U. G. Krishnamurti

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U. G. Krishnamurti

Description de l'image  UGKrishnamurti.jpg.
Nom de naissance Uppaluri Gopala Krishnamurti
Alias
U.G
Naissance 9 juillet 1918
Machilipatnam, Inde
Décès 22 mars 2007 (à 88 ans)
Vallecrosia, Italie
Nationalité indienne
Activité principale Philosophe
Formation

Uppaluri Gopala Krishnamurti (9 juillet 191822 mars 2007), connu en tant que U. G. Krishnamurti, fut un penseur indien qui a questionné l'illumination et

la religion organisée. Bien qu'elle soit nécessaire pour un fonctionnement de l'individu au jour le jour, il rejetait la base même de la « pensée » en termes de Réalité Ultime ou de Vérité. Ce faisant, il niait tout système de pensée ou de connaissance s'y référant.

« Tell them that there is nothing to understand. » (Dites-leur qu'il n'y a rien à comprendre.)

Bien que beaucoup le considèrent comme un « éveillé », au sens de personne ayant atteint l'illumination, U. G. s'est souvent référé à son propre état d'être comme « l'état naturel ». Il affirmait que l'exigence d'illumination (ou d'éveil) était la seule chose barrant le chemin vers l'illumination elle-même, si tant est que l'illumination existe.

Son approche est radicalement différente, voire parfois sans rapport, avec celle de son contemporain Jiddu Krishnamurti, avec lequel il ne faut pas le confondre, bien que les deux hommes se soient rencontrés quelques fois[1]. C'est pourquoi, afin d'éviter toute confusion, il est habituellement désigné en tant que « U.G ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

U.G est né le 9 juillet 1918 à Machilipatnam, une ville sur la zone côtière d'Andhra Pradesh en Inde, et a grandi dans la ville voisine : Gudivada (en). Sa mère est décédée sept jours après sa naissance, et il fut élevé par son grand-père paternel, un riche brahmane avocat, qui était également impliqué dans la Société théosophique. U.G devint également membre de cette société au cours de son adolescence et mentionne avoir « hérité » de son association avec la Société théosophique par l'intermédiaire de son grand-père[2].

Au cours de cette même période de sa vie, il est rapporté qu'U.G pratiquait toutes sortes d'ascèses et semblait rechercher le moksha. Dans ce but, entre l'âge de 14 et 21 ans, il entreprit toutes sortes d'exercices spirituels, déterminé à découvrir si le moksha était possible. Désireux d'accomplir cet état, il était résolu à prouver que si des personnes s'étaient ainsi réalisées, elles ne pouvaient pas être hypocrites. U.G s'étendait longuement (dans quasiment toutes ses œuvres publiées) sur ce qu'il percevait comme l'hypocrisie des personnes religieuses ou spirituelles, y compris son grand-père et d'autres éminents théosophes. Sa tentative s'accompagnait donc de la recherche d'une personne qui aurait été l'incarnation d'une telle « réalisation ».

Il a passé sept étés dans l'Himalaya à étudier le yoga et à pratiquer la méditation avec Swami Shivananda. Plus tard il exprimera son rejet de cette période avec Shivananda, la considérant comme un exercice inutile. Arrivé à la vingtaine, U.G commence à prendre des cours à l'Université de Madras où il étudie la psychologie, la philosophie, le mysticisme et les sciences. Il n'ira toutefois jamais jusqu'à obtenir de diplôme, ayant déterminé que les réponses de l'Ouest à ce qu'il considérait être des questions essentielles n'étaient pas meilleures que celles de l'Est.

