USS Indianapolis (CA-35)

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USS Indianapolis
Photo en noir et blanc d'un croiseur vu de bâbord avant.
L'USS Indianapolis à Pearl Harbor en 1937.

Histoire
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Quille posée 31 mars 1930[1]
Lancement 7 novembre 1931
Armé 15 novembre 1932
Statut Coulé par le sous-marin japonais I-58 le 30 juillet 1945
Caractéristiques techniques
Type Croiseur lourd
Longueur 180,44 m (LWL)
185,93 m (LOA)
Maître-bau 20,12 m
Tirant d'eau 6,40 m
Déplacement 10 258 long tons (10 433 tonnes)
Port en lourd 12 755 long tons (12 960 tonnes)
Propulsion 4 turbines Parsons
8 chaudières Yarrow
Puissance 107 000 ch
Vitesse 32,5 nœuds (60,2 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 2,5 pouces (64 mm)
Pont : 2,125-2,5 pouces (64 mm)
Magasins : 5,75 pouces (146 mm)
Barbettes : 1,5 pouces (38 mm)
Tourelles :
  • Devant : 2,5 pouces (64 mm)
  • Toit : 2 pouces (51 mm)
  • Côté/arrière : 0,75 pouces (19 mm)
Armement 3 × 3 canons de 203 mm
0008 canons de 127 mm
0008 mit. de 12,7 mm
Aéronefs 1932 : 4 O2U Corsair[2]
1940 : 2 OS2U Kingfisher
Rayon d'action 10 000 milles marins (18 520 km) à 15 nœuds (28 km/h)
Autres caractéristiques
Équipage 807 hommes[1] en temps de paix
917 hommes (navire amiral)
1 197 hommes lors du naufrage
Chantier naval New York Shipbuilding Corporation
Indicatif CA-35
Coordonnées 12° 02′ 00″ N 134° 48′ 00″ E / 12.033333333333, 134.812° 02′ 00″ Nord 134° 48′ 00″ Est / 12.033333333333, 134.8  

L'USS Indianapolis (CA-35) est un croiseur lourd de classe Portland appartenant à l'United States Navy, célèbre pour les circonstances de son naufrage qui reste à ce jour le plus meurtrier de l'histoire de la marine militaire américaine. Lancé en 1931, l'Indianapolis intègre la Scouting Force en 1933 avant de participer avec succès à de nombreuses campagnes de la guerre du Pacifique. Le 30 juillet 1945, soit quatre jours après avoir livré à la base aérienne américaine de Tinian des composants importants des deux bombes atomiques (Little Boy et Fat Man) lancées respectivement sur Hiroshima et Nagasaki, le navire est torpillé par le sous-marin I-58 de la Marine impériale japonaise. Il coule en douze minutes, emportant avec lui 300 des 1 197 membres d'équipage. Les survivants doivent alors affronter l'hypothermie, la déshydratation et des attaques de requins alors qu'ils attendent de l'aide sur des embarcations de sauvetage. Quatre jours plus tard, ils sont repérés par l'équipage d'un Lockheed Ventura en patrouille de routine ; seuls 317 marins survivent au naufrage.

Conception[modifier | modifier le code]

Formes et blindage[modifier | modifier le code]

À l'origine, la classe Portland devait comprendre cinq navires, désignés CL (puis CA) du 32 au 36. Approuvés en 1929, les navires sont conçus comme ceux de la classe Northampton, mais rallongés de trois mètres. Lors des essais du Northampton, néanmoins, les concepteurs se rendent compte qu'il est très léger et qu'ils peuvent se permettre d'alourdir le navire en lui offrant une meilleure protection. Ainsi, seuls deux navires sont construits d'après ces nouveaux plans, le budget des trois autres étant réalloué à la classe New Orleans, celle-ci faisant partie d'un projet complètement nouveau[1].

Les plans étant presque arrêtés, le blindage supplémentaire est rajouté comme une seconde peau aux parties vitales du navire, les machines et les soutes à munitions. Le but est de protéger le navire d'une éventuelle explosion sous-marine, mais ce choix est critiqué car il reste plus vulnérable aux tirs hors de l'eau. Des calculs menés en 1933 montrent que le blindage des soutes à munitions résiste à des obus de 8 pouces/calibre 50 tirés entre 12 000 yards (10 973 m) et 20 500 yards (18 745 m) à l'avant, et entre 12 000 yards (10 973 m) et 2 300 yards (2 103 m) à l'arrière. Néanmoins ceux-ci peuvent pénétrer la ceinture de protection des machines à 24 000 yards (21 946 m) et le pont au-delà de 16 000 yards (14 630 m). De plus, le blindage des tourelles des canons de 8 pouces est de conception ancienne ; il reste ainsi pénétrable à des distances qui sont celles des combats de l'époque[3].

Armement[modifier | modifier le code]

L'armement principal de l'Indianapolis est constitué de trois tourelles de trois canons de 8 pouces (203 mm). Ces canons de 8 pouces de 55 calibres Mk 9/2, plus lourds que leurs contemporains de même calibre, équipent les croiseurs lourds de la marine américaine et certains porte-avions tels le Saratoga ou le Lexington[4]. Ils sont remplacés par des Mk 14/0 en janvier 1945. Quant aux tourelles, elles sont mues par des moteurs électriques au travers d'une boîte de vitesse hydraulique[5].

L'armement secondaire est lui constitué de huit canons de 5 pouces (127 mm) de 25 calibres. Conçus dans les années 1920, ces canons sont spécialement adaptés pour la lutte antiaérienne grâce à une vitesse à la bouche adéquate et à une faible inertie lui permettant d'être rapidement manié par ses servants[6]. Ils sont remplacés en 1943 par quatre batteries quadruples de Bofors de 40 mm et deux nouveaux affûts seront rajoutés en 1944-1945. L'Indianapolis est aussi doté de huit mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm, remplacées plus tard par des canons de 20 mm Oerlikon[2].

