Véhicule blindé de combat d'infanterie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie)
VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie) en 2005
VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie) en 2005
Caractéristiques générales
Équipage 1 pilote

+ 1 chef d'engin + 1 radio tireur + 8 fantassins

Longueur 7,8 m
Largeur 2,98 m
Hauteur 2,26 m (sans tourelle)
Masse au combat 28,9 tonnes
Blindage et armement
Blindage norme STANAG 4569 de niveau 4, protection jusqu'au calibre 14,5 mm
Armement principal canon OTAN M811 de 25 mm x 137 mm
Armement secondaire mitrailleuse de 7,62 mm et lanceur de fumigènes (FLB & AP)
Mobilité
Moteur turbo diesel
550/440 ch (404,5 kW)

Boîte de vitesse automatique ZF 7 HP 902+

Suspension 8 roues motrices
Vitesse sur route 100 km/h
Puissance massique 19,6 ch/t
Autonomie 750 km

Le Véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) est un véhicule blindé de combat français tout-terrain à huit roues, conçu et fabriqué en France par Nexter Systems et par Renault Trucks Défense, qui a en charge toute la partie mobilité de l'engin.

Destiné à remplacer l'AMX-10 P, le VBCI dispose de performances nettement supérieures ; 11 soldats peuvent prendre place à bord du véhicule, qui est équipé de tous les moyens de communication modernes. La chaine de montage du VBCI est réalisé sur le site de Roanne de Nexter Systems. L'intégration des prototypes et leurs essais, sont eux réalisés sur le site de Versailles Satory.

Sommaire

Historique[modifier]

Au début des années 1990, le gouvernement français lança le programme VBM (Véhicule blindé modulaire) pour remplacer les véhicules de transport de troupes de l'armée française. Peu après, l'Allemagne et le Royaume-Uni se joignirent au projet. Cependant, en 1999, le programme n'aboutit pas, et la France décida de continuer le sien.

Le 6 novembre 2000, le gouvernement français commanda 700 véhicules et le programme se poursuivit.

En 2003-2004, le programme a atteint quelques étapes principales importantes : les tests de mobilité/agilité, le test de blindage et les tests des systèmes électroniques ont été tous réussis. De 2004 à 2005, les cinq premiers prototypes (4 VCI et 1 VPC) ont été testés dans des conditions en temps réel. Ces tests ont montré des incompatibilités cruciales dans l'intégration de la tourelle Tarask par rapport aux pratiques de l'armée de terre. Celle-ci a dû être profondément revue. Les deux années de retard dans le programme sont les conséquences de cette erreur de conception.

Caractéristiques[modifier]

VBCI (Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie en 2009)

Nexter Systems a eu en charge la fabrication de la caisse en aluminium, de la tourelle de 25 mm Tarask, dérivée de la tourelle Dragar, tandis que Renault Trucks Défense s'occupait de la partie mobilité de l'engin. Le VBCI est conçu pour amener le fantassin au plus près du combat.

Le VBCI est un véhicule à roues, modulaire (dont la protection peut être adaptée à la menace). Grâce aux progrès accomplis, le mode de propulsion à roues apparaît particulièrement intéressant dans le contexte actuel, caractérisé par la multiplication des missions d'intervention lointaine.

Plus mobiles et confortables dans les déplacements à grandes distances que les engins chenillés, les véhicules à roues sont moins coûteux à l'acquisition, consomment moins de carburant, et se révèlent plus faciles à entretenir et à dépanner. L'adoption d'une propulsion à huit roues motrices a considérablement accru leur mobilité en tout terrain et a augmenté leur polyvalence. Par ailleurs, ils peuvent recevoir les mêmes protections et armement qu'un engin chenillé. De plus, leur garde au sol élevée et la forme de la caisse les rendent plus résistants au souffle des mines.

Mais ils ont aussi leurs inconvénients dans les guérillas urbaines : ils ne peuvent pas tourner sur place en cas de barrage et ont une faculté moindre de franchissement d'obstacles. Néanmoins, le VBCI dispose d'un système de braquage d'urgence par freinage unilatéral qui permet la giration par « ripage ».

Le VBCI est également conçu pour être aérotransportable par un Airbus A400M, avec une masse à vide de moins de 18 tonnes (la masse au combat est de 28 tonnes).

L'habitacle de 13 m3 est prévu pour accueillir largement 11 soldats de grande taille équipés (conducteur + chef de bord / tireur + 9 fantassins avec tout l'équipement collectif du groupe de combat). La version APC sans tourelle, proposée pour le contrat FRES utility, permet d'accueillir 14 fantassins.

La protection a été particulièrement soignée, la caisse en alliage léger possède une protection pare-éclats interne et le blindage modulaire rapporté permet de le faire évoluer avec la menace. La caisse est aussi blindée contre les mines par le dessous avec des caissons à déformation absorbant l'énergie, les sièges suspendus réduisant les conséquences du choc résiduel. Moteur et habitacle disposent d'une protection incendie, toutes les optiques sont traitées contre le laser. À terme, les véhicules les plus exposés pourraient être équipés de la protection active SHARK.

