Union générale des étudiants de Tunisie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Union générale des étudiants de Tunisie (الاتحاد العام لطلبة تونس) ou UGET est un syndicat étudiant destiné à représenter les étudiants tunisiens et contribuer avec les autres organisations au développement du pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'UGET est constituée en 1952 sous l'impulsion du Néo-Destour ; son premier congrès se tient à Paris. Après l'indépendance, le président Habib Bourguiba tient à en faire le seul organisme représentatif des étudiants. Par conséquent, la Voix de l'étudiant, organisation zitounienne créée en février 1950, doit accepter la réunification le 8 juillet 1956.

Organe proche du pouvoir, l'UGET commence progressivement à adopter une position critique vis-à-vis du gouvernement. La commission administrative réunie les 2 et 3 janvier 1961 demande ainsi la rationalisation des secteurs clés de l'économie nationale, en particulier les mines, la réalisation d'une réforme agraire assurant la répartition des terres selon un critère de justice sociale et en sauvegardant une bonne rentabilité par la généralisation du système coopératif, et la création d'un cercle d'études économiques[1]. Ces voix discordantes commencent à se faire entendre et rapidement des « pressions ont été exercées en vue du renversement du bureau de la section de Grenoble »[2]. Toutefois, ce n'est qu'en 1971, lors du congrès de Korba, que les opposants à l'inféodation de l'UGET au Parti socialiste destourien au pouvoir deviennent majoritaires et refusent la tutelle du gouvernement. Des actes de violence et d'anarchie empêchent l'achèvement de ce 18e congrès. La crise atteint son paroxysme avec la révolte étudiante du 5 février 1972.

Pour les pro-destouriens, c'est un congrès légal à la suite duquel ils organisent un 19e et un 20e congrès dont ils sont pourtant les seuls à reconnaître la légitimité. Pendant 17 ans, l'université tunisienne est un terrain de luttes interminables entre les pro-destouriens, désormais marginalisés, et les opposants de différentes sensibilités (communistes, nationalistes et baâthistes puis aussi trotskistes, maoïstes et islamistes).

Après l'arrivée au pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, les opposants arrivent à tenir un « 18e congrès extraordinaire » entre le 30 avril et le 2 mai 1988. Samir Lâabidi, futur ministre du président Ben Ali, est élu secrétaire général de l'UGET. L'adhésion est toujours refusée aux pro-destouriens qui, par un retournement de l'histoire et grâce à la dépolitisation des étudiants et le renouvellement du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) finissent par devenir majoritaires au sein des instances représentatives. L'UGET, minée par les luttes internes, est depuis incapable de tenir son congrès. Elle est divisée en deux grands courants, l'un ayant accepté des négociations avec le régime de Ben Ali et l'autre s'y étant opposé. Comme au sein de l'UGTT, la direction du syndicat était plus proche politiquement du gouvernement que sa base[3].

La lutte est reportée sur la représentation au sein des conseils scientifiques des établissements universitaires où l'écrasante majorité des sièges est longtemps remportée par les étudiants destouriens de l'Organisation des étudiants du RCD. Après la révolution de 2011, le 15 mars 2012, l'UGET remporte les élections des conseils scientifiques en obtenant 175 sièges sur 485, soit 36 % du total, contre 152 sièges pour l'Union générale tunisienne des étudiants[4], soit 31,3 % du total.

Lors des préparatifs de son 25e congrès, l'UGET se trouve divisée entre deux tendances : d'un côté les syndicalistes radicaux (extrême gauche), les étudiants nationalistes, les baasistes et les patriotes démocrates à l'université (Wataj), de l'autre les étudiants proches du Parti des travailleurs, du Parti unifié des patriotes démocrates, du parti Taliâa (d'avant-garde) arabe démocratique (baasistes), du Parti socialiste, de la Voie démocratique et sociale, de la Ligue de la gauche ouvrière, etc. La première tendance tient son congrès les 24 et 25 mai 2013, élisant un bureau avec à sa tête pour la première fois une étudiante, Ameni Sassi[5],[6]. Un deuxième congrès se tient au même endroit, la faculté de droit de Tunis, et élit un autre bureau dont le secrétaire général, Wael Naouar, est proche du Parti des travailleurs[7].

