Université numérique

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La notion d'université numérique est relativement large. Bien au-delà de l'enseignement à distance utilisant le courrier électronique et la webcam ou la plate-forme de partage, elle recouvre tous les systèmes pédagogiques (de niveau universitaire, école d'ingénieur...), ou les systèmes internes propres à des université ou à certains cours d'une université, dès lors qu'ils utilisent de manière privilégiée les patrimoines matériel et immatériel numériques.

C'est un univers pédagogique qui semble amené à se développer pour la génération des digital natives.

Contenu, définitions[modifier | modifier le code]

L'université numérique s'appuie essentiellement sur des intranets, des extranets et l'Internet. Elle vise à la fois l'exploitation et l'amélioration d'un patrimoine numérique universitaire ou produit par d'autres sources (archives, encyclopédies collaboratives, cours et ressources mis en ligne par des associations, individus, instituts, Agences gouvernementales ou administratives, bibliothèques numériques (dont Europeana ou Gallica par exemple en Europe). Ces ressources ont en commun d'être accessibles en cours (enseignement enrichi de TICE en classe), ou différé (asynchrone avec présentiel allégé) à tout moment. Ces ressources incluent des travaux collaboratifs en réseau, conférences podcastables, tutorat ou parrainage en ligne, Wikis, etc.) construit sur le modèle universitaire. Certaines de ces ressources (de type WIKI, dont en particulier la Wikiversité sont conçues pour être améliorables et améliorées par les enseignants et étudiants eux-mêmes. La Wikimedia Foundation travaille avec plusieurs grandes universités à des processus plus élaborés de validation ou discussion des connaissances organisées en wikis, ainsi qu'à la catégorisation des connaissances et aux liens entre langues (interwikis) Le processus même d'utilisation collaborative de ces ressources a lui-même des vertus pédagogiques.

Les universités numériques fonctionnent en réseaux, qui regroupent généralement plusieurs universités ou grandes écoles. Celles-ci mutualisent et valorisent ainsi leurs infrastructures et ressources numériques, ou pourraient être « virtuelles » (Wikiversité).

Le numérique trouve également des applications internes à l'université (carte étudiante numérique, démocratie étudiante supposée facilitée par le vote électronique, facilitation de la mobilité étudiante (ex. : programme Erasmus en Europe), etc.)

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est une forme encore émergente et en pleine évolution de la pédagogie, liée au développement de l'informatique et de l'internet, mais qui intègre certaines formes d'enseignement à distance développées avant le numérique ou à ses débuts pour des étudiants handicapés ou pour des personnes hospitalisées ou emprisonnées.

Prospective[modifier | modifier le code]

Elle semble fortement liée aux nouveaux usages du patrimoine numérique, aux nouvelles modalités de travail et exploration et création de la connaissance, au développement du numérique et de certaines techniques développant une quasi-capacité d’ubiquité ou de travail dans des mondes numériques parallèles ou inter-reliés. Ce sont par notamment ;

  • La virtualité 3D (sur écran, ou simulée avec gants, lunettes ou autres équipements),
  • potentialités offertes par des outils tels que Google earth, les logiciels de traduction automatique, les logiciels libres, les fab labs...
  • des formes « ludiques » de pédagogie (jeux vidéo pédagogiques ou dérivées de ces jeux (serious game pour les anglophones) ou de technologies issues de jeux vidéo dont jeux en ligne massivement multi-joueurs (mi 2007, environ 30 % des foyers sont équipés d’une console de jeu vidéo, et 47 % des foyers un accès à internet[1], et plusieurs universités (principalement nord-américaines dont Harvard Law School[2]) dispensent dans l'espace virtuel de Second Life des cours). Des techniques issues du cinéma (dont documentaire) ou d'applications industrielles pourraient aussi être utilisées. Un étudiant pourrait ainsi virtuellement explorer l'espace, visiter le corps humain, manipuler des représentations d'atomes, de molécules, de virus, de cellules, modéliser des écosystèmes, construire des machines virtuelles, des bâtiments, villes, etc.
  • intelligence artificielle et outils de gestion de la complexité

Aspects économiques (accès payant ou gratuit...)[modifier | modifier le code]

Des savoirs utiles, numériques ou numérisés, sont souvent gratuitement mis à disposition de tous, parfois considérés comme un bien commun ou bien public. Parfois sur CD ou DVD, essentiellement via internet (ex : Archivage de cours du MIT[3]) et sous forme écrite le plus souvent, mais aussi sous forme vidéo (L'université de tous les savoirs, le collège de France, Le MIT[4] et l’université de Berkeley et bien d'autres [5] produisent des cours ouverts (« Opencourseware ») gratuitement proposés sur le Youtube).

Une partie importante de ce patrimoine reste néanmoins payante, accessible uniquement sous forme de résumés (articles scientifiques) voire accessible que sous le sceau de la confidentialité.

