Une allée du Luxembourg

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Une allée du Luxembourg est un poème de Gérard de Nerval de 1832[1]. Il décrit le passage d'une jeune fille et les émotions que cela entraîne chez le poète.

Poème[modifier | modifier le code]

Elle a passé la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau :

À la main une fleur qui brille,

À la bouche un refrain nouveau.


C’est peut-être la seule au monde

Dont le cœur au mien répondrait,

Qui venant dans ma nuit profonde

D’un seul regard l’éclaircirait !


Mais non, ma jeunesse est finie…

Adieu, doux rayon qui m’a lui,

Parfum, jeune fille, harmonie…

Le bonheur passait, il a fui !

Odelettes, 1839

Forme poétique[modifier | modifier le code]

Le poème est composé de trois quatrains d'octosyllabes utilisant les dierèses, avec rimes alternées et respect de l'alternance entre rimes masculines et rimes féminines.

Analyse[modifier | modifier le code]

Thématique[modifier | modifier le code]

  • L'amour : ce poème parle bien entendu d'amour (« C'est peut-être la seule au monde / Dont le cœur au mien répondrait. »)
  • La fuite du temps : le poème rappelle la fuite du temps, avec notamment la sentence « ma jeunesse est finie... »
  • La musicalité : le poème renvoie à une idée de musicalité, avec le champ lexical : « preste », « refrain », « oiseau » et « harmonie ».

Images[modifier | modifier le code]

  • La lumière : elle joue un rôle prépondérant dans le poème, avec une opposition entre la luminosité de la jeune fille (sa fleur « brille », c'est un « doux rayon » qui « lui[t] ») qui « éclaircirait » la « nuit profonde » dans laquelle est plongé le poète.
  • La jeune fille : elle est emblématique (utilisation du déterminant défini), gaie et printanière. Cette idée de renouvellement est mise en valeur par la comparaison « comme un oiseau » et les adjectifs « vive et preste », « nouveau », sans oublier le verbe « elle a passé ». C'est une allégorie de la jeunesse.
  • Le cadre : il est agréable et bucolique, on peut parler de locus amoenus.

"Ma jeunesse est finie"[modifier | modifier le code]

Lorsque Gérard de Nerval a écrit "ma jeunesse est finie", il a seulement 24 ans. C'était avant qu'il ne s'amourache de Jenny Colon en 1837, d'un amour non partagé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Odelette 1832