Congrès[modifier | modifier le code]

Congrès Date Lieu Secrétaire général
1er 10-13 juillet 1953 Paris Mustapha Abdessalem
2e 14-15 juillet 1954 Nice Mansour Moalla
3e 23 juillet 1955 Tunis Abdelmajid Chaker
4e 1er-4 octobre 1956 Bir El Bey Hafedh Tarmiz
5e 20-24 août 1957 Tunis Tahar Belkhodja
6e 12-16 août 1958 La Marsa Tahar Belkhodja
7e 20-24 août 1959 Tunis Mongi Kooli
8e 9-13 août 1960 Radès Mohamed Sayah
9e 28 août-1er septembre 1961 Carthage Mohamed Sayah
10e 13-17 août 1962 Bizerte Abdelhamid Ammar
11e 15-20 août 1963 Le Kef Mokhtar Zannad
12e 17-23 août 1964 Monastir Abdelaziz Ghachem
13e 17-22 août 1965 Nabeul Abdelhay Chouikha
14e 9-15 août 1966 Tabarka Mohamed Ben Ahmed
15e 10-17 août 1967 Gabès Slim Aloulou
16e 12-17 août 1968 Menzel Temime Mahjoub Guerfali
17e 4-8 août 1969 Mahdia Aïssa Baccouche
18e (non achevé) 12-20 août 1971 Korba Habib Chaghal
18e (extraordinaire) 30 avril - 2 mai 1988 Tunis Samir Lâabidi
19e octobre 1989 Tunis Samir Hammouda
20e août 1991 Tunis Naoufel Ziadi
21e novembre 1993 Tunis Naoufel Ziadi
22e janvier 1997 Tunis Assef Yahyaoui
23e janvier 2000 Tunis Ezzeddine Zaâtour
24e juillet 2003 Tunis Ezzeddine Zaâtour
25e 24-25 mai 2013 Tunis Ameni Sassi
25e 25-26 mai 2013 Tunis Wael Naouar

Direction[modifier | modifier le code]

Au cours des trois premiers congrès, le premier responsable porte le titre de président et se trouve épaulé par un secrétaire général. Les trois secrétaires généraux ont été Abdelhakim Abdeljaoued (1953), Hamed Karoui (1954) et Mohamed Ben Abdesselem (1955). Mohamed Sayah a pour sa part fait partie de cinq bureaux différents : deux fois en tant que secrétaire général et trois fois en tant que membre chargé de l'information.

Parmi les premiers responsables de l'UGET, six sont devenus ministres (Moalla, Chaker, Belkhodja, Kooli, Sayah et Laâbidi), un est devenu secrétaire d'État (Ben Ahmed), deux gouverneurs (Zannad et Aloulou) et un ambassadeur (Ammar).

Abdelhay Chouikha, après avoir quitté le PSD, a été l'un des fondateurs du Mouvement des démocrates socialistes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Presse de Tunisie, 7 janvier et 8 février 1961
  2. Jeune Afrique, 4 et 10 février 1963
  3. (fr) Présentation de l'UGET (Immigration and Refugee Board of Canada)
  4. (fr) « Universités - Élections des conseils scientifiques : le taux de participation n'a pas dépasséles 20 % (ministère) », Tunis Afrique Presse, 16 mars 2012
  5. (fr) « Amani Sassi à la tête de l'UGET », Mosaïque FM, 25 mai 2013
  6. (fr) Salah Ben Hamadi, « L’UGET toujours aussi écartelée depuis le blocage historique de 1972 », Le Temps, 15 juin 2013
  7. (fr) Ferid Rahali, « L’UGET : L’union impossible ? », Nawaat, 30 mai 2013

Articles liés[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]