Univers de Gödel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'univers de Gödel est une solution aux équations de la relativité générale publiée par le mathématicien Kurt Gödel en 1949.


Description[modifier | modifier le code]

Cette solution possède plusieurs propriétés remarquables. Elle décrit un univers en rotation, c'est-à-dire un univers qui possède une direction privilégiée que l'on peut localement assimiler à un axe de rotation. Par ailleurs, la structure de l'espace-temps permet l'existence de courbes de genre temps refermées sur elles-mêmes. Ces travaux sont à l'origine de la recherche d'un plus grand nombre de solutions exactes aux équations d'Einstein.

Métrique de l'univers de Gödel[modifier | modifier le code]

Cette solution décrit un espace quadri-dimensionnel lorentzien (tout comme notre espace-temps) empli de matière non relativiste de pression nulle et d'une constante cosmologique. La métrique (ou l'élément de longueur) de cet espace s'écrit

{\rm d} d^2 = - {\rm d} t^2 + {\rm d}x^2 - \frac{1}{2} \exp(2 \sqrt{2} \omega x) \;{\rm d}y^2 + {\rm d} z^2 - 2 \exp(\sqrt{2} \omega x) \;{\rm d}t \;{\rm d} y ,

\omega est une constante position représentant la vorticité du fluide qui est au repos par rapport aux coordonnées x, y, z. La densité d'énergie \rho du fluide et la constante cosmologique \Lambda sont reliées à la vorticité par

4 \pi \rho = - \Lambda = \omega^2

dans un système d'unités tel que la vitesse de la lumière et la constante de gravitation valent 1.

Propriétés[modifier | modifier le code]

L'univers de Gödel représente un espace homogène, c'est-à-dire que tous ses points sont équivalents.

Sa principale particularité est qu'il comporte des courbes de genre temps fermées. Par le changement de coordonnées

\exp(\sqrt{2} \omega x) = \cosh 2r + \cos \phi \sinh 2r ,

\omega y \exp(\sqrt{2} \omega x) = \sin \phi \sinh 2r ,

\tan \left(\frac{1}{2} (\varphi + \omega t - \sqrt{2} t) \right) = \exp(- 2 r) \tan \frac{1}{2} \varphi,

l'élément de longueur se réécrit

{\rm d} d^2 = 2 \omega^{-2} \left(- {\rm d} t'^2 + {\rm d}r^2 - (\sinh^4 r - \sinh^2 r) \;{\rm d}\varphi^2  + 2 \sqrt{2} \sinh^2 r \;{\rm d} \varphi \;{\rm d}t' \right) +  {\rm d} z^2 .

Le fluide est toujours au repos par rapport aux coordonnées r, \varphi, z et l'espace autour de l'origine est symétrique par rapport à l'axe r = 0. L'espace étant homogène, cette propriété se retrouve pour tous les autres points. En r = 0, le cône de lumière futur est orienté vers le haut, tout comme dans un système de coordonnées polaires ordinaire dans l'espace de Minkowski, et n'inclut pas les lignes de coordonnées de r et \varphi. À mesure que l'on considère des points pour des valeurs plus grandes de r, les cônes de lumière s'inclinent peu à peu jusqu'à inclure la ligne de coordonnée de \varphi à partir de r = \ln (1 + \sqrt{2}). Les lignes de coordonnées de \varphi sont donc pour les grandes valeurs de r des courbes de genre temps fermées. Pour cette raison, l'espace de Gödel n'est pas considéré comme une solution physiquement acceptable des équations d'Einstein.

Bibliographie[modifier | modifier le code]