Quête[modifier | modifier le code]

En 1939, à l'âge de 21 ans, U.G rencontre l'enseignant spirituel renommé Ramana Maharshi. U.G raconte lui avoir alors demandé : « Cette chose appelée moksha, pouvez-vous me la donner ? ». Ce à quoi Ramana Maharshi aurait répondu : « Je peux la donner, mais peux-tu la prendre ? ». Cette réponse a complètement transformé les perceptions qu'avait U.G du « chemin spirituel » et de ses pratiquants, et il ne rechercha jamais plus le conseil de « ces gens spirituels ». Plus tard, U.G dira que la réponse de Maharshi (qu'il avait perçue comme « arrogante ») l'a remis « dans le droit chemin »[3].

En 1941, il commence à travailler pour la Société Théosophique, dans la bibliothèque de Charles Webster Leadbeater. Peu après, il entame une tournée de conférences internationales au nom de la Société. Il visite alors la Norvège, la Belgique, l'Allemagne et les États-Unis. De retour en Inde, il épouse une femme brahmane du nom de Kusuma Kumari en 1943, à l'âge de 25 ans[4]. Finalement, U.G sera élu Secrétaire Général Adjoint de la section indienne. Son association avec la Société Théosophique dura jusqu'au début des années 1950[2].

De 1947 à 1953, U.G assiste régulièrement à des conférences données par Jiddu Krishnamurti à Madras, en Inde, entamant finalement un dialogue direct avec lui en 1953. U.G aurait ainsi décrit l'une de leurs rencontres :

« Nous ne nous entendions vraiment pas très bien. Chaque fois que nous nous rencontrions nous avions des prises de bec sur un sujet ou un autre. Par exemple, je n'ai jamais partagé sa préoccupation pour le monde, ou sa croyance selon laquelle son enseignement allait affecter profondément les pensées et les actions de l'humanité pour les 500 prochaines années : un fantasme des occultistes théosophes. Au cours d'une de nos rencontres j'ai dit à Krishnamurti : 'On ne m'a pas ordonné de sauver le monde '. 'La maison est en feu : qu'allez-vous faire ?', a-t-il demandé. 'Verser plus d'essence dessus et peut-être que quelque chose s'élèvera des cendres', lui ai-je fait remarquer. 'Vous êtes absolument impossible', a dit Krishnamurti. Alors j'ai dit 'Vous êtes toujours un théosophe. Vous ne vous êtes jamais libéré du rôle d'Enseignant Mondial. Il y a une histoire dans l'Avadhuta Gita parlant de l'avadhut (en) qui s'arrêta dans une auberge de bord de route et dont l'aubergiste lui demanda « Quel est ton enseignement ? » Il répondit « Il n'y a pas d'enseignant, pas d'enseignement et personne d'enseigné » puis il s'en alla. Vous aussi vous répétez ces formules et pourtant vous êtes si préoccupé par le fait de préserver votre enseignement pour la postérité dans sa pureté virginale.' »[5]

U.G. rapporta que tous les deux eurent des débats quasi quotidiens durant quelque temps, dont il affirma qu'ils ne fournissaient pas de réponses satisfaisantes à ses questions. Finalement, leurs rencontres s'arrêtèrent net. Il décrivit ainsi une partie de la discussion finale :

« Et alors, vers la fin, j'insistai : 'Allez, est-ce qu'il y a quoi que ce soit derrière les abstrations que vous me balancez ?' Et ce guignol m'a répondu, 'Vous n'avez aucun moyen de le savoir pour vous-même'. Terminé, c'était la fin de notre relation vous voyez, 'Si je n'ai aucune façon de le savoir, que vous n'avez aucune façon de le communiquer. Qu'est-ce qu'on fout ? J'ai gaspillé sept ans. Adieu, je ne veux plus vous revoir'. Puis je suis sorti. »[5]

Après la rupture avec Jiddu Krishnamurti, U.G. continua à voyager, donnant toujours des conférences. À la même époque environ, il affirme avoir été rendu « perplexe » par la manifestation continuelle de certains pouvoirs psychiques[5]. En 1955, U.G. et sa famille se rendirent aux États-Unis à la recherche d'un traitement médical pour son fils le plus grand, et ils y restèrent pendant cinq ans.

