Union générale des étudiants de Tunisie
L'Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) (الاتحاد العام لطلبة تونس) est un syndicat étudiant destiné à représenter les étudiants tunisiens et contribuer avec les autres organisations au développement du pays.
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[modifier] Histoire
L'UGET est constituée en 1952 sous l'impulsion du Néo-Destour ; son premier congrès se tient à Paris. Après l'indépendance, le président Habib Bourguiba tient à en faire le seul organisme représentatif des étudiants. Par conséquent, la Voix de l'étudiant, organisation zitounienne créée en février 1950, doit accepter la réunification le 8 juillet 1956.
Organe proche du pouvoir, l'UGET commence progressivement à adopter une position critique vis-à-vis du gouvernement. La commission administrative réunie les 2 et 3 janvier 1961 demande ainsi la rationalisation des secteurs clés de l'économie nationale, en particulier les mines, la réalisation d'une réforme agraire assurant la répartition des terres selon un critère de justice sociale et en sauvegardant une bonne rentabilité par la généralisation du système coopératif, et la création d'un cercle d'études économiques[1]. Ces voix discordantes commencent à se faire entendre et rapidement des « pressions ont été exercées en vue du renversement du bureau de la section de Grenoble »[2]. Toutefois, ce n'est qu'en 1971, lors du congrès de Korba, que les opposants à l'inféodation de l'UGET au Parti socialiste destourien au pouvoir deviennent majoritaires et refusent la tutelle du gouvernement. Des actes de violence et d'anarchie empêchent l'achèvement de ce 18e congrès. La crise atteint son paroxysme avec la révolte étudiante du 5 février 1972.
Pour les pro-destouriens, c'est un congrès légal à la suite duquel ils organisent un 19e et un 20e congrès dont ils sont pourtant les seuls à reconnaître la légitimité. Pendant 17 ans, l'université tunisienne est un terrain de luttes interminables entre les pro-destouriens, désormais marginalisés, et les opposants de différentes sensibilités (communistes, nationalistes et baâthistes puis aussi trotskistes, maoïstes et islamistes).
Après l'arrivée au pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, les opposants arrivent à tenir un « 18e congrès extraordinaire » entre le 30 avril et le 2 mai 1988. Samir Lâabidi, futur ministre du président Ben Ali, est élu secrétaire général de l'UGET. L'adhésion est toujours refusée aux pro-destouriens qui, par un retournement de l'histoire et grâce à la dépolitisation des étudiants et le renouvellement du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) finissent par devenir majoritaires au sein des instances représentatives. L'UGET, minée par les luttes internes, est depuis incapable de tenir son congrès.
La lutte est reportée sur la représentation au sein des conseils scientifiques des établissements universitaires où l'écrasante majorité des sièges est remportée, depuis près de dix ans, par les étudiants destouriens de l'Organisation des étudiants du RCD.
[modifier] Congrès
| Congrès | Date | Lieu | Secrétaire général |
|---|---|---|---|
| 1er | 10-13 juillet 1953 | Paris | Mustapha Abdessalem |
| 2e | 14-15 juillet 1954 | Nice | Mansour Moalla |
| 3e | 23 juillet 1955 | Tunis | Abdelmajid Chaker |
| 4e | 1er-4 octobre 1956 | Bir El Bey | Hafedh Tarmiz |
| 5e | 20-24 août 1957 | Tunis | Tahar Belkhodja |
| 6e | 12-16 août 1958 | La Marsa | Tahar Belkhodja |
| 7e | 20-24 août 1959 | Tunis | Mongi Kooli |
| 8e | 9-13 août 1960 | Radès | Mohamed Sayah |
| 9e | 28 août-1er septembre 1961 | Carthage | Mohamed Sayah |
| 10e | 13-17 août 1962 | Bizerte | Abdelhamid Ammar |
| 11e | 15-20 août 1963 | Le Kef | Mokhtar Zannad |
| 12e | 17-23 août 1964 | Monastir | Abdelaziz Ghachem |
| 13e | 17-22 août 1965 | Nabeul | Abdelhay Chouikha |
| 14e | 9-15 août 1966 | Tabarka | Mohamed Ben Ahmed |
| 15e | 10-17 août 1967 | Gabès | Slim Aloulou |
| 16e | 12-17 août 1968 | Menzel Temime | Mahjoub Guerfali |
| 17e | 4-8 août 1969 | Mahdia | Aïssa Baccouche |
| 18e (non achevé) | 12-20 août 1971 | Korba | Habib Chaghal |
| 18e (extraordinaire) | 30 avril - 2 mai 1988 | Tunis | Samir Lâabidi |
| 19e | novembre 1989 | Tunis | Samir Hammouda |
| 20e | août 1991 | Tunis | Naoufel Ziadi |
| 21e | novembre 1994 | Tunis | Naoufel Ziadi |
| 22e | janvier 1997 | Tunis | Assef Yahyaoui |
| 23e | janvier 2000 | Tunis | Ezzeddine Zaâtour |
| 24e | juillet 2003 | Tunis | Ezzeddine Zaâtour |
[modifier] Direction
Au cours des trois premiers congrès, le premier responsable porte le titre de président et se trouve épaulé par un secrétaire général. Les trois secrétaires généraux ont été Abdelhakim Abdeljaoued (1953), Hamed Karoui (1954) et Mohamed Ben Abdesselem (1955). Mohamed Sayah a pour sa part fait partie de cinq bureaux différents : deux fois en tant que secrétaire général et trois fois en tant que membre chargé de l'information.
Parmi les premiers responsables de l'UGET, six sont devenus ministres (Moalla, Chaker, Belkhodja, Kooli, Sayah et Laâbidi), un est devenu secrétaire d'État (Ben Ahmed), deux gouverneurs (Zannad et Aloulou) et un ambassadeur (Ammar).
Abdelhay Chouikha, après avoir quitté le PSD, a été l'un des fondateurs du Mouvement des démocrates socialistes.
[modifier] Références
- La Presse de Tunisie, 7 janvier et 8 février 1961
- Jeune Afrique, 4 et 10 février 1963