Canton d'Uri

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Canton d'Uri
Blason de Canton d'Uri
Héraldique
Localisation du canton en Suisse
Localisation du canton en Suisse
Noms
Nom allemand Kanton Uri
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Entrée dans la Confédération 1291
Abréviation UR
Chef-lieu Altdorf
Communes 20[1]
Districts Aucun
Exécutif Regierungsrat (7 sièges)[2]
Législatif Landrat (64 sièges)[3]
Conseil des États 2 sièges[4]
Conseil national 1 siège[5]
Démographie
Population 35 422 hab. (31 décembre 2010)
Densité 33 hab./km2
Rang démographique 24e[6]
Langue officielle allemand
Géographie
Coordonnées 46° 47′ N 8° 37′ E / 46.783333333333, 8.616666666666746° 47′ Nord 8° 37′ Est / 46.783333333333, 8.6166666666667  
Altitude Min. Lac des Quatre-Cantons ou le lac d'uri 434 m – Max. Dammastock[7] 3 630 m
Superficie 107 657 ha = 1 076,57 km2
Rang 11e[8]

Le canton d'Uri (UR, en allemand Kanton Uri) est un canton du centre de la Suisse, membre fondateur de la Confédération. Son chef-lieu est Altdorf.

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom du canton d'Uri proviendrait du celtique ure, signifiant « taureau », ou du vieil allemand « aurochs ». En tout état de cause, les armoiries traditionnelles du canton portent une tête de taureau.

Les habitants du canton sont appelés Uranais et Uranaises.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du canton d'Uri.
Mémorial à Guillaume Tell à Altdorf.

Uri est mentionné pour la première fois en 732 comme possession de l'abbé de Reichenau. En 853, la région est donnée au couvent de Zurich par Louis II de Germanie.

En 1243, la région possède un sceau commun. En 1274, ce privilège est reconnu par l'Empereur Rodolphe Ier. En 1291, Uri signe le pacte fédéral avec les cantons de Schwytz et de Nidwald, jetant les bases de la Confédération des III cantons, première étape de formation de la Suisse.

Au cours du siècle suivant, Uri cherche à s'étendre vers le sud. Le canton participe à la victoire contre les Autrichiens à Sempach en 1386. Il annexe la vallée d'Urseren en 1410.

La région résiste à la Réforme et reste catholique.

Pendant la République helvétique, entre 1798 et 1803, Uri est intégré au canton de Waldstätten, mais retrouve son indépendance après l'acte de médiation. Toutes les tentatives de réforme religieuse ou constitutionnelle sont combattues. Pour cette raison, Uri rejoint en 1815 la ligue de Sarnen. En 1845, le canton est l'un des membres du Sonderbund, une ligue catholique séparatiste, défaite par la Confédération suisse en 1847.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lac près du sommet du Sunnig Grat.

Le canton d'Uri est situé en Suisse centrale, entre le lac des Quatre-Cantons et le massif du Saint-Gothard, sur la partie nord des Alpes suisses. Il borde les cantons des Grisons au sud-ouest, du Tessin au sud, du Valais au sud-ouest, d'Obwald, de Nidwald et de Berne à l'ouest, de Glaris au nord-est et de Schwytz au nord.

D'une superficie totale de 1 077 km2, Uri est un canton montagneux dont moins de la moitié du territoire est arable. Les forêts couvrent une partie significative du canton et les glaciers forment 20 % des terres non-arables. Le point culminant du canton — et de la totalité des Alpes uranaises — est le Dammastock, à 3 630 m d'altitude. Les massifs des Alpes glaronaises et des Alpes lépontines sont partiellement situés sur le canton d'Uri.

Le bassin principal du canton est celui de la Reuss et de ses affluents. La vallée de la Reuss héberge d'ailleurs la majorité de la population.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le canton d'Uri compte 34 989 habitants en 2007, soit 0,5 % de la population totale de la Suisse ; parmi eux, 3 046 (8,7 %) sont étrangers[9]. Seuls deux cantons suisses, Appenzell Rhodes-Intérieures et Obwald, sont moins peuplés. Du fait de la topographie, les trois quarts de la population sont concentrés dans la vallée de la Reuss.

85 % de la population revendique l'appartenance au catholicisme romain, 6 % au protestantisme[10].

La langue officielle du canton est l'allemand. 93,5 % de la population le parle comme langue principale[11]. Le dialecte allemand parlé dans le canton d'Uri appartient au haut-alémanique.