Période de Londres[modifier | modifier le code]

Tandis qu'il se trouvait aux États-Unis pour le traitement de son fils, il ressentit plus de clarté et d'ancrage en lui-même. Il se sépara finalement de sa famille et alla vivre à Londres. U.G avait auparavant hérité par son grand-père d'une considérable somme d'argent pour l'époque[6]. Un jour, alors qu'il était assis dans Hyde Park, il fut confronté à un officier de police qui menaça de l'emprisonner s'il ne quittait pas le parc. Comme il ne lui restait plus que cinq pence en poche, il se dirigea vers la Mission Ramakrishna de Londres où le swâmi qui y résidait lui donna de l'argent pour une nuit d'hôtel. Le jour suivant, U.G commença à travailler pour la Mission Ramakrishna, un arrangement qui dura trois mois. Avant de quitter la mission, il laissa une lettre pour le Swamiji résidant, lui disant qu'il était devenu un nouvel homme[7].

Vers cette époque, Jiddu Krishnamurti était à Londres et les deux Krishnamurti rénouèrent des liens. Jiddu essaya de conseiller U.G sur ses récents problèmes conjugaux, mais U.G ne voulait pas de son aide.[réf. nécessaire] Jiddu le persuada finalement d'assister à quelques-unes des conférences qu'il donnait à Londres, ce que fit U.G, mais il s'ennuya en l'écoutant[8].

En 1961, U.G mit un terme à sa relation avec sa femme. Leur mariage avait été une aventure en grande partie malheureuse, et vers cette époque il se décrivait comme « détaché » de sa famille, tant émotionnellement que physiquement. Il quitta alors Londres et vécut trois mois à Paris, utilisant l'argent qu'il avait obtenu en vendant son ticket de retour inutilisé pour l'Inde. Alors qu'il ne lui restait plus que 150 francs[réf. nécessaire], il alla à Genève.

Début de la période suisse[modifier | modifier le code]

Après deux mois à Genève, U.G fut dans l'incapacité de payer sa note d'hôtel et chercha refuge au consulat Indien. Il était apathique, sans espoir, et se décrivait lui-même comme « fini ». Il demanda à être renvoyé en Inde, ce que les autorités consulaires refusèrent de faire aux frais de l'État. Valentine de Kerven, une employée sexagénaire du consulat, offrit un abri à U.G. Valentine et lui devinrent bons amis, et elle lui fournit une demeure en Suisse.

Durant les quelques années suivantes, les questions relatives à l'illumination (ou quoi que ce soit d'autre) ne l'intéressèrent pas, et il ne fit rien pour approfondir ses investigations. Mais vers 1967, U.G se sentit à nouveau concerné par le sujet, voulant savoir ce qu'était cet état que des sages tels que Siddhartha Gautama avaient prétendument atteint. Ayant entendu dire que Jiddu Krishnamurti donnait une conférence à Saanen, U.G décida d'y assister. Au cours de la conférence, Jiddu décrivait son propre état et U.G pensa que cela se référait à lui-même (U.G). Il l'expliqua ainsi :

« Quand je l'écoutais, quelque chose d'amusant se produisit ; une sorte de sensation bizarre qu'il était en train de décrire mon état et pas son état. Pourquoi voulais-je connaître son état ? Il décrivait quelque chose, des mouvements, une conscience, un silence ('Dans ce silence il n'y a pas de pensée ; il y a de l'action') et toutes sortes de choses. Alors, je suis dans cet état. Qu'est-ce que j'ai foutu pendant ces 30 ou 40 ans, à écouter tous ces gens et lutter, en voulant comprendre son état ou l'état de quelqu'un d'autre, Bouddha ou Jésus ? Je suis dans cet état. Maintenant je suis dans cet état. Donc, je suis alors sorti de la tente et n'ai jamais regardé en arrière. »

