Un cœur pris au piège

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Un cœur pris au piège

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Barbara Stanwyck

Titre original The Lady Eve
Réalisation Preston Sturges
Scénario Preston Sturges
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Screwball comedy
Sortie 1941
Durée 94 minutes (1 h 34)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Henry Fonda

Un cœur pris au piège (The Lady Eve) est un film américain de Preston Sturges sorti en 1941.

Brillante satire sur la guerre des sexes et le monde des milliardaires, Un cœur pris au piège est l’un des derniers feux de la Screwball comedy, genre qui connut son apogée dans les années 1930.
Classique de la comédie hollywoodienne, le film mélange les gags burlesques à l’humour sophistiqué servis par des dialogues bien enlevés, le tout mené par deux comédiens au meilleur de leur forme Barbara Stanwyck et Henry Fonda.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Sur le bateau qui le ramène à New York après un voyage en Amazonie, un riche et naïf Américain, Charles Pike, fils du roi de la bière, constitue une proie toute trouvée pour Jean Harrington, séduisante aventurière partie à la pêche au mari. La rencontre se mue vite en idylle mais, à la suite d’un malentendu, le couple se sépare en très mauvais termes. Jean décide de se déguiser et de se faire passer pour une ressortissante britannique. Ainsi travestie, elle s’emploie à tourmenter Charles.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Redécouvert en Europe grâce à des rétrospectives et des reprises de ses films dans les années 1980[1], Preston Sturges avait été « sinon oublié, du moins perdu de vue[2] » dès la fin de sa carrière.
    Un cœur pris au piège est son troisième film. C’est grâce au succès de Gouverneur malgré lui, son premier film, pour lequel Sturges a gagné l’Oscar du meilleur scénario original en 1941, qu’il put mettre en chantier Un cœur pris au piège[3]. En effet, la Paramount Pictures, n’attendant même pas que son deuxième film soit distribué, lui confie la mise en scène d’un autre de ses scénarios. Le réalisateur va alors bénéficier d’un budget important et d’une distribution de premier plan[3].
    Sturges avait commencé à écrire ce scénario, dès 1938, à Reno[4]. Intitulé « Two Bad Hats » et basé sur une histoire de Monckton Hoffe, le synopsis de départ est axé sur les personnages de deux tricheurs à bord d’un paquebot, un scénario qui va évoluer en cours d’écriture. « J'ai suivi mes habitudes : j'ai oublié l'histoire initiale » déclarera Preston Sturges[5]. C’est l’une des rares fois où le réalisateur ne travailla pas sur son propre synopsis.
    Sturges pense immédiatement à Claudette Colbert pour le rôle féminin[6], celle-ci n’est pas libre[5]. Le script passera ensuite dans les mains de Madeleine Carroll, Paulette Goddard, Joel McCrea et Fred MacMurray, mais Preston Sturges va imposer ses choix à la Paramount : Barbara Stanwyck et Henry Fonda[6]. Ce dernier sera emprunté à la 20th Century Fox[3]. L’acteur, alors que son rôle dramatique dans Les Raisins de la colère est encore dans toutes les mémoires, va enthousiasmer la critique de l’époque avec sa prestation comique d’un personnage timide et benêt[3]. Quant à Barbara Stanwyck, tout aussi louangée, avait pourtant dit à Preston Sturges : « Je ne suis pas faite pour la comédie. » Il répondit : « Ça ne fait rien. Vous allez en faire une[5]. »
    Leur brillante interprétation[7],[8] est saluée comme une révélation en matière de comédie et pourtant les deux acteurs ne sont pas à leur coup d’essai en matière de comédie[3]. Ils ont déjà tourné ensemble dans Miss Manton est folle, une comédie policière et Barbara Stanwyck venait d’incarner une voleuse incorrigible dans une comédie de Mitchell Leisen, L’Aventure d’une nuit, sur justement un scénario de Sturges.
  • Le film est autant un succès public que critique. Bosley Crowther, critique du New York Times écrivit : « C'est la meilleure comédie, un bijou d'absurdité, depuis « New York-Miami[5]. » Howard Barnes, du New York Tribune verra « un chef-d’œuvre du non-sens[3] ». Un cœur pris au piège a été élu meilleur film de l'année par le New York Times, et a été classé parmi les dix premiers films au box-office[9].
  • La scène d’ouverture dans la jungle se tourna au lac Baldwin, du Los Angeles County Arboretum et au Jardin botanique à Arcadia, en Californie[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, Nathan/Omnibus,‎ 1995 (1re éd. 1991) (ISBN 2-258-04027-2)
  2. Pierre Kast – [[Positif (revue)|]] no 281-282
  3. a, b, c, d, e et f Le cinéma Grand histoire illustrée du 7e art – volume 3 – 1982 - Éditions Atlas
  4. Imdb
  5. a, b, c et d Le Nouvel Observateur - no 333/2226 - 05 juillet 2007
  6. a et b Patrick Brion, La comédie américaine : les grands classiques américains : de "L'admirable Crichton" à "Un jour sans fin, Paris, La Martinière,‎ 1998 (ISBN 2-732-42388-2)
  7. Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma : les films, Paris, R. Laffont,‎ 1992 (ISBN 2-221-09112-4)
  8. Pierre Murat (dir.), Le guide du cinéma : 15.000 films à voir, télé, vidéo, DVD, Paris, Télérama,‎ 2009 (ISBN 978-2-914-92709-3)
  9. Tcm.com
  10. (en) Liste des films sélectionnés pour préservation au National Film Registry sur le site de la Bibliothèque du Congrès.
  11. Wikipedia anglais

Liens externes[modifier | modifier le code]

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