Un taxi pour Tobrouk

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Un taxi pour Tobrouk

Réalisation Denys de La Patellière
Scénario Denys de La Patellière
René Havard
Acteurs principaux
Sociétés de production Continental
Franco London Films
SNE Gaumont
Procusa
Pays d’origine Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Drame
Film de guerre
Sortie 1961
Durée 95 minutes
(Drapeau de l'Allemagne Allemagne : 89 minutes)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un taxi pour Tobrouk est un film français réalisé par Denys de La Patellière, sorti en 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film commence par une sorte de flash back la nuit du réveillon de Noël 1941 et comment les divers personnages du film la passent :

  • le capitaine Ludwig von Stegel quittant sa famille dans son château de Poméranie ;
  • le brigadier Théo Dumas accueilli par une famille anglaise à Londres tout en pensant à son bistrot du faubourg Montmartre ;
  • François Gensac quitte sa grand-mère à Ablis pour rejoindre Londres après « s'être toujours ennuyé » ;
  • Samuel Goldmann quitte la France à bord d'un bateau pour éviter les persécutions antisémites ;
  • Jean Ramirez, condamné à mort prépare son évasion de prison.

Le film se poursuit en octobre 1942 à Tobrouk dans la Libye occupée par les Allemands. On retrouve un commando du LRDG des FFL qui vient de perpétrer une attaque contre une position allemande. Le lieutenant qui les commande a été tué, et les quatre hommes restants se retrouvent livrés à eux-mêmes.

À bord de leur véhicule, le commando se dégage de Tobrouk en direction de El-Alamein, mais se perd dans le désert. Il est survolé par un avion et décide de masquer sa nationalité, sachant que les Allemands ont capturé beaucoup de véhicules anglais. Malgré le fait qu'il soit allemand, il ne les attaque pas. C'est alors que Jean Ramirez tire sur l'avion à la mitrailleuse. Il le touche, mais l'avion a le temps de revenir incendier le véhicule. Le commando essaie de sauver « la radio, la flotte », mais en vain.

Dès lors, c'est la fin. Sans vivres, ni eau, ni radio. Le commando se sépare : les durs (Dumas et Ramirez) décidés à marcher pour tout tenter ; les intellectuels (Gensac et Goldmann) décidés à attendre la mort sur place. Mais finalement, ils partent tous les quatre à la recherche de quoi les sauver.

Après une longue marche, ils tombent sur les traces d'un véhicule. Ils les suivent et surprennent une patrouille allemande. Bien embusqués, ils abattent les quatre soldats allemands et vont voir la voiture. C'est alors qu'ils découvrent un officier allemand (von Stegel) qui a échappé au massacre. Après avoir enterré les soldats allemands, ils partent pour rallier les lignes anglaises.

Von Stegel prévient le commando qu'ils vont vers une zone de sables mouvants, mais ceux-ci ne l'écoutent pas et s'ensablent. À court d'essence, ils se rapprochent des lignes allemandes. Ils finissent par s'intégrer dans un convoi allemand pour se ravitailler. Ils échappent à la menace d'un prisonnier qui reconnaît Goldmann et crie bêtement son nom.

Ils quittent la colonne allemande et poursuivent leur route. Lors d'un nouvel ensablement, le capitaine von Stegel s'empare du véhicule, fait prisonnier les quatre Français et veut retourner vers Tobrouk. Le brigadier ensable de nouveau le véhicule et les quatre Français refusent de le dégager. Il s'ensuit une très longue période d'observation. Le capitaine seul contre quatre finit par s'endormir et les quatre Français reprennent le contrôle du véhicule.

Par hasard, ils se retrouvent à devoir traverser un champ de mines et de barbelés en plein désert. Une fois engagés, ils hésitent à poursuivre et reculent sur leurs traces. Descendus tous deux, l'Allemand évite alors à Dumas de sauter lui aussi sur une mine. Gensac, descendu pour aider Dumas, saute sur une mine et est grièvement blessé.