Il pousruit : « Alors, c'est très étrange, cette question 'Quel est cet état ?' s'est transformée en une autre question 'Comment est-ce que je sais que je suis dans cet état, l'état de Bouddha, l'état que je voulais énormément et exigeais de tout le monde ? Je suis dans cet état, mais comment est-ce que je le sais ?'[5] »

Calamité[modifier | modifier le code]

Le jour suivant, U.G considérait encore la question 'Comment est-ce que je sais que je suis dans cet état ?' sans qu'aucune réponse ne survienne. Il raconta plus tard qu'en réalisant tout à coup que la question n'avait pas de réponse, il y eut une réaction inattendue, tant physique que psychologique. Il lui sembla se produire « une soudaine 'explosion' à l'intérieur, faisant sauter, tel que ça se présentait, chaque cellule, chaque nerf et chaque glande de mon corps. » Par la suite, il commença à expérimenter ce qu'il appelait « la calamité », une série de transformations psychologiques bizarres qui survinrent en l'espace d'une semaine, affectant chacun de ses sens, et résultant finalement en une expérience similaire à la mort. Il la décrivit ainsi :

« Je l'appelle 'calamité' car du point de vue de quelqu'un qui pense que c'est quelque chose de fantastique, délicieux et plein de béatitude, d'amour ou d'extase, c'est une torture physique ; c'est une calamité de ce point de vue. Pas une calamité pour moi mais une calamité pour ceux qui ont une image que quelque chose de merveilleux est sur le point d'arriver[5]. »

Lors du huitième jour :

« Alors, au huitième jour j'étais assis sur le canapé et tout à coup il y eut une explosion de formidable énergie (une formidable énergie secouant tout le corps, et en même temps que le corps, le canapé, le chalet et tout l'univers, semblait-il) secouant, vibrant. Vous ne pouvez pas du tout créer ce mouvement. C'était soudain. Si cela venait de dehors ou dedans, d'en-dessous ou d'au-dessus, je ne sais pas. Je ne pouvais pas localiser l'endroit ; c'était partout. Cela dura des heures et des heures. Je ne pouvais pas le supporter mais il n'y avait rien que je puisse faire pour l'arrêter ; il y avait une totale impuissance. Cela s'éternisa, jour après jour, jour après jour[5]. »

« L'énergie qui opère ici ne ressent pas les limitations du corps ; cela ne l'intéresse pas ; elle a son propre élan. C'est une chose très douloureuse. Ce n'est pas cette béatitude extatique, délicieuse et tout cette camelote (trucs et absurdités !) c'est vraiment une chose douloureuse[5]. »

U.G ne pouvait expliquer, et ne le fit pas, la provenance des expériences de calamité. En réponse aux questions, il soutenait que c'était arrivé « malgré » sa préoccupation (ou sa quête) d'illumination. Il a également soutenu que la calamité n'avait rien à voir avec sa vie jusqu'à ce moment, ou avec son éducation. À plusieurs reprises il décrivit la survenue de la calamité comme une affaire de chance, et il insista sur le fait qu'il ne pourrait absolument pas, de quelque façon, transmettre cette expérience à qui que ce soit d'autre[5]. Dans l'introduction de Mind Is a Myth: Disquieting Conversations with the Man Called U.G., l'éditeur Terry Newland mentionne qu'à l'âge de 35 ans, U.G commença à avoir des maux de tête et à paraître plus jeune plutôt que plus vieux. Selon cette version, vers son 49ème anniversaire, il semblait avoir 17 ou 18 ans, tandis qu'après la calamité il recommença à vieillir normalement, mais continua d'avoir l'air plus jeune que son âge[9].

Après la calamité[modifier | modifier le code]

Selon U.G, l'histoire de sa vie peut être séparée en parties pré- et post-calamité. En décrivant sa vie post-calamité, il affirmait fonctionner en permanence dans ce qu'il appelait « l'état naturel » : un état d'existence sensorielle spontanée, purement physique, caractérisé par la discontinuité (bien que pas l'absence) de pensée. U.G soutenait également que dès qu'il s'est retrouvé dans cet « état naturel », il a perdu toute la connaissance et les souvenirs qu'il avait acquis, et a dû tout réapprendre, comme si «… l'ardoise avait été effacée »[10].

