Ueli Steck

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Ueli Steck

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Ueli Steck en mars 2012 à Lausanne.

Biographie
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Naissance 4 octobre 1976 (38 ans),
Langnau im Emmental
Surnom(s) The Swiss Machine[1]
Carrière
Discipline Alpinisme, escalade libre
Période active De 1995 à aujourd'hui
Ascension(s) notable(s) Face sud de l'Annapurna en solo, Face nord de l'Eiger en 2 h 47 min 33 s
Plus haut sommet Everest (8 848 m)

Piolets d'or

Ueli Steck, né le 4 octobre 1976 à Langnau im Emmental est un alpiniste suisse. Il a travaillé comme charpentier avant de devenir alpiniste professionnel. Il est notamment connu pour ses ascensions en solitaire et ses records de vitesse. Il est aussi un des ambassadeurs des « speed climbers » qui depuis environ 30 ans dynamitent les mythes de l'alpinisme en réalisant des ascensions à un rythme extraordinaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant, Ueli Steck joue au hockey sur glace. À 12 ans, il découvre l'escalade et s'inscrit au Club alpin suisse. Il se passionne aussitôt pour ce sport ainsi que pour l'alpinisme et arrête le hockey[2]. À l'âge de 18 ans, il réalise l'ascension de la face nord de l'Eiger et le pilier Bonatti dans le massif du Mont-Blanc. Il se fait rapidement un nom dans le monde de l'alpinisme pour son talent mais aussi pour son goût du risque, et se démarque par ses ascensions en solitaire sur des voies inédites ou par ses records de vitesse dans les plus dures faces de la planète. En 1998, il fait l'ascension en solo du couloir Haston sur le Mönch en 3 h 30, et en 1999, la route Lauper sur l'Eiger en 5 h.

En 2001, il réalise la première ascension de la face ouest du Mont Pumori avec Ueli Bühler[2]. À partir de 2002, il réalise plusieurs ascensions avec Stephan Siegrist : « The Young Spider » (2002) et « La Vida es Silbar » (2003) sur la face nord de l'Eiger, puis ils enchaînent les 3 faces nord de l'Eiger, du Mönch et de la Jungfrau en 25 heures (2004)[3]. En 2005, il réalise la première ascension en solo de la face nord du Cholatse (6 440 m) et de la face ouest du Tawoche (6 505 m)[4].

Ueli Steck fait régulièrement parler de lui grâce à ses records de vitesse. En 2007, il établit un nouveau record de la face nord de l'Eiger en 3 h 54[5], puis en février de l'année suivante il bat son propre record de 67 minutes avec un temps de 2 h 47 min 33 s[6].

Au mois de mai 2008, en pleine préparation de leur excursion à la face sud de l'Annapurna dans l'Himalaya et après une première tentative avortée, Ueli Steck et Simon Anthamatten doivent arrêter brusquement leurs préparatifs pour partir sauver un alpiniste espagnol. L'équipe de Iñaki Ochoa de Olza a dû renoncer à sa tentative d'atteindre le sommet de l'Annapurna et c'est lors de leur descente qu'Ochoa s'effondre à terre. Ayant reçu un appel de détresse, Steck et Anthamatten partent immédiatement de leur camp de base vers le camp à 7 400 m où se trouvait Ochoa, soigné par son collègue roumain Horia Colibasanu. En raison des conditions météorologiques difficiles et des risques d'avalanches, les Suisses ont grimpé deux jours avant d'atteindre le camp d'Ochoa. Une fois là-bas, Colibasanu, qui souffrait de problèmes de santé lui-même, a quitté le camp pour descendre avec Anthamatten sur le camp de base à 4 000 m. Steck est resté pour soigner Ochoa. Une équipe de sauvetage était rassemblée mais les conditions météorologiques défavorables ont empêché les sauveteurs d'atteindre le camp où Ochoa et Steck demeuraient. Un hélicoptère de sauvetage ne pouvant pas être utilisé à si haute altitude, Ochoa est malheureusement décédé le 23 mai. Steck est resté avec lui jusqu'à la fin, et ce n'est que le samedi qu'il est retourné au camp de base où Anthamatten et les autres sauveteurs l'ont attendu.