Deux catapultes sont installées sur le navire, qui emporte avec lui quatre avions de reconnaissance, des Vought O2U Corsair. Ces biplans sont alors l'équipement standard de la marine américaine et des Marines. Obsolètes au début de la Seconde Guerre mondiale, ces avions sont remplacés par deux Vought OS2U Kingfisher[2],[7]. Plus rapides et monoplans, ils peuvent aussi être utilisés pour la lutte anti-sous-marine.

Essais[modifier | modifier le code]

Lors des essais, l'Indianapolis développe 108 317 chevaux et atteint une vitesse de 32,86 nœuds (60,86 km/h) avec un déplacement de 11 334 tonnes. Les tubes lance-torpilles sont finalement abandonnés au cours de la construction, et l'armement secondaire doublé. Le pont est élargi et le mât tripode situé à l'avant rabaissé. Le mât principal est quant à lui allégé, les projecteurs étant disposés autour de la seconde cheminée, afin de dégager les angles de tir des canons antiaériens. En mai 1943, le croiseur lourd subira des travaux de refonte, une catapulte, un radar et des canons antiaériens étant rajoutés[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc du drapeau présidentiel de Franklin Delano Roosevelt déployé sur le navire
Le drapeau présidentiel du président Franklin Delano Roosevelt sur l'Indianapolis en 1936.

Deuxième navire américain nommé d'après la ville d'Indianapolis, capitale de l'État de l'Indiana, la construction du croiseur lourd commence le 31 mars 1930, menée par New York Shipbuilding à Camden, dans le New Jersey. Lancé le 7 novembre 1931, il est parrainé par Lucy Taggart, fille du sénateur Thomas Taggart, un ancien maire d'Indianapolis. Le croiseur lourd passe alors une période d'essais dans l'océan Atlantique et la baie de Guantánamo jusqu'au 23 février 1932. Une période d'entraînement suit, au large de la zone du canal de Panama et des côtes chiliennes, avant que le navire ne rejoigne le Philadelphia Navy Yard où il subit un carénage. L'Indianapolis entre alors en service le 15 novembre 1932[8]. Le 1er juillet 1933, sur l'île Campobello, le croiseur embarque le président Franklin Delano Roosevelt à son bord et rejoint Annapolis deux jours plus tard, où le président est rejoint par six membres du cabinet pour une cérémonie. Après avoir débarqué les personnalités, le navire reprend la route pour le Philadelphia Navy Yard.

Le 6 septembre, le secrétaire à la Marine Claude A. Swanson hisse son pavillon sur l'Indianapolis afin de mener une visite d'inspection dans le Pacifique. Après être passé par la zone du canal de Panama et Hawaï, il visite la flotte basée à San Pedro et San Diego. Il débarque dans ce dernier port le 27 octobre 1933 et, le 1er novembre, l'Indianapolis devient le navire amiral de la Scouting Force (dénomination à l'époque de la Scouting Fleet), poste qu'il conservera jusqu'à ce que la guerre éclate. S'ensuivent des manœuvres au large de la côte Ouest des États-Unis, avant un départ de Long Beach pour New York le 9 avril 1934. À son arrivée le 29 mai, le croiseur embarque le président et des membres du gouvernement pour une revue de la flotte. Après cela, il retourne à Long Beach, qu'il atteint le 9 novembre, date à laquelle débutent des exercices tactiques avec le reste de la Scouting Force[9].

Le 18 novembre 1936, le président Roosevelt rembarque à bord de l'Indianapolis à Charleston et prend la direction de l'Amérique du Sud. Après des visites de courtoisies menées à Rio de Janeiro, Buenos Aires et Montevideo, le navire retourne à Charleston où il débarque la délégation présidentielle le 15 décembre. Alors que les tensions internationales grandissent dans les années qui suivent, l'entraînement du navire s'intensifie afin d'en faire une machine de guerre efficace en cas d'attaque ennemie[9].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un croiseur vu de trois-quart tribord avant
L'Indianapolis vers 1939.

Lorsque les Japonais bombardent Pearl Harbor, l'USS Indianapolis débarque des hommes et de l'équipement sur l'île Johnston. Recevant l'annonce de la déclaration de guerre (« Nous sommes en guerre avec le Japon — C'est officiel[n 1]. »), l'équipage jette par-dessus bord tout ce qui est inutile et inflammable[10]. Le croiseur rejoint alors la Task Force 12 qui se met en campagne à la recherche des porte-avions japonais signalé dans le voisinage. Bredouilles, les navires arrivent à Pearl Harbor le 13 décembre, et l'Indianapolis rejoint la Task Force 11.

Campagne de Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Nouvelle-Guinée.

Le groupe de navires prend alors la direction du Pacifique Sud, sous domination japonaise. Le 20 février 1942, à environ 550 kilomètres au sud de Rabaul, l'escadre est attaquée par 18 bombardiers bimoteurs, organisés en deux vagues. 16 d'entre eux sont abattus par une défense antiaérienne efficace et par les chasseurs du Lexington. Les navires américains s'en sortent sans dommages, abattant même deux hydravions de reconnaissance japonais.

Le 10 mars, la Task Force 11, rejointe par le porte-avions Yorktown, attaque les ports ennemis de Lae et de Salamaua en Nouvelle-Guinée, où l'ennemi rassemble des forces d'assaut amphibie. Pour cela, les forces aéroportées américaines traversent à haute altitude la chaîne Owen Stanley puis arrivent sur l'ennemi depuis le sud, bénéficiant d'un effet de surprise total. Les dégâts infligés aux navires et aux transports japonais sont considérables, et de nombreux appareils ennemis sont abattus ; les Américains de leur côté ne subissent que peu de pertes[9].