Après son expérience de calamité, U.G voyagea souvent vers divers pays à travers le monde, déclinant toute discussion formelle bien que parlant librement aux visiteurs et à ceux qui le recherchaient. Il donna sa seule conférence publique formelle post-calamité, en 1972 [11]

« Nagaraj qui était assis tranquillement durant tout ce temps dit, 'U.G, qu'essayez-vous exactement d'exposer ?' U.G répondit, 'Ça dépend de vous, pas de moi. Ceci vous ne semblez pas le comprendre. Vous êtes le seul moyen à travers lequel je peux m'exprimer.' »

Sa philosophie au message non orthodoxe et le style souvent sans compromis et direct de sa présentation, ont généré une certaine notoriété et des opinions vivement divisées. Aux deux extrêmes, certains le considéraient comme éveillé[Qui ?], tandis que d'autres le considéraient comme n'étant rien de plus qu'un charlatan[12]. Le tollé augmenta alors que des livres et des articles à propos d'U.G et de sa philosophie nouvellement exposée continuèrent d'apparaître[13].

Nombre de ses discussions de groupe et entretiens ont été publiés dans des livres. Beaucoup sont également rapportés mots pour mots sur divers sites web. Par ailleurs, un grand nombre de documents audio ou vidéo sont disponibles en ligne[14].

Santé[modifier | modifier le code]

U.G fut connu pour ses préférences inhabituelles en matière de santé et d'alimentation[15]. Transportant avec lui une « cuisine portable » dans une petite mallette au cours de ses voyages, il consommait une grande quantité de sel et de crème, et affirmait : « aucun repas ne devrait prendre plus de quelques minutes à préparer. » Tout au long de sa vie, U.G ne vit jamais de docteur ni ne prit de médicament, croyant que le corps prendrait soin de lui-même. Souvent complimenté pour sa beauté dans son vieil âge, U.G aurait répondu : « C'est parce que je ne mange pas diététique, je ne prends pas de vitamines, et je ne fais pas d'exercice ! »[15]

Décès[modifier | modifier le code]

Le 22 mars 2007, U.G Krishnamurti mourut à Vallecrosia en Italie. Il avait glissé et s'était blessé. Il fut alité durant sept semaines avant sa mort. Trois amis, y compris son adepte de longue date Mahesh Bhatt étaient à ses côtés quand il est mort[16]. En février 2007 il avait dicté ses dernières paroles : « My Swan Song » (Mon Chant du Cygne)[17].

Il demanda à ce qu'aucun rituel ou rite funéraire ne fût conduit après sa mort ; de plus il ne laissa pas d'instructions sur la façon de disposer de son corps. Celui-ci fut incinéré par Bhatt le jour suivant[18]. Fidèle à sa propre philosophie, U.G ne voulait pas que l'on se souvienne de lui après sa mort[19].

Philosophie[modifier | modifier le code]

« Je n'ai pas d'enseignement. Il n'y a rien à préserver. Enseigner implique quelque chose qui peut être utilisé pour apporter le changement. Désolé, il n'y a pas d'enseignement ici, juste des phrases décousues, déconnectées. Ce qu'il y a là n'est que votre interprétation, rien d'autre. Pour cette raison il n'y a pas maintenant, pas plus qu'il n'y aura jamais, la moindre sorte de copyright pour quoi que ce soit que je dise. Je n'ai pas de revendications. »

« Je suis forcé par la nature de votre écoute de toujours nier la première affirmation par une autre affirmation. Puis la seconde affirmation est niée par une troisième et ainsi de suite. Mon but n'est pas quelque thèse dialectique confortable mais la négation totale de tout ce qui peut être exprimé. »

