ de la course ; les Reines étaient choisies dans le milieu des artistes populaires à la mode : Édith Piaf, Yvette Horner furent ainsi Reines des Six jours. L'animation se répandait alors de jour comme de nuit jusque dans les rues du quartier.

En 1931[1], l'édifice est rénové par l'américain Jeff Dickson et devient le « Palais des Sports de Grenelle »[2]. En effet, avec sa compagnie, la Jeff Dickson International Sports, il organise en plus des traditionnels matchs de boxe et course de vélos, d'autres compétitions sportives dans l'enceinte[3] : tennis, basket-ball mais également hockey et patinage sur glace (grâce à un équipement adéquat permettant la réalisation d'une patinoire). C'est le début des « années folles » du hockey sur glace[1].

La « rafle du Vel d’Hiv »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rafle du vélodrome d'hiver.
Plaque commémorative de la rafle de 1942, à l’ancien emplacement du vélodrome.

À partir des 16 et , c'est là que furent détenus plusieurs jours dans des conditions très précaires 12 884 Juifs (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes), victimes de la rafle du Vél d'Hiv (13 152), avant leur déportation vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Après-guerre et destruction[modifier | modifier le code]

L'après-guerre y vit l'organisation de tournois de boxe (avec, par exemple, Marcel Cerdan ou Sugar Ray Robinson), d'épreuves équestres, de défilés de mode et même de courses de taureaux (à Paris la dernière corrida eut justement lieu au Vélodrome d'Hiver le 6 mai 1949[4]).

Au mois d'août 1958 le Vélodrome d'Hiver accueillit un centre de rétention de Français musulmans d'Algérie (FMA) sur ordre du préfet de Police nouvellement promu, Maurice Papon[5],[6].

Le vélodrome fut détruit en 1959. Un site du ministère de l'Intérieur, le Site Nélaton (du nom de la rue)[7], occupe actuellement l'ancien emplacement du Vélodrome d'Hiver.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Directeur du Vel d'hiv et père de Sophie Desmarets

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tristan Alric, Un siècle de hockey en France, p. 21
  2. Tristan Alric, Un siècle de hockey en France, p. 23
  3. Tristan Alric, Un siècle de hockey en France, p. 22
  4. Affiche de la dernière corrida parisienne (site spécialisé de l'association La Querencia de Paris)
  5. Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, Paris, Seuil, 1991, pp. 52-53
  6. Ina.fr, « vérification d'identité des Algériens au Vel d'Hiv » [1]
  7. siège historique de la Direction de la surveillance du territoire au 7, rue Nélaton, jusqu'à son déménagement à Levallois-Perret en 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, Paris, Seuil, 1991

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Penuisic, sous la direction de Luc Capdevila, Les Six jours au Vel'd'Hiv' (1913-1939) : un sport-spectacle-évènement parisien, mémoire de maîtrise en histoire, Université de Rennes 2, 2001, 230 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]