Unha

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Unha-2
La Unha-3 sur son pas de tir avant son lancement raté du 13 avril 2012.

Unha (en coréen 은하, 銀河 c'est-à-dire Galaxie) est une famille de lanceurs légers développés par la Corée du Nord dont le premier tir emportant un satellite a eu lieu en 2009. Un deuxième lancement a eu lieu en avril 2012 mais s'est conclu par un échec comme, selon les sources occidentales et russe, le précédent. Une troisième fusée a été lancée avec succès en décembre 2012 Les informations disponibles sur le lanceur, compte tenu de la nature très secrète du régime au pouvoir, sont indirectes et parcellaires. La fusée a des caractéristiques très proche du missile balistique à longue portée Taepodong-2 dont le développement a été condamné par une Résolution des Nations Unies prise en 2006. Aussi les tirs de l'Unha sont considérés comme autant de menaces en particulier par les voisins immédiats de la Corée du Nord, Japon et Corée du Sud ainsi que par les États-Unis.

Caractéristiques techniques de la version Unha-2[modifier | modifier le code]

Le lanceur, dans la version tirée en 2009, a une longueur d'environ 30 mètres pour un diamètre maximal de 2,4 mètres et une masse au décollage de 90 tonnes. Le lanceur Unha comprend trois étages[1],[2] :

  • Le premier étage est un héritage du missile balistique nord-coréen à courte portée Nodong lui-même dérivé du Scud soviétique. L'étage de l'Unha utilise 4 moteurs du Nodong qui fournissent une poussée au décollage de 1 138 kN (114 tonnes). Chaque moteur dispose de sa propre turbopompe et consomme un mélange hypergolique d'UDMH et d'acide nitrique (AK-27 remplacé par du peroxyde d'azote sur Unha-3).
  • Le second étage utilise un moteur développé par la Corée du Nord et brûle les mêmes ergols que le premier étage. Sa conception est identique au second étage du lanceur iranien Safir (fourni par la Corée du Nord) avec un diamètre plus important (1,5 mètres). La poussée dans le vide serait de 147 kN et le temps de combustion de 300 secondes.
  • Le troisième étage qui est incorporé dans la coiffe utilise un propergol solide et serait identique à un étage supérieur du lanceur chinois Longue Marche 1. La poussée serait de 35 kN et le temps de combustion d'environ 107 secondes.

La charge utile pour l'orbite basse est d'environ 100 kg pour la version Unha-2.

Historique[modifier | modifier le code]

Unha 1[modifier | modifier le code]

Le lanceur Unha-2 prend la suite d'un lanceur de taille plus modeste appelé Unha-1 qui a été tiré une fois le 5 juillet 2006 mais qui a explosé après le décollage. Le premier étage de ce lanceur était un missile Nodong allongé de 4,5 mètres et le second étage un développement nouveau analogue au Safir IRLV propulsé par deux petits moteurs-fusée[3].

Unha 2 (2009)[modifier | modifier le code]

Le 5 avril 2009, la Corée du Nord lance depuis la base de Musudan-ri la fusée Unha-2 porteuse du satellite de télécommunications Kwangmyŏngsŏng-2 (en coréen étoile brillante). Les dirigeants coréens affirment que le lancement est un succès et que le satellite a été placé sur une orbite elliptique de 490 × 1 426 km pour un inclinaison de 40,6°. Mais cette affirmation est contesté par les spécialistes internationaux (occidentaux et russes) qui affirment que le lanceur nord coréen n'a placé aucun objet en orbite[4].

