Université d'Orléans

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Université d'Orléans
Informations
Fondation 1306
1966[1]
Type Université publique (EPSCP)
Budget 59 M€
Localisation
Coordonnées 47° 51′ 02″ N 1° 56′ 02″ E / 47.850664, 1.93397647° 51′ 02″ Nord 1° 56′ 02″ Est / 47.850664, 1.933976  
Ville Orléans
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Campus Orléans-la-Source
Direction
Président Youssoufi Touré
Chiffres clés
Personnel 1 409
Étudiants 15 963 (en 2009)
Premier cycle 10 411
Deuxième cycle 3 312
Troisième cycle 516
Divers
Site web www.univ-orleans.fr

Géolocalisation sur la carte : Orléans

(Voir situation sur carte : Orléans)
Université d'Orléans

L’université d'Orléans est une université française située dans la région Centre.

Historique[modifier | modifier le code]

École cathédrale d'Orléans[modifier | modifier le code]

Article connexe : Postglossateurs.

À partir du VIIIe siècle, notamment sous la direction de Théodulf d'Orléans, évêque d'Orléans et simultanément abbé des abbayes de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire, de Micy et de Saint-Aignan d'Orléans, l'enseignement dans l'Orléanais fut progressivement organisé avec des écoles paroissiales, des écoles monastiques et une école cathédrale, destinées à former les cadres de l'Empire carolingien[2].

Par une bulle pontificale du 17 janvier 1235, le pape Grégoire IX autorise l'enseignement du droit romain à Orléans, permettant ainsi la création d'un studium[3].

L'ancienne université (1306-1793)[modifier | modifier le code]

Blason de l'université d'Orléans

Les armes de l’université d'Orléans se blasonnent ainsi :

D'azur à un livre ouvert d'or tenu par un senestrochère d'argent mouvant du chef et accompagné de trois tiercefeuilles versées aussi d'or[4].

Le 27 janvier 1306, l'université d'Orléans était officiellement fondée par le pape Clément V grâce à quatre bulle pontificales qui accordaient aux maîtres et aux écoliers d'Orléans le droit d'avoir une université, ainsi que les privilèges qui en découlaient. Le même jour, une cinquième bulle prévoyait d'indemniser les professeurs qui avaient porté la demande de création auprès du pape[3]. Les habitants d'Orléans sont réticents aux privilèges accordés par le pape et tentent donc de s'opposer à l'établissement de l'université. Une émeute particulièrement violente se produit en 1309. Les représentants de l'université s'en remettent donc au roi Philippe le Bel qui confirme les privilèges et la fondation de l'université d'Orléans en 1312[5]. L'acte de prise de possession de l'université des lois d'Orléans par l'autorité royale stipule que les matières enseignées seront le droit civil et le droit canonique[6]. Elle devient alors la quatrième université française après celles de Paris, de Toulouse et de Montpellier.

Au Moyen Âge, elle est surtout connue pour son enseignement du droit civil ou droit romain, célèbre par la rénovation de l'étude du Corpus Juris Civilis qui y est alors menée par les postglossateurs. En effet, en vertu d'une bulle d'Honorius III, il était interdit d'enseigner le droit romain à Paris, où seul le droit canonique était au programme. La proximité d'Orléans par rapport à Paris permet aux étudiants d'aller de l'une à l'autre assez facilement. Se spécialisant dans le droit, l'université d'Orléans n'a d'ailleurs pas officiellement de faculté des Arts[7].

Il n'y avait pas de lieu de cours fixe, mais les leçons se tenaient dans différents bâtiments autour de la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier. Une chapelle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle servait accessoirement de lieu de réunion, de prière, d'administration. Toutefois, entre 1411 et 1445, un bâtiment est construit pour servir de lieux de réunions et de bibliothèque ; les vestiges de ce bâtiment sont désormais connus sous le nom de « salle des thèses ». De 1498 à 1507 sont élevées les « grandes écoles de France », qui servent alors de salles de cours. Elles sont démolies en 1824[8]. En fonction de leurs origines géographiques, les étudiants se regroupaient par nations, dont le nombre a atteint dix, dont la nation française, la nation picarde et, la plus connue, la nation germanique[9].

Sous l'Ancien Régime, l'université est placée sous le contrôle du pouvoir royal[10]. Sa réputation dans le domaine du droit reste reconnue au XVIe siècle où elle participe au mouvement humaniste. De prestigieux professeurs y enseignent (Voir la liste plus bas).

