Usson-du-Poitou

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Usson-du-Poitou
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Montmorillon
Canton Gençay
Intercommunalité Communauté de communes du Montmorillonnais
Maire
Mandat
Michel Jarrassier
2014-2020
Code postal 86350
Code commune 86276
Démographie
Population
municipale
1 304 hab. (2011)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 16′ 43″ N 0° 31′ 44″ E / 46.2786111111, 0.528888888889 ()46° 16′ 43″ Nord 0° 31′ 44″ Est / 46.2786111111, 0.528888888889 ()  
Altitude Min. 118 m – Max. 161 m
Superficie 72,64 km2
Localisation

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Usson-du-Poitou

Usson-du-Poitou est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne (région Poitou-Charentes).

Géographie[modifier | modifier le code]

La région d'Usson-du-Poitou présente un paysage de plaines vallonnées plus ou moins boisées. Le terroir se compose[1] :

  • de bornais pour 39 %, d'argile à silex peu profonde pour 24 %, de terres fortes pour 9 %, de terres de brandes pour 6 % sur les plateaux du Seuil du Poitou ;
  • de groies superficielles pour 22 % dans les plaines.

En 2006, 91 % de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture, 7 % par des forêts et des milieux semi-naturels, 1 % par des surfaces d'eau et 1 % par des zones construites et aménagées par l'homme (voirie)[2].

En 2007, la forêt privée représente 694 hectares soit 10 % du territoire communal[3].

La commune est traversée par La Clouère sur une distance de 10 km. Comme pour l'ensemble de la région Poitou-Charentes, la commune a vu la qualité de son eau se dégrader ces dernières années. Au déficit récurrent s'ajoute une pollution engendrée par les diverses activités humaines, notamment agricoles[4].

Le climat est océanique avec des étés tempérés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme le reste de la France, accueille favorablement les avancées de la Révolution française. Elle plante ainsi son arbre de la liberté, symbole de la Révolution. Mais lors de la levée en masse, quelques jeunes requis, mécontents, secouent l’arbre : ils sont condamnés à mort et exécutés à la demande du représentant en mission Piorry[5]. Selon Laurent Cogny et Béatrice Guyonnet, ils auraient été guillotinés pour le refus d'obéir à la conscription[6].

En 1848, avec la révolution de février 1848 et le retour de la République, un arbre de la liberté est planté. Il est abattu en 1937[7].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation traversait la commune[8], du 22 juin 1940 au 1er mars 1943, laissant le chef-lieu en zone libre.

Entre le 4 et le 10 juin 1944, 56 SAS du capitaine Tonkin sont parachutés, avec 4 jeeps, afin de renforcer les FFI. Ils sont attaqués en forêt de Verrières et fusillés, pour certains d’entre eux, en forêt de Saint-Sauvant[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 1971 février 2012 Arnaud Lepercq[6]    
février 2012   Michel Jarrassier[6]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune d'Usson-du-Poitou comptait 1304 habitants. À partir du XXIe siècle siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres « recensements » sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 420 1 548 1 624 1 745 1 944 1 844 1 984 2 183 2 130
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 215 2 132 2 234 2 208 2 340 2 369 2 455 2 604 2 646
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 708 2 568 2 603 2 305 2 323 2 099 2 109 2 046 2 006
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 822 1 680 1 437 1 374 1 439 1 367 1 326 1 320 1 304
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


En 2008, selon l’Insee, la densité de population de la commune était de 18 hab./km2, contre 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

La diminution de 3 % de la population de la commune de 1999 à 2006 s’intègre dans une évolution générale à l’ensemble des communes rurales du département de la Vienne. Les zones rurales perdent de leurs habitants au profit d’une vaste région circonscrite autour des deux grandes métropoles du département : Poitiers et Châtellerault, et plus particulièrement au profit des cantons limitrophes de la préfecture.

En outre, parmi les 8 pays et les deux agglomérations structurant le département de la Vienne, sur la période 1999-2006, le pays Montmorillonais est le seul à avoir une moyenne négative de l’évolution de sa population : - 0,23 % par an. De plus, contrairement à d’autres villes moyennes comme Loudun, Montmorillon, au sein de cette zone ne s’exerce aucune attractivité puisque sa propre population a diminué en moyenne sur cette période de 0,66 % par an, alors que dans le même temps, le département a gagné 8 000 habitants.

Cette chute démographique s’inscrit dans un vieillissement des populations du sud-est du département. C’est aussi une problématique qui s’inscrit dans une région plus vaste qui impacte les départements voisins : ainsi, si la part des + 60 ans dans le département de la Vienne atteint 23,2 %, il est de 32,7 % dans le département de la Creuse, 29 % dans le département de l’Indre et 26,3 % pour le département de la Charente[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Poitou-Charentes[13], il n'y a plus que 59 exploitations agricoles en 2010 contre 78 en 2000. Cette baisse de 25% du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit -16%. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[14].