Versions[modifier]

VBCI présenté aux Journées Nation Défense en 2005
  • VCI (Véhicule de Combat d'Infanterie) : groupe de combat de huit hommes (+ 3 hommes d'équipage), tourelle Tarask équipée d'un canon de calibre 25 mm et d'une mitrailleuse de calibre 7,62 mm.
  • VPC (Véhicule Poste de Commandement) : deux stations SIR, sept utilisateurs (+ équipage), tourelle d'auto-défense avec une mitrailleuse de calibre 12,7 mm.

Autres spécificités : système de communications SIT (Système d'information terminal), système d'identification du combat, protection NBC.

Tarask[modifier]

La tourelle Tarask de Nexter est prévue pour un seul homme.

L’armement de cette tourelle dans le VBCI est constitué :

  • d'une stabilisation de la conduite de tir 2 axes (+ azimutage automatique sur cible verrouillée) ;
  • d'un canon mitrailleur de 25 mm d’une cadence de tir de 125 ou 400 coups par minute, disposant de 400 coups prêts ;
  • d'une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm disposant d'environ 2 000 coups ;
  • de dispositifs de protection rapprochée de type Galix.

Les moyens d’observation et de visée de la tourelle sont :

  • un viseur tireur (VTI) qui permet, d'une part, l’observation et la visée en voie directe optique, en vidéo jour et thermique avec possibilité de télémétrie et, d'autre part, la conduite de tir ;
  • un ensemble d’épiscopes permettant au tireur une observation directe à 360 ° ;
  • un moyen d’observation panoramique (MOP) thermique, stabilisé deux axes, piloté par le chef. Il peut être mis à disposition du tireur. Il sert à l'observation panoramique, à la désignation d'objectif par le chef pour le tireur, et possède divers modes de ralliement sur la visée tireur, sur le châssis, ou sur les divers épiscopes chef ou tireur.

En fonction des besoins opérationnels, la tourelle Tarask peut être équipée entre autres des éléments suivants :

  • Leurre infrarouge (LIRE)
  • Dispositif d’alerte laser (DAL)
  • Dispositif d’identification au combat (DIC)

Commandes[modifier]

Utilisateur[modifier]

La Direction générale de l'Armement française a notifié le 19 octobre 2007 à Nexter Systems une commande de 117 VBCI, qui fait suite à une première commande de 65 véhicules. Après la livraison en 2008 des 41 premiers VBCI, les 96 autres livrés en 2009 permettront l’équipement d’un premier régiment d’infanterie de l'armée française[1].

En septembre 2009, 332 autres véhicules sont commandés par la DGA sur 492 (au lieu de 550 prévus à l'origine) véhicules de combat (VBCI/VCI) et 138 (au lieu de 150 prévus à l'origine) véhicules de commandement (VBCI/VPC) prévus, soit un total de 630 véhicules (contre 700 prévus au départ)[2].

Le coût du programme total a augmenté. Auparavant évalué à 2,2 milliards d'euros, le prix unitaire était estimé à 2,28 millions d'euros pour le VCI et 1,6 million d'euros pour le VPC. En octobre 2007, le coût total est dorénavant de 2,9 milliards d'euros, soit plus de 4 millions l'unité[3].

Le VBCI a commencé à être livré en septembre 2008 au 35e régiment d’infanterie de Belfort. Le second régiment doté du VBCI est le 92e régiment d'infanterie de Clermont-Ferrand, qui aura reçu à l'été 2010 la totalité de ses 64 véhicules de dotation, le 200e exemplaire de cet engin étant livré mi-2010. Ensuite, les régiments seront dotés au rythme d'un par année scolaire, le prochain devant être le 1er régiment de tirailleurs d'Épinal en 2011, puis, à terme, les huit régiments d'infanterie des brigades blindées et mécanisées seront équipés sur les vingt régiments de cette arme. Les derniers des 630 véhicules prévus doivent être livrés en 2015. Le 400e exemplaire est entré en service en juin 2012[4].

Le VBCI est déployé depuis 2010 sur les théâtres d'opération extérieurs[5], notamment en Afghanistan et au Mali.

Négociations en cours[modifier]

  • Drapeau du Canada Canada : Nexter s'est associé aux groupes Bombardier et Raytheon Canada pour la fourniture de 108 blindés (plus 30 options) dans le cadre du programme Close Combat Vehicle (CCV, Véhicules de Combat Rapproché) dont l'issue devrait être connue d'ici à 2014. D’après un communiqué diffusé par Nexter, deux VBCI sont actuellement en cours d’évaluation au centre d’essais d’Aberdeen, dans le Maryland, pour le compte du Canada.
  • Émirats arabes unis Émirats arabes unis : Nexter est en compétition dans le cadre d'un marché de 700 blindés VBCI pour l'armée émirienne[6].
  • Drapeau du Danemark Danemark : Nexter affronte dans sa catégorie son rival américain General Dynamics et fait face à 4 autres véhicules chenillés à l'issue des premières sélections pour un contrat estimé entre 200 et 400 blindés. L'allemand ARTEC avec son Boxer ainsi que le Finlandais Patria avec son AMV ont d'ors et déjà été disqualifiés. L'arbitrage des Danois est attendu en 2014.