L'université d'Orléans subit un fort déclin au XVIIIe siècle avant d'être, comme toutes les universités françaises, supprimée par la Convention en 1793[11]. Louis Liard compte seulement six professeurs et six cours de droit en 1789 : « institutes, digeste, pandectes, règles du droit, droit canon, droit français[12]. »

Les facultés de l'Université impériale (1808-1815)[modifier | modifier le code]

Dans l'organisation de l'Université impériale, Orléans était à la tête d'une académie, et devait, à ce titre, avoir une faculté des Lettres et une faculté des Sciences. Seule la première a réellement été constituée, les cours ayant lieu au Lycée Pothier[13]. L'activité principale de la faculté consistait à examiner les candidats au baccalauréat. Des pétitions demandent, sans succès, le rétablissement d'une école de droit. Au contraire, en 1815, une ordonnance provoque la fermeture de la faculté des Lettres, effective en 1817. Orléans cesse, en 1848, d'être le siège d'une académie.

L'université actuelle (depuis 1960)[modifier | modifier le code]

L'ancien logo utilisé en 2010
Le château de la Source (vu du parc floral)

Il est décidé, dès 1959, d'installer à Orléans-la-Source à une dizaine de kilomètres au sud de la Loire, sur un domaine de près de 400 hectares, un campus[14]. Le ministre Pierre Sudreau parle de l'« Oxford français », « le premier campus européen », que Paris-presse-L'Intransigeant reprend sous le nom d'« Oxford-sur-Loire »[15].

Le 2 août 1960 est créé un Collège scientifique universitaire (CSU), dépendant de la faculté des sciences de Paris. Il s'installe au château de la Source.

Une école municipale de droit est créée en novembre 1962. Un centre d'études supérieures littéraires (CESL) est ouvert à son tour en 1964.

Une université est créée par le décret du 14 avril 1966 sous le nom d'« université d'Orléans-Tours », avec date d'effet au 1er janvier 1966[1]. L'Université regroupe alors tous les enseignements universitaires organisés à Orléans mais aussi à Tours, les facultés de droit, de lettres et de sciences étant dédoublées[16].

Mais le mouvement de mai 68 provoque la séparation entre Tours et Orléans, officialisée le 1er janvier 1971[17],[18].

L'université d'Orléans inclut progressivement une faculté des sciences (1961), de droit (1968), de lettres (1969) de sport (1992), un Institut universitaire de Technologie à Orléans (1967), à Bourges (1968), à Châteauroux (1992), à Chartres (1996), une université du temps libre (1977) et deux écoles d'ingénieurs (ESEM en 1982 et ESPEO en 1992), qui fusionnent en 2002 pour former l'École polytechnique d'Orléans (Polytech'Orléans).

En 2004 l'Université d'Orléans rejoint le Pôle Universitaire Centre Val de Loire (association de loi 1901). En 2009 elle fonde et intègre au côté de l'Université de Tours le PRES : Université centre Val-de-Loire.

L'université d’Orléans se caractérise donc par sa pluridisciplinarité. Elle compte 4 facultés, une école d’ingénieurs universitaire (Polytech'Orléans), 4 Instituts Universitaires de Technologie, l’IUFM Centre Val de Loire et l'Observatoire des Sciences de l'Univers du Centre (OSUC). Près de 16 000 étudiants, dont plus de 2 000 étudiants étrangers, fréquentent un des sites de l’université.

L'université d'Orléans s'est également développée sur d'autres sites de la région avec l'installation des centres universitaires de Bourges, Chartres, Châteauroux/Issoudun et dans les antennes de l'IUFM à Blois et Tours.

Anciens présidents[modifier | modifier le code]

  • 1987-1992 : William Marois
  • 1992 -1997: Didier Billard
  • 1997-2002 : Michel Mudry
  • 2002-2004 : Gérard Besson
  • 2005-2009 : Gérald Guillaumet
  • Depuis 2010 : Youssoufi Touré

Composantes[modifier | modifier le code]

Unités de formation et de recherche[modifier | modifier le code]

L'université compte quatre unités de formation et de recherche(UFR).

  • Lettres, langues et sciences humaines
L'UFR lettres, langues et sciences humaines
  • Droit, économie et gestion
  • Sciences
  • Sciences et techniques des activités physiques et sportives

Ecole et instituts[modifier | modifier le code]

Le site Galilée de Polytech'Orléans
Le bâtiment IIIA, accueillant le département d'informatique et le Laboratoire d'informatique fondamentale d'Orléans

L'université d'Orléans comprend quatre IUT : IUT d'Orléans, IUT de Bourges, IUT de Chartres et IUT de l'Indre.

L'École polytechnique de l'université d'Orléans est une école d'ingénieur interne, appartenant au Réseau Polytech. Elle comprend cinq spécialités, dont deux en apprentissage.

L'École supérieure du professorat et de l'éducation de l'académie d'Orléans-Tours y est rattachée[19].

Formation et recherche[modifier | modifier le code]

Enseignements[modifier | modifier le code]

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La recherche[modifier | modifier le code]

L'université d'Orléans regroupe des laboratoires de recherche propres et des unités mixtes. Elle est structurée en 4 pôles de recherche :

  1. Energie, matériaux, géosciences et environnement
  2. Physique et chimie du vivant, systèmes biologiques
  3. Sciences économiques et de gestion, mathématiques, STIC et linguistique
  4. Droit, littératures, sciences de l'Homme et des territoires

Elle dispose également de 2 écoles doctorales :

  1. Sciences et technologies
  2. Sciences de l'homme et de la société

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

  • Radio Campus Orléans créée en 1994
  • Le département des activités physiques sportives et d'expression DAPSE : ce service commun est un département de l'UFR STAPS d'Orléans qui propose à tous les étudiants et personnels de l'université une palette d'activités sportives et d'entretien.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
16 120[20] 15 334[21] 15 184[22] 15 458[23] 15 634[24] 15 590[25] 15 082[26] 14 628[27]
2008 2009 2010 2011 2012 2013 - -
15 978[28] 15 836[29] 14 081[30] 14 433[31] 14 278[32] 14 656[32] - -

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Étudiants[modifier | modifier le code]

Enseignants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret no 66-235 du 14 avril 1966 constituant une université à Orléans
  2. Théodulfe Théodulf d'Orléans sur le site Encyclopédie universelle de la langue française
  3. a et b Charles Vulliez, « Les bulles constitutives de l'université d'Orléans du pape Clément V (27 janvier 1306) : un évènement ? 700e anniversaire de l'université d'Orléans (1306-2006) », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, nouvelle série, vol. XVIII, no 150,‎ octobre 2006, p. 5
  4. Charles-René d'Hozier, Armorial général de France : dressé en vertu de l'édit de 1696, vol. 22, Orléans, 827 p. (lire en ligne)
  5. Bimbenet 1853, p. 3
  6. Bimbenet 1853, p. 21
  7. Conseil général du Loiret 2006, p. 19
  8. Conseil général du Loiret 2006, p. 15
  9. Dix nations à l'université d'Orléans : France, Germanie, Lorraine, Bourgogne, Champagne, Picardie, Normandie, Touraine, Aquitaine et Écosse.
  10. Conseil général du Loiret 2006, p. 26
  11. Conseil général du Loiret 2006, p. 45
  12. Louis Liard, L'enseignement supérieur en France, t. 1, Paris, A. Colin,‎ 1888-1894 (notice BnF no FRBNF30816076, lire en ligne), p. 9
  13. Conseil général du Loiret 2006, p. 48
  14. Conseil général du Loiret 2006, p. 53
  15. Conseil général du Loiret 2006, p. 55
  16. Conseil général du Loiret 2006, p. 56
  17. Conseil général du Loiret 2006, p. 58
  18. Décret no 70-1174 du 17 décembre 1970.
  19. Arrêté du 30 août 2013 portant création et accréditation de l’école supérieure du professorat et de l’éducation de l’académie d’Orléans-Tours au sein de l’université d’Orléans
  20. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2001, Imprimerie nationale, p. 161, (ISBN 2-11-092136-6), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  21. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2002, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-092152-8), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  22. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2003, Imprimerie nationale, p. 155, (ISBN 2-11-093455-7), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  23. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2004, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-094345-9), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  24. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2005, Imprimerie nationale, p. 175, (ISBN 2-11-095390 X), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  25. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2006, Imprimerie nationale, p. 179, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  26. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2007, Imprimerie nationale, p. 181, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  27. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2008, Imprimerie nationale, p. 173, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  28. Daniel Vitry, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2009, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097805-9), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  29. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2010, Imprimerie moderne de l’Est, p. 173, (ISBN 978-2-11-097819-6), consulté sur www.education.gouv.fr le 17 septembre 2010
  30. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2011, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097810-3), consulté sur www.education.gouv.fr le 2 septembre 2011
  31. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur www.education.gouv.fr le 30 août 2012
  32. a et b Evolution des effectifs, Université d'Orléans
  33. Bimbenet 1853, p. 350
  34. Bimbenet 1853, p. 348
  35. Bimbenet 1853, p. 358
  36. Bimbenet 1853, p. 358-359
  37. Bimbenet 1853, p. 370-376
  38. Bimbenet 1853, p. 354-357
  39. Bimbenet 1853, p. 382-386
  40. Bimbenet 1853, p. 388-389

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

=== Bibliographie ===
  • Conseil général du Loiret, 700 ans d'université à Orléans, Orléans, Conseil général du Loiret,‎ 2006, 71 p.
    Catalogue d'exposition, Archives départementales du Loiret / Saint-Pierre-le-Puellier, octobre 2006.
  • Jean-Eugène Bimbenet, Histoire de l'Université de lois d'Orléans, Paris et Orléans, Dumoulin et Gatineau,‎ 1853, 416 p. (lire en ligne)