Unha 3 (2012)[modifier | modifier le code]

Le , la Corée du Nord a lancé une version légèrement plus puissance baptisée Unha-3 porteuse d'un satellite baptisé Kwangmyŏngsŏng-3 depuis la nouvelle base de lancement de Sohae située sur la côte occidentale à 50 kilomètres de la ville frontalière chinoise de Dandong. Il s'agissait de marquer le centième anniversaire de la naissance du dirigeant fondateur de la Corée du Nord Kim Il-Sung. Le satellite, destiné à l'observation de la Terre d'après les déclarations officielles nord coréennes, devait être placé sur une orbite polaire. L'impulsion spécifique du premier et du second étage de la version du lanceur utilisée est améliorée de plus de 4 % grâce au remplacement de l'acide nitrique par du peroxyde d'azote[4],[2]. La fusée a explosé peu après son lancement alors qu'elle avait atteint l'altitude de 120 kilomètres et sans doute avant la séparation du premier et du second étage. Les débris du lanceur sont retombés dans la mer Jaune à 165 kilomètres à l'ouest de Séoul. Alors que le régime avait nié l'échec du lancement de 2009, il a cette fois reconnu la défaillance du lanceur[5].

Modèle Unha-9 en vedette à Pyongyang.

Le à 00:49 UTC, un tir est effectué avec succès emportant un satellite nommé Kwangmyŏngsŏng 3 numéro 2 d'une masse de 100 kg faisant de la Corée du Nord la 10e puissance spatiale[6].

Comme pour le tir de 2009, les lancements de 2012 est condamné par la majorité des États y compris la République populaire de Chine car il est assimilé à une tentative de mise au point d'un missile balistique à longue portée : la Résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2006 frappe d'interdit les travaux de la Corée du Nord dans ce domaine [7] .

Historique des lancements[8]
Désignation Date de lancement Charge utile Résultats Remarques
Unha-1 5/7/2006  ? échec
Unha-2 5/4/2009 Kwangmyŏngsŏng-2 échec (source occidentale)
Unha-3 13/4/2012 Kwangmyŏngsŏng 3 échec Version utilisant du peroxyde d'azote
Unha-3 12/12/2012 Kwangmyŏngsŏng 3 numéro 2 succès

Avenir du programme[modifier | modifier le code]

L'édition internet du Rodong Sinmun du 3 janvier 2013, a cité un scientifique disant qu'il y aurait six autres lanceurs de satellites. Les rapports indiquent que l'Unha 4 et 5 sont destinés à lancer des satellites d'observation de la Terre, Unha 6, 7 et 8 mettrait probablement en orbite des satellites de communication et Unha 9 porterait un orbiteur lunaire[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Norbert Brügge, « North Korea's impressive space launch vehicle "Unha-2" »,‎ 26/3/2012
  2. a et b (en)Norbert Brügge, « Unha : Vehicle Design » (consulté en 3/4/2012)
  3. (en)Norbert Brügge, « Unha-1 » (consulté en 4/4/2012)
  4. a et b (en)Norbert Brügge, « Unha-2 » (consulté en 4/4/2012)
  5. (en)STEPHEN CLARK, « Reports: North Korean rocket launch ends in failure », sur spaceflightnow.com,‎ 13 avril 2012
  6. (en) « North Korea defies warnings to launch rocket », BBC,‎ 12 décembre 2012 (consulté le 12 décembre 2012)
  7. (en) « Résolution 1718 (2006) », publications des Nations Unis,‎ 14 octobre 2006 (lire en ligne)
  8. (en)Gunter Dirk Krebs, « Unha-2 ("Taepodong-2") », sur Günter's space page (consulté le 4 avril 2012)
  9. « More N. Korean Long-Range Rocket Launches Expected 'Soon' », VOA,‎ 31 juillet 2013 (consulté en 2013-08-30)

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Brian Harvey, Henk H.F. Smid, Theo Pirard, Emerging space powers : the new space programs of Asia, the Middle East and South America, Springer Praxis,‎ 2010 (ISBN 978-1-4419-0873-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Taepodong-2 : la version militaire du lanceur Unha-2.
  • Nodong : missile à courte portée utilisé pour développer le premier étage
  • Safir : lanceur iranien développé avec l'aide de la Corée du Nord et partageant de nombreuses caractéristiques avec les lanceurs Unha
  • Scud

Liens externes[modifier | modifier le code]