Pays ayant manifesté de l'intérêt[modifier]

  • Drapeau de la Russie Russie : en 2012, l'armée russe a testé et observé plusieurs VBCI de l'armée française dans le cadre du renouvellement de son parc de blindés légers[7].

Échec des négociations[modifier]

  • Drapeau de l'Espagne Espagne : en avril 2009, la société espagnole d'ingénierie GTD a fait équipe avec la société française Nexter pour modifier le VBCI français et a proposé un remplacement futur pour le BMR-600 [8], en service dans l'armée espagnole depuis 1979. L'armée espagnole prévoit de supprimer progressivement les BMR 6x6 pour une nouvelle plate-forme 8x8.
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : le VBCI a été sélectionné par le ministère de la défense britannique pour participer à des essais (Trials of Truth) dans le cadre du programme FRES (Future Rapid Effect System (en)) destiné à équiper les forces armées britanniques d'un nouveau véhicule blindé médian[9]. C'est ainsi que le dernier prototype P5 est allé en Grande-Bretagne pour les essais comparatifs dans le cadre du programme FRES où il arriva en final des essais aux côtés du Boxer allemand. Ces véhicules n'ont pas été retenus en raison de la volonté des Britanniques de développer une nouvelle plateforme Piranha V.

Engagements[modifier]

Le VBCI a été utilisé en guerre la première fois en mai/juin 2010 en Afghanistan, pour la protection de convois, et l'appui des fantassins des forces françaises en Afghanistan.

Un total de 10 VBCI qui peuvent engager une cible avec leur canon de 25 mm à 2 700 m ont été mis en ligne jusqu’à leur retrait fin 2012. Durant l’été 2011, ceux-ci en Kapisa ont été visés par une quinzaine de roquettes RPG-7, une a rebondi sur le filet RPG NET sans exploser[10], les autres n’ont pas touché leurs cibles. Ils ont subi également deux attaques à l'engin explosif improvisé, une a explosé avant le passage du véhicule, et la seconde a “lacéré” deux pneus avant droit (le VBCI a 8 roues motrices) et soufflé le RPG NET du VBCI, celui-ci continuant de rouler jusqu’à sa base opérationnelle avancée avant de repartir en mission 2 heures après[11].

En janvier 2013, des VBCI du 92e régiment d'infanterie de Clermont-Ferrand sont déployés par l'armée française au Mali dans le cadre de la résolution 2085 de l'ONU sur le conflit malien. Ainsi, 34 VBCI ont été déployés dans ce conflit[12].

Références[modifier]

  1. Projet de loi de finance 2009 du ministère de la Défense 27 septembre 2008 [lire en ligne]
  2. (fr) Bruno Daffix, « La Défense commande 332 véhicules blindés », sur defense.gouv.fr, Ministère de la Défense. Consulté le 4 septembre 2009
  3. (fr) Défense: Commande de 117 blindés à Nexter, 25/10/2007
  4. Point de situation sur les nouveaux matériels de l’armée française à l’occasion d’Eurosatory 2012, sur Question Défense, 15 juin 2012. Consulté le 30 juin 2012
  5. Jean Guisnel, « L'armée de terre a reçu le tiers de ses VBCI », sur http://www.lepoint.fr/, Le Point, 15 juin 2010. Consulté le 9 juillet 2010
  6. Des blindés 100 % français pour l'armée émiratie ?, 26 décembre 2012. Consulté le 8 janvier 2013
  7. Les Russes s'intéressent au VBCI, 13 septembre 2012. Consulté le 21 janvier 2013
  8. GTD y NEXTER Systems firman un acuerdo de colaboración para el desarrollo del Futuro Vehículo Blindado 8x8
  9. FRES : le VBCI sélectionné pour les "Trials of Truth", Nexter
  10. Le RPG NET est un filet conçu par Qinetiq et monté sur un véhicule blindé qui perturbe le mécanisme de mise à feu de la munition et éloigne la charge en cas de détonation.
  11. Debaecker, « Le VBCI en Afghanistan, un atout majeur pour le GTIA », Centre de doctrine d'emploi des forces, actualités, no 47, juillet 2012, p. 4 [texte intégral [PDF] (page consultée le 27 octobre 2012)] 
  12. Serval : De nouvelles unités de l’armée de Terre sont sur le point de partir au Mali, 19 janvier 2013. Consulté le 21 janvier 2013

Voir aussi[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier]