Université libre de Bruxelles

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Université libre de Bruxelles
Ulblogo.jpg
Devise Scientia vincere tenebras
Vaincre les ténèbres par la connaissance
Informations
Fondation 1834
Fondateur Théodore Verhaegen
Type Université libre non confessionnelle
Régime linguistique Français
Localisation
Coordonnées 50° 48′ 42″ N 4° 22′ 52″ E / 50.811667, 4.38111150° 48′ 42″ Nord
       4° 22′ 52″ Est
/ 50.811667, 4.381111
  
Ville Bruxelles
Pays Belgique
Campus Solbosch (Bruxelles et Ixelles)
Plaine (Ixelles)
Érasme (Anderlecht)
Gosselies - Biopark (Gosselies)
Direction
Président Alain Delchambre
Recteur Didier Viviers
Chiffres clés
Étudiants 22109 (2009)[1]
Premier cycle 11494 (2009)
Deuxième cycle 6334 (2009)
Troisième cycle 3265 (2009)
Divers
Affiliation AUE
AUF
réseau TIME
UNICA
IMCC
Site web www.ulbruxelles.be

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Université libre de Bruxelles
Un bâtiment de l’université libre de Bruxelles

L’université libre de Bruxelles (ULB) est une université belge francophone.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Origine

L'université libre de Bruxelles fut fondée le 20 novembre 1834, dans cette période qui suivit l'indépendance de la Belgique et qui connut la désorganisation de l'enseignement supérieur.

Les trois universités d'État fondées à l'époque néerlandaise - Gand, Liège, Louvain - sont amputées de plusieurs facultés. Auguste Floréal Baron et Adolphe Quetelet avaient imaginé dès 1831 dans leur loge maçonnique Les amis philanthropes l'idée d'une université « libre ». La création, en 1834, de l'Université catholique de Malines, sous l'impulsion des évêques de Belgique, fut le détonateur qui poussa le monde libéral à réagir rapidement. Le juriste Pierre-Théodore Verhaegen, Vénérable Maître de la loge Les Amis philanthropes, lança en juin 1834 un appel à une souscription dans les milieux libéraux et dans les loges du Grand Orient de Belgique en vue d'une université « libre » qui combattrait « l'intolérance et les préjugés » en répandant la philosophie des Lumières. On fit cependant remarquer à Verhaegen l'utopie de son projet, lui qui ne disposait ni de professeurs, ni de locaux, ni d'argent. C'était sans compter sur l'aide du bourgmestre de Bruxelles et franc-maçon, Nicolas-Jean Rouppe, qui trouva des locaux dans l'ancien palais de Charles-Alexandre de Lorraine, place du Musée. Verhaegen annexa à son projet l'École de médecine et trouva des enseignants parmi les hommes d'expérience du Musée des Sciences et des Lettres. La Faculté de droit fut confiée à des professeurs bénévoles, comme Henri de Brouckère, qui était lui aussi franc-maçon. Dans la foulée, la Ville alloua un subside et le 20 novembre 1834, Auguste Baron pouvait, dans son discours d'inauguration, définir l'esprit de l'université libre :

« Nous jurons d'inspirer à nos élèves, quel que soit l'objet de notre enseignement, l'amour pratique des hommes qui sont frères, sans distinction de caste, d'opinion, de nation ; nous jurons de leur apprendre à consacrer leurs pensées, leurs travaux, leurs talents au bonheur et à l'amélioration de leurs concitoyens et de l'humanité… »

[modifier] Le XIXe siècle

La première année universitaire pouvait commencer avec ses trente-huit professeurs et 96 étudiants. À l'origine, elle porte le nom d’Université Libre de Belgique et se compose de quatre facultés : philosophie et lettres, droit, sciences et médecine. À partir de 1836, elle changea de nom et devint l'Université Libre de Bruxelles.

Jusqu'en 1847, l'université vécut des souscriptions lancées par le Grand Orient et diverses loges maçonniques du pays, dont celle des Amis philanthropes. Outre les difficultés financières, l'Église et l'État faisaient peser des menaces sur la jeune Université libre de Bruxelles. La loi sur l'enseignement supérieur de 1835 supprimait l'université d'État de Louvain, ce qui permit à l'université catholique de Malines de s'installer dans la cité brabançonne où elle prit le nom d’Université catholique de Louvain[2]. Il restait donc deux universités de l'État - Gand et Liège - qui virent dans l'Université libre de Bruxelles une concurrente qui ne pouvait revendiquer le monopole de la libre pensée. Quant aux évêques, ils avaient peine à admettre l'existence d'une université qui se proclamait autonome et qui échappait ainsi à leur contrôle. La presse catholique milita contre l'enseignement dispensé à Bruxelles. Verhaegen répondit à toutes les attaques par un discours académique retentissant où il proclama : « Partis de la liberté d'enseignement, nous réalisons la liberté dans l'enseignement. »

Surmontant ces querelles, l'université libre devint une institution reconnue. La population estudiantine était en progression et l'on put en 1842 déménager dans un nouveau bâtiment, le Palais Granvelle sis rue des Sols et rue de l'Impératrice.

En 1861, les statuts furent révisés et l'article 1 postulera dès lors que  :

« Le libre examen est le principe fondateur sur lequel l'Université base son enseignement et sa recherche. Il prône, en matière de savoir, une totale liberté de jugement et le rejet de l'argument d'autorité. »

En 1873, l'université ouvrit son école polytechnique où un enseignement pratique put être dispensé.

En 1880, elle fut la première en Belgique à permettre aux femmes d'accéder aux cours et ce au sein de son Institut de pharmacie. Avant cela quelques-unes étaient allées étudier dans des universités étrangères, principalement en faculté de médecine. Il n'y avait pourtant en Belgique aucune restriction légale en ce qui concerne l'accès des femmes aux hautes études. Mais traditionnellement, seuls les hommes entraient à l'université, et surtout, aucune école secondaire ne préparait les jeunes filles à de telles études.

Le 7 juillet 1886, un incendie détruisit l'aile gauche de l'édifice rue des Sols. La salle académique, la bibliothèque et une partie des collections minéralogiques disparurent dans les flammes. La reconstruction prit six ans.

Le 20 novembre était depuis l'ouverture un jour de congé à l'Université libre de Bruxelles mais ce n'est qu'en 1888, à l'initiative des étudiants, qu'on organisa les premières célébrations de la Saint-Verhaegen.

En 1893, l'Université libre de Bruxelles bénéficia d'un mécénat de grande envergure qui acheva le développement de la Faculté de médecine : Ernest Solvay la dota d'un Institut de physiologie implanté au parc Léopold à Etterbeek (ces locaux sont actuellement occupés par le lycée Émile Jacqmain, une école secondaire très réputée, assez proche de l'Université libre de Bruxelles) ; Raoul Warocqué, d'un Institut d'anatomie ; Alfred Solvay et quelques autres, d'un Institut d'hygiène et de bactériologie.

En 1899, fut créée l'École des sciences politiques et sociales.

[modifier] Liste des premiers professeurs de l'Université libre de Bruxelles

Désiré Bancel, professeur à l'université libre de Bruxelles.
Jules Bara, professeur à l'université libre de Bruxelles
Auguste Baron, professeur à l'université libre de Bruxelles
Charles de Brouckère, professeur à l'université libre de Bruxelles
Henri de Brouckère, professeur à l'université libre de Bruxelles
Eugène Goblet d'Alviella, professeur à l'université libre de Bruxelles
Lelewel, professeur à l'Université libre de Bruxelles.
Auguste Orts, professeur à l'université libre de Bruxelles
Edmond Picard, professeur à l'université libre de Bruxelles
Arsène Pigeolet, professeur à l'université libre de Bruxelles
Louis Seutin, professeur à l'université libre de Bruxelles
Eugène Van Bemmel, professeur à l'université libre de Bruxelles
Sylvain Van de Weyer, professeur à l'université libre de Bruxelles

[modifier] Affaires Dwelshauvers

À l'origine issue d'un milieu certes anticlérical mais néanmoins catholique, ou au moins spiritualiste ou déiste, l'université verra au cours des dernières décennies du XIXe siècle le développement d'un courant farouchement athée ainsi que l'essor de la démarche scientifique positiviste chère à Auguste Comte, qui affirme le primat absolu de l'expérimentation et de la raison. Cette évolution ne se fit pas sans heurts. Ainsi, en 1890, la thèse de philosophie de Georges Dwelshauvers provoqua de vifs débats par ses positions athées alors que la majorité des professeurs de la faculté de philosophie et lettres étaient toujours déistes.