Campagne des îles Aléoutiennes[modifier | modifier le code]

Photo de plusieurs navires alignés dans un chantier naval. On voit l'Indianapolis avec un avion sur sa catapulte.
L'USS Indianapolis au Mare Island Naval Shipyard en 1942.
Article détaillé : Campagne des îles Aléoutiennes.

L'Indianapolis retourne alors aux États-Unis et entre au Mare Island Naval Shipyard afin d'y subir des réparations ainsi que des améliorations. Il escorte ensuite un convoi jusqu'en Australie, avant de rejoindre le Pacifique Nord, où les débarquements japonais dans les îles Aléoutiennes ont changé la donne. Le temps est un élément important dans cette zone, les brouillards y étant imprévisibles et quasi permanents ; les orages violents n'y sont pas rares non plus. Le 7 août, la Task Force de l'Indianapolis a finalement l'opportunité d'apercevoir les forces japonaises à l'abri des côtes de l'île Kiska, malgré les abords périlleux non cartographiés de l'île. Le croiseur lourd fait alors feu de ses canons de 203 mm, en compagnie des autres navires de l'escadre. Malgré le brouillard, les avions de reconnaissance des croiseurs observent de nombreux navires coulant dans le port, ainsi qu'à terre des installations en feu. La surprise est si grande qu'il se passe un quart d'heure avant que les batteries côtières ne répondent aux tirs américains ; certaines d'entre elles ciblent même le ciel, se croyant bombardées par des avions. La plupart sont rapidement réduites au silence par le feu précis des navires américains. Des sous-marins japonais font alors leur apparition, mais ils sont rapidement grenadés par les destroyers américains. Des hydravions japonais tentent eux aussi une attaque, sans succès.

L'opération est considérée comme étant une réussite, malgré le peu d'informations recueillies. Elle démontre aussi la nécessité d'avoir des bases plus proches des îles occupées par les Japonais. Les forces américaines conquièrent ainsi l'île Adak avant la fin du mois, permettant aux avions américains de disposer d'une base plus proche du théâtre des Aléoutiennes que celle de Dutch Harbor. En janvier 1943, l'Indianapolis apporte d'ailleurs son soutien aux troupes américaines qui reprennent Amchitka, afin d'y installer une nouvelle base[9].

Dans la nuit du 19 février 1943, en compagnie de deux destroyers, l'Indianapolis patrouille au large de l'île d'Attu en espérant intercepter des convois de ravitaillement japonais. Le groupe croise un navire cargo, l'Akagane Maru, qui répond incorrectement au signal de reconnaissance américain ; le croiseur lourd ouvre alors le feu. Le navire cargo, supposément chargé de munitions, explose alors dans un grand bruit, coulant corps et biens. Durant le printemps et l'été 1943, l'Indianapolis continue à participer activement à la campagne des îles Aléoutiennes, escortant des convois et fournissant une couverture aux assauts amphibies sur les îles de l'archipel. En mai, la marine capture Attu, avant de se concentrer sur Kiska, dernier bastion japonais des Aléoutiennes. Le débarquement du 15 août découvre une île vide, les troupes ennemies ayant profité de l'épais brouillard pour évacuer.

Campagne des îles Gilbert et Marshall[modifier | modifier le code]

Après un passage par Mare Island pour un carénage, le croiseur lourd rejoint Hawaï où il devient le navire amiral du vice-amiral Raymond Spruance commandant la cinquième flotte. Il quitte Pearl Harbor le 10 novembre en compagnie du gros des forces aéronavales américaines destinées à prendre part à l'opération Galvanic, destinée à reprendre les îles Gilbert aux Japonais. Le 19 novembre, l'Indianapolis participe au bombardement de l'atoll de Tarawa, puis à celui de Makin le lendemain. Le navire retourne ensuite à Tarawa, où il fournit un appui-feu aux troupes de débarquement. Ce jour-là, le croiseur lourd abat un avion ennemi et bombarde plusieurs positions défensives adverses qui empêchaient l'avancée américaine ; il tient ce rôle jusqu'à l'arrêt des combats et la prise de l'île, trois jours plus tard.

À peine les Gilbert sont-elles conquises que l'assaut est lancé contre les îles Marshall, l'Indianapolis menant la cinquième flotte. Celui-ci rejoint les autres navires de la Task Force au large de Tarawa, et le 31 janvier 1944, veille du jour J, il fait partie des navires qui bombardent Kwajalein. Le lendemain, le croiseur lourd réduit au silence deux batteries côtières japonaises et, le surlendemain, soutient le débarquement des troupes amphibies, détruisant une casemate ainsi que plusieurs installations portuaires. Il pénètre finalement dans le lagon de Kwajalein le 4 février et y reste jusqu'à ce que toute résistance soit anéantie[9].

1944[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Forager.
Photo en noir et blanc d'un croiseur vu depuis bâbord. On distingue bien son camouflage dazzle, très bigarré.
L'Indianapolis au large de San Francisco en mai 1944.

Durant les mois de mars et avril, l'Indianapolis, toujours à la tête de la cinquième flotte, participe aux opérations dans les îles Carolines. Les avions embarqués sur les porte-avions attaquent les îles Palaos les 30 et 31 mars, ciblant les navires ; 3 destroyers, 17 cargos et 5 pétroliers sont détruits et 17 navires sont endommagés. L'aérodrome est aussi bombardé et les abords des îles sont minés afin d'immobiliser les navires ennemis. Les îles Yap et Ulithi sont frappées le 31 mars et Woleai le 1er avril. Durant ces trois jours, la flotte subit les attaques d'avions ennemis, mais ceux-ci n'endommagent pas leurs cibles. L'Indianapolis abat un bombardier-torpilleur et 160 avions ennemis sont détruits, dont 46 au sol. Ces attaques permettent aux Américains de débarquer en Nouvelle-Guinée sans se soucier d'éventuels renforts japonais en provenance des îles Carolines[9].

