Ulex europaeus

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L’Ajonc d'Europe ou Grand Ajonc (Ulex europaeus) est un arbuste de la famille des Fabaceae. Il est parfois appelé Landier et plus rarement Genêt épineux.

Description[modifier | modifier le code]

Ajonc épineux sur la côte en Irlande
L'ajonc est une plante pionnière qui en fixant l'azote de l'air enrichit le sol et prépare l'implantation de grands ligneux. À l'ombre de ces derniers, l'ajonc s'étiole et dépérit, mais ses graines restent longtemps vivantes dans le sol, prêtes à germer en cas d'incendie de forêt ou de coupe rase

.

Ajonc épineux sur les flancs du Maïdo, à la Réunion.
Au printemps, il produit une floraison très dense, même si de fleurs éparses sont produites du milieu de l'hiver à l'été, voire toute l'année.

C'est un arbuste buissonnant dont la taille varie de 1 à 2 mètres.

Ses branches sont hérissées d'épines de 2 à 5 cm formant un ensemble très touffu.

Ses petites feuilles alternées en écailles sont également très piquantes. Les feuilles sont peu nombreuses, la photosynthèse est donc effectuée pour la plus grande partie par les épines.

Les fleurs sont axillaires, solitaires mais très nombreuses sur les rameaux. Elles mesurent de 12 à 15 mm et sont jaune d'or, fortement parfumées à la noix de coco lorsqu'exposées au plein soleil.

Le fruit est une gousse de 2 centimètres de long, brun violacé foncé, contenant 2 à 3 petites graines noirâtres qui sont libérées lorsque la gousse se fend par temps chaud.


Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs
Graine
Habitat et répartition
  • Habitat type : fourrés arbustifs médioeuropéens, planitiaires-collinéens, thermophiles. Plante indicatrice d'un sol sec et très acide pouvant évoluer en lande à pin[1].
  • Aire de répartition : atlantique (eury)

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Répartition[modifier | modifier le code]

L'ajonc d'Europe est originaire de l'ouest de l'Europe, de l'Écosse au Portugal.

L'espèce est présente dans la moitié ouest de la France, notamment en Bretagne et en Vendée, dans les landes ou les forêts claires.

La plante a été introduite en Amérique, en Australie, à la Réunion, en Nouvelle-Zélande, à Hawaii, où elle peut être considérée comme espèce invasive, ce qui en fait une plante éthélochore.

En Nouvelle-Zélande, les collines du Canterbury, en particulier, sont couvertes de cette plante que les fermiers appellent gorse. Si l'ajonc donne une magnifique couleur jaune au paysage lorsqu'il fleurit, on considère généralement qu'il ralentit de 20 ans la régénération du bush.

L'espèce a également envahi le sud du Chili (9e région, autour de Puerto Montt) où elle a été introduite par les colons allemands à la fin du XIXe siècle dans le but de clôturer leurs propriétés. Dans cette région, elle est connue sous le nom commun de « chacai ». A ne pas confondre avec le « chacay » (Discaria serratifolia), à petites feuilles et fleurs blanches, décrit comme espèce native dans la zone centrale du Chili.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Grâce à ses épines il forme des buissons quasiment impénétrables, ce pourquoi on l'a utilisé en haies défensives ou clôture pour le pacage des animaux.

Autrefois, une fois séché, en raison de sa forte inflammabilité, il servait de combustible dans le four ou la cheminée domestique (souvent associé à la bruyère) chez les paysans pauvres. La chaleur obtenue (environ 800 °C dans un four) étant quasi comparable à celle du charbon. Même frais ou humide, l'ajonc peut être utilisé comme du petit bois pour démarrer un feu.

Il a aussi servi (par exemple en Bretagne) de fourrage pour les vaches ou d'autres herbivores, après avoir été pilé ou écrasé entre deux rouleaux faisant office de presse pour faire éclater ses épines afin qu'elles ne blessent pas la bouche des animaux. Cette technique a été propagée par l'agronome breton Gabriel Calloet-Kerbrat.

Young rapporte qu'en Normandie, de Valognes à Cherbourg, l'ajonc était volontairement semé. François Sigaut, écrit que « l'ajonc a été pendant plusieurs siècles le sainfoin ou la luzerne des terres acides »[2].

De cette plante est extraite une lectine qui se combine spécifiquement avec la substance saccharidique « H » présente, en particulier, sur les globule rouges. Cette lectine permet donc de différencier, par une simple réaction d'agglutination, un groupe sanguin « O » qui porte de la substance H d'un groupe « Bombay », et de différencier un sous-groupe A2 (H positif) d'un sous-groupe A1 (H négatif).

Comme toutes les légumineuses, l'ajonc enrichit le sol en azote mais il ne doit pas pour autant être utilisé dans ce but car, parallèlement, il appauvrit le sol en calcium, magnésium, manganèse, et zinc, quatre des nutriments essentiels pour les plantes[3]. Il abaisse également beaucoup le pH des sols ou il pousse. Il pourrait être utilisé comme source de biocarburant mais en veillant à limiter son expansion[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Groult - "Jardiner durablement" - Editions Ulmer 2007 - (ISBN 978-2-84138-278-1)
  2. Cité dans Michel Vanderpooten, 3000 ans de révolution agricole : Techniques et pratiques agricoles de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle, Editions L'Harmattan, 1 sept. 2012
  3. Leary, et al. 2006
  4. https://www.eere-pmc.energy.gov/states/Hawaii_Docs/biodiesel_report-revised.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]