Le 13 janvier 2009, Ueli Steck boucle une trilogie de record (Eiger, Grande Jorasse, Cervin) sur face nord en ne mettant que 1 h 56 pour atteindre le sommet du Cervin par la voie Schmid. La même année il reçoit le Piolet d'Or 2009 en difficulté technique pour la première ascension de la face nord du Tengkampoche (6 500 m) avec son compatriote Simon Anthamatten[7]. Le 9 juillet, il réussit son premier sommet de plus de 8 000 m en réalisant l'ascension du Gasherbrum II (8 035 m) en solo[8].

Au début 2011, il commence le Projet Himalaya, une expédition de 5 mois dans la chaîne de l'Himalaya durant laquelle il compte réaliser plusieurs ascensions records. Le 17 avril, il réalise l'ascension de la face sud du Shisha Pangma (8 013 m) en un temps record de 10 h 30[9],[10]. Il est parti du camp de base situé à 5 800 m d'altitude à 22 h 30 le samedi 16 avril et atteint le sommet à 9 h 00 le lendemain, et est de retour au camp de base moins de 20 h après son départ[11]. Seulement 18 jours plus tard, le 5 mai, il réalise l'ascension du Cho Oyu (8 201 m) avec Don Bowie malgré les conditions météorologiques difficiles[12].

Le 18 novembre 2011, Ueli Steck présente Ueli Steck : Speed, son film sur l'escalade de vitesse lors du festival Slide and Sound qui se déroule à Martigny en Suisse[13].

En août 2012, Ueli Steck réalise le triptyque Eiger-Mönch-Jungfrau en moins de 12 heures, et en redescendant de chaque sommet en parapente[14].

Le 9 octobre 2013, Ueli Steck ajoute à son palmarès une ascension en solo de la face sud de l'Annapurna, en 28 h, par la voie commencée par Pierre Béghin et Jean-Christophe Lafaille[15],[16].

Ascensions notables[modifier | modifier le code]

Voies ou sommets réalisés en équipe[modifier | modifier le code]

Tracé de la voie ouverte par Ueli Steck et Ueli Bühler sur la face ouest du Pumori dans la chaîne de l'Hymalaya
Voie ouverte par Ueli Steck et Ueli Bühler sur la face ouest du Pumori, (Himalaya)
  • 2001 : Face ouest du Pumori (Himalaya) avec Ueli Bühler, première ascension
  • 2002 : Face nord de l'Eiger/voie The Young Spider avec Stephan Siegrist
  • 2003 : Face nord de l'Eiger/voie La Vida es Silbar avec Stephan Siegrist

Voies ou sommets réalisés en solo[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Wendenstöcke/voie Excalibur
  • 2005 : Cholatse et Tawoche (Himalaya), première ascension en solo
  • 2006 : Face nord de l'Eiger/voie The Young Spider
  • 2010 : Face nord des Droites/voie Ginat, amélioration du record de Christophe Profit

Voie ou sommet réalisés en record de temps[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Faces nord de l'Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, en un temps record de 25 h avec Stephan Siegrist
  • 2007 : Face nord de l'Eiger, en un temps record de 3 h 54
  • 2008 : Face nord de l'Eiger, en un temps record de 2 h 47 min 33 s
  • 2008 : Face nord des Grandes Jorasses/voie Colton-McIntyre, en un temps record de 2 h 21 à vue
  • 2009 : Face nord du Cervin/voie Schmid, en un temps record de 1 h 56 à vue
  • 2011 : Face sud du Shisha Pangma (8 013 m), en un temps record de 10 h 30
  • 2013 : Face sud de l'Annapurna (8 091 m) en 28 h et en solo par la voie entamée par Pierre Béghin et Jean-Christophe Lafaille. Cette voie est située sur la gauche de la face, entre la voie britannique de 1970 et la voie japonaise de 1981.