Les surfaces agricoles utilisées ont paradoxalement augmenté de 6% et sont passées de 5 635 hectares en 2000 à 6 018 hectares en 2010 dont 1 048 sont irrigables[15].Ces chiffres indiquent une concentration des terres sur un nombre plus faible d’exploitations. Cette tendance est conforme à l’évolution constatée sur tout le département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, chaque exploitation a gagné en moyenne 20 hectares[16].

53% des surfaces agricoles sont destinées à la culture des céréales (blé tendre et maïs à part égale mais aussi un peu d'orge), 18% pour les oléagineux (colza et tournesol), 19% pour le fourrage et 2% reste en herbes. En 2000,2 hectares (0 en 2010) étaient consacrés à la vigne[17].

8 exploitations en 2010 (contre 14 en 2000) abritent un élevage de bovins (1 412 têtes en 2010 contre 1 253 têtes en 2000)[18]. C’est un des troupeaux de bovins les plus importants de la Vienne qui rassemblent 48 000 têtes en 2011[19].

15 exploitations en 2010 (contre 34 en 2000) abritent un élevage d'ovins (3 359 têtes en 2010 contre 4 158 têtes en 2000)[20]. La baisse du nombre d'ovins constatée au cours de cette décennie, est conforme à la tendance globale du département de la Vienne. En effet, le cheptel d’ovins, exclusivement destiné à la production de viande, a diminué de 43,7% de 1990 à 2007[21].

L'élevage de volailles a connu une baisse : 94 têtes en 2010 répartis sur 9 fermes contre 232 têtes en 2000 répartis sur 13 fermes[22].

Les élevages de caprins ont connu aussi une baisse du cheptel au cours de cette décennie: 1 077 têtes réparties sur 5 fermes en 2010 contre 1 460 têtes réparties sur 9 exploitations en 2000[23]. Cela reste toutefois un des troupeaux de caprins non négligeables du département de la Vienne (74 500 têtes en 2011) qui est le deuxième département pour l’élevage des chèvres derrière le département des Deux-Sèvres[24]. Cette forte baisse est révélatrice de l’évolution qu’a connu, en région Poitou-Charentes, cet élevage au cours des deux dernières décennies: division par trois du nombre d’exploitations, augmentation des effectifs moyens par élevage (38 chèvres en 1988, 115 en 2000), division par 10 des chèvreries de 10 à 50 chèvres qui représentaient 50% des troupeaux en 1988, et multiplication par 6 des élevages de plus de 200 chèvres qui regroupent, en 2000, 45% du cheptel. Cette évolution des structures de production caprine a principalement pour origine la crise de surproduction laitière de 1990-1991 qui, en parallèle des mesures incitatives, a favorisé des départs d’éleveurs en préretraite et encouragé l’adaptation structurelle des élevages restant[25]. La vocation laitière du troupeau est très forte. Moins de 2% des élevages caprins sont non laitiers en 2000. La quasi-totalité de la production laitière, en constante augmentation (de 2000 à 2011 : + 44%[26]) est livrée à l’industrie agro-alimentaire soit 96% des 485 000 hectolitres récoltés dans l’ensemble du département de la Vienne en 2004. La production de fromage à la ferme reste très marginale et ne représente que 1% de la production de lait et 6% des fermes. 75% des élevages sont basés sur un système de production de type hors sol, la surface agricole étant destinée essentiellement dans ce cas, à la production de fourrage. 75% de ces exploitations n’élèvent que des chèvres. Le dynamisme de cet élevage, l’accent porté sur la qualité des produits a permis d’obtenir les AOC « Chabichou du Poitou » et « Sainte Maure de Touraine » pour les fromages produits[27].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte 12 châteaux[6].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'Église Saint-Pierre et Saint-Paul, bâtie à l'époque romane au XIe siècle, a été remaniée au XVIe siècle après avoir été, comme on peut le constater pour d'autres églises du Poitou-Charente, fortifiée pendant la guerre de Cent-Ans. Elle présente une belle ornementation, en particulier un bas-relief de la crucifixion au-dessus du porche, et des chapiteaux représentant des lions, des griffons et des atlantes. La façade est parée d'appareil losangé. À voir aussi, à l'intérieur, un beau tabernacle et deux Vierges en bois polychrome des XVIIIe et XIXe siècles. L'église est classée Monument Historique depuis 1907