Limites[modifier | modifier le code]

L'université virtuelle ne peut remplacer toutes les fonctions d'une université. À ce jour, certains savoir-faire, pratiques ou nécessitant des machines ou matériels de laboratoire complexe ne peuvent être acquis en ligne (de manière gratuite ou non) : on peut apprendre l'anatomie, mais non la pratique de la chirurgie, on peut apprendre l'histoire de l'art, mais non à sculpter, le solfège, mais non la pratique instrumentale dans un orchestre).

Freins et difficultés[modifier | modifier le code]

Divers auteurs, dont H. Isaac[6] dans son rapport identifient plusieurs types de frein ;

  • freins stratégiques (manque de réflexion stratégique globale ou individuelle, face aux aspects nouveaux et émergents du travail collaboratif, interdisciplinaire ou transdisciplinaire),
  • freins organisationnels et financiers (Manque de ressources  ; Absence d'organisation ou de réorganisation ou de de stratégie éditoriale ; Absence de stratégie de validation ou d'amélioration permanente du patrimoine numérique (local ou en réseau) des établissements ou de l'Internet (ex : peu d'université ou de grandes écoles encouragent leurs étudiants à améliorer des outils tels que Wikipédia, que pourtant étudiants et enseignants utilisent de plus en plus, mais souvent de manière passive. Un autre problème est celui des inégalités d'accès à la ressource numérique (fracture numérique (certains pays ou universités n'ont pas assez de moyens pour développer des serveurs importants, s'équiper en ordinateurs ou assurer un réseau informatique suffisant (câblage ou équipement Wi-Fi des campus)...),
  • freins humains (ils vont du manque de formation ou de reconnaissance des enseignants (auto-formés) en matière de numérique, au manque de formation continue pour les enseignants, en passant par des blocages institutionnels ou de hiérarchies face à une pédagogie susceptible d'utiliser des outils collaboratifs nouveaux ou émergeant (Wikipédia, Wikibook, Wikiversité, Wikimedia commons, logiciels et outils open-source, fab labs, outils de traduction en ligne, etc. ou autres outils à inventer). Il semble aussi exister des blocages socio-psychologiques, par exemple liés au manque d'habitude de travailler de manière transdisciplinaire, aux risques de plagiat, difficultés à partager son savoir et ses savoir-faire ou à utiliser l'espace numérique et travailler dans un monde qui peut sembler « virtuel », censure ou volonté de contrôle de l'espace numérique par certains lobbies ou gouvernements totalitaires, etc.). Des habitués des simples plate-forme de partage ou du blog « individuel » (fin novembre 2007, Skyblog comportait déjà à lui seul 12,3 millions de blogs) et ont parfois du mal à passer au « collaboratif » qui demande un autre schéma de pensée. Ces freins humains peuvent concerner les enseignants, ou institutions scolaires, mais aussi les étudiants, parents d'élèves ou d'autres groupes du corps social.
  • freins juridiques ; Des questions nouvelles en matière de responsabilité (éthiques ou réglementaires), de propriété intellectuelle, de confidentialité de certaines données concernant, etc.) se posent concernant les bases de données, le contenu et les supports de cours, d'exercice, etc.).

Intérêt en termes de développement durable[modifier | modifier le code]

Pour un public équipé en ordinateur et ayant un bon accès à l'Internet (à haut-débit notamment), l'enseignement à distance et la culture tout au long de la vie peuvent être offert à faible coût et avec un confort et plaisir de travail augmenté pour les élèves et enseignants, en limitant le gaspillage de temps et d'énergie induit par les déplacements.
Néanmoins la généralisation de la haute définition et de la vidéo sont également couteuse en énergie. Par ailleurs le matériel informatique (ordinateurs, serveurs, réseaux) a une empreinte écologique importante. Beaucoup d'universités numériques offrent des ressources en matière de développement durable[7], mais se semblent pas se poser de manière affinée la question de leur bilan écologique (empreinte énergétique, empreinte carbone) et des moyens de l'améliorer. Enfin, l'approche collaborative du travail et de l'apprentissage, voire de la correction d'un travail semble pouvoir aussi pouvoir contenir des éléments utiles pour une école de modestie, de reconnaissance de l'autre, de démocratie participative, du partage « amélioratif » de ressources et de résolution non violente des conflits.

En France[modifier | modifier le code]

Universités numériques thématiques (UNT)[modifier | modifier le code]

Les « Universités numériques thématiques » (UNT) ont été créées à partir de 2003 par le ministère chargé de l'Enseignement supérieur français (Sous-direction des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation ou SDTICE). Leur vocation est de mettre à la disposition des établissements et des étudiants des ressources pédagogiques dont la qualité technique, scientifique et pédagogique est validée par les universitaires compétents dans chaque domaine disciplinaire.

