Unionidae

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Unionidae est une famille de mollusques bivalves d'eau douce.

Les espèces de cette famille sont appelées communément moules de rivière ou moules d'eau douce (ou « mulettes » au Canada).

Pouvant atteindre une grande taille (jusqu'à 20 cm), un grand âge (plus d'un siècle) et des populations très denses, ces « moules » ne sont pas fixées mais vivent plus ou moins enfoncées dans la vase ou le sable. Les anodontes se rencontrent plutôt dans les eaux calmes alors que les unios résistent aux eaux plus vives.

Le cycle de reproduction comprend une larve dite « glochidium » qui parasite certaines espèces de poissons. Les œufs, minuscules, sont produit en quantités énormes (jusqu'à deux millions chez les anodontes, environ deux cent mille chez les unios[1]). Après fécondation, ils s'accumulent dans le feuillet branchial externe de l'adulte. Au début du printemps, l'embryon sous la forme d'une larve glochidium est expulsé et mène une vie pélagique avant de se fixer sur les branchies ou entre deux écailles d'un poisson. Le glochidium mesure alors quelques dixièmes de millimètres, il possède sa petite coquille à deux valves munies chacune d'un crochet qui permet la fixation. Il possède aussi un long filament correspondant au byssus qui permet le déplacement. La larve glochidium s'enkyste dans les tissus de l'hôte aux dépens duquel elle se nourrit. Au bout de quelques semaines le kyste libère un jeune mollusque d'environ 10 millimètres qui tombe au fond et met environ trois ans à atteindre son complet développement.

Les moules d’eau douce, quand elles sont abondantes et présentes à toutes les classes d'âge, sont généralement considérées comme de bon indicateur d’intégrité écologique, pour leur vulnérabilité à la dégradation des habitats aquatiques, ainsi qu'en raison de leur faible taux de recrutement impliquant des communautés minimales de poissons et la présence de leurs espèces hôtes.

Origines[modifier | modifier le code]

On sait grâce aux fossiles que les unionacea existent sur terre depuis le Trias. Des corbiculacea vivaient déjà en eau douce au Crétacé (mc Mahon, 1991) . Les Dreissenacea ont probablement pour ancêtre une moule estuarienne du genre Mytilopsis

État des populations, pressions, menaces[modifier | modifier le code]

L'état des populations est très mal connu pour une grande partie de l'aire de répartition de des espèces.
On découvre encore de nouvelles populations (par exemple en 2005 en Tunisie[2]).
Les populations de nombreuses espèces d'unionidae ont souvent localement disparu ou se sont drastiquement réduites depuis le début du XXe siècle[3], probablement à cause des impacts d'activités telles que la canalisation des cours d'eau, l'agriculture intensive (engrais, pesticides, érosion entrainant une augmentation anormale de la turbidité des rivières), déforestation, sylviculture intensive, exploitation forestière et flottage du bois, pollution des rivière par l'urbanisation, la périurbanisation et l'industrie, construction de grands barrages, le faucardage[4] et l'exploitation de gravières dans les fleuves[4]. etc. Les perturbateurs endocriniens pourraient aussi éventuellement être en cause (chez la moule, comme chez l'embryon ou la larve). Ils ont un rôle délétère ou reprotoxique qui a été démontré chez d'autres espèces, mais ne semblent pas avoir été étudiés chez les unionidae).
Les larves sont très sensibles à certains métaux lourds (plomb, mercure, cadmium.. mais aussi cuivre[5] fréquemment utilisé comme pesticide sous forme de sulfate de cuivre (bouillie bordelaise), ou relargué dans l'eau par des tuyauteries. Selon une étude nord américaine[6], certaines molécules présentes dans les eaux usées en sortie stations d'épuration affectent aussi les larves, en particulier les dérivés de l'ammoniac, et les chloramines (monochloramines surtout) alors que les systèmes de fosses septiques ne montrent pas d'impact significatifs. Les œufs pourraient être sensibles aux faibles quantités de pesticides de plus en plus souvent trouvées dans les eaux superficielles depuis les années 1960.

Surexploitation centenaire de certaines espèces[modifier | modifier le code]

Alors qu'on ne connaissait pas encore l'écologie particulière de ces espèces, les moules d'eau douce ont été très exploitées en Amérique du nord, essentiellement à partir du milieu du XIXe siècle, pour :

  • les perles d'eau douce,
  • la fabrication de boutons de nacres
  • la production de perles cultivées,

Partout et au même rythme, les rendements annuels de moules d'eau douce ont décru en Amérique du Nord, surtout aux États-Unis, avant que les captures par unité d'effort (CPUE) s'effondrent dans quelques-uns des plus importants sites américains de récolte de moules[7]. Des projets de gestion durable des ressources aquatiques peuvent inclure des plans de restaurations et des réintroductions, mais la moule dépend aussi d'un habitat restauré (qu'elle contribue à restaurer par ses capacités de filtration) et de la présence de ses poissons-hôtes. Dans certains sites, le recrutement de jeune générations est tombé à zéro, alors que des adulte sont encore relativement présents).

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon ITIS :

Genres et espèces, en France[modifier | modifier le code]

Eaux douces :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mouthon, 1982
  2. Exemple de découverte récente d'une espèce qui était non connue en Tunisie : N. KHALLOUFI & M. BOUMAÏZA ; Première note sur la présence d’Anodonta cygnea (Linnaeus, 1758) (Mollusca, Bivalvia, Unionidae) en Tunisie ; Recibido el 25 de octubre de 2004. Aceptado el 4 de mayo de 2005. ISSN: 1130-4251 (2005), vol. 16, 21-29
  3. Diversité et communauté divergentes de Moules d’eau douce (Unionidae) de deux rivières adjacente au Parc national Kouchibouguac, Nouveau-Brunswick ; Audrey Beaudet et al. (10 pages, PDF)
  4. a et b Aldridge, D. C. 2000. The impact of dredging and weed cutting on a population of freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae). Biological Conservation , 95: 247-25
  5. Résumé d'un article (anglais) sur la toxicité du cuivre pour les larves d'unionidae ;Peter J. Jacobson et al. ; Sensitivity of glochidial stages of freshwater mussels (Bivalvia unionidae) to copper ; Environmental Toxicology and Chemistry ; 1997 ; DOI:10.1897/1551-5028(1997)016<2384:SOGSOF>2.3.CO;2
  6. Stephanie E. Goudreau, Richard J. Neves et Robert J. Sheehan ; Effects of wastewater treatment plant effluents on freshwater mollusks in the upper Clinch River, Virginia, USA ; Ed : Springer Netherlands ; ISSN:0018-8158 (Version imprimée). 1573-5117 (Article Online) ; DOI:10.1007/BF00005471, 211-230 ; 30 septembre 2005 Voir le résumé
  7. ANTHONY James L. ; DOWNING John A. ; Exploitation trajectory of a declining fauna: a century of freshwater mussel fisheries in North America ; Canadian journal of fisheries and aquatic sciences ISSN:0706-652X CODEN CJFSDX  ; 001, vol. 58, no10, pp. 2071-2090 (2 p.1/4) Voir Fiche INIST/CNRS