Un point bleu pâle

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La Terre, petit point bleu pâle. « Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. » Carl Sagan.

Un point bleu pâle (Pale Blue Dot en anglais) est une célèbre photographie de la planète Terre prise par la sonde Voyager 1 en 1990. C'est aussi un livre inspiré par cette photo, écrit en 1994 par Carl Sagan.

La photographie[modifier | modifier le code]

Le 14 février 1990, la NASA commanda à la sonde Voyager 1 qui avait terminé sa mission primaire, de se retourner et de photographier les planètes qu'elle avait visitées[1],[2]. La NASA compila 60 images de cet évènement unique en une mosaïque du système solaire[3] (connue sous le nom de Portrait de famille). Une des images que Voyager renvoya était celle de la Terre à 6,4 milliards de kilomètres (soit plus de 42 UA)[4], juste « un point bleu pâle » dans la photo granuleuse[5]. Le minuscule point est presque perdu dans la lueur du Soleil.

À ce moment-là, l'océan Pacifique renforçait l'aspect bleu de la Terre, ce qui n'aurait pas été le cas quelques heures plus tard avec l'Afrique et l'Asie.

Le livre[modifier | modifier le code]

Le livre est divisé en trois parties. La première examine la prétention faite à travers l'histoire que la Terre et l'espèce humaine sont uniques. La seconde partie décrit les découvertes scientifiques faites à travers le système solaire et les raisons communément évoquées pour les vols spatiaux habités. En dernière partie, Sagan suggère que l'exploration et la colonisation de l'espace et d'autres mondes sont essentielles pour la survie à long terme de l'espèce humaine et de la vie terrestre.

Description de la photo par Sagan[5] :

« Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d'une fraction d'un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d'un recoin de ce pixel sur d'indistincts habitants d'un autre recoin. Comme ils peinent à s'entendre, comme ils sont prompts à s'entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre propre importance imaginée, l'illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l'univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle. Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité - dans toute cette immensité - il n'y a aucun signe qu'une aide viendra d'ailleurs nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu'à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n'y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S'installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c'est sur Terre que nous prenons position.

On a dit que l'astronomie incite à l'humilité et fortifie le caractère. Il n'y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »

— Carl Sagan, Pale Blue Dot: A Vision of the Human Future in Space

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « A Pale Blue Dot », Big Sky Astronomy Club. Consulté le 2 avril 2006.
  2. (en) « Pale Blue Dot », The Planetary Society. Consulté le 27 juillet 2006.
  3. (en) « Pale Blue Dot », produit no P7452, Sky Image Lab Astrophoto. Consulté le 2 avril 2006.
  4. (en) Robert Roy Britt, « Pale Blue Dot », Space.com. Consulté le 2 avril 2006. Britt évalue la distance à « plus de 4 milliards de miles » (« more than 4 billion miles »).
  5. a et b (en) Sagan 1994, chap. « You Are Here », p. 8-9 [extrait].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]