À proximité d'El Alamein, ils s'arrêtent pour faire un piqûre à François. Le brigadier en arrive à ne plus vouloir remettre l'officier allemand aux autorités. Pendant qu'il réfléchit un peu à l'écart, un blindé allié tire sur le véhicule allemand, et par un coup au but tue les quatre autres rescapés.

Le film se termine avec le défilé de la victoire, où le brigadier se fait vertement reprendre par un spectateur, alors qu'il a gardé sa casquette au passage des troupes. « Excusez-moi, je pensais à autre chose », répond-il.

Autour du film[modifier | modifier le code]

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Commentaire[modifier | modifier le code]

Dialogué par de Michel Audiard, ce film démontre surtout l'apparente absurdité des situations qui se créent pendant une guerre, et que celle-ci ne règle pas. L'antimilitarisme[1] du film est son fil conducteur, et les échanges entre les officiers et les hommes du rang, entre les Français et l'Allemand, sont empreints finalement d'une sorte de camaraderie qui les met tous égaux face à la guerre et ses ravages.[réf. nécessaire]

Lino Ventura et Charles Aznavour sont entourés de trois seconds rôles aussi bons acteurs. Savoir qui va finalement l'emporter, de l'Allemand ou des Français, reste toujours aussi délicieux à voir : ce huis-clos en plein désert sera vraiment une révélation pour ces hommes.[réf. nécessaire]

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Le film est une adaptation du roman éponyme de René Havard.

L'action du film s'inspire probablement de l'histoire des parachutistes des forces françaises libres incorporés dans le Special Air Service britannique qui furent chargés d'effectuer des sabotages sur les arrières de l'Afrika Korps du général Rommel durant la Guerre du désert en 1942-1943. Ils sabotèrent notamment des bases aériennes allemandes en détruisant des avions au sol. Ces raids de commandos se faisaient en parcourant des centaines de kilomètres en jeep à travers le désert[2].

D'après Pierre Bellemare, Un taxi pour Tobrouk serait la version fortement modifiée d'une histoire réelle de deux soldats danois et allemand s'étant perdus lors d'une poursuite au Groenland en 1943 puis ayant fait le chemin de retour, à demi morts, ensemble.[réf. nécessaire]

Le personnage joué par Lino Ventura informe ses trois compagnons, dont Charles Aznavour, que le vœu du lieutenant qui vient d'être tué au combat était d'aller à Ploërmel, Morbihan, il ajoute : « On n'y est pas encore ! » Un hommage probable au parachutage, en juin 1944, d'un bataillon de SAS français sur le maquis de Saint-Marcel près de Ploërmel, dans le cadre du débarquement en Normandie[3].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film n'a pas pu être tourné en Afrique en raison du refus des compagnies d'assurance, et il a été tourné en Espagne près d'Almeria[4]. En raison de l'impossibilité de disposer de matériel militaire, les camions allemands ont été reconstitués à partir de camions de légumes et les chars allemands à partir de tracteurs recouverts de décors en placoplatre[4].

Remarque[modifier | modifier le code]

Le personnage de Lino Ventura est qualifié du grade de « brigadier » alors qu'en tant que fusilier marin il devrait être normalement appelé « quartier-maître ».

Lors d'une séquence, le personnage joué par Maurice Biraud parle à celui joué par Charles Aznavour de la rue Monsieur-le-Prince à Paris, référence à la rue où le chanteur français a vu le jour le 22 mai 1924.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Le film a été vu par 4 946 000 spectateurs[6], et a reçu le Grand prix du cinéma français 1961[6].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un taxi pour Tobrouk pour réviser sa Libye », sur Rue89, 23 février 2011.
  2. les bérets rouges (1952) de Henry Corta (1921-1998), lieutenant parachutiste FFL, amicale des anciens parachutistes SAS
  3. Les bérets rouges (1952) de Henry Corta
  4. a et b Commentaires du réalisateur Denys de La Patellière dans les bonus du DVD
  5. Les anges dans nos campagnes
  6. a et b Brochure incluse dans le DVD.