Pendant le mois de juin, la cinquième flotte participe à l'assaut sur les îles Mariannes. À partir du 11, des raids sont lancés sur Saipan depuis des porte-avions, suivis par des bombardements à partir du 13, durant lesquels l'Indianapolis joue un rôle majeur. Le 15 juin, jour du débarquement, l'amiral Spruance est averti qu'une grande flotte ennemie, composée de cuirassés, de porte-avions, de croiseurs et de destroyers, est en route afin de soutenir les garnisons basées dans les Mariannes[11]. L'amiral ne pouvant pas dégarnir sa force de débarquement à Saipan de ses grosses unités, c'est une force de porte-avions rapides qui est envoyé à la rencontre de cette menace. Dans le même temps, un autre détachement est envoyé pour empêcher d'éventuelles attaques aériennes japonaises depuis les bases d'Iwo Jima et de Chichi.

Le 19 juin, la cinquième flotte participe à la bataille de la mer des Philippines au sein d'une flotte combinée. Les porte-avions ennemis ont alors bon espoir d'utiliser les bases aériennes de Guam et de Tinian afin de se ravitailler, avant d'attaquer les convois américains. Cependant, ils sont interceptés par les batteries de navires d'escorte de la flotte américaine et par les avions embarqués. Ceux-ci détruisent 402 avions japonais, pour 17 avions perdus. L'Indianapolis réussit à en abattre un et ce jour là restera gravé dans les mémoires comme le Marianas Turkey Shoot (« tir aux pigeons des Mariannes »). Toute résistance aérienne étant réduite à néant, les avions américains continuent sur leur lancée, coulant deux porte-avions, deux destroyers ainsi qu'un navire ravitailleur ennemis et endommageant de nombreux autres. L'Indianapolis retourne à Saipan le 23 juin afin de soutenir le bombardement naval, avant de revenir à Tinian six jours plus tard afin de frapper les installations côtières. Pendant ce temps, Guam est capturée et le croiseur lourd est le premier navire américain à entrer dans Apra Harbor. Le croiseur reste dans les eaux des Mariannes les semaines suivantes, avant de partir pour les îles Carolines où sont prévus d'autres débarquements. Du 12 au 29 septembre ses batteries pilonnent l'île de Peleliu, puis le navire rejoint l'île de Manus. Dix jours plus tard, le croiseur lourd retourne au chantier de Mare Island[11].

1945[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Okinawa.

Après sa refonte, l'Indianapolis quitte le chantier sous les ordres du capitaine Charles B. McVay et rejoint la Task Force 38, alors commandée par le vice-amiral Marc Mitscher. Il arrive le 14 février 1945, deux jours avant la première attaque sur Tokyo depuis le raid de Doolittle en avril 1942. Cette opération vient en appui du débarquement des troupes américaines à Iwo Jima, détruisant des installations et du matériel japonais. Une approche par mauvais temps permet aux appareils américains de bénéficier d'un effet de surprise total et les attaques se poursuivent durant deux jours. Les 16 et 17 février, les américains perdent 49 appareils et en détruisent 499 en l'air et au sol. En plus de ces victoires aériennes, la Carrier Force de Mitscher détruit un porte-avions, 9 navires de défense côtière, un destroyer, deux escorteurs et un navire cargo. S'ajoutent à cela des hangars, des usines et de nombreuses cibles militaires détruites[11]. Après ces attaques, la Task Force 38 rallie les îles Bonin pour soutenir le débarquement sur Iwo Jima. L'Indianapolis protège les navires de débarquement et fournit un appui feu aux troupes au sol. La Task Force de l'amiral Mitscher retourne bombarder Tokyo et Hachijō-jima les 25 et 26 février. Malgré le mauvais temps, les Américains abattent 158 avions, coulent 5 navires de petite taille et détruisent des installations au sol ainsi que des convois ferroviaires[11].

Les Américains ayant alors besoin d'une base avancée proche de l'île principale du Japon, les îles Okinawa et Ryūkyū deviennent des cibles potentielles. Afin de les capturer avec un minimum de pertes, les bases aériennes du sud du Japon doivent être bombardées pour les empêcher d'envoyer des avions contrecarrer les projets d'invasion américains. Ainsi, l'Indianapolis, accompagné de la Task force, quitte Ulithi le 14 mars 1945 en direction des côtes japonaises. Le 18 mars, à environ 160 kilomètres au sud-est de Kyūshū, les porte-avions lancent des attaques aériennes vers les aérodromes de l'île et vers les navires à l'ancre dans les ports de Kobe et de Kure. Le 21, les Japonais réussissent à localiser la flotte américaine ; 48 avions sont envoyés pour la bombarder, mais ils sont interceptés 100 kilomètres avant d'atteindre leur but par 24 avions envoyés depuis les porte-avions. Aucun aviateur japonais n'atteindra son but[11].

Photo en noir et blanc d'un navire au mouillage vu de tribord avant.
L'Indianapolis au large du chantier de Mare Island.