[modifier] L'affaire Elisée Reclus

Ces conflits entre doctrinaires et progressistes, puis entre libéraux et socialistes se traduiront également à l'Université libre de Bruxelles par l'affaire Reclus. Élisée Reclus, géographe français anarchiste, avait été invité à donner cours à l'Université libre de Bruxelles en 1892. En 1893, suite à un attentat anarchiste le conseil d'administration s'opposa à sa venue désavouant ainsi le recteur Hector Denis, premier socialiste élu à ce poste. Cela provoqua une scission et la création d'une Université nouvelle (1894 - 1919) (ou l'université dite "bulgare") qui perdura jusqu'à la Première Guerre mondiale.

[modifier] Début du XXe siècle

L’Institut de sociologie fut fondé en 1902. L'année 1904 vit la création de l'École de commerce Solvay. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, qui entraîna la première interruption des cours de l'université, alors que Jules Bordet, professeur à l'Université libre de Bruxelles se voit attribuer le Prix Nobel de médecine (1919), on envisage de déménager suite à la croissance des besoins en espace et à la démolition du palais Granvelle du fait des travaux de la jonction Nord-Midi. Le choix se porte sur le plateau du Solbosch situé à la limite des faubourgs de l'époque. Les travaux débutent en 1921 par le bâtiment U inauguré en 1924. La construction du bâtiment A (qui n'est donc pas le bâtiment le plus ancien contrairement à une idée reçue) (1924-1928) est soutenue financièrement par la Belgian American Educational Foundation[3] (héritier de Commission for Relief in Belgium (CRB)), une organisation américaine (présidée par Herbert Hoover) destinée à restaurer l'enseignement universitaire en Belgique meurtri par la guerre. Elle participe également avec la famille Tournay-Solvay au financement de la cité Héger ouverte en 1933. En 1939, est inauguré l'Institut de cancérologie Bordet, boulevard de Waterloo.

[modifier] Néerlandais et naissance de la Vrije Universiteit Brussel

Des cours furent donnés en néerlandais à l'Université libre de Bruxelles dès 1890 en faculté de Droit, et en 1963 dans presque toutes les facultés. L'Université libre de Bruxelles fut scindée en octobre 1969 selon la langue, donnant naissance à la Vrije Universiteit Brussel néerlandophone. Cette scission fut confirmée par une loi en 1970 qui consacra la séparation totale des deux entités.

[modifier] Situation actuelle

Métro de Bruxelles
Descendre aux stations de métro : Delta ou Érasme.

L'université est principalement implantée sur trois campus : le campus du Solbosch à Ixelles[4], le campus de la Plaine à Ixelles, et le campus Érasme à Anderlecht. Le principal est celui du Solbosch, qui accueille l'administration et les services généraux de l'Université. On y trouve également la plupart des facultés de sciences humaines, l'École polytechnique, la grande bibliothèque des sciences humaines, et parmi les musées de l'ULB, le Musée de zoologie, la salle d'art contemporain Allende et le Musée M. De Ghelderode.

Le campus de la Plaine accueille la Faculté des Sciences et la Faculté de Pharmacie. On y trouve aussi les Experimentariums de physique et de chimie, le Musée des plantes médicinales et de la pharmacie et des logements étudiants.

Le Campus Erasme abrite l'Hôpital Érasme et le Pôle Santé, c'est à dire la Faculté de Médecine, l'École de Santé Publique et la Faculté des Sciences de la Motricité (la Faculté de Pharmacie se trouvant à la Plaine). S'y trouvent également l'École d'infirmières (avec la Haute École libre de Bruxelles Ilya Prigogyne), le Musée de la médecine et le Musée d'anatomie et d'embryologie humaines.

Le Biopark Charleroi Brussels South, situé sur le site de l'Aéropole de Gosselies (Charleroi) abrite l'Institut de biologie et de médecine moléculaires (IBMM), l'Institut d'immunologie médicale (IMI), le Laboratoire de biotechnologie végétale (LBV), le centre multimodal d'imagerie (CMMI), plusieurs spin-offs, un incubateur (Wallonia Biotech SA) et le premier centre intégré de vaccinologie en Région wallonne: ImmuneHealth.

L'Université libre de Bruxelles est totalement indépendante de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) bien que le nom de celle-ci soit l'exact équivalent en néerlandais du nom de celle-là, et qu'elles occupent en voisines l'ancienne plaine des Manœuvres (campus de la Plaine). Les deux universités gardent bien entendu des contacts proches, que ce soit par la formation (plusieurs masters sont organisés sont en commun) ou par les professeurs, entre autres.

