Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola

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Drapeau de l'UNITA.

L'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, plus connue sous le nom d'UNITA (acronyme pour le nom en portugais União Nacional para a Independência Total de Angola), est un mouvement politique angolais.

Histoire[modifier | modifier le code]

La guerre d'indépendance de l'Angola est déclenchée en 1961 et contribue à affaiblir économiquement et politiquement le Portugal, métropole coloniale, qui connaît des bouleversements en 1974 quand la révolution des Œillets met à bas le régime conservateur de l’Estado Novo de Salazar. Malgré quinze années de guérilla ensemble contre l’armée portugaise, les trois mouvements indépendantistes angolais, le Front national de libération de l'Angola (FNLA), le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) ne parviennent que difficilement à signer entre eux, le 15 janvier 1975, un accord pour proclamer l’indépendance du pays le 11 novembre de la même année. Des accords de passation des pouvoirs sont signés par le gouvernement portugais avec les trois mouvements.

Mais en octobre 1975, le Front national de libération de l'Angola (FNLA) et l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), sociaux-démocrates, entrent en conflit avec le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) d’Agostinho Neto et de Elikia M'Bokolo, marxiste-léniniste[1]. Le 11 novembre 1975, alors que les combats continuent, le FNLA et l’UNITA proclament une « République démocratique et populaire » dans la ville de Huambo, tandis que le MPLA proclame à Luanda une « République populaire », état communiste appelé République populaire d'Angola, sous la présidence d’Agostinho Neto[2].

Vingt-cinq ans de guerre civile suivent, les populations n’acceptant pas toutes le régime communiste du MPLA, et le conflit étant attisé par le contexte de la guerre froide et des rivalités autour des ressources minières du pays : le MPLA est soutenu par le « camp stalinien » dont Cuba, tandis que le FNLA et l’UNITA sont soutenus par des états « conservateurs » : l’Afrique du Sud (guerre de la frontière sud-africaine), les États-Unis de Ronald Reagan ou de George H. W. Bush, ainsi que d’autres pays occidentaux ou africains (Félix Houphouët-Boigny de la Côte d'Ivoire ou Mobutu Sese Seko du Zaïre)[3].

En janvier 1988, à la bataille de Cuito Cuanavale, la victoire du MPLA et des Cubains sur les troupes de l’Afrique du Sud met un terme à la Guerre de la frontière sud-africaine.

Dès sa création, l’UNITA, se réclamant du socialisme démocratique, fut dirigée par son fondateur Jonas Savimbi jusqu’à sa mort. Dans le contexte de l’effondrement du Bloc de l’Est et du régime d’apartheid du Parti national en 1991[4], la guerre froide prend fin : tant le MPLA qu’Isaías Samakuva, successeur de Jonas Savimbi à la tpete de l’UNITA, renoncent à la lutte armée et se montrent favorable à un processus démocratique. L’UNITA obtient 16 sièges sur 120 lors des élections législatives angolaises de 2008.

La guerre civile a fait à peu près 1 million de morts et laissé des millions de mines anti-personnel qui tuent encore. Les identités sociales ethniques se maintiennent, mais, depuis la paix, un sentiment national angolais s'est développé dans les dernières décennies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Beaudet, Angola, bilan d'un socialisme de guerre, L'Harmattan, 1998, page 11
  2. , L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 224
  3. (en) « Obituary: Jonas Savimbi, Unita's local boy »,‎ 25 février 2002 (consulté le 12 décembre 2014)
  4. « Nelson Mandela et Cuba: une amitié basée sur la lutte anti-apartheid », lexpress.fr,‎ 7 décembre 2013 (consulté le 12 décembre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]