Commandement des États-Unis pour l'Afrique

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United States Africa Command
Emblème de l'AFRICOM
Emblème de l'AFRICOM

Période 30 juillet 2008
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Allégeance Département de la Défense des États-Unis
Rôle Commandement unifié
Effectif 400 au départ
Actuellement : 3 600 personnes
Garnison Stuttgart (provisoire)
Surnom Africom
Commandant Général David M. Rodriguez

Le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (en anglais United States Africa Command ou AFRICOM) est un commandement unifié pour l'Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007 et entré en fonction en 2008. Il coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Avant 2008, les activités militaires des États-Unis en Afrique étaient partagées entre l'USEUCOM, le USCENCOM et le USPACOM.

En 1983, les planificateurs stratégiques des États-Unis ont placé la majeure partie du continent sous la responsabilité du Commandement européen parce que la majorité des pays africains étaient d'anciennes colonies européennes ayant conservé des liens politiques et culturels avec l'Europe.

Depuis le milieu des années 1990, les spécialistes régionaux du département de la Défense réclament la création d'un commandement africain. En gestation depuis plusieurs années, il fut décidé de créer un état-major spécifique pour ce continent durant l'été 2006. Sur la base de constat, un think tank israélo-américain, l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), a préconisé la création de ce commandement unifié. Annoncé par l'administration Bush le 6 février 2007, il a commencé à fonctionner le 1er octobre 2008 et fut placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne.

L'équipe de transition pour le futur commandement a pour le moment son quartier général à Stuttgart en Allemagne, siège du Commandement européen des forces armées américaines. Le département de la Défense souhaiterait pourtant qu'il soit transféré en Afrique. Cependant, aucun état Africain n'a encore accepté de l'accueillir[1]. À l'heure actuelle, les infrastructures militaires les plus développées sont situées à Djibouti, en accompagnement de la présence française sur place.

Réactions en France[modifier | modifier le code]

Carte indiquant la zone d'influence du "Groupe salafiste pour la prédication et le combat", revendiquant les attentats du 11 avril 2007 à Alger.

En annonçant la nouvelle en 2006, les médias français ont commenté les intentions supposées de l'état-major américain en invoquant dans l'ordre trois motivations :

  1. la guerre contre le terrorisme :
    a/ la corne de l'Afrique redevenant un foyer résurgent des milices potentiellement liées à la nébuleuse Al-Qaida, telle Midowga Maxkamadaha Islaamiga (alors qu'antérieurement au attentats du 11 septembre 2001 ces milices en avaient été chassées pour l'Afghanistan);
    b/ apparition d'un lien avec le terrorisme islamiste au Maghreb, par le rattachement à la nébuleuse Al Qaïda des groupes salafistes opérant au Maghreb - annonce faite en septembre 2006.
  2. la géopolitique du pétrole, pour sécuriser les approvisionnements américains par le golfe de Guinée afin d'amoindrir la dépendance aux réserves du Moyen-Orient[2];
  3. la compétition économique, visant à contrer par un pré-positionnement militaire des États-Unis la montée en puissance de la Chine sur le continent africain[3].

L'AFRICOM depuis 2008[modifier | modifier le code]

Pour l’année fiscale 2008, le commandement a un budget de 75,5 millions de dollars US. Pour l’année budgétaire 2009, qui commence le 1er octobre 2008, le Département de la Défense a demandé au Congrès des États-Unis 392 millions de dollars afin d'établir le Centre de commandement militaire pour l'Afrique.

Donnant suite à ces objectifs, un partenariat transsaharien contre le terrorisme[4] a été instauré avec les pays concernés par AQMI, consistant en la mise à disposition d'encadrants militaires pour chaque armée nationale.

L'AFRICOM continuera de mettre l'accent sur les activités en matière de sécurité et de stabilité en Afrique qui sont effectuées depuis un certain temps par le Département d'État.

Ces activités comprennent entre autres la formation de soldats au maintien de la paix dans le cadre du programme ACOTA (African Contingency Operations Training and Assistance program), la fourniture d'une aide militaire par l'intermédiaire du programme IMET (International Military Education and Training program) et la fourniture d'une aide médicale dans le cadre du President's Emergency Plan for AIDS Relief (lutte contre le Sida).

Son baptême du feu pour des opérations de grande ampleur a lieu en mars 2011 lors de l'application de la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Elle met également en œuvre depuis cette année des détachements de drones de reconnaissance implanté, en outre, sur l'aéroport d'Arba Minch en Éthiopie[5].

Sphère d’influence[modifier | modifier le code]

Sphère d'influence du United States Africa Command (USAFRICOM) à partir de l'aire de responsabilité du United States European Command, United States Central Command et United States Pacific Command
L'amiral Robert T. Moeller, l'ambassadeur Mary Carlin Yates, l'ambassadeur Lisa Piascik et le docteur Mohamed Ibn Chambas, secrétaire exécutif de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest lors d'une réunion d'information en 2007.

L'AFRICOM sera responsable de l'ensemble du continent africain à l'exception de l'Égypte qui reste sous le Commandement central. Il englobera également les îles du Cap-Vert, de la Guinée équatoriale et de Sao Tomé-et-Principe, ainsi que les îles des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles situées dans l'océan Indien.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

À l'opposé des autres centres de commandement des États-Unis, l'AFRICOM ne serait pas doté d'un siège unique dans un pays africain donné. Son personnel serait réparti dans diverses villes de l'Afrique et il ne serait pas destiné à faire la guerre.

Aucune nouvelle base ne sera créée dans le continent africain et aucun nouveau contingent de soldats américains n'y sera envoyé lorsque ce centre entrera en activité avant la fin de 2008.

Le commandant adjoint de l'AFRICOM est actuellement un membre du personnel du Département d'État des États-Unis et plus tard il pourrait être détaché d'autres ministères des États-Unis, ce qui montre la nature mixte, militaire et civile, de ce nouveau centre de commandement.

Mme Mary Carlin Yates sera l'adjointe du commandant pour les activités civilo-militaires (DCMA)[6]. L'amiral Robert Moeller[7] sera l'adjoint du commandant pour les opérations militaires (DCMO)[8].

L'AFRICOM devrait regrouper un millier de personnes.


Organisation[modifier | modifier le code]

L'AFRICOM est composé des commandements suivants:

Liste des commandants de l'AFRICOM[modifier | modifier le code]

Commandants de l'AFRICOM Photographie du au
Contre-amiral Robert Moeller (intérimaire) Robert T. Moeller 2007.jpg 6 février 2007 septembre 2007
général William E. Ward (1er commandant)[9] William E. Ward.jpg septembre 2007 9 mars 2011
Général Carter Ham[10] GEN Carter F.Ham 2011.jpg 9 mars 2011 octobre 2012
Général David M. Rodriguez GEN David M. Rodriguez in ACU.jpg 18 octobre 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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