Université l'Aurore

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L'Université l'Aurore (en chinois: 震旦大學 Zhendan Daxue, en anglais: Aurora University) était une université catholique située à Shanghai, en Chine, active de 1903 jusqu'à 1952. Elle se trouvait avenue Dubail, aujourd'hui Chongqing Lu.

Historique[modifier | modifier le code]

Carte tchèque de la concession française de Shanghai avec l'université au sud

L'Université l'Aurore est créée en 1903 par les jésuites français et le père Joseph Ma Xiangbo, S.J., (1840-1939). La France voulait fonder un établissement franco-chinois dès les années 1880[1] afin de former des interprètes-traducteurs. Elle va donc concrétiser cette ambition grâce à l'action des diplomates français et de la compagnie de Jésus qui dirigeait déjà le collège de garçons Saint-Ignace à Shanghai dans le quartier de Zi-Ka-Wei. Cependant les fonds manquent et ce n'est qu'en 1898[2], lorsque Ma Xiangbo retourne d'Europe, où il avait été envoyé par le vice-roi Li Hongzhang, que la situation s'éclaire. Ma Xiangbo avait été formé par les jésuites et il souhaite participer au projet, pour fonder une université de même niveau qu'en occident. Les missionnaires français de Tou-Se-We et du collège Saint-Ignace (actuellement dans le district de Xuhui) lui fournissent un local dans l'ancien observatoire de Zi-Ka-Wei et l'université ouvre avec vingt-quatre étudiants le 27 février 1903, le P. François Perrin, sj, est sous-directeur, aidé de deux pères scholastiques. Il y a quatre départements: littérature (avec latin obligatoire), philosophie, sciences naturelles et mathématiques. L'université accueille 135 élèves en 1905. L'enseignement est en français et en anglais.

Cependant Ma Xiangbo est en désaccord avec les pères jésuites (notamment avec le P. François Perrin) à propos du mode de recrutement, des financements et de l'orientation des études, et il part fonder en 1905 une autre université, l'université catholique de Fudan, qui déménage ensuite à Pékin et devient l'université de Furen. Les pères jésuites réintroduisent l'usage du français qui avait été négligé au profit de l'anglais et l'université reçoit l'approbation en septembre 1905 de la dynastie, en l'intégrant au système des examens chinois. Elle est dirigée par le P. Laurent Li, sj[3], aidé de M. Tsang, lettré de la ville. Il y a 242 élèves en 1908[4] et l'université est obligée de déménager en 1908 dans un lieu plus vaste qui se trouve cette fois-ci avenue Dubail, dans la concession française de Shanghai. Les autorités de la république française la reconnaissent en 1912.

Désormais, l'enseignement est organisé avec un niveau préparatoire[5] (équivalent à l'enseignement secondaire) qui prépare au baccalauréat, et un niveau supérieur[6] divisé en trois départements: lettres-droit, médecine et génie civil, dont les diplômes sont reconnus aussi bien en France qu'en Chine. On y étudie aussi bien les langues[7], que la géographie, le droit international, la médecine, la physique-chimie, la sociologie, l'histoire de l'art etc. et les matières sus-mentionnées.

L'établissement était vaste, avec plusieurs bâtiments, des terrains de sport, des salles d'études, des amphithéâtres, un bâtiment pour le logement des étudiants, des logements de professeurs, une grande faculté de droit, de lettres et de sciences, une faculté de physique-chimie et de génie civil, le tout jouxtant l'hôpital Sainte-Marie. Il y a 290 étudiant dans la faculté de médecine de l'université en 1947. Les jésuites sont expulsés après la révolution communiste de 1949.

En 1952, l'Université l'Aurore devient une partie de l'École normale supérieure de l'Est de la Chine et l'Université Fudan.

Listes des directeurs[modifier | modifier le code]

  • Henry 1915-1923 (姚缵唐)
  • Seellier 1923-1927 (帅理蔼)
  • Lefelvre 1927-1931 (桑黻翰)
  • Germain 1931-1946 (才尔孟)
  • Dumas 1946-1952 (茅若虚)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Corinne de Ménonville, op. cité, p. 206
  2. Il a fait un voyage en 1886-1887 en France
  3. Fondateur des œuvres de presse catholique de Zi-ka-Wei, il remplace donc le P. Perrin
  4. Corinne de Ménonville, op. cité, p. 207
  5. L'enseignement est en chinois avec apprentissage progressif du français
  6. Les deux dernières années sont enseignées uniquement en français
  7. français, latin, anglais, allemand, italien, russe

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Corinne de Ménonville, Les Aventuriers de Dieu et de la République, Paris, Les Indes Savantes, 2007