Les bombardements préliminaires d'Okinawa débutent le 4 mars et durent 7 jours, durant lesquels l'USS Indianapolis pilonne les défenses ennemies de ses canons de 203 mm. Harcelé en permanence par les avions ennemis, le croiseur lourd en abat six. À l'aube du 31 mars, la veille du jour J, un chasseur-bombardier ennemi apparaît et fonce droit sur le navire. Malgré les tirs de barrage des canons antiaériens de 20 mm de celui-ci, l'avion réussit à larguer sa bombe avant de percuter le navire et de s'écraser dans l'océan. Il ne fait aucun dommage, mais la bombe traverse le blindage du pont, le mess de l'équipage, la cabine en dessous, le réservoir encore en dessous avant de ressortir sous le navire et d'exploser dans l'eau. Le souffle déchire la coque en deux endroits puis remplit les compartiments proches, tuant neuf marins et en blessant vingt-neuf autres[12]. Néanmoins, l'inondation est contenue malgré la gîte sur bâbord du croiseur. Celui-ci réussit à rejoindre un remorqueur de secours afin d'effectuer les réparations vitales pour la survie du navire. Les dégâts sont importants : les arbres des hélices sont endommagés, les réservoirs fuient et l'évaporateur d'eau douce est détruit. Malgré cela, l'Indianapolis fait la traversée du Pacifique vers le chantier de Mare Island par ses propres moyens[11]. McVay reçoit alors un message de l'amirauté : « Félicitations pour votre contrôle des dégâts. Vos hommes ont fait un travail extraordinaire[n 2] »[13].

Alors que les réparations sont en cours, celles-ci sont brusquement accélérées et le capitaine du navire reçoit l'ordre de quitter Mare Island pour Hunters Point Navy Yard, au large de San Francisco. Après avoir embarqué une mystérieuse caisse contenant des éléments d'un « projet secret »[n 3], il doit repartir immédiatement pour Tinian pour y faire sa livraison[15]. Il s'agit en fait d'uranium 235 enrichi et d'éléments de Little Boy, la première bombe atomique qui sera larguée le 6 août 1945 sur Hiroshima[16]. L'Indianapolis quitte San Francisco le 16 juillet après des essais poussés en mer, arrive à Pearl Harbor le 19, battant tous les records : il a parcouru 2 405 milles marins (4 454 km) en 74,5 heures[17]. Il repart pour Tinian sans escorte, atteignant l'île le 26 juillet ; il parcourt ainsi 5 000 milles marins (9 260 km) en seulement 10 jours. Après avoir livré son précieux chargement, le navire quitte Tinian pour rejoindre Guam, où des marins débarquent pour une permission et de jeunes recrues embarquent. Celles-ci doivent subir un entraînement sur l'île de Leyte, avant de rejoindre l'USS Idaho et la Task Force 95 de l'amiral Jesse B. Oldendorf. Le 28 juillet, le croiseur lève l'ancre, voguant à 17 nœuds (31 km/h) vers son destin[18].

Naufrage[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc du sous-marin I-58.
Le sous-marin japonais I-58 en 1944.

Toujours sans escorte malgré les demandes du capitaine McVay[19], l'Indianapolis fait ainsi route vers Leyte, traversant la mer des Philippines. Dans la nuit du 29 au 30 juillet, vers 00 h 05[20], alors que le croiseur navigue dans une mer calme à 17 nœuds (31 km/h), deux explosions successives déchirent la partie tribord avant du navire. Le sous-marin japonais I-58, aux ordres du capitaine Mochitsura Hashimoto, vient de tirer deux torpilles Type 95 à détecteur de proximité magnétique[21] sur le croiseur[22]. La première détruit entièrement la proue puis la seconde frappe le navire près d'un réservoir de carburant et d'une poudrière. L'explosion coupe le navire en deux, privant celui-ci d'électricité[18].

Après le naufrage[modifier | modifier le code]

Survie et sauvetage des naufragés[modifier | modifier le code]

Lorsque les deux torpilles frappent le croiseur, 1 197 hommes sont à bord. L'ordre d'abandonner le navire est donné immédiatement et les hommes se jettent à la mer, s'éloignant du navire qui s'enfonce rapidement dans l'eau. Douze minutes après le premier impact, le bateau a disparu sous les flots, emportant avec lui environ 300 hommes. Malgré les SOS lancés par le croiseur, aucun navire ne vient chercher les rescapés. Ceux-ci se retrouvent alors livrés à eux-mêmes au milieu de l'océan Pacifique, la plupart équipés de leur gilet de sauvetage en kapok[23],[18].

Photo en noir et blanc de blessés transportés sur des civières.
Survivants de l'Indianapolis à Guam, août 1945.

De nombreux requins apparaissent, attirés par l'odeur du sang, notamment des requins longimane[24]. Au début, ceux-ci se nourrissent principalement des corps des marins morts de noyade et d'épuisement. Puis c'est le tour des marins survivants, et, chaque jour, des marins disparaissent, happés par les squales[25]. Mais ces prédateurs ne sont pas les seules causes de décès des survivants au torpillage. Le soleil, le manque de nourriture, la soif et la fatigue assaillent les marins ; nombreux sont ceux qui meurent d'insolation, de déshydratation ou d'épuisement. D'autres sombrent dans le délire ou les hallucinations[26] et certains en viennent à tuer leurs propres camarades[23],[27].

Finalement, quatre jours après le naufrage, les survivants sont repérés par un hydravion PV-1 Ventura en patrouille anti-sous-marine de routine[28]. Il alerte la base de Peleliu, signalant « de nombreux hommes à la mer[n 4] ». Un hydravion PBY Catalina est dépêché sur place pour porter assistance aux naufragés. En chemin, il survole le destroyer Cecil J. Doyle et informe son capitaine de la situation. Celui-ci, de son propre chef, déroute alors son navire vers la zone du naufrage. Lorsque l'hydravion arrive sur place, il jette des radeaux et des provisions à la mer. Voyant que certains des hommes se font attaquer par des requins, le commandant décide d’amerrir malgré les risques afin de sauver les nageurs isolés[29]. Lorsqu'il apprend que ceux-ci font partie de l'équipage de l'Indianapolis, le commandant de bord transmet l'information par radio, requérant une assistance immédiate[18].

