Uroplatus

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Uroplates, Geckos à queue plate

Uroplatus est un genre de gecko de la famille des Gekkonidae[1]. En français ces espèces sont nommées Uroplates ou Geckos à queue plate.

Distribution[modifier | modifier le code]

Les espèces de ce genre sont endémiques de Madagascar et ses îles[1].

Habitat[modifier | modifier le code]

Les espèces de ce genre sont issues des forêts tropicales humides de Madagascar qui — contrairement à d'autres forêts tropicales — ont des températures relativement modérées. L'hygrométrie y est en revanche élevée, de 70 à 80 %. Toutefois selon la distribution précise de chaque espèce les conditions climatiques ainsi que le type de forêt peut varier.

Selon les régions de l'île les Uroplatus vivent dans des zones ayant des climats différents[2] :

  • l'est de l'île : humidité élevée − liée aux vents de mer − avec de fortes précipitations (plus de 4 m de pluies par an).
  • le centre de l'île : climat relativement sec et frais l'hiver (min. 8°C), chaud et humide l'été. C'est une zone montagneuse atteignant 1 500 m d'altitude.
  • l'ouest de l'île : températures élevées toutes l'année, avec un été relativement sec et un hiver avec de très fortes précipitations.
  • le sud de l'île : zone relativement aride, avec des températures élevées toute l'année et des précipitations faibles (moins de 8 cm par an).

La forêt primaire occupait la majorité de l'île, à l'exception de l'extrème sud. Des auteurs[3] estiment que 90% de la forêt originale a disparu depuis à cause de l'homme, morcelant son habitat et conduisant certaines espèces à se différencier.

Description[modifier | modifier le code]

Exemple de camouflage d'un Uroplatus sikorae

Ce genre est très avancé dans l'art du mimétisme, et imite très bien les feuilles, les écorces ou le lichen, selon les espèces.

On trouve des espèces de tailles variées, de environ 7 cm à plus de 30 cm.

Il existe deux groupes d'espèces. Le premier comprend les espèces ayant une apparence rugueuse, dont le camouflage est de type lichens ou mousses, avec en plus des barbillons sur le pourtour du corps pour éliminer les ombres (voir photo). Le deuxième comprend les espèces ayant plutôt l'aspect de feuilles mortes et poussant même la ressemblance jusqu'à avoir de petits trous sur les bords de la queue pour mieux imiter une feuille.

La plupart des auteurs[4] regroupent les membres de ce genre en quatre groupes :

  • le groupe « fimbriatus », composé d'espèce moyennes à grandes, présentant une coloration cryptique, un corps applati verticalement, une grosse tête allongée et un voile dermique autour du corps :
    • U. giganteus
    • U. fimbriatus
    • U. henkeli
    • U. sikorae
    • U. sameiti
  • le groupe « lineatus » ne comprennant qu'une espèce de grande taille, d'aspect très fin et allongé au corps de section quasi-circulaire :
    • U. lineatus
  • le groupe « ebenaui », composé d'espèces de petite taille, au museau assez arrondi, au corps applati latéralement et présentant des motifs rappelant souvent des feuilles :
    • U. ebenaui
    • U. malama
    • U. phantasticus
  • le groupe « alluaudi », composé d'espèces de petite taille, avec une queue et des motifs plus proches du groupe fimbriatus :
    • U. alluaudi
    • U. guentheri
    • U. malahelo

Tous sont nocturnes, arboricoles et insectivores, bien que certaines espèces puissent parfois consommer des fruits (nectars), et que les plus grandes espèces puissent consommer de petits mammifères, oiseaux ou reptiles. En pratique ce sont des opportunistes qui consomment la plupart des proies de taille adaptée, ce qui comprend de petits reptiles parfois de leur propre espèce. La consommation d'escargots est rapportée chez plusieurs espèces, souvent par des femelle gravides, probablement pour leur apport en calcium.

