Unionisme (Belgique)

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L'unionisme ou union des oppositions est un mouvement politique belge, qui avant et après la révolution de 1830 prônait l'union des catholiques et des libéraux contre la politique du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. L'unionisme domina la vie politique belge jusqu'en 1848.

C'est à l'alliance de ces deux tendances politiques lors de la création de l'État que fait référence la devise de la Belgique, L'Union fait la force, contrairement à l'idée répandue qui en lie le sens à l'union des communautés linguistiques du pays.

Les libéraux étaient initialement assez favorables à la politique laïque de despote éclairé de Guillaume. Progressivement cependant, leur opinion changea et la lutte contre l'influence de l'Église passa au second plan de leurs revendications. En effet, ils accordaient de plus en plus d'importance aux libertés politiques, que refusait obstinément d'accorder Guillaume Ier. C'est cette tendance nouvelle qu'on appela les libéraux radicaux (par opposition aux libéraux voltairiens soutenant le despotisme éclairé, donc l'orangisme). Cette évolution rendit possible un compromis avec les catholiques, qui de leur côté étaient prêts à faire certaines concessions comme la liberté de la presse et la liberté des cultes.

Dès 1825, Étienne de Gerlache tenta un rapprochement, qui échoua. Fin 1827, à Liège, le journal catholique le Courrier de la Meuse et le journal libéral le Mathieu Laensbergh rapprochèrent leurs positions. L'union fut définitivement conclue le 8 novembre 1828 quand le Courrier des Pays-Bas, journal libéral bruxellois se rallia à cette politique, à travers un article de Louis De Potter.

Dans les années qui suivent la révolution belge, et après qu'ont été écartés les éléments démocrates radicaux et les républicains, dont De Potter, cette politique s'est imposée comme une nécessité afin de pérenniser l'indépendance de l'État belge. Les premiers gouvernements de la Belgique ont donc été « unionistes », regroupant la noblesse conservatrice et des éléments modérés de la bourgeoisie libérale, alors classe montante. Cette formule permit la consolidation des structures de l'État, par la mise en place d'institutions politiques et judiciaires stables, ainsi que la signature d'accords concernant la centralisation, le rôle des communes et provinces, ou l'enseignement primaire[1].

Progressivement cependant, les dissensions qui opposent catholiques et libéraux, sur des questions telles que le rôle du clergé dans la société civile ou la prise en charge par l'État de l'enseignement et de l'assistance publique prennent le dessus. Après la fondation du parti libéral en 1846, celui-ci instaure l'année suivante le premier gouvernement de parti, mettant fin à l'unionisme. Le parti catholique sera progressivement créé par la suite. Des gouvernements homogènes de l'un ou l'autre de ces deux partis se succédant par la suite au pouvoir jusqu'à l'apparition du mouvement socialiste et sa participation au pouvoir rendue possible par l'établissement du suffrage universel.

Quelques figures de l'unionisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Éliane Gubin et Jean-Pierre Nandrin, Nouvelle Histoire de Belgique volume I, tome 2, La Belgique libérale et bourgeoise Éditions Complexe 2005 (ISBN 2-8048-0066-0)]