Unités de protection du peuple

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Unités de protection du peuple
YPG
Image illustrative de l'article Unités de protection du peuple

Idéologie Confédéralisme démocratique
Objectifs Autodétermination du Kurdistan syrien
Statut Actif
Fondation
Date de formation [1]
Pays d'origine Syrie
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla
Zone d'opération Kurdistan syrien
Kurdistan irakien
Organisation
Chefs principaux Sipan Hemo
Membres 10 000 à 50 000[2],[3],[4]
Branche politique Parti de l'union démocratique PYD
Groupe relié HPG
Répression
Considéré comme terroriste par Turquie
Guerre civile syrienne
Guerre d'Irak

Les Unités de protection du peuple (kurde : Yekîneyên Parastina Gel, abrégé YPG) forment la branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD).

Effectifs[modifier | modifier le code]

Fanion des YPJ (Unités de protection de la femme), branche féminine des YPG.

Le , un porte-parole des YPG affirme que le mouvement dispose de 35 000 combattants[3]. Vers la même date, la BBC estime cependant que le nombre des YPG se situe plutôt entre 10 000 et 15 000[2]. En août 2014, Hamid Messoud, reporter de France 24, écrit que les forces des YPG sont d'environ 40 000 combattants[5].

Selon Foreign Policy, près de 40% des troupes des YPG sont composées de femmes[6]. Certaines unités de combat sont exclusivement féminines ; d'autres totalement masculines, et d'autres encore sont mixtes[5].

Selon les combattants kurdes, la présence de femmes soldats dans leurs rangs leur donne un avantage contre les djihadistes car ces derniers pensent être privés du paradis s'ils sont tués de la main d'une femme[7]. Selon Rusen Aytac, chargé du département des droits de l'Homme à l'Institut kurde de Paris : « Pour un membre de l'État islamique il est beaucoup plus difficile de combattre les femmes car selon eux se faire tuer par une femme équivaut à 'l'exclusion du Paradis'. Dans leur conception être tué par une femme équivaut à du déshonneur »[6].(aucune référence dans l'islamisme ou la doctrine de l'Etat islamique ne fait pourtant référence à une quelconque exclusion du paradis pour un combattant qui serait tué par une femme, ce qui fait douter de la véracité de ce fait ).

Pendant la guerre, un petit nombre de volontaires occidentaux, généralement anciens militaires, hommes et femmes, se joignent également aux YPG pour combattre les djihadistes[8],[9],[10],[11].

Actions[modifier | modifier le code]

Une combattante des YPG en 2014.

À partir de novembre 2012, des heurts commencent à opposer les YPG aux brigades rebelles islamistes[2]. En 2013, les YPG entrent en conflit direct contre certains groupes rebelles et en particulier contre les djihadistes du Front al-Nosra et de l'État islamique en Irak et au Levant, après que ces derniers aient pris en otages 200 civils kurdes le 31 juillet 2013[12].

Les forces kurdes du PYD, remportent plusieurs victoires contre les rebelles et les djihadistes, notamment en juillet lorsqu'ils s'emparent de la ville de Ras Al-Aïn[13].

Début janvier 2014, leur offensive contre les forces rebelles est cependant repoussée lors de la bataille de Tall Hamis[13]. Les YPG repoussent cependant à leur tour une offensive des djihadistes de l'EIIL lors de la bataille de Al-Manajir[14].

En juin 2014, le YPG est le premier groupe armé syrien à signer l'Appel de Genève sur l'interdiction des mines antipersonnel et des violences sexuelles[15].

Article détaillé : Première bataille de Kobané.

Le 2 juillet 2014, les djihadistes de l'État islamique lancent une offensive contre la ville d'Kobané (Aïn al-Arab en arabe), tenue par les YPG. Les Kurdes reçoivent des renforts venus de Turquie et parviennent à résister à l'attaque. Après un mois de combats, les YPG revendiquent la mort de 685 djihadistes contre 74 tués dans leurs rangs[16].

Vers juillet-août 2014, les YPG s'allient avec le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) afin de lutter contre l'État islamique qui progresse en Irak. Des unités YPG pénètrent alors en Irak[17], elles ouvrent un couloir humanitaire dans les monts Sinjâr et procèdent à l'évacuation de 100 000 réfugiés Yézidis menacés de famines et de massacres par l'État islamique. Selon le bilan des YPG, les combats livrés entre le 2 août et le 3 septembre dans les zones de Rabia, Sinjar et Jazaa ont fait 54 morts dans leurs rangs contre 473 morts, dont trois émirs, du côté des djihadistes de l'EI[18].

Le 10 septembre, les YPG et l'Armée syrienne libre créent un centre d’opérations conjoint avec pour objectif de reprendre les territoires contrôlés par l'État islamique[18].

Article détaillé : Deuxième bataille de Kobane.

En septembre, l'État islamique lance une nouvelle offensive contre les YPG à Kobane. Les combats durent des mois et font de nombreuses victimes.

À l'est, les YPG et les forces du régime se partagent le contrôle de la ville d'Hassaké. Les affrontements entre les deux groupes sont rares mais des incidents éclatent occasionnellement, ainsi le , au moins huit combattants des YPG sont tués et quatre autres capturés tandis que les loyalistes laissent au moins neuf morts et 25 prisonniers[19],[20],[21],[22],[23],[24],[25]. Le 30 janvier, les prisonniers de deux camps sont échangés[26].