La nuit tombant, l'équipage de l'hydravion continue sa difficile tâche de sauvetage, allant jusqu'à attacher des hommes aux ailes de sa machine lorsqu'il n'y a plus de place dans l'avion, rempli de rescapés. Ce sont ainsi 56 hommes qui sont sauvés[30]. Lorsqu'il arrive sur place, le Cecil J. Doyle prend ces hommes à son bord. Malgré les risques, le commandant du navire décide alors d'utiliser son projecteur principal pour guider les autres navires de secours. Après plusieurs jours de recherches aériennes et marines, ce sont 321 marins vivants qui sont recueillis par les secours ; quatre d'entre eux mourront des suites de leurs blessures, portant le nombre des survivants à 317. Des 81 officiers du navires, 67 ont péri noyés, ainsi que 808 marins et sous-officiers[31],[18]. Ce naufrage reste à ce jour le plus meurtrier de l'histoire de la marine des États-Unis[32].

Controverses[modifier | modifier le code]

Lorsque le croiseur quitte Tinian pour Guam, ses ordres de mission et son itinéraire jusqu'à Leyte sont transmis à diverses bases. À bord de l'USS Idaho, à Leyte, un des opérateurs radio décrypte mal l'en-tête du message et ne voit donc pas qu'il est destiné au contre-amiral Lynde D. McCormick. Ce dernier ne sait donc pas que l'Indianapolis est en route pour sa zone et ne peut alors s'inquiéter du retard de celui-ci. Les autres récipiendaires du message ne s'inquiètent pas outre mesure, la date d'arrivée du croiseur n'étant pas précisée[33],[11]. L'arrivée des bateaux sur l'île est gérée à Tolosa. Sur les tableaux de positions des navires, ceux-ci sont marqués comme « arrivés » si aucune indication ne vient prouver le contraire. L'Indianapolis reste marqué ainsi plusieurs jours après son naufrage[34]. À Tacloban, qui tient sa propre liste, le croiseur est marqué comme « en retard », le rapport quotidien ne mentionnant pas sa présence dans le port comme prévu[35].

L'Indianapolis ne dispose pas de sonar lui permettant de détecter les sous-marins ennemis ; ce n'est en effet pas le rôle d'un croiseur lourd. Malgré les demandes d'escorte du capitaine McVay, aucune ne lui est fournie. De plus, il ne peut se joindre à un convoi, car aucun ne suit sa route et les destroyers en état de servir sont au front[19]. Le navire est ainsi seul lors du trajet vers Guam.

De plus, la Navy, informée de la présence de sous-marins dans la région, a omis de le signaler au capitaine. En effet, dans le rapport de renseignements demandé par McVay, sont omises deux informations qui lui auraient mis la puce à l'oreille. La première est que quelques jours avant, le 24 juillet, le destroyer USS Underhill s'est fait couler par un kaiten alors qu'il participait à l'escorte d'un convoi de 15 navires[36]. La seconde est que le « groupe Tamon », une escadre de sous-marins japonais équipée de kaitens, est supposée opérer dans la zone que l'Indianapolis s'apprête à traverser. Or, cette dernière information a été obtenue grâce à Ultra, qui a permis de décoder les échanges japonais. Pour l'officier en charge de distiller ces informations, le capitaine Oliver F. Naquin, révéler cette information laisserait ainsi entendre à l'ennemi que les Américains sont capables de décrypter leurs communications et il n'y fait donc pas mention dans le rapport donné à McVay[37].

Malgré le poste radio principal hors d'usage, l'équipage tente de lancer plusieurs SOS annonçant que le navire avait été torpillé et donnant ses coordonnées ; au vu des circonstances, il est difficile de savoir combien de messages ont été réellement transmis[38]. Un de ces messages est capté par la station de Tacloban et le marin en service le rapporte à son supérieur ; celui-ci, réveillé en sursaut, demande à n'être prévenu que si de nouveaux messages arrivent, ce qui ne sera pas le cas[39]. À Tolosa, un peu plus au sud, un autre poste capte un message. L'officier de service dépêche alors deux remorqueurs rapides aux coordonnées reçues. L'officier commandant la base, apprenant que ces remorqueurs ont été envoyés sans son accord, les fait rappeler immédiatement sans chercher à éclaircir la provenance du message[40]. Un marin de service, dans le port de Leyte, capte lui aussi un message. Aucune suite n'est donnée par sa hiérarchie car aucune confirmation du naufrage n'est reçue. En effet, les Japonais ayant pour habitude de diffuser de faux messages de détresse afin d'attirer les navires américains dans des guet-apens, il est fort probable que celui-ci ait été considéré comme tel[41].

Procès et réhabilitation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charles B. McVay III.
Photo en noir et blanc de Charles B. McVay III lors de son audition après le naufrage.
Charles B. McVay III lors de son audition après le naufrage, août 1945.

Le 29 novembre 1945, le capitaine McVay, qui fait partie des survivants, se voit notifier son passage en cour martiale. Le procès débute le 3 décembre sous l'impulsion de l'amiral de la flotte Ernest King, malgré les réticences des amiraux Raymond Spruance et Chester Nimitz qui recommandaient une simple lettre de réprimande[42]. Le peu de temps entre la notification et le moment du procès font que McVay ne bénéficie que de quelques jours pour préparer sa défense. L'avocat qu'il choisit en premier lieu n'étant pas disponible en un laps de temps si court, et King ayant refusé de repousser la date, le capitaine est défendu par un avocat inexpérimenté. Deux charges sont retenues contre McVay : « mise en danger de son navire en omettant de zigzaguer[n 5] » et « échec à donner l'ordre d'abandonner le navire dans un temps approprié[n 6] ». Aucune mention n'est faite de l'absence de signal de détresse envoyé ou du temps mis par les secours pour se rendre compte de la disparition du navire : il est ainsi impossible à McVay de mettre en cause la Navy durant le procès[43].

