Utilisation durable

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L’utilisation durable (ou soutenable) est, selon les cas, l’utilisation de biens matériels ou d'éléments constitutifs de la diversité biologique d’une manière conforme aux principes de développement durable.

Conformément à la définition donnée pour la première fois dans un texte officiel dans le rapport Brundtland en 1987, l'utilisation durable doit satisfaire les besoins des générations non seulement présentes, mais aussi futures.

L'utilisation durable est inséparable d'une approche écosystémique : elle fait partie du quatrième principe des 12 principes de gestion dits « de Malawi » qui ont été adoptés afin d'assurer une approche qui respecte l'esprit de l'approche écosystémique. Le texte du Rapport de la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (Sommet de la Terre, Rio, Juin 1992) parle aussi de gestion écologiquement viable[1]

Concilier les trois piliers du développement durable[modifier | modifier le code]

L'utilisation durable doit concilier les trois piliers du développement durable :

  • environnemental,
  • social,
  • économique.

Le pilier environnemental est le plus évident en raison de la raréfaction des ressources non renouvelables : le rythme de consommation des ressources naturelles ne doit pas entraîner leur appauvrissement à long terme, et sauvegarder ainsi leur potentiel pour satisfaire les besoins et les aspirations des générations présentes et futures, suivant l'article 2. de la convention sur la diversité biologique (Sommet de la Terre, Rio 1992).

La gestion des ressources naturelles doit croiser la gestion des ressources humaines et la gestion financière pour se rapprocher de modes de gestion plus durables.

Principe de mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Il faut au préalable créer les conditions de création d'une filière intégrée selon les principes du développement durable (voir aussi responsabilité sociétale des entreprises).

Puis, il faut définir le processus de gestion de l'utilisation du produit :

  • Postes de travail,
  • Modes opératoires (fiches produit, fiche programme, fiche utilisation de produit),
  • Fourniture des matériels nécessaires à l'exécution du mode opératoire.

Enfin, il faut préciser les modalités de traçabilité des produits permettant l'intégration de la filière, avec suivi d'ensemble des commandes, produits non utilisables pour raison réglementaire (sous peine d'amende), emballages, pertes accidentelles...

Risques[modifier | modifier le code]

Les risques d'utilisation non durable sont constitués par exemple par les usages dispersifs des produits. Ce type d'usage ne permet pas de recycler les éléments constitutifs d'un produit. L'étude menée par l'association des Centraliens sur la raréfaction des métaux recense un certain nombre d'usages dispersifs des métaux[2].

Quelques applications[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture durable s'intéresse aux utilisations durables des pesticides.

Par exemple, il existe des schémas de suivi des produits phytosanitaires, décrivant :

Voir la stratégie européenne d'utilisation durable des pesticides.

Gestion des forêts[modifier | modifier le code]

Voir gestion durable des forêts, et écosociocertification

Pêche industrielle et artisanale[modifier | modifier le code]

Certains pays distribuent des quotas de pêche, créent des aires marines protégées, réglementent les dates de pêche, les zones de pêches, la taille des filets et la dimension des mailles des filets (dont filets dérivants) ou encouragent l'utilisation de « pingers » pour éviter ou limiter la prise accidentelle de cétacés, tortues et poissons non désirés (« prises accessoires »), au profit d'une pêche dite « pêche durable », éventuellement accompagnée par des labels tels que le MSC.

Eau[modifier | modifier le code]

En 2010, des standards arrivent au niveau européen pour l'utilisation durable de l'eau. European Water Partnership (EWP), une organisation à but non lucratif, teste des standards à l'essai pour la gestion durable de l'eau dans les processus de production industrielle[3].

Point de vue juridique[modifier | modifier le code]

Allonger le délai de prescription extinctive pour la production de biens ? Le juriste Laurent Ruet estime[4] que le droit civil devrait évoluer pour imposer aux vendeurs et fabricants une garantie plus durable de la solidité des objets de consommation ; la durée de responsabilité des fabricants et vendeurs professionnels n'est en 2008 que de 1 ou 2 ans dans la plupart des cas. Si elle était de 10 ou 30 ans, les professionnels seraient encouragés à offrir des produits plus "durables" et modulaires et a priori moins consommateurs de ressources.

Point de vue religieux[modifier | modifier le code]

Les religions sont attentives à une utilisation des ressources qui respecte l'environnement et la société.

Dans le catholicisme, l'Église recommande, en vertu du septième commandement (« tu ne voleras pas ») le respect de l'intégrité de la création. Les animaux, comme les plantes et les êtres inanimés, sont naturellement destinés au bien commun de l'humanité passée, présente, et future (Gn 1, 28-31). L'usage des ressources minérales, végétales et animales de l'univers, ne peut être détaché du respect des exigences morales. La domination accordée par le Créateur à l'homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n'est pas absolue ; elle est mesurée par le souci de la qualité de la vie du prochain, y compris des générations à venir ; elle exige un respect religieux de l'intégrité de la création[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « B. Amélioration de la protection, de la gestion écologiquement viable et de la préservation de toutes les forêts, et verdissage des zones dégradées par des mesures de relèvement telles que la remise en état des forêts, le boisement et le reboisement » ; in Rapport de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992); ref ONU :A/CONF.151/26 (Vol. II) 13 août 1992
  2. Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, Quel avenir pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, chapitre « florilège d'usages dispersifs », p. 287 à 292
  3. Les premiers standards pour une utilisation durable de l'eau arrivent, site Euractiv
  4. Source : Petites affiches, N° 255, 21 décembre 2007, p.5-7)
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 2415

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]