Étant endémiques, la survie de ces geckos dépend étroitement de leur biotope d'origine, qui est actuellement menacé par la déforestation.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon Reptarium Reptile Database (26 août 2013)[5] :

Taxinomie[modifier | modifier le code]

La classification des Uroplatus est aujourd'hui relativement stable, même si de nouvelles espèces sont encore décrites. Son statut précis n'a pas été toujours clair[4].

Historique de la classification[modifier | modifier le code]

La première mention probable écrite d'un Uroplatus remonte à 1658, faite par un pionnier français (E. de Flacourt). Par la suite plusieurs descriptions associées au genre Uroplatus ont eu lieu[6],[7] mais ne peuvent se rapporter à ces animaux car situées respctivement au Chili et en Égypte.

La première description se rapportant effectivement à une de ces espèces est Stellio fimbriatus Schneider, 1797. Le terme Uroplates a tout d'abord été appliqué à U. lineatus (Gray, 1845) puis le terme valide Uroplatus a été établi pour U. alluaudi par Mocquard, 1894.

Certaines caractéristiques particulières ont amené le classement de Uroplatus comme une famille au même titre que les Gekkonidae ou les Eublepharidae (Boulenger, 1885). Puis d'autres auteurs ont trouvé des caractéristiques communes avec les caméléons, conduisant à proposer d'inclure les Uroplatus dans la famille des Chamaeleonidae (Fürbringer, 1900). Par la suite Uroplatus devint une sous-famille des Gekkonidae (Angel, 1929) avant de retrouver un statut de genre (Smith, 1933, Wellborn, 1933).

Malgré tout certains auteurs considèrent que le statut des Uroplatus n'est pas si « classique » que ça, en particulier parce qu'ils présentent des structures très spécifiques au niveau des hémipénis, structures partagées par certains caméléons (Böhme, 1988).

Suspicion de nouvelles espèces[modifier | modifier le code]

Plusieurs des espèces actuelles d'Uroplatus sont considérées par les scientifiques comme un complexe d'espèces non décrites.

Ce fut le cas jusqu'en 2006 pour Uroplatus fimbriatus, dont un groupe est maintenant considéré comme une espèce à part (Uroplatus giganteus). C'est également le cas des Uroplatus sikorae, dont il existe une forme géante dans la zone de Montagne d'Ambre que certains considèrent comme une espèce à part, bien qu'aucune analyse génétique n'aie encore été effectuée, ou encore de Uroplatus sameiti, considérée comme une sous-espèce pendant longtemps. On trouve le même phénomène chez Uroplatus henkeli, qui possède également une variante géante proche de la taille des U. fimbriatus, et qui se distingue de ces derniers par une coloration du corps et des yeux très différente. On trouve enfin des Uroplatus ebenaui avec une longue queue, des "giant phantasticus" toujours dans la région Montagne d'Ambre, forme qui est peut-être une espèce distincte ou une sous-espèce, pour le moment celles-ci sont décrites comme « Uroplatus cf ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

Leur nom (Uroplatus) vient de la forme aplatie (platus) de leur queue (uro).

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Duméril, 1806 : Zoologie analytique, ou méthode naturelle de classification des animaux, rendue plus facile à l'aide de tableaux synoptiques. Paris, Allais, p. 1-344 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Reptarium Reptile Database : Uroplatus (en)
  2. (en) Sascha Svatek et Susanna Van Duin, Leaf-tailed Geckos : The Genus Uroplatus, Brähmer Verlag,‎ 2001, 161 p. (ISBN 978-3930612833)
  3. M.F. Angel, 1929 : Contribution à l'étude systématique des lézards appartenants aux genres Uroplatus et Brookesia . Mém. de l'Acad. Malgache, Tananarive, 9:i-iv, p. 1-66
  4. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Svatek.
  5. Reptarium Reptile Database, consulté le 26 août 2013
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  7. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées seba.