Un coup de tonnerre (nouvelle)

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Un coup de tonnerre
Publication
Auteur Ray Bradbury
Titre d'origine A Sound of Thunder
Langue Anglais américain
Parution New York, 28 juin 1952
dans le magazine Collier's
Intrigue
Genre Science-fiction

Un coup de tonnerre (titre original : A Sound of Thunder) est une nouvelle de Ray Bradbury, publiée en 1952. Elle expose la problématique du Voyage dans le temps et montre, si de telles occasions se présentaient, quel serait l'impact sur l'avenir si des individus venus du futur altéraient un élément du passé, aussi petit qu'il soit. On retrouve ainsi dans le livre la théorie de l'effet papillon.

Résumé[modifier | modifier le code]

En l'an 2055, un chasseur connu sous le nom de Eckels part dans une agence de voyage dans le temps qui lui propose de remonter 60 millions d'années en arrière pour chasser un Tyrannosaurus rex. La veille, un politicien sous le nom de Keith gagne les élections présidentielles des États-Unis contre son opposant présumé fasciste, Deutcher.

En compagnie de quatre autres individus, Travis, le guide principal, Lesperance, son collègue, et deux autres clients, Billings et Kramer, il va partir dans une machine à remonter le temps où lui seront données les strictes instructions de sa partie de chasse : après s'être désinfectés et protégés pour n'apporter aucun microbe dans ce monde du passé, les chasseurs doivent marcher sur une passerelle construite sur un métal "antigravitation" suspendu en l'air à 10 centimètres au-dessus du sol et ne touchant ni brin d'herbe, ni feuille, ni arbre, qu'ils ne doivent en aucun cas quitter. Ils ne doivent tirer que sur les animaux marqués par une peinture rouge envoyée plus tôt par l'un des guides, qui a étudié le comportement des créatures en vue d'être chassés. Les animaux destinés à être tués sont tous destinés à mourir quelques minutes après, écrasés par un arbre ou noyés dans une mare de goudron, pour éviter de détruire un animal clé pour l'évolution à venir.

En effet, selon le guide, détruire dans le passé un petit animal, une plante, une souris, un insecte, un poisson peut, des millions d'années à venir, créer des effets incalculables dans l'évolution. En tuant une souris, on tue toutes les souris descendantes de cette même souris, ainsi que les prédateurs qui devraient les manger, puis les plus gros animaux prédateurs devant manger ces plus petits prédateurs, et les créatures se nourrissant du cadavre de ces animaux ; avec le temps, on peut tuer un homme préhistorique qui devrait donner vie à tout un peuple, une civilisation. Les effets sur l'histoire seraient alors incalculables.

Les cinq individus sortent alors de la machine et, avec une grande prudence, traversent la jungle préhistorique. C'est alors qu'ils aperçoivent le Tyrannosaure. Eckels est impressionné et se rend à l'évidence : ils ne pourraient jamais tuer une telle créature. Il part à tâtons jusqu'à la machine, mais le dinosaure l'aperçoit, et se rue sur les chasseurs. Eckels, par accident, sort de la passerelle et marche sur la terre, emportant un peu de boue sur ses chaussures, et malheureusement pour lui, quelque chose de bien plus grave... Quant aux autres chasseurs, ils finissent, après plusieurs coups de feu, à abattre le monstre, non sans difficulté. Travis est furieux contre Eckels d'avoir marché en dehors de la passerelle ; il l'oblige à retirer les balles du corps du Tyrannosaure avant de retourner dans le futur. Après qu'Eckels a retiré toutes les balles, ils repartent tous dans la machine et retournent en 2055.

Les chasseurs ressortent de la machine. Travis traque la moindre différence ; Eckels, quant à lui, sent que quelque chose a changé. L'atmosphère, les gens, les immeubles, le guichet, l'homme de la réception, tout diffère. Et le panneau d'entrée est écrit dans une orthographe étrange.

Eckels, terriblement tendu, gratte la boue ancrée sous ses semelles ; il y découvre alors, incrusté, un papillon mort, qu'il avait tué par accident lorsqu'il avait marché sur la terre 60 millions d'années plus tôt, sans s'en rendre compte. Ainsi, la mort d'un simple insecte aura suffi à créer une réaction en chaîne, ou effet domino, se répercutant pendant des millions d'années, altérant le cours de l'évolution de la planète et l'histoire de l'humanité. Pris d'un doute, il demande alors à l'homme du guichet qui a gagné les élections la veille, et ce dernier, riant, lui répond que Deutcher les a largement remportées contre son rival politique Keith.

Il tente de convaincre Travis de revenir dans le passé, mais ce dernier refuse. Travis lève sa carabine et tire. On suppose qu'il a tué Eckels. L'histoire termine par la phrase "Il y eut un coup de tonnerre".

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Un film du même nom, réalisé par Peter Hyams et librement inspiré de la nouvelle de Ray Bradbury, est sorti en 2005, ainsi qu'un jeu vidéo titré A Sound of Thunder.

Erreurs[modifier | modifier le code]

La nouvelle ayant été écrite en 1952, à une époque où les connaissances scientifiques sur le Mésozoïque étaient bien moindres qu'à l'heure actuelle, on notera qu'elle contient plusieurs erreurs scientifiques :

  • Les chasseurs remontent 60 millions d'années en arrière pour rencontrer un Tyrannosaure ; or, à cette époque, les dinosaures avaient tous disparu (la fameuse extinction du crétacé). À l'époque où le livre a été écrit, l'hypothèse de la collision par météorite n'existait pas et on n'avait qu'une idée assez approximative de la date exacte de l'extinction des dinosaures. Il aurait fallu que les chasseurs aient remonté le temps d'au moins 65 millions d'années avant notre ère pour rencontrer un T-Rex. L'"erreur" a été plus au moins corrigée dans l'adaptation cinématographique, les chasseurs remontant à 65 millions d'années avant notre ère, mais elle a laissé place à une autre erreur : l'apparition, non pas d'un T-Rex, mais d'un Allosaure, espèce disparue au crétacé et propre au Jurassique. Le remplacement du T-Rex par un Allosaure dans le scénario est probablement motivé par un désir de variété, le tyrannosaure ayant été mis en scène à satiété dans le milieu cinématographique, notamment dans des films tels que Jurassic Park.
  • Les mares de goudron (en) n'existaient pas à l'époque des dinosaures, mais au cénozoïque (même si l'on a retrouvé des restes de dinosaures empêtrés dans une fange mouvante dans un gisement du jurassique dans l'Utah ainsi que des dinosaures morts asphyxiés dans des sources chaudes lâchant des gaz sulfureux toxiques pendant le crétacé supérieur, à l'ouest des États-Unis). Cette erreur est courante dans le milieu littéraire et cinématographique. La même erreur a été reprise dans le film.
  • Il est insinué dans le livre que certains dinosaures auraient deux cerveaux : un sur la tête, un autre, loin derrière, dans la colonne vertébrale, une hypothèse existante, proposée à cause du fait que certains dinosaures auraient un cerveau trop petit pour un corps énorme (cette théorie a été proposée pour les stégosauridés, dont le cerveau a la taille d'une noix). Théorie renforcée par le fait que l'on a trouvé, sur la moelle épinière des stégosauridés et de certains sauropodes, une cavité susceptible d'abriter un deuxième cerveau. Maintenant, on pense qu'il s'agirait non pas d'un autre cerveau, mais d'une zone de connexion entre les nerfs de la queue et des pattes.
  • Le tyrannosaure courait bien moins vite que ce qu'indique le livre.

Note[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]