[modifier] Facultés, instituts et écoles

[modifier] Partenaires privilégiés

Les autorités académiques ont désigné comme « partenaires privilégiés » un nombre restreint d'institutions étrangères. Ce choix est basé, d’une part, sur le nombre et la qualité des relations scientifiques et d’enseignement avec ces institutions et, d’autre part, sur les orientations stratégiques internationales de l’ULB.

Il permet notamment de faciliter le développement de nouvelles collaborations scientifiques avec ces institutions et d’en inviter des collègues dans le cadre de chaires internationales.

[modifier] Musées de l'université libre de Bruxelles

L'université libre de Bruxelles dispose de onze musées auxquels s'ajoutent des collections universitaires peu accessibles au public (cartothèque géographique, géologie et minéralogie, instruments électriques anciens, moulages en plâtre, numismatique, …).

  • Centre de culture scientifique
  • Centre de recherches et d’études technologiques des arts plastiques
  • Écomusée du Viroin
  • Expérimentarium
  • Jardin botanique Jean Massart
  • Musée d'art contemporain - Salle Allende
  • Musée-bibliothèque Michel de Ghelderode
  • Musée d'anatomie et d'embryologie humaines
  • Musée de la médecine
  • Musée des plantes médicinales et de la pharmacie
  • Musée de zoologie

[modifier] Prix et récompenses

[modifier] Nobel

L'université libre de Bruxelles a vu quatre de ses diplômés ou professeurs récompensés par le prix Nobel.

[modifier] Prix Wolf

[modifier] Prix Francqui

[modifier] Médaille Fields

Une médaille Fields a été décernée à Pierre Deligne en 1978.

[modifier] Prix Abel

Un prix Abel a été décerné à Jacques Tits en 2008.

[modifier] Docteurs honoris causa

L'université libre de Bruxelles honore également des personnalités de renom pour leurs activités diverses en les nommant docteurs honoris causa. Ne sont repris ci-dessous que les docteurs nommés par l'Université et non ceux nommés par les facultés. Par ailleurs, la liste ne remonte pas plus loin que 1973, première année de remise du titre après la scission linguistique.

[modifier] Anciens étudiants et professeurs renommés

[modifier] Notes et références

  1. http://www.ulb.ac.be/be/statistiques.html
  2. Rappelons ici ce jugement de la Cour de Cassation du 26 novembre 1846 : « L'université catholique de Louvain ne peut être considérée comme continuant l'ancienne université de Louvain ; et lorsqu'un acte de fondation a désigné pour collateur un professeur de cette ancienne université, il y a lieu d'y pourvoir par le gouvernement », Table générale alphabétique et chronologique de la Pasicrisie Belge contenant la jurisprudence du Royaume de 1814 à 1850, Bruxelles, 1855, p. 585, colonne 1, alinéa 2. Voir également : Bulletin usuel des lois et arrêtés‎, 1861, p. 166. Voir aussi un jugement de la Cour d'Appel de 1844: La Belgique Judiciaire, 28 juillet 1844 n° 69, p. 1 : « Cour d’Appel de Bruxelles. Deuxième chambre. L'université libre de Louvain ne représente pas légalement l’antique université de cette ville. Attendu que cette université (l’ancienne Université de Louvain), instituée par une bulle papale, de concert avec l'autorité souveraine, formait un corps reconnu dans l'État, ayant différentes attributions, dont plusieurs même lui étaient déléguées par le pouvoir civil; Attendu que ce corps a été supprimé par les lois de la république française; Attendu que l'université existant actuellement à Louvain ne peut être considérée comme continuant celle qui existait en 1457, ces deux établissemens ayant un caractère bien distinct, puisque l'université actuelle, non reconnue comme personne civile, n'est qu'un établissement tout-à-fait privé, résultat de la liberté d'enseignement, en dehors de toute action du pouvoir et sans autorité dans l'État... »
  3. page histoire du site de la BAEF vu la dernière fois le 19 mai 2007.
  4. http://maps.google.be/maps?um=1&ie=UTF-8&q=solbosch+ixelles&fb=1&gl=be&hq=solbosch&hnear=0x47c3c49d464cf871:0x6ad2d087c927be75,Ixelles&cid=0,0,15761421146688856606&ei=R8f1TYT9O4eVOtvZtK0H&sa=X&oi=local_result&ct=image&resnum=1&ved=0CBkQnwIwAA

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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