Voie réalisées en escalade libre[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Face Nord de l'Eiger/voie Pacienca 8a/5.13b, première ascension en escalade libre
  • 2009 : El Capitan/voie Golden Gate 8a/5.13b

Controverse[modifier | modifier le code]

Altercation avec les sherpas[modifier | modifier le code]

Le 27 avril 2013, une altercation a eu lieu durant la pose de cordes fixes par des sherpas sur la voie normale par le col sud de l'Everest[pourquoi ?]. Cette altercation a opposé Ueli Steck, qui se préparait pour le record de l'ascension de la voie normale, Simone Moro et Jonathan Griffith à un groupe de sherpas chargés de poser des cordes fixes[17].

Ascensions[modifier | modifier le code]

Certaines de ses ascensions ont été controversées. En effet, plusieurs de ses ascensions en solo, comme celle de l'Annapurna ou celle du Shishapangma ont été contestées car sans preuves photographiques ou GPS[18],[19]. Yannick Graziani et Stéphane Benoist, qui ont réalisé l'ascension de la même voie sur l'Annapurna 8 jours après[20], ou Reinhold Messner[21] pensent que Ueli Steck a réalisé cette performance.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Jean Ammann, « La nouvelle devise : « Courir et vaincre » », La Liberté,‎ 22 janvier 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ueli Steck - Part 1: The Swiss Machine », sur www.climbing.com (consulté le 1er mai 2011)
  2. a et b (en) « Biography », sur www.uelisteck.ch (consulté le 15 mai 2011)
  3. Sophie Roulin, « L’Eiger comme terrain de jeu », sur www.lagruyere.ch,‎ 2 février 2006 (consulté le 1er mai 2011)
  4. (en) Christine Kopp, « Ueli Steck climbing solo on Cholatse and Tawoche », sur www.planetmountain.com (consulté le 1er mai 2011)
  5. (en) Lindsay Griffin, « STECK SHATTERS EIGER RECORD », sur www.alpinist.com,‎ 6 mars 2007 (consulté le 9 août 2011)
  6. (en) Erik Lambert, « Steck Cuts 67 Minutes Off Eiger Record », sur www.alpinist.com,‎ 14 février 2008 (consulté le 9 août 2011)
  7. « Résultats des Piolets d'Or 2009 », sur www.pioletsdor.com (consulté le 1er mai 2011)
  8. « Premier 8000 pour Ueli Steck », sur www.kairn.com,‎ 16 juillet 2009 (consulté le 9 août 2011)
  9. Christian Levesque, « Malade : Ueli Steck grimpe le Shishapangma en 10h30! », sur carnetsdaventures.ca,‎ 19 avril 2011 (consulté le 15 mai 2011)
  10. (en) Jack Geldard, « Ueli Steck - Shisha Pangma Speed Climb », sur www.ukclimbing.com,‎ 28 avril 2011 (consulté le 15 mai 2011)
  11. (en) « Successful on Shisha Pangma », sur www.uelisteck.ch,‎ 19 avril 2011 (consulté le 15 mai 2011)
  12. (en) « Detial report: Success on Cho Oyu », sur www.uelisteck.ch,‎ 11 mai 2011 (consulté le 15 mai 2011)
  13. « Programme - Slide and Sound », sur www.slideandsound.ch,‎ 21 octobre 2011 (consulté le 7 décembre 2011)
  14. (en) Climbing and paragliding in the Eiger region sur uelisteck.ch
  15. Franck Grassaud, Réactions après l'exploit de l'alpiniste Ueli Steck sur la face Sud de l'Annapurna, France 3 Alpes, 18 octobre 2013
  16. Catherine Frammery, L’Annapurna en solo d’Ueli Steck, sans gants et sans photos, site du journal Le Temps, 18 octobre 2013
  17. As Details Emerge, Everest Conflict Looks Uglier sur adventure-journal.com
  18. Ueli Steck Annapurna et Shishapangma a t-il vraiment fait ces sommets ? sur altissima.org
  19. Alpinisme : Ueli Steck, Piolet d'or et de discorde, Le Monde
  20. Annapurna : au retour de leur succès par la face sud, Yannick Graziani et Stéphane Benoist témoignent sur Montagnes-Magazine.com
  21. (de) Messner: „Das war wieder typisch Ueli Steck“ sur dw.de

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]