U.G mettait l'accent sur l'impossibilité et la non-nécessité de tout changement humain, radical ou banal. Ces affirmations, déclarait-il, ne peuvent être considérées comme un « enseignement », c'est-à-dire, quelque chose ayant pour but d'être utilisé pour provoquer un changement. Il insistait sur le fait que le corps et ses actions sont déjà parfaits, et il considérait les tentatives pour changer ou modeler le corps comme des violations de la paix et de l'harmonie qui est déjà présente. La psyché ou le moi ou le mental, une entité à laquelle il déniait la moindre existence, n'est composée de rien d'autre que « l'exigence » d'apporter le changement dans le monde, en elle-même, ou dans les deux. De plus, la conscience de soi humaine n'est pas une chose, mais un mouvement, lequel est caractérisé par « une insatisfaction perpétuelle » et une insistance « fasciste » sur sa propre importance ou survie.

U.G niait l'existence d'un esprit individuel. Néanmoins, il acceptait le concept d'un esprit mondial, qui selon lui contenait l'accumulation de la totalité de la connaissance et de l'expérience de l'homme[20]. Il utilisait aussi « sphère de pensée » (atmosphère des pensées) comme synonyme de l'expression « esprit mondial ». Il affirmait que les êtres humains habitent ce royaume de la pensée ou cette sphère de pensée et que le cerveau humain agit comme une antenne, piochant et choisissant des pensées selon ses besoins[21]. U.G considérait toute l'expérience humaine comme le résultat de ce processus de pensée. La conscience de soi ou « Je » chez les êtres humains est issue du besoin de se doter d'une continuité à travers l'utilisation constante de la pensée[5]. Lorsque cette continuité est brisée, même pour une demi-seconde, son emprise sur le corps est brisée et le corps tombe dans son rythme naturel. La pensée tombe aussi à sa place naturelle ; alors elle ne peut plus interférer ou influencer le fonctionnement du corps humain. En l'absence de continuité, les pensées qui surviennent se consument.

À leur état naturel, les sens du corps acquièrent des existences indépendantes (non coordonnées par quelque « moi intérieur ») et les glandes endocrines (qui correspondent aux emplacements des chakras indous) sont réactivées. U.G décrivait comment la glande pinéale, ou Ajna Chakra, s'empare du fonctionnement du corps dans l'état naturel, par opposition à la pensée.

U.G soutenait également que la raison pour laquelle des personnes venaient vers lui (et vers les gourous) était pour trouver des solutions à leurs vrais problèmes quotidiens, et/ou des solutions à un problème artificiel, à savoir la recherche de spiritualité et d'illumination. Il insistait sur le fait que cette recherche est causée par l'environnement culturel, qui exige une conformité des individus et qui introduit simultanément en eux le désir d'être spécial ; l'accomplissement de l'illumination étant ainsi considéré comme une expression suprême du caractère spécial et de l'unicité d'un individu. Par conséquent, le désir d'illumination est exploité par des gourous, des enseignants spirituels, et autres « vendeurs de camelote », qui prétendent offrir diverses façons d'atteindre ce but. Selon U.G, tous ces conseillers ne tiennent jamais parole, et ne peuvent tenir parole, puisque le but en lui-même (c'est-à-dire l'illumination) est hors de portée[22].

« L'homme est juste une mémoire. Vous comprenez les choses autour de vous avec l'aide de la connaissance qui a été mise en vous. Vous avez peut-être besoin de l'artiste pour expliquer son art moderne, mais vous n'avez besoin de l'aide de personne pour comprendre une fleur. Vous pouvez gérer n'importe quoi, ou faire n'importe quoi, si vous ne gaspillez pas votre énergie à essayer d'atteindre des buts imaginaires. »

L'articulation de ses idées, du moins en public, ne commença pas avant qu'U.G ait largement atteint l'âge mûr. Selon lui, malgré ses efforts tout au long de sa vie pour apporter l'éveil spirituel, il essuya une série d'expériences corporelles altérant son existence, auxquelles il se référait publiquement sous le nom de « calamité ».