Le 3 décembre, le procès débute dans une salle d'audience remplie de journalistes avides de photographier le premier capitaine de l'US Navy à être traduit en cour martiale pour avoir perdu son navire sous le feu de l'ennemi[44]. Le procès commence mal pour McVay, les différents témoignages et la visibilité cette nuit-là n'excusant pas l'absence de la manœuvre réglementaire d'évitement. De plus, son avocat ne dispose pas de l'unique preuve qui aurait pu disculper son client : le rapport Ultra que le capitaine Naquin a omis de transmettre à McVay. Entretemps, l'inspecteur général de la Navy avait transmis à King un mémo condamnant cette rétention d'information et demandant une enquête à Guam ; King choisit de ne pas en tenir compte car ce rapport est, comme son nom l'indique, « secret » et ne peut donc être dévoilé[45].

La seconde semaine du procès débute avec l'appel à la barre par la cour d'un témoin surprenant : le commandant Hashimoto, capitaine du sous-marin I-58 lorsque celui-ci a coulé l'Indianapolis. Cela provoque un tollé dans la presse de l'époque qui dénonce ce témoignage, un membre du Congrès allant jusqu'à le qualifier d'« outrage à la justice[n 7] ». Mal à l'aise, l'officier japonais témoigne avec l'assentiment des amiraux présents[46]. Son témoignage se révèle embarrassant pour la Navy : il affirme qu'il aurait coulé le croiseur de toute manière, peu importe la course qu'il aurait eue. De même, le témoignage du très décoré capitaine de sous-marin Glynn R. Donaho vient ébranler l'accusation : il affirme que la manœuvre de zigzag n'aurait rien changé à la situation. Malgré cela, le 19 décembre, le capitaine McVay est reconnu coupable du naufrage de son navire, ayant omis de zigzaguer ; il est acquitté de la seconde charge[47],[48]. Ce verdict le rongera pour le reste de sa vie, et il finit par se suicider en 1968. Les survivants, indignés par le traitement réservé à leur ancien capitaine, se lancent alors dans une campagne de réhabilitation qui aboutira à une résolution du Congrès des États-Unis en octobre 2000, qui stipule que le capitaine McVay est lavé de tous soupçons concernant le naufrage de l'Indianapolis[49]. Hunter Scott, un élève américain résidant à Pensacola, y joue un rôle prépondérant en recueillant des témoignages de survivants dans le cadre d'un projet pour le National History Day[50],[51]. En juillet 2001, le secrétaire à la Marine des États-Unis, Gordon R. England, annonce que McVay est réhabilité et que son dossier militaire est nettoyé de toute mention de sa responsabilité dans le naufrage[48]. Le président Bill Clinton en signe la résolution la même année[49].

Postérité[modifier | modifier le code]

Monument au centre duquel l'Indianapolis est stylisé. En-dessous, la liste des victimes est inscrite.
Mémorial de l'USS Indianapolis à Indianapolis.

Un mémorial consacré au USS Indianapolis a été inauguré en 1995 à Indianapolis[52],[53]. Un musée consacré au USS Indianapolis a été inauguré en 2007 par des survivants au Indiana World War Memorial Military Museum situé dans la Indiana World War Memorial Plaza[54], toujours à Indianapolis. Certains documents relatifs au USS Indianapolis sont détenus par le Musée d'État de l'Indiana. Sa cloche — retirée pour alléger le navire lors de son dernier voyage — et un de ses fanions sont eux situés à la Heslar Naval Armory.

En mai 2011, la Interstate 465 autour de la ville d'Indianapolis a été rebaptisée Memorial Highway USS Indianapolis[55]. Un centre de formation à la natation servant aux nouvelles recrues est nommé « USS Indianapolis ».