États des pertes[modifier | modifier le code]

Les Kurdes des YPG affirment que, pendant l'année 2013, 2 923 rebelles islamistes et 376 soldats syriens loyalistes ont été tués par leurs troupes tandis que leurs pertes sont de 379 morts[27].

Pour l'année 2014, le groupe armé déclare le 28 décembre que 537 YPG/YPJ ont été tués au cours de 414 combats, il revendique la mort de 4 964 membres de « gangs », dont 228 corps ont été récupérés[28].

Accusations d'exactions[modifier | modifier le code]

Selon un rapport publié par Human Rights Watch le , des « abus » ont été commis dans les territoires contrôlés par le PYD, sa branche armée et sa police ; les YPG et les Assayech. L'organisation humanitaire dénonce des arrestations arbitraires d'opposants politiques kurdes, des passages à tabac, des procès « apparemment iniques », l'utilisation d'enfants-soldats et la mort ou la disparition d'au moins neuf opposants politiques du PYD en deux années et demie. Human Rights Watch reconnaît cependant que les exactions sont moins nombreuses que dans le reste de la Syrie, que les deux prisons visitées semblent « conformes aux normes internationales de base » et que la nouvelle constitution instaurée en janvier par les Kurdes, appelée le Contrat social, « défend plusieurs normes importantes en matière de respect des droits humains et interdit la peine de mort »[29].

Le les YPG et les Assayech s'engagent publiquement à démobiliser ses combattants âgés de moins de 18 ans, cependant HRW affirme un an plus tard que le problème persiste au sein des deux forces[29].

La CNFOR considère les YPG comme un groupe terroriste allié au régime syrien[30]. En septembre 2014, elle accuse les YPG d'avoir exécuté sommairement 34 civils, dont huit enfants et trois femmes dans les villages de Tel Al Khalil et Hajiya dans les régions rurales Hassaké[31]. Puis en décembre, elle les accuse d'avoir enlevé et torturé à mort un enfant de 16 ans près de Kameshli[30].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b et c BBC : Syria crisis: Guide to armed and political opposition
  3. a et b The Daily Star : Kurdish militia has 35,000 fighters: spokesman
  4. [2]
  5. a et b France 24 : Reportage : sur le front syrien, les combattantes kurdes affrontent l'EIIL
  6. a et b RTL : Irak : ces femmes qui combattent l'État Islamique
  7. AFP : Irak: des combattantes kurdes s’engagent contre les jihadistes
  8. LE Figaro : Syrie: 2 Anglais se battraient contre l'EI
  9. Times of Israël : Une Israélienne rejoint les combattants kurdes
  10. Reuters : Un ex-soldat américain combat aux côtés des Kurdes contre l'EI
  11. Huffington Post : Facebook : Recrutement de volontaires pour combattre l'État islamique en Syrie (PHOTOS/VIDÉO)
  12. L'Express : Syrie: les Kurdes défendent leur autonomie face aux djihadistes
  13. a et b Cédric Labrousse, AC : Le Front Islamique arrache une première victoire contre les forces kurdes à Tal Hamis (Syrie).
  14. Cédric Labrousse, AC : Les YPG infligent une lourde défaite à l’EIIS à al-Manajir (Syrie)
  15. Arcinfo : L'Appel de Genève signé par les rebelles du Mouvement Hazzm ce lundi
  16. Mediapart : Menacés de massacres, les habitants de Sinjar appellent le PKK à leur secours
  17. Le Figaro : Irak : les Kurdes reculent face aux djihadistes
  18. a et b Mediapart : Un centre commun d'opérations entre Kurdes et opposition syrienne, par Maxime Azadi.
  19. AP : Les forces syriennes affrontent les unités kurdes
  20. Reuters : http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Premiers-combats-importants-entre-Kurdes-et-pro-Assad-en-Syrie--19709301/
  21. OSDH : YPG fighters take control over the area expanded from the roundabout Tal Hajar to the northern entrance of al- Hasakah City
  22. OLJ : Combats inédits entre Kurdes et forces syriennes à Hassaka
  23. OSDH : Clashes continue between regime forces and YPG in al-Hasakah, no less than 14 killed from both sides
  24. AFP : Syrie: 18 morts dans des combats inédits entre Kurdes et armée
  25. Un oeil sur la Syrie : Fin de la lune de miel ou simple éclipse dans les relations entre le régime syrien et le PYD ?
  26. OSDH : YPG and regime forces exchange dozens of prisoners
  27. Maxime Azadi, Médiapart : Syrie: les Kurdes ont pris 5 villes, 6 districts et plus de 120 villages
  28. ANHA : YPG releases statement on the clashes in 2014
  29. a et b Human Rights Watch : Syrie : Des abus sont commis dans les enclaves sous contrôle kurde
  30. a et b « Les miliciens de l’YPG torturent à mort un enfant de Qamishli », sur CNS,‎ mardi, 16 décembre 2014
  31. (en) « Kurdish YPG’s Militias Execute 34 Civilians in Rural Al Hasaka »,‎ sunday, 14 september 2014