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Le Logis de la Guéronnière du XVIIe siècle. Il est inscrit comme Monument Historique depuis 2009.
  • Le château de Badevillain du XVIIIe siècle.
  • La commune "héberge" sur son territoire des dolmens du quatrième millénaire avant J.C., au lieu-dit "La Plaine". À l'origine, ces dolmens étaient recouverts de pierres et de terre pour former une butte artificielle appelée tumulus. Une entrée permettait d'y accéder pour y placer les morts. Érodée par le temps et la pluie, la butte s'est dégradée et seules les plus grosses pierres sont restées. Le site de "La Plaine" comprend deux dolmens de type angoumoisin, qui se caractérise par une chambre quadrangulaire allongée accessible par un couloir décentré. En 1864, il y avait cinq dolmens. Mais, avec le développement de l'agriculture intensive, et surtout à partir de 1955, date du début du remembrement, nombre de dolmens ont, alors, été démantelés. Des fouilles entreprises au XIXe siècle ont mis au jour le mobilier suivant  : lames et éclat de silex, poignard, tranchant de hache, vase à fond plat, tessons de céramique et ossements humains. Les tumulus de Bougon, dans le département voisin des Deux-Sèvres, permettent de donner une idée de ce que devaient être ces sites à la préhistoire.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La comme d’Usson-du-Poitou abrite une zone classée d’intérêt écologique, faunistique et floristique qui couvre 1 % du territoire communal. Il s’agit des étangs de la Pétolée . Ils occupent un plateau d’altitude modeste (environ 150 m), sans accident topographique particulier, entre les vallées du Clain et de la Clouère. Les dépôts limono-argileux (limons des plateaux) du Quaternaire ancien ont donné naissance dans tout ce secteur à des sols profonds, acides et hydromorphes, connus sous le nom vernaculaire de «bornais».

Peu favorables à l’implantation des cultures céréalières en raison de leur imperméabilité, ils ont été le domaine privilégié, durant des siècles, des prairies naturelles où se pratiquait un élevage bovin, équin ou ovin, séparées par des rideaux arborés structurant un bocage lâche, et ponctuées de plans d’eau de taille variable. Bien que l’occupation du sol ait tendance à évoluer de nos jours vers une mise en culture de prairies anciennes, les étangs et leurs alentours ont su conserver une intéressante mosaïque d’habitats naturels ou semi-naturels, refuge d’une remarquable biodiversité.

Les oiseaux trouvent sur les étangs et leurs abords des conditions d’accueil très favorables, malgré une pression cynégétique fortement perturbatrice en automne et en hiver. De fait, les étangs constituent un site très attractif pour de nombreux oiseaux d’eau qui y font halte lors de leurs migrations de printemps et d’automne, ou y séjournent durant les mois d’hiver en exploitant les riches ressources alimentaires disponibles : grands échassiers tels que les hérons ou les grues (la zone est un des rares secteurs de la Vienne à accueillir des grues cendrées en migration), oies cendrées et canards, accompagnés par des limicoles comme le Pluvier doré, le Vanneau huppé ou diverses espèces de chevaliers. La zone constitue par ailleurs un site d’alimentation favori pour plusieurs espèces de rapaces nichant aux environs : Milan noir, une espèce menacée en Europe de l’Ouest ou Faucon hobereau, un petit faucon élégant dont l’alimentation à base de gros insectes - coléoptères, libellules - le rend très dépendant du maintien des paysages agropastoraux traditionnels aux herbages extensifs séparés de haies ou de bandes boisées.

Il est possible de d'observer, selon les saisons :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Farisy (né en 1923, établi à Usson), médecin et historien régional

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles de Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chambre Régionale d'agriculture de Poitou-Charente - 2007
  2. Observatoire Régional de l'Environnement de Poitou-Charente
  3. Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charente - 2007
  4. Observatoire Régional de l'Environnement de Poitou-Charente
  5. Robert Petit, Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne, Poitiers : Éditions CLEF 89/Fédération des œuvres laïques, 1989, p. 207
  6. a, b, c et d « Usson-du-Poitou, le village qui n'avait jamais fêté le 14 juillet », La Nouvelle-République, publié le 30 juin 2012, consulté le 31 juillet 2013
  7. Robert Petit, Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne, Poitiers : Éditions CLEF 89/Fédération des œuvres laïques, 1989, p. 217
  8. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), carte p 5
  9. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p 52
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  12. Étude de KPMG pour le Conseil Général de la Vienne : FuturS en Vienne – diagnostic – novembre 2009
  13. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  14. Agreste – Enquête Structure 2007
  15. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  16. Agreste – Enquête Structure 2007
  17. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  18. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  19. Agreste – Bulletin n°12 de mai 2013
  20. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  21. Agreste – Bulletin n°12 de mai 2013
  22. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  23. Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  24. Agreste – Bulletin n°12 de mai 2013
  25. Agreste – Bulletin n°11 de décembre 2005
  26. Panorama de l’Agriculture en Vienne – juin 2012 – Chambre d’Agriculture de la Vienne
  27. Agreste – Bulletin n°11 de décembre 2005