Le destin tragique de l'USS Indianapolis est évoqué dans le film Les Dents de la mer (1975), dont le personnage Quint interprété par Robert Shaw est un ancien membre de l'équipage[n 8]. Robert Iscove a réalisé un téléfilm consacré au naufrage intitulé Nom de code : Requin (1991), avec notamment Stacy Keach dans le rôle de Charles B. McVay III[56]. Un autre film réalisé par Mario Van Peebles, USS Indianapolis: Men of Courage, est en projet[57]. Les droits d'adaptation de l'histoire d'Hunter Scott qui aida à la réhabilitation de McVay ont été racheté par Warner Bros. en 2011 et l'acteur Robert Downey Jr. est associé à cet autre projet[58]. Damien Maric a écrit une bande dessinée en deux tomes, USS Indianapolis (2012 et 2013), sur le navire[59].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « We are at WAR with Japan — This is official ».
  2. « Congratulations on your excellent damage control. Your men did an outstanding job ».
  3. Seules deux personnes à bord en connaissent le contenu : le « capitaine » James Nolan et le « major » Robert Furman, respectivement radiologiste et ingénieur en réalité[14].
  4. « many men in the water ».
  5. « hazarding his ship by failure to zigzag ».
  6. « failure to order abandon ship in a timely manner ».
  7. « outrage against justice ».
  8. Il existe des erreurs historiques dans cette allusion, comme la date du naufrage qui est plus d'un mois avant la date réelle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gardiner et Chesneau 1980, p. 114.
  2. a, b et c Fiche sur navypedia.
  3. a et b Gardiner et Chesneau 1980, p. 115.
  4. Campbell 1985, p. 127.
  5. Campbell 1985, p. 128.
  6. Campbell 1985, p. 137.
  7. Photos sur NavSource Naval History.
  8. Dictionary of American Naval Fighting Ships, p. 433.
  9. a, b, c, d, e et f Dictionary of American Naval Fighting Ships, p. 434.
  10. Stanton 2002, p. 60.
  11. a, b, c, d, e, f et g Dictionary of American Naval Fighting Ships, p. 435.
  12. Stanton 2002, p. 29.
  13. Stanton 2002, p. 74.
  14. Stanton 2002, p. 52.
  15. Stanton 2002, p. 27.
  16. Stanton 2002, p. 51.
  17. Stanton 2002, p. 77.
  18. a, b, c, d et e (en) « The Story », sur ussindianapolis.org (consulté le 18 décembre 2013).
  19. a et b Stanton 2002, p. 92.
  20. Stanton 2002, p. 121.
  21. (en) « Interrogation of Commander Mochitsura Hashimoto, former commanding officer of the Japanese submarine I-58 regarding the sinking of USS Indianapolis (CA-35) as well as Japanese Navy tactics and technology », sur Naval Historical Center (consulté le 5 octobre 2014).
  22. Stanton 2002, p. 119.
  23. a et b Article de la BBC : Interview d'un survivant.
  24. (en) R. Aidan. Martin, « Elasmo Research », ReefQuest (consulté le 6 février 2006).
  25. Stanton 2002, p. 189-198.
  26. Stanton 2002, p. 226.
  27. Stanton 2002, p. 215-217.
  28. Stanton 2002, p. 248.
  29. Stanton 2002, p. 260.
  30. Stanton 2002, p. 267.
  31. Stanton 2002, p. 285.
  32. (en) « Survivors of 1945 sinking of the USS Indianapolis describe terrifying explosions and shark attacks during worst sea disaster in U.S. Naval history », Daily Mail,‎ 4 août 2013 (lire en ligne).
  33. Stanton 2002, p. 85-86.
  34. Stanton 2002, p. 201.
  35. Stanton 2002, p. 202.
  36. Stanton 2002, p. 94.
  37. Stanton 2002, p. 96.
  38. Stanton 2002, p. 153-154.
  39. Stanton 2002, p. 155-156.
  40. Stanton 2002, p. 157.
  41. Stanton 2002, p. 158.
  42. Stanton 2002, p. 299.
  43. Stanton 2002, p. 300-301.
  44. Stanton 2002, p. 301.
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  48. a et b (en) Janis L. Magin, « Navy exonerates WWII captain », Argus-Press, Owosso (Michigan),‎ 13 juillet 2001 (lire en ligne).
  49. a et b (en) « Seeking Justice », sur ussindianapolis.org (consulté le 17 décembre 2013).
  50. (en) « Florida Boy's Homework Gets Action », The Victoria Advocate,‎ 18 juillet 1996 (lire en ligne).
  51. (en) Pete Nelson, Left for Dead : A Young Man's Search for Justice for the USS Indianapolis, Delacorte Books for Young Readers,‎ 11 novembre 2003, 201 p. (ISBN 978-0385730914).
  52. (en) « USS Indianapolis Memorial », sur in.gov (consulté le 8 août 2014).
  53. (en) « The USS INDIANAPOLIS National Memorial », sur ussindianapolis.us (consulté le 8 août 2014).
  54. (en) « USS Indianapolis Museum », sur ussindianapolis.us (consulté le 8 août 2014).
  55. (en) « I-465 gets a new name », sur xrbradio.com (consulté le 8 août 2014).
  56. (en) USS Indianapolis (CA-35) sur l’Internet Movie Database.
  57. (en) Dave McNary, « ‘USS Indianapolis’ Shoot Set for June in Alabama (EXCLUSIVE) », sur variety.com,‎ 17 décembre 2013 (consulté le 8 août 2014).
  58. (en) Borys Kit, « Robert and Susan Downey to Produce USS Indianapolis Sinking Story for Warner Bros. (Exclusive) », sur hollywoodreporter.com,‎ 17 août 2011 (consulté le 8 août 2014).
  59. Damien Maric, USS INDIANAPOLIS, Overlook Publishing,‎ 2012, 36 p. (ISBN 979-10-91010-06-1, présentation en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Technique
  • (en) Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships (1922-1946),‎ 1980 [détail de l’édition]
  • (en) John Campbell, Naval Weapons of World War Two, Conway Maritime Press,‎ 1985 [détail de l’édition]
Témoignages et récits
  • (en) Dan Kurzman, Fatal Voyage : The Sinking of the USS Indianapolis, New York, Atheneum,‎ 1990 (OCLC 20824775)
  • (en) Alex Last, « USS Indianapolis sinking: 'You could see sharks circling' », BBC News Magazine,‎ 28 juillet 2013 (lire en ligne)
  • (en) Raymond B. Lech, All the Drowned Sailors, New York, Stein and Day,‎ 1982 (OCLC 8668901)
  • (en) Pete Nelson, Left for Dead : A Young Man's Search for Justice for the USS Indianapolis, Delacorte Books for Young Readers,‎ 11 novembre 2003, 201 p. (ISBN 978-0385730914)
  • (en) Richard F. Newcomb, Abandon ship! Death of the U.S.S. Indianapolis, New York, Holt,‎ 1958 (OCLC 173257)
  • (en) Doug Stanton, In Harm's Way, Londres, Bantam Books,‎ 1er mai 2002, 432 p. (ISBN 978-0553813609)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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