Les universités numériques thématiques ne sont pas des établissements universitaires classiques qui inscrivent les étudiants et dispensent grades ou diplômes. De formes juridiques différentes (GIP , fondation partenariale, GIS, association loi 1901, service commun inter-universitaire), les UNT sont des groupements d'établissements d'enseignement supérieur qui mutualisent, avec le soutien de l'État, des ressources de formation à l'intention des étudiants, des adultes et des professions.
Elles remplissent donc essentiellement une fonction d'ordre éditorial.

Pour H. Isaac[6], la finalité de ces universités est « de préparer l’insertion des étudiants « natifs du digital » dans la société de la connaissance en réseau » [6].

Les UNT ont succédé à la politique antérieure des « campus numériques » dont la logique visait à reconnaître et à subventionner une sélection de projets d'établissements ou de groupements d'établissements. Ces universités peuvent mettre, avec l'aide d'une agence leurs ressources en commun[8].

Sept UNT existent depuis fin 2009 dans les domaines suivants :


Il faut ajouter aux UNT le dispositif de formation des instituts universitaires de technologie dénommé « IUTenligne ».

Le site Universités numériques a été mis en ligne en décembre 2008, sur l'initiative du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, afin de faciliter, pour les utilisateurs, la recherche dans l'ensemble des ressources pédagogiques des UNT.

IUTenligne[modifier | modifier le code]

IUTenligne est le campus numérique des IUT. Au service des étudiants, le dispositif propose tous types de contenus : cours, TD, TP, exercices corrigés, méthodologie, auto-évaluations, simulateurs. Créé en 2000 par les IUT, ce dispositif a évolué et s’adresse aujourd’hui à tous les étudiants. Il concerne, au niveau Licence, aussi bien les domaines technologiques que transversaux. Au 10 juillet 2013, 1171 ressources étaient disponibles sur le site. L’accès est libre et gratuit. Les étudiants peuvent se connecter en utilisant leur compte universitaire habituel.

Les universités numériques en région (UNR)[modifier | modifier le code]

Ce sont des sites internet ou interviennent plusieurs acteurs (Les établissements d’enseignement supérieur, les CROUS, les conseillers territoriaux, les communautés d'agglomérations, DATAR ) pour offrir aux étudiants des services et des informations: point d’accès internet (résidence universitaire, bibliothèque), carte de membre, compte ENT, point de centralisation des offres de formation et des ressources pédagogiques, démarches administratives. La mesure UNR (appel à projets du 23 mai 2003) est sous la directive des conseillers territoriaux.

Liste des 17 UNR sur 26 régions françaises et des 7 UNT[9]

France Université Numérique (FUN)[modifier | modifier le code]

En France, à la suite de la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ouvre le 2 octobre 2013 la plateforme France Université Numérique (FUN). Cette plateforme est destinée à rendre accessibles sur Internet des cours donnés par des enseignants des universités françaises. Cette plateforme de MOOC est destinée à tous les publics. L'ouverture des inscriptions aux 20 premiers MOOCs identifiés se fait à partir du 28 octobre 2013 et le début des cours à partir de janvier 2014[10].

Ressources numériques de formation mises en ligne[modifier | modifier le code]

Plus ou moins gratuites selon les cas, elles varient beaucoup selon les champs disciplinaires concernés.

Ressources portent sur une question précise :

– illustration didactique ou documentaire ;
– résolution de cas ;
– simulation d'expérience.

Contenu didactique intégré :

– cours en ligne (auxquels sont généralement rattachés les ressources numériques de formation correspondantes) ;
– conférences filmées (avec powerpoints, bibliographies, ou autres ressources attachées).

Publics destinataires[modifier | modifier le code]

Les dispositifs de formation des UNT sont utilisables par tous ou souvent uniquement par les étudiants inscrits en cursus normal ou en enseignement à distance, ou en formation continue d'(universités, instituts, écoles) ou en formation continue préparant aux diplômes ou contribuant à la formation professionnelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  1. Source Médiamétrie, Gfk, La référence des équipements Multimédia, 2nd trimestre 2007
  2. http://blogs.law.harvard.edu/cyberone/ À propos des cours de Harvard disponibles sur Second Life
  3. Archivage de cours du MIT
  4. Cours en ligne sur You tube
  5. Cours en vidéo, de l'université de Berkeley (sur You tube)
  6. a, b et c (fr) Henri Isaac (Maître de conférences DRM-CREPA UMR 7088 ; Université Paris Dauphine) ; L’Université numérique ; Rapport à madame Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (PDF, 54 pages)
  7. Exemple : Université Numérique Thématique Environnement et Développement durable prend le nom d'UVED (université virtuelle environnement et développement durable)
  8. Agence de mutualisation des universités et des établissements
  9. http://unpidf.univ-paris1.fr/les-universites-numeriques-un-projet-d-envergure-nationale-1524.kjsp?RH=unr-universites&RF=unr-universites
  10. « Le numérique au service d’une Université en mouvement » [PDF],‎ 2 octobre 2013 (consulté le 6 février 2014)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]