D'après U.G, « La soi-disant réalisation de soi est la découverte pour vous-même et par vous-même qu'il n'y a pas de soi à découvrir. Ce sera une chose très choquante parce que ça va balayer chaque nerf, chaque cellule, y compris les cellules dans la moelle de vos os. »[23]

« Je ne suis pas anti-rationnel, juste non-rationnel. Peut-être inférez-vous quelque signification dans ce que je dis ou fait, mais c'est de votre fait, pas du mien. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) [1] Mind is a Myth
  2. a et b (en) U.G. dans Mystique of Enlightenment
  3. (en) Détails biographiques sur le site inner-quest
  4. (en) UG biography at sentientpublications
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) U.G. Krishnamurti et Rodney Arms, Mystique of Enlightenment Part One,‎ 2001, 3e éd. (lire en ligne)
  6. (en) Mystique of Enlightenment.
  7. (en) Biographie d'U.G. Krishnamurti, chapitre : « Adrift in London »
  8. Jiddu Krishnamurti s'était apparemment pris d'intérêt pour la famille d'U.G la première fois qu'ils se rencontrèrent en personne, en 1953. Voir le lien suivant en anglais Biographie d'U.G. Krishnamurti, chapitre : « Locking of horns »
  9. (en) Mind is a Myth: Introduction, Section 4
  10. (en) The Natural State, In the words of U.G. Krishnamurti, Smitri Books, 2005. ISBN 81-87967-77-3. Discussions with U.G., compiled by Peter Maverick.
  11. Public talk Au 'Indian Institute of World Culture' de Bangalore.
  12. (en) A Critique Of U.G. Krishnamurti Extrait de l'opinion de David Quinn, issue du site 'Thinking Man's Minefield'.
  13. The global vagabond Une des nombreuses entrées de blog instructives par quelqu'un qui a connu UG personnellement, accompagnée de divers commentaires.
  14. (en) Voir aussi BOOKS ON AND ABOUT U.G. KRISHNAMURTI
  15. a et b U.G. And Food. Retrieved 24 August 2012.
  16. (en) The Hindu, 25 mars 2007
  17. (en) U.G. Krishnamurti "My Swan Song"
  18. (en) Nécrologie sur le site ugkrishnamurti.org
  19. (en) Mahesh Bhatt mourns U.G.
  20. (en) Newland, Terry. Mind is a myth. Dinesh Publications, 1988, Ch. 1, "Our mind--".
  21. (en) Newland, Terry. Mind is a myth. Dinesh Publications, 1988, Ch. 4, "Mind is everywhere".
  22. (en) An Interview with UG at lifepositive Voir aussi Interview at GatelessGate online magazine.
  23. (en) [2].

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Citations d'U.G sur le site Wikiquote en version anglophone
  • (en) Mukunda Rao, The Biology Of Enlightenment: Unpublished Conversations Of U. G. Krishnamurti After He Came Into The Natural State (1967–71), 2011, HarperCollins India.
  • (en) Mahesh Bhatt, U.G. Krishnamurti, a life, New Delhi, India New York, N.Y., USA, Viking,‎ 1992 (ISBN 0140126201).
  • (en) Shanta Kelker, The sage and the housewife, New Delhi, India, Smriti Books,‎ 2005 (ISBN 8187967749).
  • (en) Mukunda Rao, The other side of belief : interpreting U.G. Krishnamurti, New Delhi New York, Penguin Books,‎ 2005 (ISBN 0144000350).
  • (en) K Chandrasekhar et J. S. R. L. Narayana Moorty, Stopped in our tracks : stories of U.G. in India, New Delhi, Smriti Books Distributors, New Age Books,‎ 2005 (ISBN 8187967765).

Liens externes[modifier | modifier le code]