Au Moyen Âge et jusqu'au XVIIIe siècle au moins, les habitants du canton d'Uri, et particulièrement ceux de la vallée d'Urseren, se disaient être les descendants des Ostrogoths qui furent contraints de quitter l'Italie dans les années 550, lorsque leur royaume fut définitivement détruit par le général byzantin Narsès[12].

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

La première constitution d'Uri date de 1888, révisée en 1929 lors de l'abolition de la Landsgemeinde, assemblée populaire publique. La canton comprend 20 territoires auto-administrés. Sa capitale est Altdorf. La constitution actuelle date de 1984[13].

Représentation fédérale[modifier | modifier le code]

Uri possède deux représentants au Conseil des États et, du fait de sa faible population, un seul député au Conseil national.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le Landrat est le détenteur du pouvoir législatif du canton d'Uri. Il possède 64 membres, élus pour quatre ans. Les communes possédant au moins trois sièges les élisent à la proportionnelle ; les communes moins peuplées les déterminent au scrutin majoritaire. En général, les sessions du Landrat durent deux jours et se produisent jusqu'à six fois par an. Elles sont publiques[14].

Les modifications des lois et de la constitution se font nécessairement par votation populaire. Les décisions du Landrat peuvent être dénoncées par au moins 300 électeurs, les soumettant alors à un référendum. L'adoption, modification ou abolition de lois, décisions ou de parties de la constitution peuvent également être initiées par l'initiative populaire de 300 électeurs, conduisant là encore à une votation populaire. Il est également possible de renvoyer un officiel de cette façon.

Le tableau suivant donne la composition du Landrat pour les années 2000, 2004, 2008 et 2012 :

Parti 2012 2008 2004 2000
PDC 23 24 29 30
UDC 14 18 9 4
PRD 16 12 16 20
PS et verts 11 10 10 10

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le pouvoir exécutif est détenu par les sept membres du Conseil d'État, élus directement par les électeurs du canton pour quatre ans. Le Conseil est présidé par le Landaman ; lui et son suppléant, le Landesstatthalter, sont élus pour deux ans.

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

Le canton d'Uri possède deux districts judiciaires : Uri et Ursern. La cour d'Uri possède 10 membres et siège à Altdorf, celle d'Ursern possède 7 membres et siège à Andermatt. Altdorf héberge également la haute cour cantonale, composée de 13 membres. Les juges du canton sont directement élus par le peuple[15].

Communes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Communes du canton d'Uri.
Communes du canton d'Uri.

Le canton d'Uri est composé de 20 communes, mais ne compte pas de district.

Transports[modifier | modifier le code]

L'un des deux points d'accès au col du Saint-Gothard se trouve dans le canton d'Uri, si bien que la question des transports est importante pour la région depuis plusieurs siècles. Le tunnel ferroviaire du Saint-Gothard a été ouvert à la circulation en 1882 et son homologue routier en 1980, à peine moins d'un siècle plus tard. Un nouveau tunnel ferroviaire est actuellement en construction dans le cadre des Nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA). D'une longueur de 57 kilomètres, il sera le plus long tunnel ferroviaire au monde et devrait être mis en service en 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [xls] « Liste officielle des communes de la Suisse - 01.01.2008 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  2. (de) « Regierungsrat des Kantons Uri », sur ur.ch (consulté le 11 décembre 2008)
  3. (de) « Behörden > Landrat », sur ur.ch (consulté le 11 décembre 2008)
  4. « Liste des conseillers aux Etats par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  5. « Liste des conseillers nationaux par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  6. « Population résidante permanente et non permanente selon la région, le sexe, le lieu de naissance et l'état civil, en 2010 », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 15 décembre 2011).
  7. [xls] « Les points culminants des cantons suisses », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  8. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  9. « Cantons, communes — état et structure de la population », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté le 25/11/2008)
  10. « Religions », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté le 25/11/2008)
  11. « Langues », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté le 25/11/2008)
  12. Johann Georg Altmann, État et délices de la Suisse ou Description historique et géographique des treize cantons suisses et de leurs alliés, S. Fauche, 1778. Extrait
  13. (de) [PDF] « Kantonsverfassung »
  14. (de) « Kanton Uri: Porträt des Landrats », Canton d'Uri (consulté le 26/11/2008)
  15. (de) « Kanton Uri: Porträt der richterlichen Behörden », Canton d'Uri (consulté le 26/11/2008)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]